> Nathalie Bauer (Traducteur)

ISBN : 2021004031
Éditeur : Editions du Seuil (2011)


Note moyenne : 3.56/5 (sur 25 notes) Ajouter à mes livres

Les époux Ferrara sont fous d’angoisse : leur fille a disparu depuis six mois, évanouie dans lenéant, et les pistes suivies jusque-là n'ont mené à rien. Refusant de se rendre à l’évidence et devoir classer l&#... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par DocteurPlatoche, le 02 juin 2011

    DocteurPlatoche
    Il y a des bouquins, comme ça, qui sont des livres-bibliothèques. Non, non, pas des livres de bibliothèque – qu'on rend toujours à la bourre – mais des livres-bibliothèques, ceux dont chaque page contient une étagère. On parcourt les lignes qui regorgent de titres, on y passe le doigt et, outre la poussière, on se souvient avec plaisir de ceux qu'on a lus. C'est le cas du Silence pour preuve de Carofiglio qui multiplie les références aux classiques de la littérature (policière ou non). Et c'est assurément ce qui me le rend sympathique. Car il n'y a rien de pédant dans ces rappels, pas d'allusions virtuoses ou de mise-en-abyme pour gros malins. On est entre copains, majeurs et vaccinés, et on n'a rien à prouver. Carofiglio cite donc les auteurs qu'il aime et dont il emprunte l'intrigue, le style ou les images. L'originalité en littérature, il s'en fout ; quant à l'authenticité, c'est celle de son plaisir de lecture. En effet, Carofiglio et son personnage Guido Guerrieri sont des jouisseurs – pas des gros jouisseurs à la San Antonio, mais des petits jouisseurs tout de même. L'avocat est ainsi intraitable sur les fautes de goût de ses clients : « le professeur était à coup sûr coupable […], c'était un vantard mielleux et surtout il portait des mocassins à glands. » Pour se convaincre de la sensualité du personnage, on peut aussi considérer tout ce que Guerrieri s'enfile (les petits verres de vin ou de whisky, les menus de gourmet, la jeune fille de vingt ans sa cadette et les séances de boxe, histoire de sentir la sueur) ou tout simplement à quelques passages comme, lorsqu'après une référence à Simenon (donc à Maigret, autre sensuel), l'avocat traverse un pont au-dessus du Tibre : « Semée d'étincelles couleur mercure, l'eau, d'un jaune tirant sur le vert, procurait une impression de gaieté. Il n'y avait pas grand monde, et l'on entendait en arrière-fond de rares bruits de circulation, ainsi que des voix indistinctes. » C'est le genre d'infimes moments où l'on se sent doucement exister. Et oui, ma foi, ça va.
    On comprend donc assez vite que ce roman ne va pas trop donner dans la grosse baston et les poursuites en bagnoles. Guerrieri n'aime pas la vitesse, comme lorsqu'un de ses clients parmi les plus grossiers, fait des pointes de vitesse en voiture : « il conduisait comme un chauffeur de taxi de Bombay au son de tubes italiens des années soixante-dix qui auraient soutiré des aveux aux membres les plus radicaux d'al Qaida. » L'intrigue policière va donc se dérouler d'elle-même comme un doux clapotis : une jeune fille a disparu sans laisser de traces, à Maître Guerrieri de la retrouver en interrogeant quelques personnages, peinard. La résolution est prévisible, le coupable est aussi discret que Bernard Tapie et, à la limite, c'est pas très grave : l'énigme est noyée dans ces petits moments où Guerrieri mange un morceau, discute avec une copine, va promener le chien, boit un verre avec une autre copine, écoute un disque. Bref, c'est les vacances, pas la peine de se grouiller.
    On peut donc prêter attention à ces petits riens, habituellement éclipsés par l'urgence quotidienne et qui sont pourtant essentiels. le silence notamment, qui recèlent les éléments les plus importants du roman : la résolution de l'énigme, mais aussi la douleur des victimes (le père de la jeune fille) et des condamnés. Ainsi quand l'avocat téléphone à l'un de ses clients pour lui annoncer qu'il devra passer des années en prison : « Je tentai d'ignorer que sa vie se déchirait dans ce silence… ». Caroflio et Guerrieri savent que parler, c'est toujours courir le risque si ce n'est de se trahir, du moins commettre une faute. D'où les personnages qui bégayent, qui mentent, qui se réfugient derrière le secret professionnel ou qui ne se confessent qu'en tapant sur un sac de boxe : dans le roman policier, on peut vous attaquer sur un mot de trop. Guerrieri en fait presque une éthique. A de nombreuses reprises, il se reproche d'avoir parlé pour ne rien dire, d'avoir usé de clichés ou d'un mot en trop. Dans l'ensemble, ce roman est en quête d'honnêteté : il ne cherche pas à faire croire qu'il est plus intelligent qu'il ne l'est, pas d'esbroufe de détective dur-à-cuire ou de thriller conspirationniste, le silence de Caroflio cherche le ton juste.
    Seulement voilà, c'est aussi pour cela que ce roman finit par agacer. On ne peut pas lui faire de reproches, non, ce serait trop méchant alors que, lui, il est trop gentil. Mais bon, disons-le franchement : ce bouquin devient ennuyeux par trop de vertu, il est chiant comme l'honnêteté. On s'effarouche parce que les « jeunes » fument des joints – et, bien entendu, les meurtriers prennent de la coke –, on s'encanaille en discutant avec dealers sympathiques ou des putes rangées des bagnoles, on fait des cas de conscience lorsqu'un quarantenaire désire une jeune fille. Guerrieri comme héros de polar, c'est un peu comme une andouille de porc qui ne sent pas : c'est trop propret pour ne pas déranger les amateurs. Au mieux, on peut le taxer d'être une belle âme un peu fade, qui n'a pas souvent mis les mains dans l'action, au pire on peut soupçonner une pudique hypocrisie. Guerrieri évolue dans un système qu'il dit lui-même vicié, et pourtant il reste assez intègre pour jouer avec ses scrupules. Lorsque je lis que Carofiglio a été juge antimafia puis sénateur du Parti démocrate, je ne puis que m'étonner devant l'absence d'une quelconque référence politique. Sûrement voulait-il laisser de côté son boulot et ses affres quotidiens ? Je vous le dis, ce roman sent les vacances et l'utopie.
    Ah, sinon, remarquons le superbe choix de la photo de couverture, qui est tout simplement à côté de la plaque.
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    • Livres 3.00/5
    Par caro64, le 30 décembre 2011

    caro64
    Guido Guerrieri n'est pas tout à fait un avocat comme les autres. Droit, engagé, il ne s'en laisse pas compter. Noctambule, boxeur à ses heures perdues, il rappelle à la fois le Mickey Haller de Michael Connelly et le commissaire Montalbano d'Andrea Camilleri. Il est plutôt cultivé, fréquente les librairies et apprécie la bonne chère : c'est d'ailleurs l'occasion, souvent mise à profit, de présenter Bari, ses tables, le Sud de l'Italie et plus particulièrement les Pouilles, région à laquelle notre homme est très attaché et où se déroulent les intrigues de cette série.
    Son métier, il l'exerce à Bari avec l'aide de Consuelo et de Pasquale. Et voici qu'un de ses confrères, Sabino Fornelli, lui demande de s'occuper d'une affaire banale à priori, celle de la disparition de Manuela, une étudiante, six mois plus tôt. Reprenant officieusement l'enquête, il ne décèle aucune négligence et ne trouve pas l'ombre d'une nouvelle piste. Au point mort, c'est au fil de ses rencontres avec les amis, les témoins et les familiers de la victime que la lumière, au moment le plus inattendu, lui fournira une réponse implacable, dans le sillage de Caterina, un personnage clef dont le charme ne laisse pas indifférent Guido Guerrieri, méfiant certes, mais non pas moins homme...

    Hors des conventions du genre, ce roman mêle une bonne intrigue à des considérations philosophiques non dénuées d'humour qui accentuent son originalité. Gianrico Carofiglio écrit un roman policier digne de ce nom, qui incite volontiers à s'installer dans un fauteuil un verre à la main, jusqu'au dénouement de l'enquête. Une valeur sûre !
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    • Livres 3.00/5
    Par Seraphita, le 31 mai 2011

    Seraphita
    Quand Sabino Fornelli, avocat civiliste, propose à Guido Guerrieri, avocat en cassation, de le rencontrer avec deux de ses clients à propos « d'une affaire délicate et urgente », ce dernier flaire l'embrouille. Manuela, jeune étudiante à Bari, la fille des deux clients en question, a mystérieusement disparu. Guerrieri va être chargé d'enquêter. Les carabiniers ont déjà mené une enquête sérieuse et approfondie : notre avocat va-t-il pouvoir découvrir « une chose manquante » qui fera basculer l'enquête, tel un habile Sherlock Holmes ?
    J'ai lu ce policier paru en mai 2011 aux éditions du Seuil dans le cadre du Jury Seuil Policiers 2011 et je tiens à remercier Babelio de m'avoir offert l'opportunité d'en faire partie.
    C'est une enquête de l'avocat Guido Guerrieri que nous propose Gianrico Carofiglio, auteur italien né en 1961 à Bari. Il a peut-être choisi un avocat pour incarner la figure de l'enquêteur en raison de sa propre profession de magistrat.
    Après lecture de ce policier, il m'apparaît que l'enquête était plutôt secondaire pour l'auteur : j'ai eu l'impression qu'il attachait plus d'importance à brosser le portrait de l'avocat enquêteur. Celui-ci me semble particulièrement réussi : Guerrieri est très attachant parce que pétri de doutes et de questionnements. Cela est particulièrement visible avec Caterina, une jeune femme d'une vingtaine d'années, dotée de charmes physiques ravageurs. Guerrieri est alors tiraillé face à elle entre ses pulsions viriles et son surmoi redoutable (qui lui souffle notamment que cette jeune femme pourrait être sa fille…). Il fait également preuve, en toutes circonstances, de beaucoup d'autodérision ce qui le rend encore plus attachant. Ses propos, tout en finesse et humour, savent faire mouche et provoquer le rire du lecteur, en témoigne ce passage où sa réflexion avisée l'amène à une conduite prudente :
    Sur l'escalier de la Trinité-des-Monts, je fis la connaissance de deux Américaines, avec qui je mangeai une pizza. Mais je déclinai l'invitation à poursuivre la soirée dans leur appartement après avoir saisi un regard de complicité entre elles : calculant qu'elles pesaient entre quatre-vingts et quatre-vingt dix kilos chacune, je songeai que prudence est mère de sûreté. (p. 16.)
    Il épingle également un manuel de développement personnel censé résoudre un mal décrit par les psychologues et les psychiatres :
    Procrastination, tel est le nom de cette pathologie.
    Les sujets manquant d'assurance et dotés d'une faible estime de soi renvoient à plus tard les besognes désagréables pour éviter de se mesurer à leurs faiblesses, leurs peurs et leurs limites. C'est tout du moins ce que j'avais lu dans un manuel intitulé Cessez de remettre à plus tard et commencez à vivre, qui expliquait en deux cents pages, de manière analytique, les causes de ce phénomène et proposait des exercices délirants du style – textuellement – « se libérer de cette maladie de la volonté et mener une existence pleine, productive et sans frustration ». p. 47.
    L'auteur a décrit un narrateur particulièrement nostalgique, en proie à de fréquentes ruminations. Il se complaît dans l'évocation de souvenirs passés et nous amène à réfléchir au travail de la mémoire, sur le mode de la madeleine de Proust :
    Les souvenirs ne se dissipent jamais. Ils demeurent tous cachés sous la fine croûte de la conscience, y compris ceux que nous croyions à jamais perdus. Parfois un geste, une image suffisent à les ramener à la surface.
    Par exemple un gâteau trempé dans du thé, ou un gros chien aux yeux mélancoliques qui offre sa gorge aux caresses. p. 118.
    C'est ainsi qu'un Cane Corso (molosse italien) l'amène à retrouver le fil de ses souvenirs d'enfance.
    Ainsi, ce policier présente des dimensions attachantes et plaisantes. Je lui ai trouvé cependant quelques longueurs : l'auteur opère de multiples digressions, perdant parfois le fil de l'enquête (qui m'apparaît donc secondaire sous la plume de l'auteur), en évoquant les affaires que doit traiter notre avocat. Elles m'ont semblé sans grand intérêt pour l'histoire. Hormis ces longueurs, l'intrigue en elle-même est intéressante : la fin, notamment, qui délivre la clé, m'a semblé passionnante, le suspens grandissant étant bien rendu dans des chapitres courts, se terminant sur une énigme, un rebondissement, repris dès le début du chapitre suivant.
    Un policier plaisant, très agréable à lire, qui campe un portrait attachant d'un avocat humain et nostalgique, mais qui présente quelques longueurs.
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    • Livres 4.00/5
    Par Onclepaul, le 30 mai 2011

    Onclepaul
    Avocat pénaliste, Guido Guerrieri oscille entre la quarantaine et la cinquantaine. Célibataire, sa femme l'a quitté puis sa maitresse a suivi le même chemin, il s'intéresse surtout à la littérature, se déplace de préférence à pied ou en vélo, négligeant sa voiture, se rend volontiers le soir au Chelsea Hôtel, un bar restaurant pour homo même si lui-même ne partage pas ce genre de sexualité, et pour se défouler tape sans vergogne dans son sac de boxe accroché dans une pièce de son appartement, ayant pratiqué plus jeune ce sport. Il rend volontiers service, et outre son secrétaire remplaçant sa précédente secrétaire devenue stagiaire grâce à l'obtention de son master en droit, il emploie une avocate, à la demande d'un ami, une jeune femme qui s'était dirigée vers le civil mais s'était aperçue que ce n'était pas sa voie. Bref, il exerce sa charge dans la tranquillité des prétoires, souvent dans des pourvois en cassation tout en sachant que les affaires qui lui sont confiées sont quasiment perdues d'avance. Et connaissant cet altruisme, un des collègues de Guido Guerrieri lui demande de reprendre une enquête sur la disparition d'une jeune fille, Manuela. Cela fait bientôt six mois que Manuela n'a pas donné signe de vie et le procureur est sur le point de classer l'affaire. Et ce n'est pas forcément pour la rémunération qui lui est proposée que Guerrieri accepte d'étudier le dossier, mais parce que qu'en rencontrant les parents, il les sent déboussolés. Surtout le père qui tous les jours se rend à la gare de Bari, attendant que sa fille descende du train Ostuni-Bari. Il commence par étudier le dossier que son confrère lui a confié puis il fait appel à une de ses connaissances, l'adjudant Navarra qui a supervisé l'enquête. Il reprend tout à zéro et contacte les dernières personnes à avoir côtoyé ou vu Manuela. Des amies et des connaissances surtout. Seul le fiancé, ou plutôt l'ex-fiancé de Manuela, ne peut être joint, mais il avait été disculpé dès le début de l'enquête effectuée par les carabiniers, étant en déplacement à l'étranger. L'avocat de l'ex-fiancé le menace mais Guerrieri n'en a cure. Guerrieri se rend compte peu à peu que la jeune fille sans histoire n'était peut-être pas aussi innocente qu'il y paraissait.
    Il trouvera la réponse dans le non-dit mais aussi grâce à un incident provoqué par un chien, ce qui lui remémorera une répartie de Sherlock Holmes dans une des nouvelles écrites par Conan Doyle.
    Enfin, serais-je tenté d'écrire, un roman policier dans lequel la violence, les brutalités, les coups de feu en tous sens et en toutes occasions, le sang répandu sur les trottoirs et dans les rues évoquant les inondations d'un fleuve en colère, les policiers cyniques ou véreux, les banlieues en surchauffe, tous ingrédients utilisés à grands effets et spectaculaires sont bannis. Un roman simple et reposant. Si l'avocat devient enquêteur, il ne se conduit pas en détective paumé ou à la déontologie défaillante. « Je pensais aux personnages peu crédibles de certains romans noirs de seconde catégorie, des détectives sans le sou qui reçoivent la visite d'un client et refusent de l'aider, puis se ravisent, font feu de tout bois et, bien entendu, résolvent l'énigme. C'est une astuce d'écrivain pour donner du rythme au récit et y instaurer un peu de suspense ». Souvent une parole, une personne, un incident lui imposent à l'esprit des retours en arrière, piochant dans sa mémoire de petits événements qui ont émaillé sa vie familiale, sentimentale, professionnelle. « Les souvenirs ne se dissipent jamais. Ils demeurent tous cachés sous la fine croûte de la conscience, y compris ceux que nous croyions à jamais perdus. Parfois un geste, une image suffisent à les ramener à la réalité ». Gianrico Carofiglio propose de petites scènes qui n'ont rien à voir avec l'enquête, mais qui sont des instantanés comme tout un chacun peut en connaître. Ainsi lorsque Guerrieri remarque dans un taxi toute une pile de livres, et engage la conversation avec le chauffeur afin de déterminer ce qu'il lit et comparer leurs lectures. « Il y avait là deux thrillers de mauvaise qualité, mais aussi Feux rouges de Simenon, Une affaire personnelle de Fenoglio et même un recueil de poèmes de Garcia Lorca ». Ou lorsqu'il se rend au Chelsea Hôtel, tenu par une ex-prostituée qu'il a défendue à la barre. Bien d'autres moments de la vie quotidienne sont ainsi évoqués et fournissent à ce roman un charme désuet rafraichissant. « Quand on lit trop de livres, on accompli des actes qui n'ont rien de nécessaire ».


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    • Livres 3.00/5
    Par Eskalion, le 15 juin 2011

    Eskalion
    Elle a disparu. Cela fait 6 mois maintenant. Volatilisée. Aucune trace, aucun indice. Une fugue ? L'envie d'un possible ailleurs ? Rapt crapuleux ? Nous sommes en Italie, pays où le crime est organisé. La tentation est grande pour le lecteur d'aller dans cette direction là.
    C'est parce qu'ils sont désespérés et qu'ils comprennent que l'affaire va être prochainement classée que les parents de Manuela, parviennent à convaincre Guido GUERRIERI, avocat de profession de reprendre le dossier pour voir si la police ne serait pas passée à côté d'un élément capital dans son enquête sur la disparition de leur fille.
    Touché par leur détresse celui-ci accepte de jouer les apprentis détectives et de reprendre l'affaire à zéro. le voilà remontant le cours du temps à la recherche des dernières personnes à avoir vu ou côtoyé Manuela. Son ex petit ami, avec qui la séparation fut particulièrement explosive, qui aurait pu faire le suspect idéal, mais son alibi le met à l'abri des suspicions ; Nicoletta et Caterina ses amies avec qui Manuela étudiait à Rome, et Anita, celle qui est la dernière à l'avoir vue vivante, en la déposant à la gare.
    « Le silence pour preuve » marque ma toute première rencontre avec Gianrico Carofiglio, un auteur italien que je n'avais pas encore eu l'occasion de découvrir jusqu'ici.
    Voilà le type de roman policier ( pour un peu le terme même de « policier » serait un peu excessif) indispensable au genre que nous apprécions tant. Car il nous prouve qu'il possible raconter une histoire sans pour autant devoir se vautrer dans l'hémoglobine, la poudre à canon et la violence à outrance.
    C'est un roman épuré, profondément humain que nous offre Gianrico CAROFIGLIO . Un roman qui parle d'une histoire simple, banale, et elle nous est comptée sans artifice, très sobrement. Pas de rebondissement, pas de spectaculaire, de dénouement à couper le souffle. Et ce qui en donne toute sa puissance.
    L'avocat avance dans cette histoire avec une certaine langueur, à la manière d'une promenade nocturne dans les rues de la ville comme il aime à faire parfois. Il observe, à l'écoute de ce qui l'entoure, en particulier de ces jeunes qu'il interroge et lui délivrent une partition sans fausse note. Et là, devant cette façade sociale si lisse le rideau des apparences commence à bouger fébrilement, soulevé par le souffle de curiosité de cet avocat.
    Ce n'est pas tant dans la trame de ce roman que réside à mes yeux l'intérêt de celui-ci que dans la complexité insoupçonnée de cet avocat, parcouru par des tourments intérieurs, qui aime à poser un instant son existence sur la table d'un bar homo pour s'enivrer d'alcool et retrouver Nadia la propriétaire du lieu, ancienne actrice porno, ancienne call girl qu'il avait un jour défendue, qui écoute mais pose peu de questions.
    Et cela va bien à cet avocat ami des livres, pour qui la relation à l'autre n'est pas aussi simple et qui préfère se confier à son sac de frappe quand il enfile des gants de boxe pour se vider l'esprit. Mister Sac est son ami et confident.
    Un homme à l'âme mélancolique, un peu fatigué , un funambule qui marche en équilibre sur le fil de la vie, et qui navigue à la frontière toujours floue entre le mal et le bien, l'innocence et la culpabilité, à la recherche d cette vérité qu'on veut lui cacher mais dont il devine la présence toute proche.
    Paradoxalement, on ressort apaisé de ce roman et c'est délicatement que le lecteur referme son livre, la pensée tout à ce personnage et cette histoire simple et cruelle.

    Lien : http://passion-polar.over-blog.com/
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Citations et extraits

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  • Par Seraphita, le 31 mai 2011

    Procrastination, tel est le nom de cette pathologie.
    Les sujets manquant d’assurance et dotés d’une faible estime de soi renvoient à plus tard les besognes désagréables pour éviter de se mesurer à leurs faiblesses, leurs peurs et leurs limites. C’est tout du moins ce que j’avais lu dans un manuel intitulé Cessez de remettre à plus tard et commencez à vivre, qui expliquait en deux cents pages, de manière analytique, les causes de ce phénomène et proposait des exercices délirants du style – textuellement – « se libérer de cette maladie de la volonté et mener une existence pleine, productive et sans frustration ».
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  • Par Skorpionnan, le 15 juin 2011

    Il existe des crétins paresseux, en général insignifiant et inoffensifs, et des intelligents ambitieux, auxquels il est possible d'attribuer des tâches importantes, alors que, dans tous les domaines, ce sont les intelligents paresseux qui accomplissent les exploits les plus notables. Mais il est un point incontestable : les crétins entreprenants constituent une catégorie si dangereuse et si dévastatrice qu’il convient de les éviter soigneusement
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  • Par Onclepaul, le 30 mai 2011

    Je pensais aux personnages peu crédibles de certains romans noirs de seconde catégorie, des détectives sans le sou qui reçoivent la visite d’un client et refusent de l’aider, puis se ravisent, font feu de tout bois et, bien entendu, résolvent l’énigme. C’est une astuce d’écrivain pour donner du rythme au récit et y instaurer un peu de suspense
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  • Par Inextenso, le 28 mai 2011

    Ne sachant comment passer le temps, je saisis mon iPod dans ma sacoche et l'actionnai en mode aléatoire. Comme par magie, la scène se changea en un spectacle d'une beauté mythique et insensée. Au rythme du rock, avocats, prévenus, juge, greffier et surveillants exécutaient à leur insu une danse syncopée sur ma scène personnelle.
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  • Par athena1, le 20 mai 2011

    Je ne peux m'empêcher de trouver sympathiques les gens qui déclarent vouloir être libraires. Adolescent, j'ai envisagé ce métier. Pour dire la vérité, j'en avais une vision romantique et totalement irréaliste : à mes yeux, il consistait à passer des journées à lire gratuitement les ouvrages de son choix.
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Vidéo de Gianrico Carofiglio

La raison du doute - Gianrico Carofiglio Margue Page 05-10-2010








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