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Critiques sur Mort à crédit (19)


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    • Livres 4.00/5
    Par Cath36 le 27/09/2011


    Autant que Balzac, Céline aurait pu appeler l'ensemble de son oeuvre "La comédie humaine". Y 'en a pour tout le monde, braves gens ne vous battez pas : parents hystériques,bourgeois mesquins,commerçants malhonnêtes,cantatrice psychédélique (avant l'heure), inventeurs mythos, directeurs d'école ratés, anglaises aux dents longues, et j'en passe. Heureusement qu'au bout du compte le tonton sauve l'affaire et nous réconcilierait presque avec le genre humain.
    Et fichtre, quelle margoulette, quelle richesse de vocabulaire ! Il m'aurait fallu un dico à certains moments, genre "la méthode à Mimile".... Emporté par un rythme dément, on ressort ahuri, époumonné, bluffé, confondu, au bout de 600 pages qu'on n'a pas vu passer.
    Un bémol toutefois : on a parfois l'impression que Céline s'auto-parodie tellement il en fait, et ce surtout dans les quarante premières pages. Si j'osais je comparerai à... Proust (si si) : c'est le début qui est dur, une fois rentré dedans on ne peut plus lâcher. J'ai beaucoup aimé, même si j'ai préféré "Voyage au bout de la nuit" que je trouve plus analytique sur cette fameuse condition humaine justement.

    critique de qualité ? (16 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par totom le 25/03/2010


    d'une richesse et d'un achèvement littéraire à couper le souffle!
    Lecture ardue, mais d'une puissance telle que ça en vaut la peine à chaque ligne.
    Mort à crédit m'a fait tout de même un peu moins d'effet que le Voyage... peut-être parce que le style n'était plus une découverte.

    peu importe le sujet (récit assez autobiographique de l'enfance de l'auteur)
    "Des histoires, il y en a tous les matins dans les journaux, mais le style, ça c'est important le style!", disait L.F. Céline

    critique de qualité ? (11 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par Tibere le 13/04/2012


    Mort à crédit… le début du style émotif Célinien. Un étrange mais excellent livre. Tout se met lentement en place. le héros d'abord : ce n'est plus Bardamu, ce n'est pas encore Céline, c'est Ferdinand. Un entre deux. A mi chemin entre le Voyage et la Féérie. Il décrit son enfance, de manière assez linéaire, mais avec un argot assez imposant et beaucoup d'insultes alambiquées et recherchées. Que de personnages mémorables dans ce livre ! Nora, les parents de Ferdinand, le cureton, l'oncle… et puis surtout, Courtial. Il me fait penser à l'essence même de la fin du XIXe siècle : une foi inébranlable dans le Progrès technique, un savoir inépuisable, un esprit farfelu mais incapable de s'adapter à l'arrivée du nouveau siècle… Son suicide signe la mort de la Belle Epoque en fin de compte, d'ailleurs, on le voit bien dans ce livre, que la Belle Epoque n'est belle que de nom : les ouvriers galèrent, les enfants travaillent, la prostitution est partout, la misère universelle…

    critique de qualité ? (9 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par vincentf le 26/06/2010


    Céline, ça vous en fout plein la gueule, ça vous submerge par un flot ininterrompu de mots et de ponctuation et ça vous prend aux tripes parce que tout est déballé dans ce style si particulier qui pourrait prodigieusement énerver et qui fascine par son exubérance, sa luxuriance, sa peinture on ne peut plus pittoresque de personnages qui, comme le narrateur, se lancent dans d'interminables et éberluées diatribes, celles du père qui se plaint du malheur que son fils propage dans toute la maisonnée par son comportement, celles de l'oncle qui accueille l'enfant quand il tente d'étrangler son père, et celles de ce personnage grotesque et sublime, au nom (faux, parce qu'il est plus escroc que scientifique) impayable de Jean Marin Courtial Des Pereires, chez qui Ferdinand trouve enfin, parce qu'il est à la fois un génie (complètement dépassé, très dix-neuvième, positiviste à l'extrême) et un margoulin, une nouvelle famille. Mort à crédit, c'est un flot ininterrompu de mots, disais-je, mais ce déluge, et c'est là que Céline est extraordinaire, subit parfois des accélérations proprement renversantes aux moments-clés, ceux qui sont préparés par tout ce qui précède mais qui éclatent furieusement, le personnage se trouvant soudain hors de lui, les événements se déroulant dans un délire que rien ne saurait freiner, comme lors de sa dernière nuit en Angleterre lorsque la femme qu'il reluque amoureusement et silencieusement depuis plusieurs mois saute dans son lit avant de se suicider, comme lorsque Ferdinand tente de tuer son père, ou comme lorsque Des Pereires, lui aussi, se suicide. A chaque fois que sa vie prend un chemin plutôt calme, presque heureux, ça se déglingue peu à peu, l'argent fout le camp, les hommes deviennent fous et, soudain, ça pète, la mort se pointe et il faut partir, car Mort à crédit, c'est une fuite sans fin qui ne se termine pas, car à la fin Ferdinand n'a qu'une idée en tête, partir, faire son Voyage au bout de la nuit.

    critique de qualité ? (9 votes positifs)



  • Par Kalliope le 08/10/2011


    Déjà lu il y a très longtemps, je viens de me replonger avec délices dans cet ouvrage. Merci à l'une des amies de Babelio pour m'avoir remis ce livre en mémoire. Je redécouvre, avec une intense jubilation, le style, aussi unique que percutant, de Celine.

    critique de qualité ? (8 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par Luniver le 01/11/2011


    Après "voyage au bout de la nuit", on revient avec "Mort à crédit" sur l'enfance de Bardamu, qui est haute en couleur. Son père est secrétaire, sa mère tient une boutique de dentelle. Tous les deux sont dépassés par l'époque : lui en est resté à l'écriture manuscrite en délié alors que les machines à écrire font leur apparition, tandis que les dentelles sont délaissées pour des tissus plus modernes. Leur occupation favorite consiste à se plaindre de leur fils, responsable de tous leurs maux, et incapable de se rendre compte de tous les sacrifices qu'ils consentent pour lui assurer une vie correcte, et le considérant déjà comme ayant tous les vices.

    Après avoir difficilement obtenu son certificat d'études, il reste au jeune Ferdinand à trouver un emploi. Sa mère l'aide dans ses démarches, tout en dévoilant à ses possibles futurs patrons l'étendue de la dépravation de son fils, par acquis de conscience. Il finit par être embauché dans un grand magasin réputé, mais sans paie, pour être renvoyé peu de temps après pour bavardage, puis dans un atelier de ferronerie spécialisé dans les horreurs invendables. Il se fera renvoyé également pour avoir égaré une pière de grande valeur. Après chaque épisode, Ferdinand a droit a un concert de plaintes sur son ammoralité, et son inconscience des sacrifices consentis.

    Grâce à l'appui de son oncle, seule bouffée d'oxygène dans cet univers qui lui est hostile, Ferdinand est envoyé en pension en Angleterre, où il refusera d'apprendre quoi que ce soit. À son retour, lassé par un énième discours moralisateur de son père, il se bat avec lui, et sera logé chez son oncle. Celui-ci par le placer chez Martial, un scientifique un peu illuminé, qui tient un journal décrivant les dernières inventions du moment. Si les premiers mois se passent bien, la suite est un peu moins satisfaisante : Martial se ruine en jouant aux courses, puis en voulant organiser un concours pour se renflouer un peu, ses locaux se font ravager par des inventeurs mécontents. Il tente ensuite de monter une pension, en comptant sur ses légumes surdéveloppés par les "ondes telluriques" pour les nourrir. Mais l'expérience tourne court, et ses enfants finissent par chaparder dans les fermes aux alentours pour pouvoir s'alimenter. Tout ce petit monde finira en prison ou en pension, et Martial se suicidera.

    "Mort à crédit" est tout aussi frappant que "voyage au bout de la nuit" : l'argot y prend une plus grande place encore, et le style est plus violent, avec des phrases courtes et des points d'exclamation qui les ponctuent souvent. L'entourage de Ferdinand ressemble à des caricatures d'humains, chacun coincé dans le rôle qu'il s'est imposé et dans lequel il se complait : les parents victimes d'une progéniture ingrate, le grand scientifique incompris des foules, ... À la fois drôle, grinçant, et un peu écœurant par moment.

    critique de qualité ? (5 votes positifs)



    • Livres 2.00/5
    Par fleurdusoleil le 20/11/2009


    “ C' est sur ce quai-là, au 18, que mes bons parents firent de biens tristes affaires pendant l' hiver 92, ça nous remet loin.” C' était un magasin de “ modes, fleurs et plumes”, y avait en tout comme modèle que trois chapeaux, dans une seule vitrine, on me l' a souvent raconté. La seine a gelé cette année là. Je suis né en mai. C' est moi le printemps.”
    Nous suivons au fils des chapitres, les expériences familiales, scolaires, touristiques… et laborieuses du petit Ferdinand. Etouffé au sein d' une famille composée d' une mère mercière trop besogneuse et un père caractériel et fielleux, Ferdinand grandit tant bien que mal dans une atmosphère fébrile et odieuse. Ses seuls rayons de soleil sont sa grand-mère Caroline et son oncle Edouard, qui lui vouera une confiance total et qui tirera bien souvent de l' embarras.
    La suite ici :


    Lien : http://ecritureetpoesie.canalblog.com/archives/2009/07/29/14557527.h..

    critique de qualité ? (5 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par JPB le 15/04/2012


    L'éditeur indique en 4ème de couverture : "Un roman foisonnant où Céline raconte son enfance et sa jeunesse". Foisonnant est le mot, et il est même faible pour décrire l'univers du jeune Ferdinand. Est-ce bien la vérité ? Comment Céline a-t-il pu se remémorer toutes ces aventures, ces dialogues délirants, écrits dans le plus bel argot qui soit ? Toujours est-il que la jeunesse de Ferdinand chez ses parents d'abord, puis dans de petits emplois miséreux qu'il faut bien tenir pour gagner de quoi manger, ensuite en Angleterre pendant quelques mois durant lesquels il n'ouvre pas la bouche, et enfin en apothéose avec le délirant Courtial des Perreires, sont un prodige de narration, dans un français désastreux mais ô combien réaliste. le passage chez Courtial des Perreires représente près de la moitié du livre. Ferdinand va vivre chez lui sur conseil de son oncle. C'est un inventeur érudit, joueur invétéré, peu scrupuleux, malhonnête, haut en couleurs, délirant, fou parfois, truculent... C'est jubilatoire.

    critique de qualité ? (4 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par Aldus le 29/03/2011


    Le mètre étalon

    On n'en finit pas de revenir de ce livre énorme. On le découvre à vingt ans, et puis on y revient toujours et toujours. Moi ça fait plus de vingt ans maintenant et je reste accro. La littérature, les mots, le style, l'humour, l'enfance, le sexe, la vie quoi... J'attends de pied ferme ce siècle pour nous donner un chef d'oeuvre de ce calibre. Pour l'instant, rien à l'horizon...

    critique de qualité ? (4 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par Henriette le 15/01/2009


    Simplement magnifique.
    Si le style semble ardu à certains: franchement, ça mérite vraiment de s'accrocher.

    Au passage, j'ai rarement autant pleuré pour un livre.

    critique de qualité ? (4 votes positifs)






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