On ne présente plus
Agatha Christie. Auteur d'une œuvre considérable, elle a largement contribué à populariser un genre littéraire considéré – à tort – comme mineur : le roman policier. Il s'agit ici du polar au sens le plus strict, à savoir : un meurtre est commis, aux protagonistes (et le lecteur avec eux) de découvrir le(s) coupable(s). La résolution de l'énigme ne survient que dans les dernières pages, après une enquête minutieuse attachée aux moindres détails et des trésors de déduction logique qui laissent pantois d'admiration le lecteur et, souvent, le coupable lui-même.
Le narrateur du Meutre de Roger Ackroyd est le docteur Sheppard, paisible médecin de campagne du village de King's Abbot, qui vit avec sa sœur Caroline, grande amatrice de potins qui n'a ni les yeux, ni les oreilles, ni la langue dans sa poche. Au tout début du livre, le docteur Sheppard vient de constater la mort de Mrs Ferrars, une riche veuve, suite à l'absorption d'une dose trop importante de véronal. le soir même, il apprend de la bouche de son ami Roger Ackroyd, gentilhomme campagnard et riche industriel, que ce dernier devait épouser Mrs Ferrars. Elle lui a avoué avoir tué son mari en l'empoisonnant et, depuis, quelqu'un la fait chanter. Roger Ackroyd reçoit une lettre postée peu avant sa mort par Mrs Ferrars, dans laquelle elle lui révèle le nom du maître chanteur. Dans la soirée, Roger Ackroyd est retrouvé assassiné.
Mrs Ferrars s'est-elle suicidée ? Y a-t-il un lien entre ces deux morts ? Qui a tué Roger Ackroyd ? La liste des suspects est longue : tous ceux qui étaient présents dans la maison le soir du meurtre ont un bon mobile, en particulier Ralph Paton, fils adoptif de Roger Ackroyd, qui reste introuvable depuis le meurtre. Pour aider la police à trouver l'assassin, on fait alors appel à un célèbre détective belge à la retraite qui vient justement (heureuse coïncidence !) de s'installer à King's Abbot, j'ai nommé Hercule Poirot.
Personnage récurrent des romans d'
Agatha Christie, Hercule Poirot est l'un des intérêts majeurs de ce livre. Sûr de lui jusqu'à l'arrogance, fin observateur et terriblement perspicace, parfois manipulateur, l'infaillible détective à la légendaire moustache sait faire marcher ses « petites cellules grises » pour déjouer les fausses pistes et faire éclater la vérité. Et inutile de lui cacher quoi que ce soit, car ce qu'on lui cache il finira tôt ou tard par le découvrir. Un esprit redoutable donc qui, sans avoir l'air d'y toucher, enserre peu à peu le coupable dans les mailles de son filet…sans pitié !
Le roman nous offre en outre une plongée dans la société anglaise bourgeoise et provinciale au début du XXème siècle, avec ses secrets de famille bien gardés, ses petites intrigues et le poids écrasant des convenances. Chacun y épie son voisin en espérant découvrir ses faiblesses. Hypocrisie, rancœur et cupidité entretiennent une atmosphère de meurtre. Quoi d'étonnant alors à ce que quelqu'un passe un jour à l'acte ? Mais attention, les coupables ne sont pas toujours ceux que l'on croit. Alors, qui a tué Roger Ackroyd ?
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