L'histoire et mon avis :
Un homme (le narrateur), une femme, un désir d'enfant qui semble se concrétiser dès les premières pages : rien de transcendant pour le moment. Pourtant, j'ai ressenti comme un malaise dès les premières lignes "Samedi matin. Je me suis réveillé en sursaut. Un mauvais rêve. Ma femme me disait : le bébé est mort".
C'est la deuxième fois qu'elle tombe enceinte : la première fois elle vivait avec celui que le narrateur nomme "mon prédécesseur" mais son enfant, baptisé "Ferdinand", n'aura survécu que 5 jours.
A peine quelques jours avant la première échographie, elle commence à perdre du sang : c'est le début d'une période noire pour le couple : direction les urgences, annonce de la fausse-couche, retour à la maison, douleurs terribles, retour aux urgences, deux heures et demi de souffrance qui se solderont par un curetage, l'ensemble raconté par les yeux du narrateur, le regard d'un homme. En parallèle à ce récit nous pouvons lire l'histoire de la rencontre entre ces deux personnages, quelques années plus tôt : une histoire enchâssée qui se présente comme un petit bol d'air frais.
Le thème de ce livre est original : on trouve plus souvent des textes racontant la perte d'un enfant déjà né : ici il s'agit de la perte d'un enfant qui va naître. C'est un sujet grave qui est toutefois traité avec sobriété, sans excès et teinté d'une pointe d'humour. Je m'attendais plutôt dans un tel récit à avoir le point de vue de la femme mais c'est bien celui de l'homme que nous avons, un homme avec ses angoisses et sa souffrance.
J'ai beaucoup aimé les citations glissées avant quelques chapitres notamment celle empruntée à
Dostoïevski "Si Dieu n'existe pas, alors tout est permis".
Impossible de quitter ce livre des mains à peine les premières pages lues : c'est un livre prenant, très agréable et rapide à lire : je l'ai dévoré, je l'ai adoré. Merci.
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