> Jean-Paul Gratias (Traducteur)

ISBN : 2869304765
Éditeur : Payot et Rivages (1991)


Note moyenne : 3.81/5 (sur 21 notes) Ajouter à mes livres
Qui était Dora Suarez ? Pourquoi a-t-on massacré à la hache cette jeune prostituée londonienne ? Mais, surtout, pourquoi l'inspecteur chargé de l'enquête, torturé par ses démons, promet-il à la défunte rép... > voir plus
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Critiques et avis(5)

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    • Livres 5.00/5
    Par Woland, le 23 décembre 2007

    Woland
    I was Dora Suarez
    Traduction : Jean-Paul Gratias
    Le sous-titre de "J'étais Dora Suarez" est "Un roman en deuil." De fait, c'est un roman épouvantable qui distille à chaque page la tristesse et le désespoir.
    Certes, ce n'est pas le premier roman, noir ou pas, qui fonde son intrigue sur les abîmes que peut atteindre l'instinct sexuel lorsqu'il ne trouve pas à se satisfaire. Ce n'est pas non plus la première fois que le lecteur se trouve confronté à un personnage de flic franc-tireur, qui hait sa hiérarchie mais que celle-ci garde sous le coude parce qu'elle a besoin de lui pour certains "coups durs."
    Mais en parallèle, c'est un roman noir complètement fantasmatique puisqu'on peut l'interpréter comme un cauchemar poisseux de sang et de sperme, mais un cauchemar qui ne pouvait naître que dans un cerveau masculin. Ecrit à la première personne - ce qui, selon Maurice-Edgar Endrèbe, n'est pas toujours la solution idéale pour éviter toutes les invraisemblances - le livre conte en principe l'enquête menée par un officier de police britannique qui, question caractère, mêle celui de Rick Hunter à celui d'un Hiéronymus Bosch - une sorte de "Dirty Harry" en fait. Il traîne après lui un passé familial assez lourd puisque sa femme, prise de folie, a assassiné jadis leur petite fille de 8 ans.
    Profileur avant la mode, notre sergent se place alternativement dans la peau du Tueur et dans la peau de l'une des victimes, Dora Suarez, chanteuse en boîte de nuit et prostituée occasionnelle. (Comme il a découvert l'espèce de journal intime de Dora, il en livre au lecteur de larges extraits qui révèlent d'ailleurs une femme beaucoup plus fine et beaucoup plus instruite que la prostituée traditionnelle.)
    Le flic tombe amoureux de sa victime - ce qui, là non plus, n'est pas très nouveau. Et son désir de mettre le grappin sur l'assassin devient obsessionnel.
    Bien entendu, il finira par l'abattre dans une sorte de "duel" - là encore eastwoodien.
    ]Mais l'une des choses les plus dérangeantes dans ce livre, c'est que le lecteur aura hésité pendant toute sa durée entre l'horreur légitime que lui inspire le meurtrier et une pitié qui fulgure çà et là avec une confondante intensité. Car l'"entraînement" auquel se soumet le Tueur après chaque crime a quelque chose de dantesque - et ne pourra que faire grincer des dents masculines.
    Dans cet univers de rackett, de drogue et de prostitution, ce sont les hommes qui mènent le jeu. Pour s'enrichir encore et encore ou alors pour assouvir leurs besoins sexuels envers et contre tout, ils ne reculent devant rien. Et Cook dépeint là-dedans une Dora Suarez qui symbolise toutes les femmes obligées de subir ces violences. C'est dans le portrait qu'il nous brosse du milieu interlope fréquenté par Dora qu'il est le plus juste : si répugnantes que soient de telles pratiques, elles existent et n'ont qu'une fin : le profit, la jouissance à tous prix.
    Sous l'ossature du roman noir, Cook tente de placer l'une de ces critiques sociales qui lui étaient chères. On peut juger différemment du résultat obtenu mais je ne crois pas que la générosité de l'auteur puisse être mise en doute. Tout comme il sait, en posant son point final, qu'une société qui n'exploitera plus les faibles (à commencer par les femmes) relève de l'utopie pure et simple. Ce qui le désespère, et son lecteur avec.
    A tort ou à raison, je crois qu'un homme et une femme ne peuvent qu'avoir des visions différentes de ce roman. La femme sera peut-être choquée et souffrira pour Dora mais elle ne sera guère étonnée - à moins qu'elle ne soit très, très naïve. L'homme au contraire sera choqué non par le sort imposé à Dora mais par le fait que ce sort est l'accomplissement logique de l'instinct de puissance masculine poussé jusqu'à son paroxysme. Que ce soit un homme qui raconte l'histoire et qu'il prête sa voix aussi bien au Tueur qu'à sa victime ajoute encore à l'effet de déstabilisation recherché par l'auteur.
    Je suppose que Cook a dû avoir beaucoup de mal à aller jusqu'au bout. Sa dédicace le laisse d'ailleurs entendre. ;o)
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    • Livres 3.00/5
    Par Onclepaul, le 06 mars 2011

    Onclepaul
    « Pour moi, c'est une affaire qui sent le coup pourri ». C'est ainsi que définit le meurtre de deux femmes le flic chargé de l'enquête. Un personnage dont les lecteurs assidus de Robin Cook ont pu faire connaissance dans Les mois d'avril sont meurtriers.
    Ce policier solitaire, particulièrement acerbe, acrimonieux, agressif, vindicatif envers ses collègues, ses supérieurs et une grande partie de l'humanité, était en disponibilité, mis sur la touche à cause justement de son caractère et de ses méthodes d'investigation. Mais cette affaire semble dépasser les compétences de l'A14, le bureau des affaires non élucidées, et il se retrouve réintégré d'office pour mener à bien cette enquête. Une enquête dans laquelle notre policier hargneux, teigneux, s'investit complètement. Son mauvais caractère, son agressivité permanente, découlent peut-être de bonnes raisons mais ses façons de faire, de procéder, de s'exprimer ne peuvent que lui attirer rebuffades et inimitiés. Un duel permanent entre lui et les autres qu'il entretient avec une joie sado-maso. Seuls quelques personnes trouvent grâce à ses yeux et à ses sarcasmes. Des privilégiés.
    Sadisme et masochisme englobent ce récit comme une délectation malsaine dans lesquels semblent se complaire le tueur de femmes mais également l'auteur de ce roman, Robin Cook. Cela dépasse largement le cadre du roman noir. Un roman en deuil comme le définit si bien l'auteur, dont on connaissait par ses précédentes œuvres la propension à manier le noir, le pessimisme. Un auteur tourmenté, déchiré, obsédé, qui se libère dans ses écrits d'une façon violente. Avec ce roman Robin Cook arrive presque à un point de non retour, dans des scènes qui parfois sont à la limite du supportable, dépassant les doses d'horreur des romans catalogués Gore. Une escalade malsaine qui peut laisser des traces, moins peut-être chez le lecteur que chez l'auteur, le lecteur se disant qu'après tout ceci n'est qu'un roman à ne considérer que comme une expérience unique.


    Lien : http://mysterejazz.over-blog.com/
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    • Livres 5.00/5
    Par Fromtheavenue, le 11 octobre 2010

    Fromtheavenue
    Comme le laisse présager la 4ème de couverture, on descend au plus profond de la noirceur. L'écrivain vous plonge dès les premières lignes dans une atmosphère qui vous met mal à l'aise. La découverte du cadavre par le policier est difficilement supportable. Ce dernier est avec infecte ses collègues, seule son enquête compte. Son attachement à la victime Dora Suarez est ambigüe et malsaine. Cela renforce le côté sordide du roman. Tout est vraiment pourri au royaume d'Angleterre. Un roman coup de poing qui vous laisse k.o. un bon bout de temps.

    Lien : http://fromtheavenue.blogspot.com/2009/12/jetais-dora-suarez-de-robi..
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    • Livres 4.00/5
    Par vdujardin, le 27 avril 2012

    vdujardin
    Noir, c'est noir... La narration est originale, alternant la troisième personne (surtout au début et à la fin) quand il s'agit du point de vue du tueur, et la première personne pour le point de vue du policier, qui reste sans nom tout au long du récit. Ce policier est un vrai écorché, sa femme avait sombré dans la folie et assassiné leur fille de neuf ans. Il mène l'enquête à sa façon, presque seul, il n'accepte l'aide que de l'enquêteur chargé du meurtre de Roanna. Où l'on touche de près la corruption de la police, mais notre enquêteur ne se laisse pas acheter, et la contamination criminelle de filles pour satisfaire de riches atteints (et le sachant) du SIDA.

    Lien : http://vdujardin.over-blog.com/article-j-etais-dora-suarez-de-robin-..
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    • Livres 5.00/5
    Par frankgth, le 19 août 2011

    frankgth
    Roman policier écrit dans un style très direct, on a un peu l'impression de prendre des coups tout du long de l'enquête qui va nous conduire sur les traces de l'assassin de Dora Suarez et de ceux qui ont ruiné sa vie. Une histoire à la fois cruelle et poignante qu'il est difficile de lâcher avant la fin.

    Lien : http://www.amazon.fr/review/RR8USJZBGWX8D/ref=cm_cr_rdp_perm
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Citations et extraits

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  • Par GabySensei, le 27 juillet 2011

    Interrompu par la vieille, venue voir ce qui se passait dans la pièce d'à côté, alors qu'il n'en avait pas encore terminé avec la fille, le tueur se rua sans un mot sur l'intruse, l'empoigna comme un paquet de linge sale, puis l'expédia à travers le panneau frontal de son horloge à balancier, située à l'entrée de l'appartement, avec, avec une violence dont lui-même ne se savait pas capable. Il vit tout de suite qu'il avait bien travaillé; la vieille mourut sous le choc. Après le vacarme que provoqua son corps en brisant l'horloge - le fracas soudain du bois qui éclate, le bruit de linge mouillé d'un cerveau heurtant le fond d'un crâne - elle poussa un unique soupir, macabre réplique d'un sanglot; et ce son qui franchit ses lèvres, tandis qu'elle mourrait, la tête dans l'horloge, éclipsa tous les autres bruits de la pièce.
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