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EAN : 9782290323342
158 pages
J'ai lu (10/11/2003)
3.17/5   6 notes
Résumé :

Le 26 avril 1986 à 1H23 du matin, une explosion retourne la dalle de béton du quatrième réacteur de la centrale ukrainienne de Tchernobyl. C'est la catastrophe. A travers une série de témoignages, mettant en scène des personnages hauts en couleur, ce livre retrace, entre récit et documentaire, l'épopée humaine de cette tragédie riche en émotions contradictoires. Le directeur de la centrale, les i... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Le journaliste écrit un curieux mélange de documentaire, de roman et de témoignages qui raconte l'immédiat après catastrophe ainsi que les conclusions sanitaires et sociales quinze ans après la fuite du réacteur n°4. le récit se montre très dynamique par ce mélange des genres qui manque probablement de rigueur journalistique mais qui a le mérite de faire vivre le désarroi, le courage et l'incompréhension de tous les acteurs de l'événement. Qu'il s'agisse des liquidateurs, des soldats, des hauts gradés ou des habitants de la région, tous racontent la manière dont ils ont vécu la fuite, le manque d'informations, la nécessité d'agir puis de vivre avec des radiations invisibles et omniprésentes.
Ces dernières, encore minimisées par le gouvernement (le livre date de 2000), ne peuvent que renvoyer à Fukushima, qui semble reproduire le même schéma. Parce qu'il faut bien vivre, les habitants mangent, trafiquent, vendent tout produit provenant des abords de la centrale, les exportent partout en Europe afin de se sortir de la misère. Aucun contrôle ne permet de déceler ces radiations ingérées au quotidien par ces Ukrainiens qui ont décidé de revenir vivre à Pripiat.
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
Manifestations cliniques
La « maladie des rayons » est marquée par trois étapes, dont l'intensité dépend des doses reçues. Les premières manifestations cliniques – vomissements, maux de tête et vertiges - n'apparaissent qu'au-delà de 100 rems. Les autres signes ne se manifestent qu'après un délai de une à quatre semaines. La moelle épinière et le système nerveux sont atteints. On enregistre une chute du nombre de plaquettes* sanguines et de globules* rouges et blancs. Les capacités de résistance de l'organisme sont dangereusement affaiblies. Pour des doses supérieures à 800 rems, des troubles respiratoires, intestinaux et hépatiques entraînent le décès.
Un peu arbitrairement, les scientifiques ont fixé le « seuil létal ›› à 450 rems. A ce niveau d'irradiation, la moitié des victimes meurent en l'absence d'un traitement à base d'antibiotiques et de transfusions sanguines. Aucune anomalie n'est apparemment décelable en dessous de 30 rems. Cependant, l'impact de très faibles doses sur l'organisme reste vivement débattu. On ne sait donc pas s'il existe une limite en deçà de laquelle le risque est nul.
Toute personne est en permanence soumise à un rayonnement naturel et reçoit annuellement entre 0,15 et 0,6 rem, selon son mode de vie et son lieu de résidence. En France, la limite annuelle d'exposition pour les employés de l'industrie nucléaire est de 5 rems (1).
« Mon mari se métamorphosait incroyablement rapidement. C'était effrayant. La mort resserrait ses tenailles chaque jour un peu plus. Ses cheveux tombaient par touffes et restaient collés à la taie d'oreiller. Ses gencives saignaient. Ses dents se déchaussaient. Au bout de quelques jours, il n'eut plus la force de se lever, d'aller aux toilettes. Des cloques étaient apparues sur ses mains toutes recroquevillées. La peau rougie tournait au noir, craquait et se décollait par plaques sanguinolentes. Un cauchemar. J'avais un aérosol qui le soulageait bien. Mais la clinique n'en disposait qu'en quantité limitée.
“Kostia, je veux m'allonger près de toi, disais-je tendrement. Fais-moi un peu de place dans ton lit." Il grimaçait. Le moindre mouvement lui arrachait des cris de douleur. Je lui lisais les journaux. Il voulait en savoir plus sur Tchernobyl. Mais il n'y avait pas grand-chose dans la presse. Le sujet était soigneu- sement évité. Je me forçais à prendre des airs rassurants.
- Je vais t'acheter un nouveau survêtement et des tennis. Comme ça, tu auras de quoi t'habíller quand tu sortiras d'ici!
- Tu ferais mieux de me trouver un linceul, répondait-il, plein de tristesse et de résignation.
- Ne parle pas comme ça! Je vais te cuisiner un bouillon de volaille. D'accord? Tu as besoin de manger quelque chose de consistant pour reprendre des forces.

(1) Société française d'énergie nucléaire, « Tchernobyl : le vrai, le faux et l'incertain », avril 1996, p.11
(p.54-55)
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Cœur nucléaire en fusion
Dans la matinée du 26 avril, les alentours de la centrale grouillaient de pompiers et de militaires qui avaient afflué en camions et véhicules blindés de toute la région. Un cordon de sécurité était en place, filtrant entrées et sorties autour de l'épicentre.
«En nous approchant de Tchernobyl, nous fûmes frappés par la couleur du ciel, racontait deux ans après le drame dans les pages du quotidien Pravda (La Vérité) l'un des membres de la commission gouvernementa- le arrivée sur les lieux dans la soirée. A une dizaine de kilomètres, une lueur cramoisie dominait les environs. Pourtant, les centrales nucléaires ne rejettent habituellement aucune fumée. Mais ce jour-là, l'installation ressemblait à une usine métallurgique surmontée d'un épais nuage assombrissant la moitié du ciel. Les responsables étaient perdus, paralysés. Ils ne savaient pas où donner de la tête et n'avaient reçu aucune directive. Les employés des première, deuxième et troisième tranches n'avaient toujours pas quitté leur poste. Personne n'avait pris soin de débrancher la ventilation intérieure et les radioéléments s'étaient répandus à travers toutes les installations de la centrale. Dès notre arrivée, nous avons pris les choses en main (1) »
On n'arrêta les blocs numéros 1 et 2 que le lendemain - soit plus de trente heures après le drame. Le réacteur numéro 3 fut lui stoppé le 26 en fin de journée. Son système de refroidissement endommagé, il était devenu difficile de le contrôler.

(1) Valery Legassov, « Mon devoir est d'en parler », Pravda, 20mai 1988
(p.22)
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Près de 120000 personnes, dont beaucoup de paysans installés sur ces terres depuis des générations, prirent le chemin de l'exode avec quelques valises. Ils étaient en pleurs. Certains résistaient. Ils priaient une dernière fois sur la tombe de leurs parents, de leurs ancêtres. Le temps pressait. On embarqua près de 60000 têtes de bétail vers les abattoirs de Kiev et de Jitomir. La viande non contaminée fut vendue; le reste enseveli dans des fosses. Les animaux de basse-cour furent abandonnés sur place. Les chats et les chiens aussi. Les instructions étaient sans appel: ne prenez aucun animal domestique. Ils sont radioactifs, dangereux. La séparation s'était souvent faite dans la douleur.
« Les chiens de toutes les races hurlaient, tentaient de pénétrer dans les autocars qui emportaient leurs maîtres. Ils montraient les dents lorsqu'on les traînait dehors et couraient derrière les véhicules déjà en route. » (1)
Les déplacements de population se poursuivirent jusqu'en 1995 ~ à un rythme réduit -, au fur et à mesure que de nouveaux territoires étaient rattachés à la zone d'interdiction. Au total, environ 250000 personnes quittèrent leurs foyers.

(1) Gregory Medmedev
(p.62)
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