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Critiques sur Cannibale (16)


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    • Livres 4.00/5
    Par BMR le 06/08/2007


    On connaissait de Didier Daeninckx ses polars engagés et militants.
    Avec Cannibale, le voici dans un registre proche, qui nous donne une petite mais édifiante leçon d'Histoire, à faire figurer dans notre florilège des opuscules minuscules.
    Sobre épisode (une centaine de pages écrites sans fioritures) mais sombre épisode.
    En 1931 (oui, y'a pas de faute de frappe : 1931 et non pas 1831), pour l'Exposition Coloniale qui verra la naissance du zoo de Vincennes et de Babar, une centaine de canaques sont "amenés" de Nouvelle-Calédonie, déguisés en sauvages et parqués à côté des singes.
    Une partie de cette "cargaison humaine" sera même échangée contre une autre curoisité, des crocodiles d'un zoo allemand.
    Didier Daeninckx brode sur cette histoire véridique une petite fable effarante.
    D'une écriture simple, sans développer de thèse politique sentencieuse : juste un oeil ouvert quelques instants sur quelques moments de notre histoire.
    En tissant discrètement, comme en filigrane, un autre épisode, situé lui dans les années 80, pendant "Les Evénements" quand les kanaks agitèrent l'île calédonienne, 50 ans après l'Exposition Coloniale.
    Comme pour mettre tout cela en perspective historique.
    Mais notre lecture effarée de cette affaire de 1931 (oui : 1931, pas 1831) peut éclairer également un autre parallèle historique : quand on voit l'arrogance et le racisme de la bêtise coloniale de cette époque, comment s'étonner que le monde ait basculé dans la barbarie moins de 10 ans plus tard ?
    Edifiant ....

    critique de qualité ? (13 votes positifs)



    • Livres 1.00/5
    Par Couperine le 19/12/2011


    Je connaissais cet auteur par d'autres textes, notamment Passages d'enfer et Meurtres pour mémoire. J'avais aimé son style incisif et cette narration qui n'appartient qu'à lui. Aussi, lorsque j'ai lu la quatrième de couverture, je me suis dit qu'un fait historique relaté, romancé, par Daeninckx, cela devait valoir son pesant d'or.

    Et pourtant... je me suis ennuyée. Ce court roman (108 pages) est certes une belle leçon d'Histoire : esclavage, racisme etc... mais je n'ai pas du tout retrouvé le même plaisir à la lecture. Dommage car le sujet était prometteur.


    Lien : http://www.lydiabonnaventure.com/litt%C3%A9rature-des-xxe-et-xxie-si..

    critique de qualité ? (11 votes positifs)



  • Par Aela le 22/06/2011


    Un récit court et captivant, une histoire inspirée de faits réels et qui nous plonge dans la France des années 1930 , dans le cadre particulier de l'organisation de l'Exposition coloniale.
    Quelques jours avant l'inauguration officielle, les organisateurs se retrouvent à court de crocodiles, ceux qu'ils détenaient étant victimes d'une nourriture peu appropriée. Il faut alors trouver des crocodiles de remplacement, qu'un cirque d'Allemagne veut bien fournir, en échange de.... d'un groupe de Kanak de Nouvelle-Calédonie. Une expédition est donc envoyée outre-mer, des Kanak sont expédiés et certains seront affectés à l'Exposition coloniale et d'autres iront en Allemagne pour servir de monnaie d'échange.
    Sur le mode humoristique, l'auteur évoque un sujet grave, le traitement particulier réservé aux citoyens d'outre-mer et en parallèle nous voyons défiler toute la France des années 30 avec ses représentations particulières, sa mentalité et ses préjugés.
    Un récit qui laisse présager les révoltes futures dans ce coin aux antipodes destiné à devenir la Kanaky. Beaucoup d'humour et de tendresse pour ces personnages pleins de vie et d'authenticité.

    critique de qualité ? (9 votes positifs)



    • Livres 3.00/5
    Par Suny le 24/06/2011


    Difficile pour moi de critiquer ce livre... Globalement, une lecture rapide, facile, fluide.
    Un brin ennuyeuse tout de même : l'aventure de Gocéné et de son ami Badimoin aurait pu être racontée avec un petit peu plus de cœur. Un peu plus d'humour, de cynisme, de colère ou de je ne sais quoi, mais un peu plus, quoi...
    En tant qu'ex-étudiante en anthropologie, le mythe du "bon sauvage", le colonialisme, les Expositions, la bêtise des Blancs qui se croyaient si évolués et si savants, sont des sujets qui m'ont toujours interpellée, intriguée, un peu révolté. Ici, je trouve que Daeninckx dépeint cette période, cette mentalité avec brio mais tout en finesse, sans porter de jugement, à travers le regard de ce Cannibale sauvage qui en a pourtant bien plus dans la cervelle que ces pauvres idiots qui le considèrent comme une attraction amusante et vaguement effrayante.
    Au final, hormis une certaine platitude du récit, je trouve que Daeninckx nous livre là une critique toute en subtilité de la mentalité française de l'époque. Je suis d'ailleurs surprise, après coup, de ne jamais avoir entendu parler de ce livre pendant mes études. Tout étudiant en anthropologie devrait y jeter un œil!

    critique de qualité ? (8 votes positifs)



    • Livres 3.00/5
    Par Alcapone le 15/10/2010


    De nos jours en Nouvelle Calédonie. Deux vieillards en jeep sont arrêtés par deux jeunes gens qui leur barrent la route. Alors que le vieillard noir demande à son ami blanc de repartir, son âge respectable force les jeunes à baisser les armes. Autour d'un thé, les jeunes apprennent alors avec surprise que le vieillard blanc n'est pas l'ennemi qu'ils croient. Que s'est-il passé en 1931 à Paris pendant l'exposition coloniale? C'est ce que vont découvrir Kali et Whatiock en écoutant l'histoire de Gocéné...

    Inspiré de faits réels, ce roman de Didier Daeninckx relate un épisode peu glorieux de l'histoire coloniale française des années 1930. De cette France qui se divertit du spectacle bidon offert par des kanak abusés, on a gardé peu de souvenirs. Ce récit ressucite les traitements honteux infligés aux kanak lors de l'exposition coloniale. Réduits au rang d'animaux, ils ont été au prix de mensonges scandaleux, exposés dans des cages où pour distraire les visiteurs, ils mimaient des sauvages... On pouvait même lire sur la pancarte "cannibales anthropophages". Pourtant l'histoire nous prouve que les sauvages contrairement aux gens civilisés, tiennent leur promesses. Celle de Gocémé était de garder un oeil constant sur Minoé, sa promise. C'est donc au mépris de tout danger que ce dernier, accompagné de son cousin Badimoin, part à la recherche de sa bien-aimée qui a été envoyée au cirque de Francfort pour remplacer les crocodiles...

    Sorte de conte philosophique, ce roman n'est pas dénué d'humour, ni de dérision. Tenant à peine sur une centaine de pages, cette mésaventure de Gocémé et des membres de son village laisse une trace indélébile dans l'histoire des kanak. Comme l'annonce la quatrième de couverture, ce récit met "en perspective les révoltes qui devaient avoir lieu un demi siècle plus tard en Nouvelle-Calédonie". Court et facile à lire, cannibales saura émouvoir les lecteurs curieux de ce triste passé qui marque l'ère colonialiste française...


    Lien : http://livresacentalheure-alcapone.blogspot.com/2010/10/cannibale-di..

    critique de qualité ? (7 votes positifs)



    • Livres 3.00/5
    Par Geoshun le 07/09/2010


    livre lu dans le cadre de mes études en bac pro commer pour le cours de francais .. bref si j'ai je me rappel du titre de l'auteur et de l'histoire cela prouve que c'est une bonne chose . agréable surprise de ne pas l'avoir baclé pour avoir juste une note .. livre sur des faits historiques bonne petite lecon de mon prof de francais de nous avoir fait connnaitre cet oeuvre !

    critique de qualité ? (6 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par canel le 01/10/2011


    Paris, 1931, exposition coloniale au Bois de Vincennes. Que peuvent y admirer les badauds ? Des animaux exotiques, oui... mais aussi des étrangers originaires des colonies françaises, à qui l'on demande d'être pittoresques, spectaculaires. Au milieu des éléphants, crocodiles, otaries, un groupe de canaques. Devant leur enclos, la mention "anthropophages". Ils sont tenus de se dénuder, danser, évider des troncs d'arbre, grogner en montrant les dents comme d'authentiques cannibales, pour entretenir la légende du "sauvage", l'image de la supériorité du "bon blanc civilisé"... Qui se souvient alors qu'une quinzaine d'années plus tôt, ils étaient dans les tranchées, combattants pour "la Patrie" ?

    J'ai eu l'idée de re-découvrir ce court et brillant ouvrage car il est dans la liste des lectures recommandées en 3ème. Un peu contraint et rétif au départ, Junior s'est finalement rapidement intéressé à ce récit, s'indignant bien sûr de cette partie honteuse de l'Histoire de France qu'il ignorait.

    Un témoignage saisissant, révoltant, important, sur le 'racisme', l'esprit colonialiste et le respect de la dignité humaine.

    PS : Pour motiver vos ados, annoncez-leur qu'il y a de l'action !

    critique de qualité ? (3 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par sultanne le 18/07/2011


    Un récit court, édifiant et poignant : je n'ai rien vu passer de me deux heures de route, absorbée que j'étais par les tribulations de Gocéné et de son compère.
    Les descriptions urbaines sont magistrales, inatendues, sans fioriture. le rythme du récit est prenant, engageant, haletant : Un va-et-vient constant entre l'hier et l'aujourd'hui, entre l'ici et le là-bas, entrecoupé de chants traditionnels qui marquent avec brio les moments forts de ce récit.
    Ce récit court mais dense nous emmène, sans la moindre animosité, au fin fond de notre conscience collective, celle du blanc bien pensant qui a tout à apporter aux populations "sauvageonnes". Une sacrée leçon toute moderne encore aujourd'hui.

    critique de qualité ? (3 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par lehane-fan le 22/05/2011


    Conte de la betise ordinaire...

    Gocéné a 75 ans , il est est kanak ( terme officiel depuis 1998 ) . La Nouvelle-Calédonie est alors en proie à de nombreux conflits .
    Accompagné de son ami Caroz , il se voit interdire l'acces d'un chemin de montagne par deux manifestants s'étonnant de la couleur de peau de son compagnon de route . Il décide donc de leur narrer un évènement marquant de son histoire...

    Singes , polygames , Cannibales : tels furent , entre autre , les termes employés à l'encontre de cette centaine d'iliens Kanaks déracinés et exhibés à Paris , en 1931 , lors de l'exposition coloniale . Gocéné en fait partie , Minoé , sa promise , également . Cette derniere integrera les trente choisis arbitrairement pour travailler dans un cirque Allemand , en échange de sauriens teutons expédiés en france afin de pallier le déces de leurs congéneres ! Gocéné , aidé en cela de son indefectible ami et cousin Badimoin , n'a desormais plus qu'un seul but dans la vie : la retrouver !
    C'est des lors le début de leurs pérégrinations parisiennes , de leurs decouvertes d'us et de coutumes totalement inconnus chez eux ( métro , périphérique , racisme...) .
    Au-dela de cette quete amoureuse , cette nouvelle est un veritable pamphlet anti-colonialiste militant pour la difference et l'acceptation de l'autre !
    Ces Kanaks ne sont nullement là a titre d'information mais uniquement pour correspondre à l'image que se font les occidentaux des bons sauvages . Et donc ainsi justifier leur prétendue supériorité sur l'homme de couleur .
    Mais Gocéné et son ami sont loin d'etre stupides . Ils font réellement preuve d'adaptation et d'initiative dans un milieu qui leur est totalement inconnu , prouvant ainsi qu'ils sont loin de correspondre à la mise en scene qui leur est imposée...En effet , leurs femmes sont exposées seins nus alors qu'elles ont pour coutume de garder leurs robes de missionnaire meme pour se baigner !Ils sont parqués comme des betes sauvages entre la fosse aux lions et le marigot des crocodiles ! On leur impose de pousser des grognements ! Ils sont exhibés dans le froid , sans autre vétement qu'un bout de manou autour des hanches ! Ils sont présentés comme polygames alors qu'ils sont de fervents catholiques !...Décalage énorme entre le mythe et la réalité...

    Cannibale est un récit tragique ou l'amour cotoie les pires méfaits de la colonisation ! A lire et à méditer...

    critique de qualité ? (3 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par Meinou le 17/04/2011


    Une plongée dans le Paris des années 30, et plus précisément lors de l'exposition coloniale de 1931.

    C'est un livre court qui se lit très rapidement et avec beaucoup de plaisir.
    Daeninckx a su nous faire palpiter au rythme du périple de nos deux héros , deux Kanaks qui vont découvrir à leur dépend le racisme primaire et l'intolérance qui peut exister en métropole.

    Une vision du colonialisme juste et poignante, à mettre entre toutes les mains.

    critique de qualité ? (3 votes positifs)






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