Éditeur : J.-C. Lattès (2011)

Note moyenne : 3.94/5 (sur 31 notes) Ajouter à mes livres
Il est des destins que l’on choisit pour vous. Médecin ou avocat
de père en fils, voilà un métier prestigieux. Mais quand on fait
de vous l’écrivain de la famille, c’est une autre histoire.

À sept ans, Edouard écrit son premier poème. Trois ... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par LiliGalipette, le 05 avril 2012

    LiliGalipette
    Pour avoir écrit un petit poème à sept ans, Édouard est considéré comme un prodige par ses parents. « En quatre rimes pauvres, j'étais devenu L'écrivain de la famille. À huit ans, je n'avais plus rien à dire. » (P. 14) le génie a fui aussi vite qu'il était venu, mais personne ne comprend pourquoi l'enfant, puis l'homme n'écrivent pas un chef-d'œuvre. Tendue vers cette réussite, c'est toute une famille qui s'épuise et finalement se déchire, lasse de n'avoir pas parlé, lasse de ne pas avoir ouvert son cœur au-delà du vœu fou de faire de l'enfant une merveille. « Nous devenions muets. Ce qui est un comble pour une famille qui comptait son propre écrivain. » (p. 32)
    La famille, c'est le père que tout le monde appelle Dumbo. C'est la mère, l'amante, superbe femme qui s'étiole dans une vie étriquée. C'est Claire, la sœur qui rêve du prince charmant. C'est le frère à la voix d'ange qui déploie ses ailes attardées. Et c'est Édouard, celui dont tout le monde attend un miracle, le miracle de l'écriture. Mais l'enfant le comprend avant les autres : il n'a pas de talent. « Les rêves des autres nous damnent. Aux chiottes ! » (p. 48) Alors qu'il aimerait guérir le monde et les siens avec l'écriture, il lui semble qu'il ne fait que les blesser.
    Adulte, Édouard trouve plus ou moins sa voie : il devient publiciste et maître dans l'art de créer des slogans et des campagnes efficaces. Mais voilà, ce n'est pas écrire, pas vraiment, pas comme les autres le voudraient, ni comme lui en rêve. « À vingt-neuf ans, je vivais de ma plume. Mais je m'étais trompé d'encrier. J'écrivais, mais je ne guérissais pas. » (p. 202) Et tout le reste autour de lui capitule. Ses parents divorcent, sa sœur est abandonnée par l'homme qu'elle aime et lui-même vit un mariage amer. Se posent alors les questions de l'amour, filial et autre, de la lâcheté, du mensonge et du silence. C'est comme si la vie s'appliquait méticuleusement à rompre les liens, comme si rien ne permettait l'union véritable et le bonheur. « Quand on est très petit, la longueur des bras permet juste d'atteindre le cœur de ceux qui nous embrassent. Quand on est grand, de les maintenir à distance. » (p. 140) Ou alors, pour être heureux, il faudrait peut-être arrêter d'être ce que les autres attendent et choisir enfin ce que l'on veut être, d'assumer ce que l'on est.
    Les années 1970, 1980 et 1990 défilent et Grégoire Delacourt propose en filigrane la chronique de décennies déjà mythiques. Des chansons, des films, des livres et des noms célèbres parsèment la page et entraînent le lecteur dans la course folle du temps qui passe. Dans ce roman, le name-dropping est artistique, dosé, intelligent. Ce n'est pas l'écœurante énumération du publicitaire, ce sont les indices d'une chasse au trésor : Édouard (Grégoire ?) les collectionne comme les précieuses reliques de l'enfance, cet instant si court qu'il n'a cessé de voir s'éloigner. « Il faut avoir vu ses parents se battre pour comprendre qu'un enfant puisse avoir envie de mourir. » (p. 35) Entre rimes faciles et incises complices, Édouard/Grégoire joue avec les mots et les choses. Une fois qu'il aura assez joué, il saura où il en est.
    L'écriture déborde d'ironie triste et de résignation dolente. Mais pas de pathétique dans ces lignes, le héros avance toujours, même s'il se débat. Son père lui avait donné un conseil pour faire fructifier son don : « Laisse les choses s'écrire » (p. 15) Finalement, c'est encore ce qui marche le mieux pour écrire le plus beau des romans. L'écrivain de la famille se lit avec émotion et tendresse. Ah, que l'on aimerait serrer tous ses personnages contre nous, leur dire qu'il suffit d'un mot ! Mon mot de la fin est pour l'auteur : merci.
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    • Livres 4.00/5
    Par quiliravivra, le 20 mars 2012

    quiliravivra
    J'ai adoré lire cette autobiographie très curieuse, à la sauce Grégoire Delacourt (qui a l'air de bien prendre).
    C'est son1er roman et on y trouve déjà son écriture originale (découverte dans sa fameuse liste des envies)
    G Delacourt manie l'écriture avec dextérité et brode le fil de sa vie à sa manière, très personnelle avec plein d'humour et en même temps des pointillés de désespoir .
    J'ai eu la sensation d''être constamment en équilibre sur un fil de funambule en me demandant comment cela allait se terminer.
    J'aime la pudeur de cet écrivain qui détourne son désespoir avec des mots qui flirtent sans cesse avec la poésie.
    Je ne vais pas ici faire un résumé (d'autres l'ont fait et le feront mieux que moi) mais juste vous conseiller de le lire.
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    Critique de qualité ? (16 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par carre, le 07 mai 2012

    carre
    Quel plaisir de suivre le destin d'Edouard promis à une carrière d'écrivain
    par ces parents à l'âge de sept ans pour avoir écrit un poème.
    Delacourt tisse ces histoires avec brio animé d'un humour et d'une dérision rafraichissante, mais c'est aussi dans les moments de désespoirs et de doutes que le roman finit par nous convaincre définitivement. Avec des personnages magnifiques "Dumbo" le père dépressif en souffrance d'un manque d'amour, "l'amante" une mère qui cherche à plaire malgré les années qui passent, Claire la soeur et Hadrien le frère enfermé dans son corps d'autiste.
    Delacourt brasse les sentiments avec un égal bonheur, l'on passe du rire aux larmes sans que l'auteur n'en rajoute. Un livre tout simple qui fait un bien fou.Et l'on quitte ce nouvel auteur avec l'envie de croiser de nouveau sa route. Un vrai coup de coeur.
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    • Livres 4.00/5
    Par Aproposdelivres, le 18 mai 2012

    Aproposdelivres
    Parce qu'à l'âge de sept ans, Édouard a écrit un petit poème, il devient pour les siens « L'écrivain de la famille ». Quelle responsabilité pour un si jeune garçon… D'autant plus que jamais plus il ne n'arrivera à rééditer cet « exploit », les mots le fuient et avec le temps, il assiste sans pouvoir rien faire à l'éclatement de sa famille. Est-ce parce qu'il n'a jamais pu écrire le livre que l'on attendait de lui ?
    Édouard est très touchant, il vit très mal les échecs qui l'entourent, la fin de l'unité de sa famille, l'échec de sa vie amoureuse, l'échec de sa vocation d'écrivain… Et pourtant, il ne baissera pas les bras et plein d'amour pour les siens il finira par écrire leur histoire avec beaucoup de drôlerie mais aussi de poésie et de sensibilité.
    Grégoire Delacourt a une très belle écriture, il nous décrit des personnages incroyables et touchants comme le père devenu sourd, le frère-oiseau, la sœur dont le cœur est devenu dur comme de la pierre…
    C'est également un joli voyage dans le temps car l'auteur évoque beaucoup de références des années 70, 80 et 90 : évènements, musique, écrivains, film, sans oublier la publicité…

    Lien : http://aproposdelivres.canalblog.com/archives/2012/05/08/24151339.html
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  • Par Angel-A, le 01 février 2011

    Angel-A
    "L'écrivain de la famille" de Grégoire Delacourt
    L'écrivain de la famille. Premier roman de Grégoire Delacourt, aux Editions JC Lattès (265 pages, 17€).

    Dans ce premier roman, Grégoire Delacourt nous narre la vie d'Edouard. Dans les années 70, Edouard est un jeune garçon, dont les rimes qu'il crie haut et fort dans sa maison, laissent toute sa famille ébahie. Il grandit loin de sa famille dès son adolescence, et devient malgré tout L'écrivain de la famille. Tout le monde croit en lui. Un rendez-vous chez un éditeur, tout le monde est persuadé que son manuscrit va être accepté. Une fête à son retour. Une déception pour lui.

    Mais L'écrivain de la famille, ce n'est pas que la simple narration de la vie d'Edouard. C'est aussi un roman sur les relations humaines et familiales, sur les sentiments et sur une certaine manière de voir la vie, et de la vivre.

    Les relations avec sa famille sont plutôt hors du commun, et ses relations amoureuses sont de l'ordre de la complication. Malgré tout ça, Edouard vit. Edouard vit, et nous fait vivre sa vie avec lui. J'ai été prise par l'histoire, par les personnages. Peut-être parce que c'est un écrivain qui nous parle, parce qu'il n'a pas un parcours des plus simples et des plus attirants pour emprunter cette voie qu'est l'écriture. Parce qu'il a ce besoin de changer de direction professionnelle. Pour un métier qui se rapproche de ses qualités intellectuelles, mais qui à la base n'était pas la voie qu'il avait espéré. Car écrire, ça n'est pas si simple, et ça n'est pas suffisant dans bien des cas pour vivre correctement.

    Un beau roman d'écrivain, pour les écrivains, et pour tous les autres.

    "A sept ans, j'écrivis des rimes.
    Maman
    T'es pas du Zan.
    Papa
    Tu fais des grands pas.
    Mamie
    T'es douce comme de la mie.
    Papy
    Tout le monde fait pipi."

    {Incipit de L'écrivain de la famille, page 13}
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Critiques presse (1)


  • LeSoir , le 14 juin 2011
    Ce premier roman a un petit quelque chose en plus et on s'y attache très vite pour ne plus le lâcher. On y prend goût tant on s'y sent chez soi. Il a un air d'Anna Gavalda de la bonne époque. Une écriture agréable, vive, imagée et fluide.
    Lire la critique sur le site : LeSoir

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Citations et extraits

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  • Par carre, le 05 mai 2012

    Nous chantâmes tous la chanson qui avait pour titre "tristesse" et qu'il aimait tant...
    Nous la chantâmes de toute notre âme mais aucun son ne s'envola de nos gorges.Comme Hadrien , notre frère, nous chantâmes tous en silence.
    Ce fut assourdissant de beauté.
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  • Par quiliravivra, le 18 mars 2012

    Cette année-là,deux millions de Français rirent en découvrant "Trois hommes et un couffin" et plus à l'est des millions de gens ne rirent plus du tout à cause de l'explosion du réacteur de Tchernobyl dont les méchants effets s'arrêtèrent miraculeusement à notre frontière.
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  • Par carre, le 05 mai 2012

    Cette année-là, deux millions de français rirent en découvrant "trois hommes et un couffin" et plus à l'Est des millions de gens ne rirent plus du tout à cause de l'explosion de Tchernobyl dont les méchants effets s'arrêtèrent miraculeusement à notre frontière.
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  • Par Mia, le 10 décembre 2011

    Quand on est très petit, la longueur des bras permet juste d'atteindre le cœur de ceux qui nous embrassent. Quand on est grand, de les maintenir à distance.
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  • Par carre, le 05 mai 2012

    Si on dit qu'un bonheur n'arrive jamais seul, les ennuis, eux, arrivent toujours en bande.
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la Parole des libraires - Librairie Thuard au Mans .
Nathalie Pelletey, de la librairie Thuard, située au 24 rue de l'étoile au Mans, vous présente ses coups de coeur du moment. Au programme : > La liste de mes envies, de Grégoire Delacourt, éd. JC Lattès Et en bonus : > Nos vies désaccordées, de Gaëlle Josse, éd. Autrement > Le chapeau de Mitterrand , de Antoine Laurain, éd. Flammarion








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