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ISBN : 2253168548
Éditeur : Le Livre de Poche (2012)


Note moyenne : 3.61/5 (sur 148 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
A sept ans, Edouard écrit son premier poème, quatre rimes pauvres qui vont le porter aux nues et faire de lui l'écrivain de la famille. Mais le destin que les autres vous choisissent n'est jamais tout à fait le bon...
Avec grâce et délicatesse, Grégoire Delacourt... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par LiliGalipette, le 05 avril 2012

    LiliGalipette
    Pour avoir écrit un petit poème à sept ans, Édouard est considéré comme un prodige par ses parents. « En quatre rimes pauvres, j'étais devenu L'écrivain de la famille. À huit ans, je n'avais plus rien à dire. » (P. 14) le génie a fui aussi vite qu'il était venu, mais personne ne comprend pourquoi l'enfant, puis l'homme n'écrivent pas un chef-d'œuvre. Tendue vers cette réussite, c'est toute une famille qui s'épuise et finalement se déchire, lasse de n'avoir pas parlé, lasse de ne pas avoir ouvert son cœur au-delà du vœu fou de faire de l'enfant une merveille. « Nous devenions muets. Ce qui est un comble pour une famille qui comptait son propre écrivain. » (p. 32)
    La famille, c'est le père que tout le monde appelle Dumbo. C'est la mère, l'amante, superbe femme qui s'étiole dans une vie étriquée. C'est Claire, la sœur qui rêve du prince charmant. C'est le frère à la voix d'ange qui déploie ses ailes attardées. Et c'est Édouard, celui dont tout le monde attend un miracle, le miracle de l'écriture. Mais l'enfant le comprend avant les autres : il n'a pas de talent. « Les rêves des autres nous damnent. Aux chiottes ! » (p. 48) Alors qu'il aimerait guérir le monde et les siens avec l'écriture, il lui semble qu'il ne fait que les blesser.
    Adulte, Édouard trouve plus ou moins sa voie : il devient publiciste et maître dans l'art de créer des slogans et des campagnes efficaces. Mais voilà, ce n'est pas écrire, pas vraiment, pas comme les autres le voudraient, ni comme lui en rêve. « À vingt-neuf ans, je vivais de ma plume. Mais je m'étais trompé d'encrier. J'écrivais, mais je ne guérissais pas. » (p. 202) Et tout le reste autour de lui capitule. Ses parents divorcent, sa sœur est abandonnée par l'homme qu'elle aime et lui-même vit un mariage amer. Se posent alors les questions de l'amour, filial et autre, de la lâcheté, du mensonge et du silence. C'est comme si la vie s'appliquait méticuleusement à rompre les liens, comme si rien ne permettait l'union véritable et le bonheur. « Quand on est très petit, la longueur des bras permet juste d'atteindre le cœur de ceux qui nous embrassent. Quand on est grand, de les maintenir à distance. » (p. 140) Ou alors, pour être heureux, il faudrait peut-être arrêter d'être ce que les autres attendent et choisir enfin ce que l'on veut être, d'assumer ce que l'on est.
    Les années 1970, 1980 et 1990 défilent et Grégoire Delacourt propose en filigrane la chronique de décennies déjà mythiques. Des chansons, des films, des livres et des noms célèbres parsèment la page et entraînent le lecteur dans la course folle du temps qui passe. Dans ce roman, le name-dropping est artistique, dosé, intelligent. Ce n'est pas l'écœurante énumération du publicitaire, ce sont les indices d'une chasse au trésor : Édouard (Grégoire ?) les collectionne comme les précieuses reliques de l'enfance, cet instant si court qu'il n'a cessé de voir s'éloigner. « Il faut avoir vu ses parents se battre pour comprendre qu'un enfant puisse avoir envie de mourir. » (p. 35) Entre rimes faciles et incises complices, Édouard/Grégoire joue avec les mots et les choses. Une fois qu'il aura assez joué, il saura où il en est.
    L'écriture déborde d'ironie triste et de résignation dolente. Mais pas de pathétique dans ces lignes, le héros avance toujours, même s'il se débat. Son père lui avait donné un conseil pour faire fructifier son don : « Laisse les choses s'écrire » (p. 15) Finalement, c'est encore ce qui marche le mieux pour écrire le plus beau des romans. L'écrivain de la famille se lit avec émotion et tendresse. Ah, que l'on aimerait serrer tous ses personnages contre nous, leur dire qu'il suffit d'un mot ! Mon mot de la fin est pour l'auteur : merci.
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    • Livres 4.00/5
    Par zabeth55, le 11 octobre 2012

    zabeth55
    Roman certainement autobiographique d'une grande tendresse
    Une partie sur l'enfance, ses questionnements, ses peurs, sa confiance aux parents
    Une partie sur l'entrée dans la vie. Choisir ou être choisi par l'amour par le métier. Ne pas décevoir ceux qu'on aime
    Une partie où les choix sont faits, bons ou mauvais. L'implication et les conséquences dans notre vie de ce que nos parents attendent de nous.
    Enfance, choix de vie, vieillissement des parents, tout est traité avec une extrême sensibilité.
    En ligne de fond, un fort esprit de famille.
    C'est écrit avec lucidité, avec humilité, avec humour, avec amour.
    Un très beau livre.
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    • Livres 4.00/5
    Par Lune, le 17 septembre 2012

    Lune
    Les souvenirs personnels sont souvent ennuyeux sauf lorsqu'ils touchent à l'universel. L'auteur a réussi un tour de force dans un style dont la simplicité apparente contribue à le rendre encore plus percutant. Tour de force d'arrêter notre lecture dans son élan et de laisser des souvenirs monter à leur tour et se confondre dans les siens.
    Tour de force d'un langage sensible qui percute nos émotions et ravive des élans que nous avons connus ou pu connaître.
    Tour de force de l'humour, de la dérision, des regards posés sur l'autre, de l'amour mal aimé et de l'amour tout court.
    Des époques défilent sous nos yeux avec leurs us, leurs habitudes, leurs refrains, leurs rêves et idéaux.
    Des personnages se croisent, s'entrecroisent avec les mêmes élans que les époques décrites détiennent en leur sein. Ils prennent vie. Des êtres qui émeuvent : le frère ange, la mère amante, la sœur déçue, le père, ah ! le père qui engloutit tout sur son passage et dans ses mots si rares qui imprègnent pourtant le fils aux abois.
    Femmes et hommes se regardent, s'observent, se méconnaissent. Tout est répétition jusqu'à LA rencontre ou l'acceptation que telle est la vie et qu'il faut bien... Certes non, si l'on arrive à dire ce non à ceux qui veulent « notre bien » et s'insinuent jusqu'au tréfonds de nos désirs.
    Quelle est la part de fiction ? Quelle est la part de réalité ? Seul l'auteur peut répondre à notre curiosité déplacée. Nous le saurons peut-être plus tard si un jour il est étudié par un aficionados.
    Il est publicitaire et cela se ressent. Après avoir « joué » avec ces mots qu'il aime tant, il a trouvé le chemin du roman où surgissent des bribes que l'on devine vécues : le Nord, la Belgique, les lieux, les odeurs, la publicité, les rêves d'écriture...
    Ce livre semble écrit avec chair et sang et c'est pour cela qu'il nous parle et nous atteint... A moins qu'une manipulation géniale d'un auteur au fait de ce qui « marche », de ce qui est dans l'air du temps : le roman du quotidien comme l'a déjà si bien fait un Philippe Delerm ?
    Trêve de digressions, il s'agit de mon propre questionnement. Pourquoi l'ai-je tant aimé ce petit livre que j'offrirai volontiers à ceux qui m'entourent?
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    • Livres 4.00/5
    Par MissG, le 06 avril 2013

    MissG
    C'est sur trois décennies que cet écrivain va se raconter.
    Enfin écrivain, c'est vite dit : "J'avais écrit un poème minable et j'avais été catalogué écrivain de la famille. Et puis quoi encore ?", car écrivain, Edouard aura beau essayer, il ne réussira jamais à l'être dans le sens où toute sa famille l'attendait.
    C'est dans une autre forme d'écriture que sa créativité va s'exprimer : celle pour les publicités.
    Mais l'intérêt de ce livre ne réside pas dans la carrière d'écrivain réussie ou non d'Edouard, c'est plus une réflexion douce amère sur la vie, les rêves qui ne réalisent pas toujours, voire pas du tout, et la gestion du quotidien et des problèmes : un mariage sans réel amour, les enfants, le divorce, les coucheries à droite et à gauche et la peur d'avoir contracté le SIDA, la sénilité d'un parent, la mort de proches.
    Edouard est un personnage enfermé dans un carcan dès son plus jeune âge : il doit devenir L'écrivain de la famille, il se laisse porter par sa famille, plus tard par Monique qui le pousse à écrire son premier roman, il met finalement près de trente ans à comprendre ce qu'est la vie, l'amour : "Quand sait-on qu'on aime ? le soir ou au matin ? Quand il est encore temps, ou déjà trop tard ?" mais par dessus tout à se séparer de la forme de dictature imposée par les autres sur sa personne pour enfin vivre son destin.
    Autour d'Edouard gravitent d'autres personnages : certains sont touchants comme son père et sa mère, extrêmement émouvants comme son frère, et puis d'autres m'ont laissée indifférente, comme Monique qui a aucun moment ne m'a été sympathique.
    Il y a aussi une ambiance qui se dégage du texte, chaque partie est consacrée à une décennie et Grégoire Delacourt a su leur donner une forme de vie et de nostalgie.
    Ainsi les années soixante-dix sont celles de la musique, de la mode, des magazines féminins, de l'enfance pour Edouard et surtout de l'insouciance; les années quatre-vingt sont marquées par de nouvelles musiques, une atmosphère plus grave avec l'entrée dans l'âge adulte et la vie active mais surtout le développement du SIDA qui se met à toucher n'importe qui, n'importe où, sans faire de distinction de classe sociale et la mort commence à être présente : "La jeune fille hurla. Aujourd'hui encore son je ne veux pas mourir, s'il vous plaît me réveille la nuit."; quant aux années quatre-vingt-dix, l'insouciance s'en est allée et Edouard se heurte aux difficultés de la vie et mûrit, enfin.
    Je reconnais à Grégoire Delacourt un style fluide et très prenant.
    Les chapitres sont courts, l'histoire se lit avec avidité, je qualifierai son livre de page turner.
    C'est relativement bien maîtrisé, d'autant qu'il s'agit de son premier roman et que ça ne ressent quasiment pas à la lecture.
    Je relativise avec quasiment pas car les quelques défauts de ce livre sont inhérents à ses qualités : Grégoire Delacourt arrive merveilleusement à capter l'attention du lecteur en égrainant dans son récit des moments futurs mais lorsque ceux-ci arrivent j'ai trouvé qu'il passait dessus trop vite.
    Ainsi, il crée une tension en évoquant le test de dépistage du SIDA que sera amené à faire Edouard dans quelques années, mais lorsque ce passage arrive en un paragraphe c'est bouclé.
    Pareil pour la mystérieuse jeune femme assise sur le capot de la voiture.
    J'ai trouvé cela un peu dommage car une tension avait été créée mais ce traitement trop rapide sur des passages qui m'intéressaient m'ont laissé un peu frustrée dans ma lecture.
    Ne vous arrêtez pas à mon chipotage sur des passages trop vite évoqués, "L'écrivain de la famille" est un très bon premier roman de Grégoire Delacourt avec de l'émotion et de la tendresse qui se lit avec beaucoup de plaisir.
    Un auteur à découvrir si ce n'est déjà fait !

    Lien : http://lemondedemissg.blogspot.fr/2013/04/lecrivain-de-la-famille-de..
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    • Livres 4.00/5
    Par quiliravivra, le 20 mars 2012

    quiliravivra
    J'ai adoré lire cette autobiographie très curieuse, à la sauce Grégoire Delacourt (qui a l'air de bien prendre).
    C'est son1er roman et on y trouve déjà son écriture originale (découverte dans sa fameuse liste des envies)
    G Delacourt manie l'écriture avec dextérité et brode le fil de sa vie à sa manière, très personnelle avec plein d'humour et en même temps des pointillés de désespoir .
    J'ai eu la sensation d''être constamment en équilibre sur un fil de funambule en me demandant comment cela allait se terminer.
    J'aime la pudeur de cet écrivain qui détourne son désespoir avec des mots qui flirtent sans cesse avec la poésie.
    Je ne vais pas ici faire un résumé (d'autres l'ont fait et le feront mieux que moi) mais juste vous conseiller de le lire.
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Critiques presse (1)


  • LeSoir , le 14 juin 2011
    Ce premier roman a un petit quelque chose en plus et on s'y attache très vite pour ne plus le lâcher. On y prend goût tant on s'y sent chez soi. Il a un air d'Anna Gavalda de la bonne époque. Une écriture agréable, vive, imagée et fluide.
    Lire la critique sur le site : LeSoir

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Citations et extraits

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  • Par zabeth55, le 11 octobre 2012

    Quand elle claqua la porte le souffle d’air balança dans la pièce les derniers mots qu’elle avait prononcés.
    Je les pris alors dans la main ces mots qui flottaient, je les broyai jusqu’à ce qu’ils finissent en poussière. Ils résumaient cette partie de ma vie, ces quelques mots.

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  • Par quiliravivra, le 18 mars 2012

    Cette année-là,deux millions de Français rirent en découvrant "Trois hommes et un couffin" et plus à l'est des millions de gens ne rirent plus du tout à cause de l'explosion du réacteur de Tchernobyl dont les méchants effets s'arrêtèrent miraculeusement à notre frontière.

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  • Par carre, le 05 mai 2012

    Nous chantâmes tous la chanson qui avait pour titre "tristesse" et qu'il aimait tant...
    Nous la chantâmes de toute notre âme mais aucun son ne s'envola de nos gorges.Comme Hadrien , notre frère, nous chantâmes tous en silence.
    Ce fut assourdissant de beauté.

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  • Par Mia, le 10 décembre 2011

    Quand on est très petit, la longueur des bras permet juste d'atteindre le cœur de ceux qui nous embrassent. Quand on est grand, de les maintenir à distance.

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  • Par carre, le 05 mai 2012

    Cette année-là, deux millions de français rirent en découvrant "trois hommes et un couffin" et plus à l'Est des millions de gens ne rirent plus du tout à cause de l'explosion de Tchernobyl dont les méchants effets s'arrêtèrent miraculeusement à notre frontière.

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Grégoire Delacourt, Dialogues littéraires
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