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> Michel Delon (Éditeur scientifique)

ISBN : 2070426254
Éditeur : Gallimard (2002)


Note moyenne : 3.23/5 (sur 277 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Les Tahitiennes sont fières de montrer leur gorge, d'exciter les désirs, de provoquer les hommes à l'amour. Elles s'offrent sans fausse pudeur aux marins européens qui débarquent d'un long périple. Dans les marges du récit que Bougainville a donné de son voyage, Diderot... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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  • Par dovalecharles, le 25 octobre 2013

    dovalecharles
    Résumé :
    Les premiers mots que Diderot nous fait lire, résument bien son récit : « Dialogue entre A et B sur l'inconvénient d'attacher des idées morales à certaines actions physiques qui n'en comportent pas. »
    Supplément au voyage de Bougainville est en effet le dialogue entre deux personnages simplement nommés A et B par l'auteur. Discutions qui a pour objet le carnet de voyage du navigateur Louis-Antoine de Bougainville, et au cours de cette échange de propos entre les deux protagonistes, B va soumettre à A un partie du récit de Bougainville peu connu, un « supplément » à son voyage en somme. Ce supplément sur lequel A et B philosophent, raconte l'arrivée d'un aumônier à Tahiti et son séjour au milieu des tahitiens. Cette aumônier va être confronter aux mœurs tahitiens et va par conséquent devoir remettre en question les principes moraux régis par les codes moraux de son dogme.
    Le thème du récit.
    Le Supplément au voyage de Bougainville est avant tout un livre de dialogue, que ce soit le dialogue entre A et B qui permet à Diderot de souligner les raisonnements philosophiques avancées par le récit sur l'aumônier, ou les dialogues entre l'homme de foi et Orou le chef de famille tahitienne, l'auteur se sert de joutes verbales entre ses personnages afin de développer ses idées.
    Une pléthore de sujet à raisonner est proposée par Diderot. Les premiers, ceux qui sautent aux yeux et ne nécessite pas de relecture entre les lignes, sont des réflexions sur la monogamie, sur le rapport de l'homme du vieux continent vis-à-vis du couple et de la procréation. L'auteur se sert des mœurs et traditions tahitiens pour critiquer les notions de morales imposées par le pouvoir ecclésiastique à propos de l'acte de procréation. IL défend l'idée selon laquelle il est contre nature de consumer l'acte d'amour avec une seule personne, et par la voie d'Orou, qualifie la société européennes de son temps comme hypocrite car elle serait sujet au même pratiques de fornication adultérinenne, mais dans le secret et l'illégalité.
    Au-delà de sa critique morale sur la société de son époque on peut tirer du Supplément au voyage de Bougainville la vertu offerte par le voyage. En confrontant le message de deux émetteurs et receveurs que les coutumes, mœurs, traditions et quotidiens opposent, Diderot nous démontre à qu'elle point l'on peut prendre du recul sur soi-même en se regardant d'un œil extérieure. En voyageant dans des lieux ou les autochtones ont des modes de vie et de pensées totalement différentes des nôtres on peut prendre conscience de ce qui est naturellement attrait à l'homme et ce qui découlent de son environnement. Quand l'aumônier se raconte lui et son monde à Ourou, le tahitien déstabilise l'homme d'église et ébranle ses convictions en lui faisant part de sa vision extérieur sur les codes moraux du vieux continent. Voyager serait donc changer sa vision de soi, et de son environnement, en empruntant un regard qui reste certes subjectif, mais totalement externe à soi et donc en partie objectif quant à la remise en question qui peut en découler. Ou plus simplement aller à la rencontre de l'inconnue peut nous faire voir le connue différemment.
    Le Supplément au voyage de Bougainville n'est pas le genre de livre que l'on aime ou pas, le style littéraire tourne autour du dialogue, donc la substance de l'œuvre réside dans les questions auxquelles le lecteur est confronté. On peut être en désaccord avec la vision de l'auteur mais pas ne pas méditer après lecture. Ce qui est le but du récit. On peut donc dire que c'est une réussite littéraire puisque l'œuvre atteint son but. Diderot s'est servie d'un dialogue fictif entre deux personnages autours d'un récit semi fictif pour critiquer son époque et pousser son auditoire à se poser des questions. Objectif atteint.
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    • Livres 4.00/5
    Par vincentf, le 28 octobre 2014

    vincentf
    C'est devenu un classique : les civilisés ne sont pas ceux qu'on croit. Diderot, comme Montaigne avant lui et comme Montesquieu, délègue au bon sauvage la mission de critiquer sans en avoir l'air la société européenne. Bien sûr, ce bon Otaïtien est un mythe, ses moeurs libres sont plus un rêve de Diderot qu'une réalité, mais la critique reste judicieuse. Pourquoi ne se marier qu'une seule fois et pour toujours? Pourquoi refuser de céder à la tentation naturelle? Pourquoi condamner des actes qui ne sont pas, si l'on y réfléchit à travers le point de vue innocent de l'étranger, si funestes que cela? Ce que met en avant Diderot, c'est la loi naturelle, qu'il oppose à la morale d'une société dominée par des fripons qui inventent des crimes pour mieux faire main basse sur ceux qu'ils ont à leur botte. Les institutions les plus sacrées, la religion, l'Etat, le mariage (qu'il soit pour tous ou pour quelques-uns), semblent soudain contre-nature. Les tabous tombent. Pourquoi interdire l'inceste et dénigrer l'adultère, si cela permet d'accroître la richesse des hommes et des femmes en leur donnant des enfants? La question reste scandaleuse. Ce n'est pas une raison pour ne pas risquer de la poser.
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    • Livres 3.00/5
    Par JulyF, le 02 janvier 2013

    JulyF
    Diderot nous embarque pour Tahiti grâce à un dialogue entre A et B, l'un qui a lu le "Voyage autour du monde" de Bougainville et l'autre non. Mais à travers ce récit de voyage, c'est surtout la critique de notre société qui transparaît, société qui "attache des valeurs morales à des actes qui n'en comportent pas".
    Un dialogue philosophique fin et enlevé, où l'on ne s'ennuie pas malgré les références à un monde ancien, et qui nous montre le chemin parcouru en politique et en société depuis 250 ans.
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    • Livres 3.00/5
    Par Alodia, le 07 janvier 2013

    Alodia
    j'ai adoré la discussion entre les deux protagonistes, le coté très philosophique et l'opposition entre deux coutumes. Cependant, le thème me parait, selon moi, moins intéressant : ce n'est pas l'un de mes thèmes privilégiés. Mais livre que je recommande malgré tout pour les amoureux de la réflexion.
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    • Livres 4.00/5
    Par chartel, le 22 octobre 2009

    chartel
    S'appuyant sur le récit du voyage autour du monde de Bougainville, Diderot remet en cause la propension des nations dites civilisées à se couper des codes de la nature et à s'enchaîner à des mœurs et des principes ne reposant sur aucune base raisonnable et sensée. Les absurdités, imposées par le clergé de l'époque ou par ceux qui s'octroient le droit de décider pour tous de ce qui est Bien et de ce qui est Mal, sont ici remarquablement dénoncées à travers la comparaison des coutumes des peuples polynésiens et des sociétés européennes.
    Cette édition est aussi richement documentée, accompagnée de documents iconographiques et des textes complémentaires permettant de placer l'œuvre de Diderot dans son contexte, celui d'un siècle frontière, passage entre l'ère de la première colonisation et des découvertes et l'ère de la deuxième colonisation esclavagiste et meurtrière.
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Citations et extraits

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  • Par Lea25, le 01 octobre 2013

    Je ne sais quels sont ces personnages que tu appelles magistrats et prêtres, dont l'autorité règle votre conduite; mais, dis-moi, sont-ils maîtres du bien et du mal? Peuvent-ils faire que ce qui est juste soit injuste, et que ce qui est injuste soit juste? Dépend-il d'eux d'attacher le bien à des actions nuisibles et le mal à des actions innocentes ou utiles? Tu ne saurais le penser, car à ce compte il n'y aurait ni vrai ni faux, ni bon ni mauvais, ni beau ni laid, du moins que ce qu'il plairait à ton grand ouvrier, à tes magistrats, à tes prêtres.
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  • Par VACHARDTUAPIED, le 11 avril 2013

    A – Cette superbe voûte étoilée sous laquelle nous revînmes hier et qui semblait nous garantir un beau jour, ne nous a pas tenu parole1.

    B – Qu'en savez-vous ?

    A – Le brouillard est si épais qu'il nous dérobe la vue des arbres voisins.

    B – Il est vrai ; mais si ce brouillard qui ne reste dans la partie inférieure de l'atmosphère que parce qu'elle est suffisamment chargée d'humidité, retombe sur la terre ?

    A – Mais si au contraire il traverse l'éponge, s'élève et gagne la région supérieure où l'air est moins dense et peut, comme disent les chimistes, n'être pas saturé ?

    B – Il faut attendre.

    A – En attendant, que faites-vous ?

    B – Je lis.

    A – Toujours ce Voyage de Bougainville2 ?

    B – Toujours.

    A – Je n'entends rien à cet homme-là. L'étude des mathématiques qui suppose une vie sédentaire a rempli le temps de ses jeunes années ; et voilà qu'il passe subitement d'une condition méditative et retirée au métier actif, pénible, errant et dissipé de voyageur3.

    B – Nullement ; si le vaisseau n'est qu'une maison flottante, et si vous considérez le navigateur qui traverse des espaces immenses, resserré et immobile dans une enceinte assez étroite, vous le verrez faisant le tour du globe sur une planche, comme vous et moi le tour de l'univers sur notre parquet.

    A – Une autre bizarrerie apparente, c'est la contradiction du caractère de l'homme et de son entreprise. Bougainville a le goût des amusements de la société. Il aime les femmes, les spectacles, les repas délicats. Il se prête au tourbillon du monde d'aussi bonne grâce qu'aux inconstances de l'élément sur lequel il a été ballotté. Il est aimable et gai. C'est un véritable Français, lesté d'un bord d'un Traité de calcul différentiel et intégral, et de l'autre d'un Voyage autour du globe.

    B – Il fait comme tout le monde : il se dissipe après s'être appliqué, et s'applique après s'être dissipé.

    A – Que pensez-vous de son Voyage ?

    B – Autant que j'en puis juger sur une lecture assez superficielle, j'en rapporterais l'avantage à trois points principaux. Une meilleure connaissance de notre vieux domicile et de ses habitants ; plus de sûreté sur des mers qu'il a parcourues la sonde à la main ; et plus de correction dans nos cartes géographiques. Bougainville est parti avec les lumières nécessaires et les qualités propres à ses vues : de la philosophie, du courage, de la véracité, un coup d'œil prompt qui saisit les choses et abrège le temps des observations ; de la circonspection, de la patience, le désir de voir, de s'éclairer et d'instruire, la science du calcul, des mécaniques, de la géométrie, de l'astronomie, et une teinture suffisante d'histoire naturelle.
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  • Par hema6, le 15 février 2011

    Va où tu voudras ; et tu trouveras presque toujours l'homme aussi fin que toi. Il te donnera jamais que ce qui ne lui est à bon à rien, et te demandera toujours ce qui lui est utile. S'il te présente un morceau d'or pour un morceau de fer, c'est qu'il ne fait aucun cas de l'or, et qu'il prise le fer.

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  • Par chartel, le 22 octobre 2009

    OROU – Et ce vœu de stérilité, le moine y est-il bien fidèle ?
    L’AUMÔNIER – Non.
    OROU – J’en étais sûr. Avez-vous aussi des moines femelles ?
    L’AUMÔNIER – Plus renfermées, elles sèchent de douleur, périssent d’ennui.
    OROU – Et l’injure faite à la nature est vengée. Ô le vilain pays ! si tout y est ordonné comme ce que tu m’en dis, vous êtes plus barbares que nous.
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  • Par diborde, le 01 juin 2014

    Nous avons respecté notre image en toi. Laisse-nous nos mœurs, elles sont plus sages et plus honnêtes que les tiennes. Nous ne voulons point troquer ce que tu appelles notre ignorance contre tes inutiles lumières. Tout ce qui nous est nécessaire et bon nous le possédons. Sommes-nous dignes de mépris parce que nous n'avons pas su nous faire des besoins superflus? Lorsque nous avons faim, nous avons de quoi manger; lorsque nous avons froid, nous avons de quoi nous vêtir.
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Vidéo de Denis Diderot

Noces de charbon de Sophie Chauveau .
Voir l'émission : http://www.web-tv-culture.com/noces-de-charbon-de-sophie-chauveau-581.html Lippi, Botticelli, Vinci, mais aussi Fragonard ou Diderot. Sophie Chauveau est connu notamment pour ces biographies romancées qui ont connu de beaux succès en librairie. En 2013, Sophie Chauveau puise dans son histoire personnelle avec « Noces de charbon ». de la fin du XIXème siècle aux barricades de 1968, deux familles sur 5 générations. Dans l'enfer des mines de charbon, tout les sépare mais la vie se chargera de les réunir malgré eux. « Noces de charbon » de Sophie Chauveau est éditions Gallimard. Sophie Chauveau est sur WTC.











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