ISBN : 0330519026
Éditeur : Picador (2010)


Note moyenne : 4.06/5 (sur 104 notes) Ajouter à mes livres
Jack fête ses cinq ans dans la chambre qu’il habite avec sa mère depuis sa naissance et dont il ne sort jamais. Il y a Madame Porte, Monsieur Tapis, Madame Table et Monsieur Lit, tous les éléments du quotidien enfin, qui deviennent des compagnons d’isolement. Il y a aus... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par litolff, le 11 octobre 2011

    litolff
    Absolument stupéfiant, original et bouleversant ! le roman choc de la rentrée littéraire !
    A cinq ans, Jack ne connait du monde qu'une chambre carrée de trois mètres par trois, éclairée par une lucarne, et « agrémentée » de quelques meubles qu'il traite comme des personnes à part entières : l'univers pour lui s'arrête là, et tout ce qu'il voit à la télé, c'est « pour de faux ».
    Car Jack est né dans cette chambre où sa maman a été séquestrée sept ans auparavant…
    Et sa naissance a très probablement empêché sa maman, une jeune étudiante ingénieuse et courageuse dont on ne connaitra jamais le nom, c'est toujours Maman, de devenir folle. Par amour pour Jack, elle mettra en œuvre des trésors d'imagination et d'organisation afin qu'il ne connaisse ni la peur ni l'insécurité, de sorte qu'il considère la Chambre comme un nid douillet et confortable, un endroit absolument « normal ».
    Mais Jack est intelligent et plutôt précoce, et à 5 ans, sa maman estime qu'il est assez aguerri et futé pour l'aider à s'échapper.
    C'est Jack lui-même qui raconte l'histoire, avec ses mots et sa syntaxe parfois défaillante, et surtout son amour fusionnel pour sa maman, Jack qui a une vie très organisée et occupée puisqu'il a « des milliers de choses à faire tous les matins ».
    Et si le jour où ils rejoignent « l'Extérieur » est une libération racontée de façon bouleversante par Jack, des questions primordiales se posent dès leurs premiers pas à l'Extérieur qui mettent en exergue l'ambiguïté de la relation de Jack et sa maman : la Chambre n'était-elle pas un environnement plus « sûr » pour Jack ? Comment Jack arrivera-t-il à partager sa Maman avec d'autres personnes ? Peut-elle se satisfaire de jouer avec son petit garçon scotché à elle comme dans la Chambre ? Autant de questions qui remettent en question le lien fusionnel mère-enfant qui peut se révéler aussi destructeur que protecteur.
    Avec une justesse et une sensibilité extraordinaire, l'auteur parvient à sublimer la situation par une écriture extrêmement imaginative où la drôlerie et l'émotion l'emportent toujours sur l'horreur et compte tenu du contexte, il faut beaucoup de talent !
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    Critique de qualité ? (16 votes positifs)
  • Par InColdBlog, le 07 mai 2012

    InColdBlog
    « À saisir, dans secteur arboré et très calme, studio de 15 m² comprenant chambre, cuisine, séjour, coin lecture, coin télé, salle-de-bains et toilettes, buanderie, salle de jeu, et terrain de sports. Rare dans le secteur. »
    Quoi ? Elle vous paraît louche, cette annonce ? Vous pensez qu'il y a un loup là-dessous ?
    Et vous avez raison.
    Le loup, c'est Grand Méchant Nick qui viendra vous rendre visite le soir, vous approvisionnera en produits de première nécessité, vous gratifiera d'un extra le dimanche, et s'en repartira un peu plus tard dans la nuit, en sortant les poubelles.
    Mais pour Jack, cinq ans, cette pièce de quinze mètres carrés est tout son univers.
    Là où Maman lui lit ses histoires préférées, où il l'aide à préparer les repas, où il joue dans son bain, voit à la télévision des mondes qu'il croit imaginaires, joue avec son unique amie Dora, court sur la piste de “sport”, se blottit aux côtés de sa mère dans le grand lit…
    « Mon corps, je crois qu'il est à moi comme les idées dans ma tête. Mais mes cellules sont faites avec ses cellules alors c'est un peu comme si j'étais à elle. Et aussi quand je lui dis mes pensées et qu'elle me dit les siennes, nos idées de chacun se mélangent dans nos deux têtes comme si on coloriait au crayon bleu par-dessus le jaune pour faire du vert. »
    La Chambre est son monde. Celui, rassurant et familier, de Madame Télé, Monsieur Lit, Doudou-Lait, Petit Dressing, Grande Cuillère Fondue, Madame Lucarne… Lui ne le trouve pas trop exigu, ni trop monotone ; c'est le cocon où il s'épanouit depuis sa naissance.
    Au centre de son monde, il y a Maman. Maman qui, elle, n'en peut plus de cette prison de quinze mètres carrés où elle étouffe. Maintenant que Jack est grand, elle sent qu'il est temps pour eux de retrouver le monde extérieur. Il est temps d'activer le Plan B.
    Mais Jack a peur de ce Dehors qu'il ne connaît pas. Bien plus encore que de Grand Méchant Nick.

    Quand le lecteur pénètre dans la Chambre d'Emma Donoghue, il entre dans la tête de Jack, gamin diablement éveillé et curieux, narrateur de Room. C'est donc à travers ce que Jack comprend et connaît du monde qui l'entoure que l'on appréhende son histoire.
    Pour sûr, il ne manque pas d'imagination, le petit Jack. Pour meubler sa solitude, il a pris l'habitude de considérer les objets de son quotidien comme des personnes à part entière, d'où les Madame chose et Monsieur bidule qui truffent le récit de sa vie dans la Chambre, en compagnie de celle que l'on ne connaîtra que sous le nom de Maman.
    Son langage enfantin, émaillé de néologismes attendrissants (« chaudir » l'eau) et de mots-valises (« a-mal-gésiques », « peurageux », « nous-les-deux »…) fait sourire. Tout comme sa candeur.
    « Certains patients nous font coucou quand on arrive et je leur réponds ; par exemple, je fais un signe de la main à la fille qui a zéro cheveu et plein de tatouages sur le cou. Les gens, ça me dérange pas trop tant qu'ils me touchent pas.
    La dame au tablier a entendu dire que j'étais sorti, mais je lui ai jamais raconté. « Tu as dû trouver ça fantastique.
    - Non, je réponds. Euh, pardon : non merci. »
    J'apprends beaucoup d'autres bonnes manières. Si un truc est dégoûtant (comme le riz sauvage qui est aussi dur à croquer que du pas cuit), on dit que c'est intéressant. Quand je me mouche, je plie le mouchoir pour laisser personne voir le gluant qui est top secret. Si je veux que Maman m'écoute moi et pas les autres, je dis « Pardon », sauf que parfois je répète « Pardon » pendant si longtemps que quand elle répond, j'ai oublié ce que je voulais dire. »
    Mais bientôt, le sourire se fige et devient rictus : cette même candeur finit par faire froid dans le dos, tant elle tranche avec la monstruosité de la réalité.
    Car si Jack sent certaines choses, il ne les comprend pas vraiment. Il ne saisit pas toute l'horreur de sa situation, ni l'ampleur du danger. Depuis sa naissance, avec toute l'énergie du désespoir, sa mère s'est toujours débrouillée pour le préserver et l'élever dans l'illusion d'une vie des plus banales. S'efforçant d'entretenir une routine stricte qui rythme leurs journées, elle a su créer un climat sécurisant pour l'enfant.
    « - Rendors-toi. »
    J'y arrive pas. « Quelqu'un a fermé mon nez.
    - C'est simplement qu'il est de plus en plus bouché, ça veut dire que tu seras bientôt guéri.
    - Mais je peux pas guérir si je peux plus respirer.
    - Voilà pourquoi Dieu t'a donné une bouche. C'est le Plan B », explique Maman. »
    Tout ce que la jeune femme fait et endure, c'est pour Jack ; toutes les peurs qu'elle tait, toute la rage qu'elle étouffe, toute la haine qu'elle réprime, c'est pour le protéger. Reclus cinq années durant dans un espace confiné, vivant l'un sur l'autre, l'un pour l'autre, elle voue à son fils un amour inconditionnel, viscéral.
    Mais elle peut aussi, dans des moments de désespoir et d'épuisement intenses, manquer de patience, et se montrer injustement agressive envers Jack qui reste la seule personne vers laquelle elle peut se tourner et sur laquelle déverser son flot de frustrations et de reproches.

    Les premiers chapitres de Room ont tout du conte de fées. Puis, à mesure que l'on prend conscience de la situation et l'horreur de la situation, on retombe de plain pied dans la réalité. La relation fusionnelle qui soude les deux personnages est loin d'être idyllique : si la mère tient le coup grâce à son fils, c'est aussi à cause de lui qu'elle est restée cloîtrée cinq années dans cette cellule.
    En extirpant son récit du monde de l'imaginaire pour le faire passer dans la réalité, Emma Donoghue confère complexité et profondeur à ses personnages et à son intrigue, sans jamais tomber dans le sordide, la sensiblerie ou le mièvre.
    Si Room est le récit claustrophobe de l'enfermement, il est aussi - et surtout ? - celui de l'amour maternel, sous tous ses jours. Comme Maman, on est tout à tour attendri et agacé par Jack et ses réactions décalées. le suspense est mené jusqu'au terme du roman, tension et rebondissements sont rondement menés, faisant une lecture prenante, oppressante de bout en bout.
    Et si le monde extérieur était plus hostile que celui de la Chambre et du Grand Méchant Nick ?
    Sans doute Natasha Kampusch, Elisabeth Fritzl ou Jaycee Lee Dugard auraient-elles bien des choses à nous apprendre à ce sujet.


    Lien : http://www.incoldblog.fr/?post/2012/03/28/Dans-la-Chambre%2C-personn..
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    Critique de qualité ? (9 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par caro64, le 11 janvier 2012

    caro64
    Un roman inspiré d'un fait divers : l'histoire d'un petit garçon, Jack, né en captivité dans une pièce de 10 m2. Il y vit seul avec sa mère. du haut de ses cinq ans, ils nous raconte avec ses mots d'enfant son enfermement, lui qui ne connaît pas le monde extérieur, pour qui les arbres et les chiens n'existent seulement dans la télévision. Sa mère, 
elle, fait tout ce qu'elle peut pour l'élever, l'occuper jusqu'au jour où elle décide qu'il est temps de fuir. Comment cet enfant va pouvoir s'adapter et survivre au monde extérieur bien trop grand pour lui ...
    On pouvait craindre le pire d'un roman qui ose prendre comme toile de fond un sujet aussi terrible. Mais ce texte bouleversant, dans lequel la tension est parfois insoutenable, est une vraie réussite. Emma Donoghue réalise un véritable tour de force : en donnant la parole à Jack, elle parvient à ne jamais sombrer dans le sordide et même à nous faire sourire. La spontanéité, les maladresses et les erreurs de syntaxe de l'enfant, son regard sur le monde, sont une des grandes forces de ce livre et permettent à l'auteur de tenir à distance l'horreur de la situation. Ce roman puissant nous conte avant tout le lien unique qui unit l'enfant à sa mère et nous parle d'Amour maternel. L'Amour plus fort que la peur, plus fort que le désir de mort, l'Amour qui peut déplacer des montagnes… Mais Emma Donoghue nous parle aussi sans détours du Bien et du Mal, des dangers de notre société et de la complexité de l'âme humaine. Ce roman hallucinant, à la fois sombre et lumineux, qui nous tient en haleine de la première à la dernière page, est à découvrir !
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    Critique de qualité ? (14 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Palmyre, le 23 février 2012

    Palmyre
    L'écriture particulière de ce livre pourrait ne pas plaire à quelques lecteurs. Mais je pense au contraire que le fait d'avoir choisi un enfant de cinq ans donne plus de réalisme à l'histoire que s'il avait été raconté par la mère du petit. Avec ses yeux d'enfant, nous percevons autrement la captivité qu'ils ont subi.
    Inspirée de faits divers, Emma Donoghue n'est pas tombé dans la caricature, et c'est une histoire tout en légèreté même si le sujet est très dur. L'innocence, la franchise, la logique du point de vue de l'enfant m'ont marqué : « Je soulève les haltères, je sais pourquoi ils s'appellent comme ça : ils nous tiennent à la terre. »
    Le rôle de la mère est très émouvant, discrète, fragilisée par ses années de captivité, elle trouve en Jack, son fils, l'espoir et le courage pour se sortir de cette situation.
    J'ai apprécié le fait que l'on puisse découvrir leur vie après leurs sorties, leurs réadaptations dans un monde « nouveau » pour eux.
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    Critique de qualité ? (14 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Seraphita, le 04 novembre 2011

    Seraphita
    - La Chambre est pas dans une maison, je répète.
    - Je ne comprends pas très bien, Jack. Dans quoi se trouve-t-elle alors ?
    - Dans rien. le dedans, c'est la Chambre. »
    Une Chambre.
    Quatre murs. Quelques meubles. Une plante. de rares jouets. Madame Lucarne donne le temps qu'il fait dans le monde du Dehors. Madame l'Heure scande les journées.
    Dans la Chambre, vit Jack qui aujourd'hui fête ses 5 ans avec sa Maman qui parfois est Ailleurs. Madame Porte dit « Bip bip » de temps en temps. C'est Grand Méchant Nick qui s'annonce. Depuis le dedans, Jack va partir à la conquête du monde du Dehors.
    Cet avis ne veut pas tomber dans l'écueil d'un spoiler : je ne veux pas gâcher au lecteur le bonheur de la découverte que réserve ce roman, bonheur que j'ai pu moi-même éprouver puisque je n'ai pas lu de résumé avant ma lecture. Aussi, celui-ci pourra paraître quelque peu énigmatique. « The Room » se découpe en 5 parties, chacune portant un titre bref et suggestif.
    La première partie, intitulée « Mes cadeaux », se déploie sur une soixantaine de pages : elle m'a beaucoup déconcertée : Jack, un enfant qui fête ses 5 ans, prend la parole pour décrire son univers, avec ses mots de petit garçon qui s'ouvre à la vie. Ses expressions, qui empruntent beaucoup au monde d'« Alice au Pays des Merveilles », font appel à la personnification. Il décrit les objets qui l'entourent en leur prêtant figure humaine, dépeignant, entre autres, « Madame Télé », « Monsieur Tapis » ou « Madame Porte », qui jouent chacun, à leur manière, un grand rôle pour la suite.
    De nombreuses questions se posent alors au lecteur : qui sont ces deux protagonistes qui nous sont décrits ? Qui est Grand Méchant Nick dont l'arrivée est annoncée par le « Bip bip » de Madame Porte ? Qu'est-ce que la Chambre ? Ces questions, Jack se les pose aussi, avec ses mots d'enfant : « - Pourquoi je suis en cachette comme les chocolats ? » (p. 42) demande-t-il par exemple à sa maman.
    C'est Madame Télé qui permet à Jack, progressivement, de comprendre le monde qui l'entoure, aidé par les paroles de sa maman.
    Quand le lecteur parvient à comprendre ce qu'est la Chambre, tant pour Maman que pour Jack, cela lui fait froid dans le dos : le décalage entre le ton naïf et innocent de l'enfant et la réalité cruelle et dramatique de la situation qu'il vit emplit le lecteur d'un sentiment de mal être. Mais c'est dans ce décalage que réside la force de « The Room », puisque l'auteure ne verse jamais, à mon sens, dans le sordide.
    De superbes mots-valises, que savent créer les jeunes enfants avec tant de bonheur et de poésie, se font jour dans la bouche de Jack. J'ai notamment retenu « peurageux » :
    « La peur, voilà ce que tu ressens, explique Maman, mais tu te montres aussi très courageux.
    - Hein ?
    - Peureux et courageux.
    - Peurageux !
    Les mots sandwich, ça la fait toujours rire, sauf que là je voulais pas être drôle.
    (p. 153)
    Jack va montrer ici combien il peut être « peurageux », et à ses côtés le lecteur ressent toute la peur, tout l'espoir qui animent Jack et sa maman.
    Un livre coup de cœur d'une auteure que je découvrais qui signe à mon sens une œuvre magistrale. Par la voix d'un narrateur enfant, elle sait dépeindre des relations mère-fils où la Chambre figure comme une matrice dont il faudra apprendre à se détacher pour croître vers une liberté à conquérir…
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    Critique de qualité ? (5 votes positifs)

Critiques presse (3)


  • Lexpress , le 22 novembre 2011
    Room, c'est un sinistre fait divers revisité par Gulliver et par Alice, mais c'est aussi une histoire de survie qui célèbre l'indéfectible pouvoir de l'amour maternel. Et la magie des mots, dont la miraculeuse lumière embrase ce roman, jusqu'à la délivrance.
    Lire la critique sur le site : Lexpress
  • LeMonde , le 03 octobre 2011
    C'était un défi : décrire un monde minuscule vu, à moins d'un mètre du sol, par les yeux d'un enfant "sauvage". Emma Donoghue relève le gant avec finesse et élégance. Surtout, elle évite l'écueil du fait divers. Très vite, on est ailleurs. Dans un univers hors normes. Un livre tout à la fois envoûtant et glaçant, à l'étrange et sombre beauté.
    Lire la critique sur le site : LeMonde
  • LeFigaro , le 16 septembre 2011
    Room plonge magistralement le lecteur dans les méandres de l'esprit d'un petit enfant. Emma Donoghue cisèle ainsi une analyse psychologique fine sous les traits d'une folle leçon de survie.
    Lire la critique sur le site : LeFigaro

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Citations et extraits

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  • Par myrtillille, le 11 février 2012

    "Je remonte sur Monsieur Rocking-Chair pour prendre une épingle dans Boîte de l’Étagère; une en moins, ça veut dire que maintenant il en restera zéro sur cinq. On en avait six mais une a disparu. Il y en a une pour accrocher Chef-d'oeuvre de l'art occidental numéro 3: La Vierge à l'Enfant avec sainte Anne et saint Jean-Baptiste derrière Monsieur Rocking-Chair; plus une pour Chefs-d'oeuvre de l'Art occidental numéro 8: Impression soleil levant qui est à côté de Madame Baignoire; une autre pour la pieuvre bleue et encore une autre pour le cheval fou qui s'appelle Chefs-d'oeuvre de l'Art occidental numéro 11: Guernica. Les chefs-d'oeuvre, on les a eus dans le paquet de farine d'avoine, mais c'est moi qui ai fait la pieuvre, c'est mon plus beau dessin du mois de mars; son papier s'enroule un peu en bouclettes à cause des vapeurs de Madame Baignoire. Je mets le portrait-surprise en plein milieu du panneau de liège, au-dessus de Monsieur Lit.
    Maman secoue la tête. "Pas ici"
    Elle veut pas Grand Méchant Nick le voie."
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  • Par litolff, le 10 octobre 2011

    On a des milliers de choses à faire tous les matins, comme donner une tasse d'eau à Madame Plante, dans Monsieur Evier pour pas en renverser partout, et après remettre le pot sur sa soucoupe, sur Madame Commode. Avant, Madame Plante habitait sur Madame Table, mais la figure dorée du bon Dieu lui a brûlé une feuille. Il lui en reste neuf de ma largeur de main et toutes couvertes de fourrure. Maman dit que les chiens sont pareils. Mais les chiens, ça existe que dans Madame Télé. Je trouve un bébé feuille qui commence à pousser : ça fait dix.
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  • Par litolff, le 11 octobre 2011

    C'est bizarre d'avoir un secret rien qu'à moi et pas à Moi-et-Maman. Tout le reste est nous-les-deux. Mon corps, je crois qu'il est à moi comme les idées dans ma tête. Mais mes cellules sont faites avec ses cellules alors c'est un peu comme si j'étais à elle. Et aussi quand je lui dis mes pensées et qu'elle me dit les siennes, nos idées de chacun se mélangent dans nos deux têtes comme si on coloriait au crayon bleu par-dessus le jaune pour faire du vert.
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  • Par litolff, le 11 octobre 2011

    Vous avez pris une décision que certains experts qualifieraient d'étrange ; vous avez enseigné à Jack que le monde mesurait environ trois mètres sur trois et que tout le reste -tout ce qu'il voyait à la télé ou entendait raconter dans ses quelques livres- était purement imaginaire.
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  • Par litolff, le 11 octobre 2011

    Et partout où je regarde les enfants, en général les adultes ont pas l'air de les aimer beaucoup, même leurs parents. Ils leur disent qu'ils sont superbes et très mignons, ils leur demandent de tout recommencer pour prendre une photo mais ils ont pas vraiment envie de jouer avec eux ; ils préfèrent boire du café et discuter avec d'autres adultes.
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