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ISBN : 2207261468
Éditeur : Denoël


Note moyenne : 3.19/5 (sur 42 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Un scandale éclate dans un lycée de jeunes filles : M. Saladin, le professeur de musique, est renvoyé pour avoir entretenu des relations coupables avec l’une de ses élèves, Victoria. Les camarades de classe de l’adolescente et sa jeune sœur se confient tour à tour à leu... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par latina, le 04 mai 2014

    latina
    J’ai aimé, mais sans passion.
    Je parle de quoi, à votre avis ? De ma vie ou de ce roman déroutant ? A votre avis ?
    Eh bien, ce type de questionnement, je l’ai ressenti continuellement tout au long de l’histoire.
    Le point de départ, c’est au lycée, dont une élève de terminale, Victoria, est sortie, ...sort, avec un prof de 30 ans, Mr Saladin. Et ça fait des vagues...Et des vagues ! Du psychologue de l’école à la professeur de cours particuliers de saxo, en passant par l’Institut d’Art dramatique de cette ville ; de la jeune sœur de 15 ans, Isolde, en passant par les autres filles de l’école, et d’une fille en particulier, Julia, supposée lesbienne, des mères autoritaires ou effondrées, jusqu’à Stanley, élève acteur.
    Ces vagues psychologiques constituent la trame de l’histoire. Mais ces vagues sont aussi théâtrales, elles passent continuellement de l’illusion à la réalité, sans même qu’on sache (que je sache, en l’occurrence), où se trouve la frontière.
    L’auteure décortique le fonctionnement des sentiments, et je lui rends hommage pour cela. C’est très fin, les fils ténus reliant chaque raisonnement, chaque sensation sont mis à jour. Les condisciples de la jeune fille qui a préféré un adulte sont-elles jalouses ? Se sentent-elles flouées ? Et les mères, auront-elles encore du pouvoir sur leurs filles ? Et la jeune sœur ? Veut-elle attirer l’attention sur elle ? La prof de saxophone qui recueille quelques confidences use-t-elle aussi de son pouvoir ? Qu’est-ce que c’est, avoir de l’influence sur quelqu’un ? Et qu’est-ce qu’un enseignant, un bon professeur ? Et l’amour, l’Amour ?
    L’auteure analyse également à fond l’illusion théâtrale : qu’est-ce que le théâtre ? Un acteur est-il encore lui-même quand il joue ? Qu’est-ce que les autres voient de lui ? Jusqu’où peut-on oser la réalité ? Et est-ce la réalité, ce qui est joué ?
    Par un continuel jeu de miroirs, l’auteure m’a perdue, m’a reconquise, m’a exaspérée aussi, souvent. Je déteste errer dans un labyrinthe de glaces.
    Bref, un roman sur lequel je pourrais écrire une thèse, je pense.
    Mais c’est là le problème : à partir du moment où tout est décortiqué, analysé, perfusé, fouillé, trituré, le rêve s’envole, le cœur démissionne. Nulle part je ne me suis sentie accrochée par ces fils ténus, emportée. L’analyse froide et à plat me scotche intellectuellement mais ne me fait pas décoller. Et si en plus, je m’y perds, alors là....
    Alors, oui, j’ai quand même aimé ce roman, mais sans passion.
    5/10
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    • Livres 4.00/5
    Par paroles, le 02 septembre 2014

    paroles
    Scandale au lycée, le professeur de musique est accusé d'avoir eu une relation sexuelle avec l'une de ses élèves, Victoria.
    À partir de là, on assiste aux réactions des proches : parents, sœur, amies, professeurs, étudiants en art dramatique ou musique, et ce sans qu'à aucun moment les deux protagonistes n'interviennent directement dans le récit. Rivalité, jalousie, manipulation... Sentiments ou émotions sont habilement décrits.
    L'adolescence est le sujet central de ce roman. "Les ados ont une telle conscience d'eux-mêmes, chacun d'eux est son propre public, le spectateur intransigeant de ses transformations, de son corps, de ses limites. L'adolescent a déjà tous les attributs d'un adulte, sans en assumer les responsabilités."
    Parallèlement à ce fait divers, on assiste également à la mise en scène de cette relation par le groupe d'étudiants en théâtre, puisqu'ils décident d'en faire le clou de leur spectacle de fin d'année. J'ai adoré toute cette partie où le jeu théâtral est mis à l'honneur, où les exercices de comédiens révèlent les personnalités de chacun.
    Le récit est donc construit par étapes sans suite logique. On saisit des instants, des fragments de cette relation, soit à travers les témoignages des personnages, soit à travers les scènes jouées par les étudiants. Et au final, on a beaucoup de mal à cerner les personnalités de deux héros. Où se situe la réalité ?
    Ainsi, Eleanor Catton construit l'identité de ces deux personnages à travers le regard des autres. Quel est le rôle de chacun dans cette histoire ? C'est bien un roman troublant sur la perception qu'ont les autres de nous. C'est aussi un roman sur la période troublée de l'adolescence, répétition de l'âge adulte ?
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  • Par kuroineko, le 27 février 2013

    kuroineko
    Livre pris un peu par hasard, motivée par le résumé de quatrième couverture: un scandale autour d'une liaison entre un professeur de musique et une élève dans un lycée de jeunes filles... J'ai eu envie de voir le traitement donné à ce récit.
    Et je n'ai pas été déçue. Eleanor Catton, jeune Néozélandaise, a publié ce premier roman très prometteur à seulement 23 ans. Elle offre au lecteur une intrigue originale tant sur le fond que sur la forme. Elle ne s'attache pas uniquement à la description pure et simple de l'événementiel, ni ne multiplie les détails croustillants. Pour prendre l'image des ondes provoquées sur l'eau par la chute d'une pierre, cette pierre étant la liaison illicite, Eleanor Catton s'applique plutôt à décrypter les ondes.
    Elle dresse toute une série de portraits essentiellement féminins, mêlant fantasmes, peurs, attentes des adolescentes, frayeur d'une sorte de contagion de la part des parents. Les personnages défilent chez la professeur particulière de saxophone, femme mordante et qui ne mâche pas ses mots. Ce studio de répétition finit par s'assimiler au confessionnal ou au divan du psy, selon les caractères. Même si on n'y dit pas forcément la vérité, jeu de miroir entre les désirs et la réalité.
    L'auteur révèle le monde mouvant de l'adolescence, ses tabous, ses non-dits, ses us et coutumes d'une semaine ou d'un mois, ses coteries, son hypocrisie, ses traumatismes, ... Chacun semble jouer un rôle, sous l'oeil vigilant de la communauté. Et gare à celui ou celle qui désire sortir des sentiers battus! Eleanor Catton montre la force de la majorité, écrasant les différences sous peine d'exclusion.
    Le roman n'est pas forcément d'un abord simple, du fait d'une chronologie non linéaire et comme destructurée. Pourtant, une fois habitué, on y trouve un réel plaisir de lecture.
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    • Livres 3.00/5
    Par caro64, le 17 janvier 2012

    caro64
    Voici un livre pour le moins original ! On n'y entre pas facilement, mais cela vaut le coup de forcer la porte…
    L'argument de départ, un scandale sexuel dans une école. Monsieur Saladin, le professeur de musique, est accusé d'avoir abusé de Victoria, une élève qui n'a pas encore fêté ses 18 ans. L'histoire provoque deux ondes de choc. La première, ce sont les réactions des élèves, et plus particulièrement de la jeune sœur de Victoria, Isolde. La deuxième nous entraîne dans une école de théâtre où les élèves de première année ont choisi de représenter ce fait divers pour le spectacle de fin d'année. En coulisses, les adultes mènent la danse : Julia la prof de saxo, les enseignants de l'école de théâtre et le psy essaient de prendre en charge ce petit monde qui oscille entre fantasme et raison.
    Eleanor Catton utilise un ton provocateur qui permet aux non-dits de s'exprimer clairement. Elle joue des effets théâtraux en se servant des pratiques de l'improvisation. L'intime est exposé sur la scène : ici on parle de désir, de perte de l'innocence ( si elle a jamais existé), on répète son propre rôle, celui que l'on jouera toute sa vie, avec parfois l'envie de jouer le rôle d'un autre, comme si les personnages étaient interchangeables. Catton associe la maîtrise de l'écriture à l'énergie de le jeunesse.
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    • Livres 4.00/5
    Par pile, le 11 février 2012

    pile
    “Un scandale éclate dans un lycée de jeunes filles : M. Saladin, le professeur de musique, est renvoyé pour avoir entretenu des relations coupables avec l'une de ses élèves, Victoria. Les camarades de classe de l'adolescente et sa jeune soeur se confient tour à tour à leur professeur de saxophone. Toutes sont en émoi, comme brusquement propulsées dans un monde de désir, de choix, de fantasmes dont elles pressentent obscurément qu'ils forgent la vie tout entière”… (début de la quatrième de couverture)
    Premier roman de Eleanor Catton, une jeune néo-zélandaise de vingt-trois ans, La répétition est un roman très original, tant par sa construction et son style, que par ses thématiques. On peine peut-être un peu à s'y repérer au début de la lecture, mais assez vite on s'aperçoit que l'on suit deux intrigues qui s'entrelacent jusqu'à se rejoindre.
    La première histoire se déroule dans le lycée de jeunes filles où le scandale a éclaté. Au coeur de cette première intrigue se trouve la prof de saxophone qui va recueillir les confidences des lycéennes : Isolde (soeur de Victoria), Julia (adolescente provocante et marginale) et Bridget (jeune fille un peu terne, dans l'ombre de sa mère). Quant à la deuxième histoire, elle se déroule à l'Institut, une école de théâtre où l'on entre par concours juste après le lycée. le personnage principal en est Stanley, un étudiant qui vient d'intégrer l'Institut et doit participer à la création d'un spectacle de fin d'année. Enfin, de ce qui relie les deux histoires je ne dirai rien, car cela apparaît assez tardivement dans le roman.
    Contrairement aux lycées, l'institut théâtral est mixte, ce qui donne lieu à beaucoup de réflexions sur la différence des sexes. Mais ce qui semble intéresser particulièrement Eleanor Catton, c'est à la fois l'art dramatique, ses théories, les réflexions qu'il suscite sur les frontières entre le réel et l'imaginaire, et puis l'adolescence, cette période trouble qu'elle envisage comme une répétition de la vie à venir. Les identités à cet âge sont encore un peu floues et Eleanor Catton semble laisser entendre, qu'après quelques essayages, on se choisit une identité comme on endosse un rôle au théâtre.
    J'ai beaucoup apprécié cette lecture. C'est un roman très habilement construit et très riche, que l'on n'épuise certainement pas à la première lecture. Je suis d'ores et déjà très curieuse de ce qu'Eleanor Catton va écrire par la suite…
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Critiques presse (6)


  • Telerama , le 19 octobre 2011
    Démantelant les certitudes du lecteur, Eleanor Catton semble peindre ses personnages d'après les multiples perspectives suggérées par la surface d'un miroir craquelé. Une sensation accentuée par une narration qui avance - et recule - par tableaux, telle une mosaïque dévoilant progressivement une fresque protéiforme et kaléidoscopique : la réalité, l'imagination et la fiction théâtrale s'entremêlent, sans solution de continuité.
    Lire la critique sur le site : Telerama
  • Lexpress , le 28 septembre 2011
    Malgré quelques tunnels et des digressions encombrantes, cette Répétition est un beau roman sur les tartuferies sociales, sur le "mentir-vrai" cher à Aragon et sur les ambiguïtés de l'adolescence, lorsque le diable s'échappe des coulisses pour semer la zizanie.
    Lire la critique sur le site : Lexpress
  • LaLibreBelgique , le 27 septembre 2011
    Intrigante et déjouant les certitudes, Eleanor Catton n’avait que vingt ans lorsqu’elle a écrit de main de maître ce roman en forme de pénétrante réflexion sur les charnières de l’existence. Une ode aux premières fois, avant que tout ne soit que répétition.
    Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
  • LePoint , le 19 septembre 2011
    Écrit par Eleanor Catton, jeune première néo-zélandaise aujourd'hui âgée de 26 ans, ce livre très théâtral met en scène le bourgeonnement du désir comme la quête des identités. Un roman troublant sur un âge troublé.
    Lire la critique sur le site : LePoint
  • LeMonde , le 26 août 2011
    Roman, théâtre - ou les deux ? Indéniablement roman, et pourtant. La Répétition, d'Eleanor Catton, remarquable premier roman, respire le théâtre. Jusqu'à son titre.
    Lire la critique sur le site : LeMonde
  • LeMonde , le 26 août 2011
    L'art d'Eleanor Catton est remarquable de naturel. Son texte si construit sonne juste. Sans fausse note. Une révélation.
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Citations et extraits

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  • Par paroles, le 03 septembre 2014

    Qui, parmi toutes les filles de notre année, qui donc a le plus de chances de virer lesbienne ?
    Cette dernière question déclenche toujours des cris et des claques et des hoquets hilares. Elles soupèsent en esprit celles qui ont le moins de noms à leur tableau de chasse, celles qui sont momentanément en disgrâce ou un petit peu moins bien de leur personne. L'impopularité, le mutisme, l'introversion studieuse, la moindre réticence à marcher sur les pas du plus grand nombre - ce sont là autant de symptômes, de l'avis unanime des filles qui s'agglutinent pour poser leur diagnostic. Elles lancent des noms tout haut et se tordent de rire comme un sabbat de sorcières écervelées pour jeter un mauvais sort.
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  • Par caro64, le 17 janvier 2012

    - Si tu t’imagines les cheveux sagement nattés, ton kilt bien repassé, en train de jouer Sweat Georgia Brown au ténor à la remise des prix de ton lycée, si tu te vois déjà prendre la pose, le parfait petit agneau sous les projecteurs, je suis désolée, tu n’y es pas.
    Les ongles de la prof de saxophone sont rouges sang aujourd’hui, des ongles qui battent doucement un rythme tandis qu’elle enchaine :
    - Ce n’est pas la langue du saxophone. Le saxophone parle la langue des bas-fonds, l’argot blasé et mélancolique du demi-jour – sale et sexy et suant et dur. C’est la langue des orphelins, des bâtards et des putains.
    Bridget ne bouge pas. Entre ses mains, le saxophone baisse la tête, comme une fleur fanée.
    - Le saxophone, dit encore la prof, est la cocaïne de la famille des bois. On admire les saxophonistes parce qu’ils sont dangereux, parce qu’ils ont exploré la face la plus sombre, la plus sinistre de leur personnalité. Dans ton jeu, Bridget, je ne vois rien de sale ou de sexy. Tout ce que je vois est bien récuré, rose et blanc, propre sur soi, expurgé et assommé de tranquillisants comme un caniche à exposition.
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  • Par caro64, le 17 janvier 2012

    - C’est une façon intéressante de voir les choses, dit la prof de saxophone.
    - Moi je veux une excuse, insiste Julia. Si on découvre que j’ai été traumatisée, ce ne sera plus de ma faute. Ce ne sera pas dégouttant, ce sera tragique. Ce sera un effet – l’effet d’une cause qui n’est pas en mon pouvoir. Je serai une pauvre victime.
    - Vous voulez toutes être traumatisées, éclate soudain la prof de saxophone. Toutes. S’il y a bien une chose, une seule, que toutes mes élèves ont en commun, c’est ça. C’est le thème que vous déclinez, toutes, des variations : le désir suprême d’être victime. Vous y voyez le seul moyen pratique de prendre l’avantage sur vos copines, et vous n’avez pas tort. Si j’abusais de toi, Julia, je te rendrai un service formidable. Je te donnerai carte blanche pour une orgie d’autodétestation et d’apitoiement sur toi-même où aucune des tes camarades ne pourrait espérer rivaliser.
    - Oui, c’est bien ce que je me tue à vous dire, approuve Julia.
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  • Par le-mange-livres, le 03 mai 2012

    M. Saladin a laissé derrière lui un méfiance singulière, tout ensemble ingénue, fasciné et aguichante, qui a ravagé mes élèves comme un virus. La jeune fille violée est suivie partout où elle va de chuchotements et de coups de coude et d'une jalousie aveugle et endolorie. Lorsque les lumières s'éteignent, les parents pleurent et se demandent l'un à l'autre ce qu'il lui a fait, mais c'est une toute autre question qui tracasse les filles : qu'est-ce qu'elle a fait, elle ? Qu'est-ce qu'elle sait maintenant qui la rend tellement dangereuse, comme la lente fuite ambrée d'un gaz nocif ?
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  • Par Kanelbulle, le 23 avril 2012

    On demande aux enseignants de recommencer chaque année, de rompre le fil d'un an de progrès avec sa relation laborieusement bâtie, de défaire tous les fruits de leur travail pour revenir à la case départ et recommencer avec un autre enfant. Chaque année, nos enseignants sèment et cultivent une nouvelle récolte pour laquelle personne ne les remerciera et qu'eux ne récolteront jamais.

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Eleanor Catton présente son roman, "La Répétition". (www.mollat.com)








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