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ISBN : 2207261468
Éditeur : Denoël


Note moyenne : 3.16/5 (sur 38 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Un scandale éclate dans un lycée de jeunes filles : M. Saladin, le professeur de musique, est renvoyé pour avoir entretenu des relations coupables avec l’une de ses élèves, Victoria. Les camarades de classe de l’adolescente et sa jeune sœur se confient tour à tour à leu... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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  • Par kuroineko, le 27 février 2013

    kuroineko
    Livre pris un peu par hasard, motivée par le résumé de quatrième couverture: un scandale autour d'une liaison entre un professeur de musique et une élève dans un lycée de jeunes filles... J'ai eu envie de voir le traitement donné à ce récit.
    Et je n'ai pas été déçue. Eleanor Catton, jeune Néozélandaise, a publié ce premier roman très prometteur à seulement 23 ans. Elle offre au lecteur une intrigue originale tant sur le fond que sur la forme. Elle ne s'attache pas uniquement à la description pure et simple de l'événementiel, ni ne multiplie les détails croustillants. Pour prendre l'image des ondes provoquées sur l'eau par la chute d'une pierre, cette pierre étant la liaison illicite, Eleanor Catton s'applique plutôt à décrypter les ondes.
    Elle dresse toute une série de portraits essentiellement féminins, mêlant fantasmes, peurs, attentes des adolescentes, frayeur d'une sorte de contagion de la part des parents. Les personnages défilent chez la professeur particulière de saxophone, femme mordante et qui ne mâche pas ses mots. Ce studio de répétition finit par s'assimiler au confessionnal ou au divan du psy, selon les caractères. Même si on n'y dit pas forcément la vérité, jeu de miroir entre les désirs et la réalité.
    L'auteur révèle le monde mouvant de l'adolescence, ses tabous, ses non-dits, ses us et coutumes d'une semaine ou d'un mois, ses coteries, son hypocrisie, ses traumatismes, ... Chacun semble jouer un rôle, sous l'oeil vigilant de la communauté. Et gare à celui ou celle qui désire sortir des sentiers battus! Eleanor Catton montre la force de la majorité, écrasant les différences sous peine d'exclusion.
    Le roman n'est pas forcément d'un abord simple, du fait d'une chronologie non linéaire et comme destructurée. Pourtant, une fois habitué, on y trouve un réel plaisir de lecture.
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    • Livres 3.00/5
    Par caro64, le 17 janvier 2012

    caro64
    Voici un livre pour le moins original ! On n'y entre pas facilement, mais cela vaut le coup de forcer la porte…
    L'argument de départ, un scandale sexuel dans une école. Monsieur Saladin, le professeur de musique, est accusé d'avoir abusé de Victoria, une élève qui n'a pas encore fêté ses 18 ans. L'histoire provoque deux ondes de choc. La première, ce sont les réactions des élèves, et plus particulièrement de la jeune sœur de Victoria, Isolde. La deuxième nous entraîne dans une école de théâtre où les élèves de première année ont choisi de représenter ce fait divers pour le spectacle de fin d'année. En coulisses, les adultes mènent la danse : Julia la prof de saxo, les enseignants de l'école de théâtre et le psy essaient de prendre en charge ce petit monde qui oscille entre fantasme et raison.
    Eleanor Catton utilise un ton provocateur qui permet aux non-dits de s'exprimer clairement. Elle joue des effets théâtraux en se servant des pratiques de l'improvisation. L'intime est exposé sur la scène : ici on parle de désir, de perte de l'innocence ( si elle a jamais existé), on répète son propre rôle, celui que l'on jouera toute sa vie, avec parfois l'envie de jouer le rôle d'un autre, comme si les personnages étaient interchangeables. Catton associe la maîtrise de l'écriture à l'énergie de le jeunesse.
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    • Livres 4.00/5
    Par pile, le 11 février 2012

    pile
    “Un scandale éclate dans un lycée de jeunes filles : M. Saladin, le professeur de musique, est renvoyé pour avoir entretenu des relations coupables avec l'une de ses élèves, Victoria. Les camarades de classe de l'adolescente et sa jeune soeur se confient tour à tour à leur professeur de saxophone. Toutes sont en émoi, comme brusquement propulsées dans un monde de désir, de choix, de fantasmes dont elles pressentent obscurément qu'ils forgent la vie tout entière”… (début de la quatrième de couverture)
    Premier roman de Eleanor Catton, une jeune néo-zélandaise de vingt-trois ans, La répétition est un roman très original, tant par sa construction et son style, que par ses thématiques. On peine peut-être un peu à s'y repérer au début de la lecture, mais assez vite on s'aperçoit que l'on suit deux intrigues qui s'entrelacent jusqu'à se rejoindre.
    La première histoire se déroule dans le lycée de jeunes filles où le scandale a éclaté. Au coeur de cette première intrigue se trouve la prof de saxophone qui va recueillir les confidences des lycéennes : Isolde (soeur de Victoria), Julia (adolescente provocante et marginale) et Bridget (jeune fille un peu terne, dans l'ombre de sa mère). Quant à la deuxième histoire, elle se déroule à l'Institut, une école de théâtre où l'on entre par concours juste après le lycée. le personnage principal en est Stanley, un étudiant qui vient d'intégrer l'Institut et doit participer à la création d'un spectacle de fin d'année. Enfin, de ce qui relie les deux histoires je ne dirai rien, car cela apparaît assez tardivement dans le roman.
    Contrairement aux lycées, l'institut théâtral est mixte, ce qui donne lieu à beaucoup de réflexions sur la différence des sexes. Mais ce qui semble intéresser particulièrement Eleanor Catton, c'est à la fois l'art dramatique, ses théories, les réflexions qu'il suscite sur les frontières entre le réel et l'imaginaire, et puis l'adolescence, cette période trouble qu'elle envisage comme une répétition de la vie à venir. Les identités à cet âge sont encore un peu floues et Eleanor Catton semble laisser entendre, qu'après quelques essayages, on se choisit une identité comme on endosse un rôle au théâtre.
    J'ai beaucoup apprécié cette lecture. C'est un roman très habilement construit et très riche, que l'on n'épuise certainement pas à la première lecture. Je suis d'ores et déjà très curieuse de ce qu'Eleanor Catton va écrire par la suite…
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    • Livres 4.00/5
    Par le-mange-livres, le 03 mai 2012

    le-mange-livres
    Envie d'un roman radicalement différent, sensible et violent à la fois, tranchant et subtil ? Toutes ces qualités sont réunies dans la superbe et très réussie Répétition de la jeune Eleanor Catton.
    M. Saladin, proesseur de jazz band au lycée, est accusé par les parents d'une élève terminale, Victoria, de viol. Sa révocation et surtout la "faute" de Victoria ébranle le lycée et les consciences des élèves de fond en comble. le retentissement est tel que l'évènement inspire la pièce de fin d'année montée par les étudiants de l'Institut voisin, une prestigieuse école d'acteurs. Les relations se nouent, fragiles et matures à la fois, les langues se dénouent, et la sensualité affleure au coin de chaque paragraphe.

    "M. Saladin a laissé derrière lui un méfiance singulière, tout ensemble ingénue, fasciné et aguichante, qui a ravagé mes élèves comme un virus. La jeune fille violée est suivie partout où elle va de chuchotements et de coups de coude et d'une jalousie aveugle et endolorie. Lorsque les lumières s'éteignent, les parents pleurent et se demandent l'un à l'autre ce qu'il lui a fait, mais c'est une toute autre question qui tracasse les filles : qu'est-ce qu'elle a fait, elle ? Qu'est-ce qu'elle sait maintenant qui la rend tellement dangereuse, comme la lente fuite ambrée d'un gaz nocif ?"
    Une vois éminemment séduisante, différente, subversive et insidieuse, époustouflante à bien des égards. La justesse sensationnelle de cette écriture qui se savoure littéralement tient en grande partie à l'originalité d'une construction scandée par les confidences que les jeunes filles font à leur professeur de saxophone, figure ambiguë et tutélaire à la fois, et qui n'hésite pas à tisser patiemment la toile de la manipulation."Mes élèves, je les veux duvetées et pubescentes, arborant l'acné d'une sombre défiance, bouillonnant intérieurement de rage et d'ardeur et d'incertitude et de désolation", passage de témoin dangereuse entre enfance et âge adulte, ni tout à fait dans le monde des parents, ni tout à fait dans celui de ses élèves.
    Un roman magique sur l'adolescence et son sublime éphémère, qu'on semble ne plus comprendre après l'avoir quitté pour toujours ; un roman où les adultes ne comprennent rien de rien et se font balader par de jeunes âmes innocentes et torves. Un roman exerçant un magnétisme étrange, malsain et presque vénéneux, évoquant D'Acier mais en mille fois plus élaboré, moins brut.
    On a peine à croire que tout cela soit sorti de la plume d'une jeune femme d'à peine 25 ans ! Une vraie découverte, mieux, une révélation !
    "N'oubliez pas que celui qui est assez malin pour vous rendre la liberté le sera aussi pour vous asservir".

    Lien : http://le-mange-livres.blogspot.fr/2012/05/la-repetition-eleanor-cat..
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    • Livres 2.00/5
    Par mariech, le 05 mai 2012

    mariech
    Monsieur Saladin , le professeur de musique a-t-il ' séduit' Victoria , sa jeune élève de presque 18 ans , a-t-il profité se son pouvoir sur elle ou est-il simplement tombé amoureux de son étudiante .
    Cette affaire provoque un scandale à l'école , les jeunes filles sont aidées d'un psychologue pour surmonter le traumatisme .
    Par ailleurs , on suit le jeune Stanley qui va faire un an de théatre ...
    Je ne suis pas arrivée à finir ce roman , je n'ai ressenti aucune émotion , je n'ai pas compris à quelle époque cela se passait , je n'ai pas été capable de faire un effort pour rentrer dans l'histoire .
    Je dois pourtant reconnaître une chose , c'est un roman d'une grande originalité .
    Une autre fois peut-être ?
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Critiques presse (6)


  • Telerama , le 19 octobre 2011
    Démantelant les certitudes du lecteur, Eleanor Catton semble peindre ses personnages d'après les multiples perspectives suggérées par la surface d'un miroir craquelé. Une sensation accentuée par une narration qui avance - et recule - par tableaux, telle une mosaïque dévoilant progressivement une fresque protéiforme et kaléidoscopique : la réalité, l'imagination et la fiction théâtrale s'entremêlent, sans solution de continuité.
    Lire la critique sur le site : Telerama
  • Lexpress , le 28 septembre 2011
    Malgré quelques tunnels et des digressions encombrantes, cette Répétition est un beau roman sur les tartuferies sociales, sur le "mentir-vrai" cher à Aragon et sur les ambiguïtés de l'adolescence, lorsque le diable s'échappe des coulisses pour semer la zizanie.
    Lire la critique sur le site : Lexpress
  • LaLibreBelgique , le 27 septembre 2011
    Intrigante et déjouant les certitudes, Eleanor Catton n’avait que vingt ans lorsqu’elle a écrit de main de maître ce roman en forme de pénétrante réflexion sur les charnières de l’existence. Une ode aux premières fois, avant que tout ne soit que répétition.
    Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
  • LePoint , le 19 septembre 2011
    Écrit par Eleanor Catton, jeune première néo-zélandaise aujourd'hui âgée de 26 ans, ce livre très théâtral met en scène le bourgeonnement du désir comme la quête des identités. Un roman troublant sur un âge troublé.
    Lire la critique sur le site : LePoint
  • LeMonde , le 26 août 2011
    Roman, théâtre - ou les deux ? Indéniablement roman, et pourtant. La Répétition, d'Eleanor Catton, remarquable premier roman, respire le théâtre. Jusqu'à son titre.
    Lire la critique sur le site : LeMonde
  • LeMonde , le 26 août 2011
    L'art d'Eleanor Catton est remarquable de naturel. Son texte si construit sonne juste. Sans fausse note. Une révélation.
    Lire la critique sur le site : LeMonde

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Citations et extraits

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  • Par caro64, le 17 janvier 2012

    - Si tu t’imagines les cheveux sagement nattés, ton kilt bien repassé, en train de jouer Sweat Georgia Brown au ténor à la remise des prix de ton lycée, si tu te vois déjà prendre la pose, le parfait petit agneau sous les projecteurs, je suis désolée, tu n’y es pas.
    Les ongles de la prof de saxophone sont rouges sang aujourd’hui, des ongles qui battent doucement un rythme tandis qu’elle enchaine :
    - Ce n’est pas la langue du saxophone. Le saxophone parle la langue des bas-fonds, l’argot blasé et mélancolique du demi-jour – sale et sexy et suant et dur. C’est la langue des orphelins, des bâtards et des putains.
    Bridget ne bouge pas. Entre ses mains, le saxophone baisse la tête, comme une fleur fanée.
    - Le saxophone, dit encore la prof, est la cocaïne de la famille des bois. On admire les saxophonistes parce qu’ils sont dangereux, parce qu’ils ont exploré la face la plus sombre, la plus sinistre de leur personnalité. Dans ton jeu, Bridget, je ne vois rien de sale ou de sexy. Tout ce que je vois est bien récuré, rose et blanc, propre sur soi, expurgé et assommé de tranquillisants comme un caniche à exposition.
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  • Par caro64, le 17 janvier 2012

    - C’est une façon intéressante de voir les choses, dit la prof de saxophone.
    - Moi je veux une excuse, insiste Julia. Si on découvre que j’ai été traumatisée, ce ne sera plus de ma faute. Ce ne sera pas dégouttant, ce sera tragique. Ce sera un effet – l’effet d’une cause qui n’est pas en mon pouvoir. Je serai une pauvre victime.
    - Vous voulez toutes être traumatisées, éclate soudain la prof de saxophone. Toutes. S’il y a bien une chose, une seule, que toutes mes élèves ont en commun, c’est ça. C’est le thème que vous déclinez, toutes, des variations : le désir suprême d’être victime. Vous y voyez le seul moyen pratique de prendre l’avantage sur vos copines, et vous n’avez pas tort. Si j’abusais de toi, Julia, je te rendrai un service formidable. Je te donnerai carte blanche pour une orgie d’autodétestation et d’apitoiement sur toi-même où aucune des tes camarades ne pourrait espérer rivaliser.
    - Oui, c’est bien ce que je me tue à vous dire, approuve Julia.
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  • Par le-mange-livres, le 03 mai 2012

    M. Saladin a laissé derrière lui un méfiance singulière, tout ensemble ingénue, fasciné et aguichante, qui a ravagé mes élèves comme un virus. La jeune fille violée est suivie partout où elle va de chuchotements et de coups de coude et d'une jalousie aveugle et endolorie. Lorsque les lumières s'éteignent, les parents pleurent et se demandent l'un à l'autre ce qu'il lui a fait, mais c'est une toute autre question qui tracasse les filles : qu'est-ce qu'elle a fait, elle ? Qu'est-ce qu'elle sait maintenant qui la rend tellement dangereuse, comme la lente fuite ambrée d'un gaz nocif ?
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  • Par pile, le 11 février 2012

    Plus tard, Stanley en conclurait que les filles étaient naturellement plus fourbes, plus futées, plus douées pour cacher leur vrai moi sous un manteau fictif, là où la personnalité des garçons transparaissait bon gré mal gré. C’était, se dirait-il, l’aptitude des filles à fonctionner en mode multitâche, le petit côté sorcière qu’elles avaient toutes, qui leur permettait de démultiplier leur attention pour suivre deux ou trois fils à la fois. Les filles pouvaient, sans s’emmêler les pinceaux, faire toujours le départ entre elles-mêmes et l’impression qu’elles voulaient donner, entre la forme et le fond.
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  • Par Kanelbulle, le 23 avril 2012

    On demande aux enseignants de recommencer chaque année, de rompre le fil d'un an de progrès avec sa relation laborieusement bâtie, de défaire tous les fruits de leur travail pour revenir à la case départ et recommencer avec un autre enfant. Chaque année, nos enseignants sèment et cultivent une nouvelle récolte pour laquelle personne ne les remerciera et qu'eux ne récolteront jamais.

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Eleanor Catton présente son roman, "La Répétition". (www.mollat.com)








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