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ISBN : 2253008885
Éditeur : Le Livre de Poche (2002)

Existe en édition audio



Note moyenne : 4.25/5 (sur 1483 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Aux trois gentilshommes mousquetaires Athos, Porthos et Aramis, toujours prêts à en découdre avec les gardes du Cardinal de Richelieu, s'associe le jeune gascon d'Artagnan fraîchement débarqué de sa province avec pour ambition de servir le roi Louis XIII.
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Nastasia-B, le 08 mai 2014

    Nastasia-B
    J’explique souvent à ma fille qu’il faut chérir les méchants dans les histoires que l’on lit. Car c’est souvent à l’aune des méchants que l’on mesure la qualité des héros. Et là, il n’y a pas à dire, il n’y est pas allé de main morte l’ami Dumas, question méchants, on est servi et bien servi ! Il est probable qu’avec ce fantastique personnage de Milady, il nous ait mitonné au fond de son chaudron la plus infecte salope de toute l’histoire de la littérature mondiale !
    J’explique également souvent à ma fille que deux et deux sont quatre, et que quatre et quatre sont huit. Alors comptons : quatre serviteurs, trois mousquetaires, deux hommes au sommet de l’état, un auteur… Non, décidément, rien à faire, j’ai dû me tromper dans mes calculs car le compte n’y est pas, cela ne tombe jamais juste comme cela.
    Un auteur ? Oui, un auteur, bien sûr, Alexandre Dumas. Un auteur dites-vous ? Capable de pondre trois tomes à la minute avec des scénarii tarabiscotés, une myriade de personnages et des références incessantes à des détails minuscules de l’histoire de France ? Hmm… Il y a comme une anguille sous roche… Et vu d’ici, avec tous ces spadassins, c’est tellement gros qu’on peut même parler d’espadon sous gravier.
    Il faudrait être un surhomme pour réaliser un tel tour de force (sachant que dans le même temps, Alexandre Dumas écrivait également une minuscule nouvelle intitulée Le Comte de Monte-Cristo). Or, non, au risque de vous décevoir, Dumas était assurément un grand homme — un gros homme même — mais malheureusement pas un surhomme. La surhommie de Dumas s’appelait Auguste Maquet, un historien de formation, écrivain à ses heures. Il correspondait donc parfaitement à l’historien amateur et écrivain professionnel qu’était le père Dumas. Les deux se mettaient d’accord sur la trame du scénario, puis Maquet produisait un premier jet de qualité moyenne mais où tout figurait déjà et enfin Dumas remettait le couvert et allumait les phrases ternes de Maquet d’une lumière qui lui était propre.
    Deux hommes au sommet de l’état ? Oui, bien sûr, le friable roi Louis XIII et l’inaltérable cardinal de Richelieu. Et s’il y avait une troisième éminence tapie dans l’ombre des deux autres ? Et si cette éminence était une femme ? La reine Anne d’Autriche, par exemple, future mère de Louis XIV et future régente du royaume, qu’en dites-vous ?
    Trois mousquetaires ? Oui, bien sûr, Athos, Porthos et Aramis, cela va sans dire. C’est d’ailleurs de ces trois noms qu’Alexandre Dumas souhaitait baptiser son roman. Mais l’éditeur — vous savez bien, celui qui a les clés du coffre et qui rétribue les auteurs toujours en dessous de ce qu’ils mériteraient — et bien l’éditeur d’alors a pensé que comme titre, " Athos, Porthos et Aramis " ce n’était pas terrible et qu’il valait mieux le remplacer par Les Trois Mousquetaires. Les Trois Mousquetaires ? mais c’est stupide ! pensa Dumas, ils sont quatre ! Oui mais réfléchis un peu mon gars, l’autre il a les clefs du coffre ! Okay, a dit Alexandre, les clefs du coffre c’est bien aussi.
    Quatre serviteurs ? Oui, bien évidemment, les quatre valets des quatre mousquetaires : Grimaud, Mousqueton, Bazin et Planchet. Mais n’y a-t-il donc que quatre serviteurs qui soient importants dans cette histoire ? N’y aurait-il pas deux magnifiques soubrettes qui joueront des rôles cruciaux ? Madame Bonacieux et Ketty, par exemple, respectivement au service d’Anne d’Autriche et de la Comtesse de Winter ? Allez savoir.
    Bref, nous voilà aux prises avec un jeune et fringant gentilhomme du nom de d’Artagnan, issu de son Béarn, fils d’un fidèle compagnon d’armes du feu roi Henri IV et qui monte à Paris avec deux désirs en tête. Le premier étant d’endosser le prestigieux uniforme des mousquetaires du roi, le second de faire fortune. Peut-être l’une des deux aspirations de notre cadet de Gascogne est-elle plus aisée à assouvir que l’autre, surtout si l’on manie bien l’espadon et qu’on peut compter sur une certaine dose de courage comme lui semble porté à le faire.
    Là dessus, les auteurs dépeignent un très bel esprit de camaraderie et d’honneur entre le novice d’Artagnan et les vieux routiers du mousquet que sont Athos, Porthos et Aramis. Un thème qui donnera sûrement quelque inspiration à Edmond Rostand pour son magnifique Cyrano de Bergerac. Ils articulent l’ouvrage non pas sur une, mais sur deux boucles romanesques basées sur des faits historiques avérés. La première étant la disparition des ferrets de diamants de la reine, qui, s’ils ne sont pas rapidement retrouvés, seront la marque aux yeux de Louis XIII de l’infidélité de sa royale épouse.
    La seconde boucle romanesque, prenant appui sur la première saute rapidement sur le deuxième pivot historique authentique, à savoir le siège d’un an mené par les catholiques Louis XIII et Richelieu contre la ville de La Rochelle, bastion des protestants soutenus par l’Angleterre.
    Ici se développe dans toute sa plénitude le long chapelet d’ignominieux complots ourdis par la très belle et très redoutable Milady, l’éminence grise au service de l’éminence rouge, le cardinal de Richelieu.
    Passes d’armes, trahisons, chances, héroïsmes, déveines, alliances, corruptions se succèdent à un rythme effréné dans cette magistrale partie d’échec qui oppose en définitive les forces spéciales du roi (qui joue avec les noirs) et les forces spéciales du cardinal (qui a l’avantage des blancs).
    Qui l’emportera ? qui sera échec et mat ? y aura-t-il même un gagnant ? C’est ce que je me propose de ne pas vous dévoiler au cas où vous n’auriez pas encore vu dix-sept fois l’une des multiples adaptations, sous tout support, depuis votre plus tendre enfance.
    J’en terminerai simplement en disant deux ou trois mots de la sauce typiquement imputable au seul Alexandre Dumas dans ce travail d’équipe où s’harmonisent la fiction et la réalité historique. Vous m’avez parfois entendu dire que ce que je reproche essentiellement aux polars actuels, ce n’est pas du tout le fait qu’il s’agisse de polars, mais surtout que, sorti d’un scénario bien ficelé, le livre ne pèse pas très lourd en unité de style. Bien qu’on ne catégorise jamais Les Trois Mousquetaires parmi les polars ou les thrillers, il n’est pas scandaleux d’affirmer que la mécanique d’écriture en est la même : beaucoup d’action, du suspense, des rebondissements, une manière d’enquête ou de livre d’espionnage, un scénario qui retombe sur ses pieds et qui redonne sens à des éléments distillés en passant au cours de la narration.
    Et bien ici, ce qui fait selon moi de cette œuvre une grande œuvre, bien plus que l’aiguillage au millimètre d’un scénario où l’on constate ici qu’à plein d’endroits les raccords ne sont pas parfaits, bien plus que l’intérêt historique où l'on voit bien que la véracité des événements ne sert que de point d’ancrage, que d’élément d’ambiance, bien plus que cela donc, le grand intérêt du livre, c’est la langue employée, ce sont ces belles phrases, ces belles tournures, ces bons mots qu’on a envie de redire, ces descriptions qui n’ont pas toujours un caractère essentiel pour le bien comprendre de l’aventure mais qui le sont pourtant par la valeur esthétique qu’elles véhiculent, leur constitutive beauté littéraire.
    En cela, Monsieur Dumas, on peut considérer votre œuvre avec humilité et respect car c’est de la belle ouvrage, et dire un grand merci, à vous bien sûr, et à cet autre, cet oublié, cet auguste Monsieur Maquet pour ce brillant chef-d’œuvre de la littérature française du XIXème siècle. Mais ceci n’est que mon avis, Messieurs, et, loin d’égaler vos mousquetaires, lui n’est pas une fine lame et ne représente donc pas grand-chose.
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    • Livres 5.00/5
    Par gill, le 27 août 2013

    gill
    Le rideau se lève.
    Il ne s'agit pas, ici, d'une pièce écrite par Alexandre Dumas d'après son livre célèbre, ni même de la version écrite par Auguste Maquet, son presque illustre collaborateur, en 1845.
    Il s'agit d'une version scénique, réalisée en 1982, pour le Théâtre National de Marseille par François Bourgeat, Marcel Maréchal et Pierre Laville.
    Le rideau se lève.
    Chez monsieur d'Artagnan père, non loin de Tarbes.
    - Allez à Paris, mon fils, allez à la Cour. Faites votre fortune...
    Le père bénit le fils. La mère pleure.
    Monté sur une rosse aux poils jaunes, le jeune d'Artagnan part le baluchon à l'épaule, le béret sur le crâne, les bottes trop grandes de son père serrées contre lui...
    Le rideau se lève.
    Une suite de tableaux se succèdent et nous mènent tout d'abord sur la route de Paris, où d'Artagnan, rencontrant pour la première fois l'infâme Rochefort et la diabolique Milady, se fait dérober sa lettre de recommandation auprès de monsieur de Tréville, capitaine gascon des mousquetaires du roi...
    Puis nous le suivons jusqu'au Louvres et dans Paris...
    Adapter pour la scène ce formidable monument littéraire, ce roman indissociable de l'imaginaire collectif de notre nation est un pari audacieux et ces trois mousquetaires là font mouche à chaque lever de rideau.
    La lecture de ce spectacle, rendu dans le n° 722 de l'Avant-Scène Théâtre en 1983, est agréable même si le format trop court des différentes tableaux nuit parfois un peu à la continuité et la fluidité du récit.
    Quand Dumas disait : "Il est permis de violer l'Histoire, à condition de lui faire un enfant", comment aurait-il pu s'imaginer une telle descendance, lui qui ne connaissait ni le cinéma, ni la radio, ni la bande dessinée et qui laissa à Auguste Maquet , en 1845, la gloire, l'honneur et le privilège de transformer son oeuvre monumentale en cinq actes destinés à faire résonner sur scène l'accent gascon de ce héros superbe qu'est d'Artagnan.
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    • Livres 5.00/5
    Par Gwen21, le 18 octobre 2012

    Gwen21
    Bon, je vais être honnête, je n'ai pas lu tout Dumas, loin s'en faut !
    Je suis plutôt sur un rythme d'un Dumas annuel, je ne peux donc prétendre que c'est le meilleur Dumas MAIS, ce que je sais en revanche avec certitude, c'est que celui-ci, les célèbres "Trois Mousquetaires", je l'ai lu déjà deux fois et que je ne m'interdis pas de le relire encore dans ma vie.
    Concentré d'aventures et de rebondissements, ce roman incarne pour moi tout le charme de la littérature de cape et d'épée et agit sur moi comme un élixir de Jouvence. Je suis Constance, je suis Milady et je suis Anne d'Autriche, je suis toutes ces femmes à la fois ; je suis pareillement éprise de d'Artagnan, d'Athos, de Portos et d'Aramis ; je pourrais assassiner le Cardinal et ses sbires s'il le fallait (même si l'historienne en moi admire ce grand politique) !
    Est-ce parce qu'il a souvent été adapté au cinéma et a accompagné une partie de mon enfance que ce roman a acquis auprès de moi ce statut de favori ? Je ne le sais pas et ne cherche pas à le savoir. Une chose est certaine : "Les trois mousquetaires" font partie de ma culture (et pas seulement littéraire).
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    • Livres 5.00/5
    Par Marcelline, le 09 septembre 2012

    Marcelline
    Quelle bonne surprise que cette lecture des Trois Mousquetaires!
    Peu adepte des romans de capes et d'épées, plutôt par manque de références d'ailleurs, et parfois un peu désolée d'être passée, dans ma jeunesse, à côté de grands "classiques" qui font partie de la mémoire commune à beaucoup de gens, je remercie les babélionautes enthousiastes qui, par leurs critiques très positives, m'ont poussée à démarrer la lecture de ce pavé, qui m'attendait depuis quelques mois déjà sur les étagères de ma bibliothèque!...
    Et, malgré les critiques déjà lues, cela n'a rien enlevé à mon plaisir de la découverte de ce long texte, dont les pages ont pourtant défilé à toute allure.
    Si j'ai beaucoup aimé l'histoire en elle-même, ainsi que le contexte historique qui offre son propre intérêt, il me semble que ce qu'il me restera, c'est surtout le souvenir du plaisir que j'ai eu à découvrir l'écriture de Dumas: j'aurais voulu savoir retenir certains passages entiers tant la langue est belle et qu'elle coule de façon magistrale.
    Le deuxième attrait de ce texte reste pour moi l'humour qui s'en dégage et qui m'a énormément surprise! J'ai beaucoup souri, voire ri, notamment quand l'auteur s'adresse directement à son lecteur pour lui donner quelques explications qu'il juge utiles pour la compréhension de l'histoire.
    Enfin, ce qui m'a beaucoup plu, et c'est peut-être plus une particularité liée à l'épaisseur de l'ouvrage qu'au texte lui-même, c'est le fait d'avoir le temps de connaître à fond les personnages et de pouvoir fouiller la psychologie des héros. J'ai eu l'impression de vraiment faire connaissance avec D'Artagnan, Porthos, Aramis et Athos, notamment, et la part de mystère que chacun conserve malgré tout m'a d'autant plus frustrée! Ils deviennent presque des amis que l'on connaît bien mais qui n'en restent pas moins des individus "autres", que l'on ne peut jamais complètement appréhender.
    Bref, un excellent moment de lecture pour moi qui me donne évidemment envie de découvrir au plus vite d'autres "pavés" du même auteur!
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    • Livres 5.00/5
    Par juliette2a, le 03 juillet 2012

    juliette2a
    Je viens d'achever "Les trois mousquetaires", sublime roman d'Alexandre Dumas où l'on suit les aventures de D'Artagnan, jeune Gascon venu trouver la gloire à Paris, ainsi que ses trois compagnon, Athos, Porthos et Aramis. Ce délicieux roman nous transporte à l'époque du roi Louis III, de la reine Anne d'Autriche, du Cardinal Richelieu ainsi que du duc de Buckingham, et l'on se retrouve au coeur d'aventures aussi passionnantes les unes que les autres ! Tout au long du roman, les ennemis de D'Artagnan ou de l'un de ses amis apparaissent et contribuent au développement d'une intrigue alléchante. Jamais je ne me suis ennuyée, étant constamment à la recherche des ferrets de diamants de la Reine, poursuivant Milady ou l'homme de Meung entre autres !
    Pour parler des personnages, commençons par notre quatre héros, véritables gentlemen, talentueux, intelligents et sympathiques ; Athos est le personnage que j'ai préféré, en protecteur de D'Artagnan, toujours généreux mais aussi cultivé, bref très attachant tout comme le personnage central du roman, D'Artagnan, courageux, triomphant... ; Porthos et Aramis sont aussi véritablement parfaits ! Les valets, dans leur fidélité, M. Tréville, en commandant des mousquetaires, Constance Bonacieux, la jolie maîtresse du jeune Gascon, Lord de Winter, complice de nos quatre amis, le duc de Buckingham, amoureux transi de la reine ainsi que Ketty, la domestique de Milady m'ont inspirés beaucoup de sympathie. Au contraire, j'ai méprisé Milady, véritable démon et meurtrière venant hanter ces chers Athos et D'Artagnan, le Cardinal (même si la fin lui a permis de remonter dans mon estime) et tous leurs complices.
    Pour conclure, ce roman incontournable est vraiment merveilleux, avec du suspens à souhait, des intrigues politiques et amoureuses, une fin heureuse, des personnages agréables et passionnants qui permettent à ce chef d'oeuvre de figurer désormais parmi mes livres préférés.
    A lire absolument !!
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Citations et extraits

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  • Par Nastasia-B, le 30 avril 2014

    On arriva dans le cabinet du procureur après avoir traversé l’antichambre où étaient les clercs, et l’étude où ils auraient dû être : cette dernière chambre était une sorte de salle noire et meublée de paperasses. En sortant de l’étude on laissa la cuisine à droite, et l’on entra dans la salle de réception.
    Toutes ces pièces qui se commandaient n’inspirèrent point à Porthos de bonnes idées. Les paroles devaient s’entendre de loin par toutes ces portes ouvertes ; puis, en passant, il avait jeté un regard rapide et investigateur sur la cuisine, et il s’avouait à lui-même, à la honte de la procureuse et à son grand regret, à lui, qu’il n’y avait pas vu ce feu, cette animation, ce mouvement qui, au moment d’un bon repas, règnent ordinairement dans ce sanctuaire de la gourmandise.
    Le procureur avait sans doute été prévenu de cette visite, car il ne témoigna aucune surprise à la vue de Porthos, qui s’avança jusqu’à lui d’un air assez dégagé et le salua courtoisement.
    - Nous sommes cousins, à ce qu’il paraît, monsieur Porthos ? dit le procureur en se soulevant à la force des bras sur son fauteuil de canne.
    Le vieillard, enveloppé dans un grand pourpoint noir où se perdait son corps fluet, était vert et sec ; ses petits yeux gris brillaient comme des escarboucles, et semblaient, avec sa bouche grimaçante, la seule partie de son visage où la vie fût demeurée. Malheureusement les jambes commençaient à refuser le service à toute cette machine osseuse ; depuis cinq ou six mois que cet affaiblissement s’était fait sentir, le digne procureur était à peu près devenu l’esclave de sa femme.
    Le cousin fut accepté avec résignation, voilà tout. Maître Coquenard ingambe eût décliné toute parenté avec M. Porthos.
    - Oui, monsieur, nous sommes cousins, dit sans se déconcerter Porthos, qui, d’ailleurs, n’avait jamais compté être reçu par le mari avec enthousiasme.
    - Par les femmes, je crois ? dit malicieusement le procureur.
    Porthos ne sentit point cette raillerie et la prit pour une naïveté dont il rit dans sa grosse moustache. Madame Coquenard, qui savait que le procureur naïf était une variété fort rare dans l’espèce, sourit un peu et rougit beaucoup.

    Chapitre XXXII.
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  • Par Nastasia-B, le 16 mars 2014

    - Votre affaire n’est pas mauvaise, dit Athos [...], et l’on pourra tirer de ce brave homme cinquante à soixante pistoles. Maintenant, reste à savoir si cinquante à soixante pistoles valent la peine de risquer quatre têtes.
    - Mais faites attention, s’écria d’Artagnan, qu’il y a une femme dans cette affaire, une femme enlevée, une femme qu’on menace sans doute, qu’on torture peut-être, et tout cela parce qu’elle est fidèle à sa maîtresse !
    - Prenez garde, d’Artagnan, prenez garde, dit Aramis, vous vous échauffez un peu trop, à mon avis, sur le sort de madame Bonacieux. La femme a été créée pour notre perte, et c’est d’elle que nous viennent toutes nos misères.
    Athos, à cette sentence d’Aramis, fronça le sourcil et se mordit les lèvres.

    Chapitre IX.
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  • Par Nastasia-B, le 18 avril 2014

    - J’ai été élevé à la campagne, et mon père, dans ses moments perdus, était quelque peu braconnier.
    - Et le reste du temps, que faisait-il ?
    - Monsieur, il pratiquait une industrie que j’ai toujours trouvée assez heureuse.
    - Laquelle ?
    - Comme c’était au temps des guerres des catholiques et des huguenots, et qu’il voyait les catholiques exterminer les huguenots, et les huguenots exterminer les catholiques, le tout au nom de la religion, il s’était fait une croyance mixte, ce qui lui permettait d’être tantôt catholique, tantôt huguenot. Or il se promenait habituellement, son escopette sur l’épaule, derrière les haies qui bordent les chemins, et quand il voyait venir un catholique seul, la religion protestante l’emportait aussitôt dans son esprit. Il abaissait son escopette dans la direction du voyageur ; puis, lorsqu’il était à dix pas de lui, il entamait un dialogue qui finissait presque toujours par l’abandon que le voyageur faisait de sa bourse pour sauver sa vie. Il va sans dire que lorsqu’il voyait venir un huguenot, il se sentait pris d’un zèle catholique si ardent, qu’il ne comprenait pas comment, un quart d’heure auparavant, il avait pu avoir des doutes sur la supériorité de notre sainte religion. Car, moi, monsieur, je suis catholique, mon père, fidèle à ses principes, ayant fait mon frère aîné huguenot.

    Chapitre XXV.
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  • Par Nastasia-B, le 24 mars 2014

    - Des intrigues encore, toujours des intrigues ! merci, je m’en défie maintenant, et M. le cardinal m’a éclairé là-dessus.
    - Le cardinal ! s’écria madame Bonacieux, vous avez vu le cardinal ?
    - Il m’a fait appeler, répondit fièrement le mercier.
    - Et vous vous êtes rendu à son invitation, imprudent que vous êtes.
    - Je dois dire que je n’avais pas le choix de m’y rendre ou de ne pas m’y rendre, car j’étais entre deux gardes. Il est vrai encore de dire que, comme alors je ne connaissais pas Son Éminence, si j’avais pu me dispenser de cette visite, j’en eusse été fort enchanté.

    Chapitre XVII.
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  • Par Nastasia-B, le 29 avril 2014

    - Oh ! oh ! dit-il, voici un potage qui est engageant !
    - Que diable sentent-ils donc d’extraordinaire dans ce potage ? dit Porthos à l’aspect d’un bouillon pâle, abondant, mais parfaitement aveugle, et sur lequel quelques croûtes nageaient rares comme les îles d’un archipel. [...]
    Maître Coquenard fut le premier servi, puis Porthos ; ensuite madame Coquenard emplit son assiette, et distribua les croûtes sans bouillon aux clercs impatients. [...]
    Après le potage, la servante apporta une poule bouillie ; magnificence qui fit dilater les paupières des convives, de telle façon qu’elles semblaient prêtes à se fendre.
    - On voit que vous aimez votre famille, madame Coquenard, dit le procureur avec un sourire presque tragique ; voilà certes une galanterie que vous faites à votre cousin.
    La pauvre poule était maigre et revêtue d’une de ces grosses peaux hérissées que les os ne percent jamais malgré leurs efforts ; il fallait qu’on l’eût cherchée bien longtemps avant de la trouver sur le perchoir où elle s’était retirée pour mourir de vieillesse.
    - Diable ! pensa Porthos, voilà qui est fort triste ; je respecte la vieillesse, mais j’en fais peu de cas bouillie ou rôtie.

    Chapitre XXXII.
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