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Jean-Paul Gratias (Traducteur)
ISBN : 2743611707
Éditeur : Payot et Rivages (2003)

Note moyenne : 4.21/5 (sur 262 notes)
Résumé :
Dallas, novembre 63. Le coeur du rêve américain explose.

Un jeune flic arrive de Las Vegas avec 6 000 dollars en liquide et un sale boulot à exécuter. II ne sait pas qu'il va faire partie du complot visant à étouffer la vérité sur l'assassinat de Kennedy. II s'appelle Wayne Tedrow.

Cinq années dans les coulisses de la politique vont le conduire de Dallas au Vietnam, en passant par le sud des Etats-Unis. Cinq années avec J. Edgar Hoover,... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (19) Voir plus Ajouter une critique
Darkcook
Darkcook29 avril 2016
  • Livres 5.00/5
L'impression de m'être mangé un train dans ma putain de gueule.
American Death Trip, 950 pages d'un Ellroy qui expérimente avec brio des ambiances uniques dans son oeuvre, bien loin de Los Angeles : Dallas après l'attentat JFK et la fiesta ahurissante des rednecks mêlée à un choc assourdissant, Vegas et ses lumières comme pendant à Vegas-Ouest le taudis des noirs, le Vietnam et ses niacs... du 22/11/63 à juin 1968, de la mort de Jack à celles de Marty et Bobby, avec toute la trajectoire. L'exercice était bordélique dans Tabloid, mais ici, c'est ciselé, génial, grandiose et épique. Grâce à deux personnages sur trois qu'on connaît déjà, Pete Bondurant et Ward Littell, et au style auquel s'essaye Ellroy, qu'il a, à tort, renié depuis, même si du coup, ce roman n'en est qu'encore plus exceptionnel dans son oeuvre. On parle souvent de son style minimaliste, il est poussé à l'extrême ici, ultra-synthétique, répétitif (petit joueur par rapport à son disciple David Peace, ne vous attendez pas aux vers lancinants de celui-ci), selon lui pour refléter la violence de cette époque, où prévalent haine raciale, haine des communistes... Et c'est très efficace, en plus de simplifier et d'éclaircir les choses, pour éviter toute confusion dans ce qui pouvait devenir un maelstrom. Comme dans Tabloid, mais en mieux, Ellroy répète maintes fois qui fait quoi, qui trahit qui, et même qui a fait quoi précédemment, rendant la lecture du premier tome même dispensable. Chaque fin de chapitre est énorme, vous faisant pousser des "HOLY SH..." dans la bibliothèque, on vit avec les personnages leur destin qu'on sait funeste, et on sent qu'Ellroy s'est déchaîné sur ce roman qui lui a laissé une dépression nerveuse et un long moment d'errance avant Underworld USA, qui est encore radicalement différent dans la saga.
Pete Bondurant arrive en bout de course, il revit inlassablement le passé, il est fatigué. Son salut réside en Barb, voix de la raison et déesse ellroyienne, et il sera forcé de l'accepter. Toujours aussi badass, ce double d'Ellroy nous amuse toujours autant.
Ward Littell cherche le repentir après avoir blessé son idole RFK, et va s'évertuer pendant 5 ans à vouloir contrebalancer sa faute... Là-dessus, je conserve les surprises, il a le meilleur parcours des trois!! Extrêmement cohérent et symbolique, émouvant, à des années-lumière de son changement que je trouvais un peu bizarre et brut dans Tabloid. La vedette du trio, voire du roman. Vous n'imaginez même pas la somme de trucs que je me force à taire sur lui.
S'ajoute à eux Wayne Tedrow Jr. Un flic de Vegas qui vous rappellera les premiers personnages d'Ellroy, fantasmant sur sa belle-mère, coincé dans un rapport au père dont on devine aisément la conclusion, mais ça marche du tonnerre et c'est très bien fait. Les passages à Vegas-Ouest ou à Saigon en sa compagnie sont mémorables, mais je dirais qu'il devient le moins passionnant des trois à la fin. Dur pour Ellroy et les lecteurs de partir de là pour le troisième et dernier tome.
Tous les objectifs d'Ellroy sont atteints, on voulait finir American Death Trip sur les dernières pages, mais en fait on aurait voulu qu'il continue, encore et encore... Nous avons droit à un cadeau, un texte qui se range aux côtés du Grand Nulle Part et de la Malédiction Hilliker, au panthéon ellroyien, aux sommets de son oeuvre. Ellroy nous livre un véritable cours d'Histoire grandiloquent, tragique, avec ses touches habituelles de burlesque (Sal Mineo, si tu nous entends...). Tout le monde y passe, dans cette dénonciation très forte du racisme et de l'ultra-violence d'une époque spécifique, où Hoover et les mafieux (selon Ellroy) faisaient la pluie et le beau temps, dézinguaient absolument qui ils voulaient, pour conserver leur pouvoir et statu quo. Johnson le rustaud et sa guerre, l'apocalypse de Dallas post-attentat, le Vegas-Ouest dégueulasse, les états du Sud et toutes les horreurs perpétrées par le Klan, ce Vietnam et Laos complètement barges et hilarants sous héroïne, avec des jeux langagiers brillants sur les niacs, des rajouts de "K" partout (pour le Klan) excellemment repris dans la traduction française de Jean-Paul Gratias (son premier roman d'Ellroy, une leçon de traduction...). On est submergé de dégoût face au degré extrême que prend la haine pour les noirs et pour Martin Luther King à la fin, alors qu'elle restait cocasse, grand-guignol et tarantinesque jusqu'aux trois quarts, jusqu'à en devenir même contagieuse! Ellroy nous fait littéralement halluciner devant ce cauchemar raciste impuni. Mention aussi à Dwight Holly, âme damnée d'Hoover absolument immonde. Ellroy va devoir relever le défi de le rendre attendrissant dans Underworld USA, tâche vraiment pas aisée! Deux mois à le lire, mais putain, qu'est-ce que c'était bien, et qu'est-ce que je suis encore dedans. Lisez-le!! Même pas besoin de Tabloid, Ellroy récapitule!
Allez, après tout ça, quand même, retour aux classiques, y en a bien besoin. J'erre ces jours-ci dans la campagne, avec le Hugo des Contemplations...
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Meps
Meps11 avril 2016
  • Livres 4.00/5
Tout d'abord et en premier lieu, redire mon amour pour Ellroy. Pour sa prose, pour sa façon de raconter des histoires vraies en y ajoutant sa fiction mais tout en donnant toujours l'impression que c'est L Histoire qu'il nous conte. Mon amour également pour ses choix de narration, les histoires à plusieurs narrateurs, plusieurs points de vue. Sa façon de plonger dans les méandres des affres de ses personnages, sa façon de les faire ressasser sans jamais lasser.
Mon petit point négatif dans ce tome, c'est que j'ai été gêné à force par l'utilisation de la répétition des phrases très courtes avec la répétition des noms des personnages en sujet de ces mêmes phrases. Le but voulu est sans doute de renforcer le côté obsessionnel et saccadé de l'action comme des pensées des protagonistes. Mais quand on a repéré la tactique utilisée, il est difficile de ne pas la voir systématiquement et de sortir un peu de l'histoire.
Heureusement, le sujet est ici encore très fort. Après JFK et son frère dans le premier tome "American Tabloid" c'est ici Martin Luther King qu'on voit évoluer aux côtés de Robert Kennedy, de Hoover et des parrains du crime organisé. Et comme dans le premier tome, on ne peut s'empêcher de penser que la version d'Ellroy est sans doute bien proche d'une vérité qu'on cherche à nous cacher.
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ay_guadalquivir
ay_guadalquivir06 septembre 2012
  • Livres 4.00/5
Des petites phrases qui claquent. Des personnages taillés au couteau. Des mots secs, sans fioriture. Des mafieux, policiers, hommes politiques, petites frappes, tueurs à gages, filles légères, blancs, noirs, tous reliés les uns aux uatres par des petites ou grandes affaires, qui forment un ensemble grandiose. Paranoïaques, complotistes, Ellroy vous entraînera dans son univers jubilatoire, impitoyable et cynique au possible. du grand livre noir pour raconter l'Amérique des années 60. Ce deuxième volet de la trilogie commence à la mort de kennedy. Et naïf serait de croire que les complots s'arrêtent alors. le FBI et la mafia de Chicago sont toujours bien vivants, et très actifs pour défendre leurs intérêts. Edgar Hoover est ici un manipulateur invisible, Howard Hughes un drogué déjanté, la galerie de personnages est à la fois improbable et tellement ancrée dans le réel d'une époque irréelle.
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Philemont
Philemont18 mars 2013
  • Livres 3.00/5
Après American Tabloid, James ELLROY poursuit avec American Death Trip sa plongée dans l'histoire contemporaine des Etats-Unis par le biais d'une fiction d'une noirceur rarement égalée.
On y retrouve les personnages survivants du premier roman, lesquels montrent aussi de nouvelles facettes, brouillant encore en peu plus les pistes. On y trouve également de nouveaux personnages qui n'ont rien à envier à l'ambiguïté des précédents ; c'est en particulier Wayne Tedrow le jeune flic "incorruptible selon les critères de Las Vegas".
Le contexte c'est un président des Etats-Unis devenu une icône le jour où il est assassiné. Mais c'est toujours la corruption, la prostitution et la pornographie, la drogue, la ségrégation, notamment avec la montée en puissance du Ku Klux Klan, les mensonges qui président à la participation de plus en plus active des Etats-Unis à la guerre du Vietnam.
Le roman couvre une période allant de novembre 1963, le jour de l'assassinat de John F. Kennedy, à juin 1968, quelques jours après celui de Robert Francis Kennedy, frère du premier. Comme dans American Tabloid, l'insertion ici et là de rapports d'enquêtes, de transcriptions d'écoutes téléphoniques et de comptes-rendus d'interrogatoires, sème le trouble dans l'esprit du lecteur, qui aura bien du mal à distinguer les faits avérés de la fiction.
Mais c'est aussi l'effet recherché par James ELLROY qui, sur un cadre historique incontestable, raconte des histoires glaçantes, parfois confuses, mais toujours crédibles. Elles sont en fait à l'image du contexte historique de son roman et forment un tout percutant et remarquable.
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patrick75
patrick7520 décembre 2011
  • Livres 3.00/5
Dans ce second tome " d'underworld USA " james Ellroy nous narre les évènements qui selon lui ont amenés à l'assassinat de martin Luther King.
Sur fond de guerre du Vietnam , d'émeutes raciales, de combats pour les droits civiques . En coulisses l'inamovible John Edgard Hoover , grand maître de la manipulation , tirant les ficelles des marionnettes .
Il est à noter que Hoover a toujours cherché à protéger "son" F.B.I .Préférant manipuler des extrémistes du Klu Klux Klan ou d'autres mouvements radicaux.Ce livre s'adresse à ceux que cette période de l'histoire des Etats-Unis intéressent car il faut reconnaître qu'il est assez "brouillon". Il faut aussi avoir lu le tome 1 car certains protagonistes apparaissent à nouveau dans celui-ci.
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Citations & extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
MepsMeps22 mars 2016
- Il y a une règle à observer, si tu veux mentir. Tiens-t'en toujours à la même version, quel que soit ton interlocuteur.
- Je m'en souviendrai.
- Oui, tu t'en souviendras. Et au moment où tu t'en souviendras, tu te rappelleras aussi qui te l'a dit.
Une bestiole volante piqua Wayne. Wayne l'écrasa d'une claque.
- Je ne vois pas où tu veux en venir.
- Tu te rappelleras que c'est ton père qui te l'a dit, et tu diras une abominable vérité par esprit de contradiction.
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patrick75patrick7511 décembre 2011
Nous avons alors installé au Sud-Vietnam un homme à nous.
Ngô Dinh Diêm .Diêm était catholique .Pro-Américain , antibouddhiste, anticommuniste, et hostile aux colonialistes français. Nos agents ont ensuite truqué un référendum qui permit à Diêm de remplacer Bao Dai comme chef de l'état.( L'opération manquait de subtilité : ils ont fait obtenir à Diêm davantage de voix qu'il n'y avait de votants.)
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DarkcookDarkcook29 mars 2016
Dom "Dard d'Acier" est descendu au Cavern. Cela fait quatre nuits qu'il est avec Sal Mineo, et ils n'ont pas quitté la suite. Les grooms leur apportent du nitrite d'amyle et de la vaseline. Pete se demande combien de temps ils vont pouvoir tenir.
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DarkcookDarkcook15 février 2016
Moore était fêlé. Moore était pédé. Moore buvait de l'alcool à brûler. Il fourguait peut-être des amphétamines. Il prenait peut-être des paris clandestins. Bowers était peut-être pédé aussi. Ils s'étaient engueulés. Moore avait piqué un coup de sang. Moore s'était permis de lui couper un pouce.
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pandarouxpandaroux29 mai 2012
L'amour comme équilibre entre deux forces - celle de Pete et celle de Barb - d'égale valeur et diamétralement opposées.
Rendez sa liberté à Pete. Montez Wayne en grade - Wayne le fils spirituel de Pete.
Pete faisait des cauchemars. Pete les lui avait décrits. Betty Mac : les barres transversales ; le noeud coulant. Pete avait de vraies images. Lui n'en avait pas.
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Videos de James Ellroy (65) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de James Ellroy
http://pifpafpoum.com/ L' émission délirante de la bande dessinée Au sommaire du TOME 2 SAISON 3: itw de JAMES ELLROY Le Dahlia noir (Casterman/Rivages) Tyler Cross T2 (Dargaud) Sherlock Holmes (Soleil)
et la rubrique OKAY (On Kiffe Aussi Yeah) : Varto (Steinkis) Les Campbell (Dupuis) le chevalier à la licorne (Soleil) Nungesser (Casterman) Capitaine perdu (Glenat)
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