> Frédéric Weinmann (Traducteur)

ISBN : 2841724204
Éditeur : L'Atalante (2009)


Note moyenne : 3.95/5 (sur 19 notes) Ajouter à mes livres
Même la dernière goutte d’essence permet encore d’accélérer. Mais pour combien de temps ? L’humanité va-t-elle affronter son plus grand défi ?

La fin de l’ère du pétrole est imminente. Quand le plus grand champ pétrolifère du monde se tarit, en Arabie séo... > voir plus
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Critiques et avis(5)

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    • Livres 5.00/5
    Par Spartacus, le 27 février 2010

    Spartacus
    Même la dernière goutte d'essence permet d'accélérer.
    Rarement la première phrase d'un livre aura si bien reflété sa teneur, d'autant que le pavé en question compte tout de même 800 pages d'une rare qualité narrative, d'une singulière densité documentaire… Aussi inclassable que puissant, En panne sèche aborde de front rien moins que la fin de notre monde… Ou, pour être plus exact, le douloureux passage d'une économie globalisée aveuglément basée sur le pétrole à une organisation sociale contrainte de se passer de toute énergie fossile.
    Certes, on est en plein cœur d'un débat qui occupe le devant de l'actualité, mais dit comme cela, ce n'est pas très folichon, n'est-ce pas ? Détrompez-vous, la plume et la rigueur d'Andreas Eschbach sont là pour faire de ce projet démesuré un roman fleuve impétueux et impossible à quitter tant le courant y est vigoureux. S'il faut classer cette construction romanesque quelque part, parlons pour faire savant d'une uchronie, puisque le « présent » du livre est un avenir proche, donc fictif… mais articulé sur un passé bien réel, lui.
    Comme souvent dans les grands romans, on entre en tâtonnant de l'orteil dans ce remous tumultueux où les personnages se multiplient, les situations se posent comme au hasard en des parages aussi divers qu'éloignés… et puis, posément, on entrevoit dans cette construction faussement hirsute un fil ténu, puis un autre, et un autre encore qui bientôt forment une trame serrée. De flash-back en projectives, c'est toute l'histoire et le devenir de la base industrielle de notre monde, au-delà même des civilisations et des cultures, qui se trouve embrassée au travers du destin indécis de Markus Westermann, jeune commercial allemand aux dents longues qui n'a qu'un rêve : réussir aux États-Unis, se plonger avec volupté dans les piscines de dollars du rêve américain.
    De désenchantements en rencontres improbables, de hasards en dérives, de questions essoufflées en découvertes échevelées, le jeune homme découvre à la fois l'histoire de la découverte du pétrole, celle de sa fulgurante prépondérance dans une société industrielle naissante, celle des enjeux qui s'emparent d'une source limitée d'indispensable énergie, celles des impasses dans lesquels les appétits étatiques ou individuels vont mener l'humanité, celle des mensonges d'un aveuglement malade de sa crédulité.
    Car — et Eschbach le montre avec brio — rien n'est plus paradoxal que cette industrie devenue un irréversible système global. le pétrole est partout, des milliards d'individus s'en servent chaque jour, des millions en vivent, des milliers en ont fait leur spécialité et l'étudient dans ses moindres détails… et aucune industrie n'est plus secrète, plus dissimulée, plus menteuse surtout. Un fait qu'il rappelle en passant : alors que l'équilibre du monde repose sur l'or noir, l'OPEP n'a pas publié d'état des stocks depuis 1982. Personne n'est en mesure de dire avec exactitude quelle est notre espérance de vie pétrolière. On peut noyer ce poisson sous tous les litres de pétrodollars que l'on voudra, le fait est là : nous ne savons pas quand notre terme sera échu.
    Mais Eschbach, talent rare, ne se laisse pas envahir par l'ampleur de son sujet. Il sait donner vie à une foule de personnages aussi vivants, contradictoires, possédés, faibles ou inébranlables que ceux que la vie fabrique dans son creuset de vicissitudes. Et bientôt on est avide de tourner la page, de passer le chapitre pour connaître le sort de celui-là, de celle-ci, que l'on a pas revu(e) — relu(e) — depuis trop longtemps…
    Je suis sorti de ces 800 pages pantois et cyniquement conscient d'une réalité pourtant sous les yeux de tous. Une lecture qui raffermit deux convictions :
    — La première est que nous nous trompons de combat : lutter contre le réchauffement climatique est une imbécillité, une chimère agitée sous les truffes des lévriers pour les faire courir. Si je le savais confusément par d'autres travaux personnels (la publication prochaine de La dernière Croisade de Véronique Anger, j'ai maintenant un peu plus de moyens pour l'argumenter. Vaincre l'addiction au pétrole est l'un des moyens de sortir d'une tragique impasse…
    — La seconde — mais celle-ci n'est que confortée une fois de plus — est que le roman est une bien meilleure démonstration que les essais les plus sérieux. La force de l'émotion est un levier chaque fois plus puissant que les dogmes de la raison.
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    • Livres 4.00/5
    Par Diasphine, le 10 avril 2010

    Diasphine
    Roman de Eschbach assez étonnant. le sujet pourrait faire penser au genre post apocalyptique, or il n'en est rien.
    D'abord parce qu'une très (trop à mon goût) longue première partie pose le décor : le héro, Markus, ambitieux, fanatique naïf du rêve américain arrive sur le nouveau monde pour réaliser son rêve, réussir, devenir riche, être "quelqu'un".
    On suit les étapes de sa progression, ses réussites, ses échecs. Au passage l'auteur égratigne la société américaine, l'envers du décor de ce "rêve américain".
    Parallèlement, on suit en Allemagne le frère et la soeur de Markus dans leur vie quotidienne. Dans ce chapitre, se prépare en toile de fond le bouleversement de ce monde qui va basculer dans le deuxième chapitre.
    Il y a bien une "catastrophe", mais pas de catastrophe spectaculaire et apocalyptique façon Hollywood. Notre civilisation résiste mais malgré tout s'effondre doucement. L'humanité se protège de diverses manières selon qu'il s'agit du moyen-orient ou des Amériques ou de l'Europe, jusqu'à une communauté qui choisit le repli et le fanatisme.
    L'homme ne revient pas à l'état sauvage ni ne se transforme en sale mutant ou autre délire. Mais la famine et le chômage massif apparaissent, la violence et la délinquance explosent etc.
    Bref, il y a là une sorte de proximité et de plausibilité très réalistes et angoissantes, qui font penser au polar, même si au final le roman est plutôt optimiste et laisse finalement le choix à l'homme de construire un monde meilleur, ou pire… Pour certains d'ailleurs cet catastrophe se révélera finalement plutôt bénéfique permettant de rétablir les liens communautaires disparus sous l'effet de la civilisation moderne.

    Contrairement au réalisme de la catastrophe s'oppose l'invraisemblance de l'histoire de Markus : difficile de croire à l'aventure de cet homme ordinaire qui va se trouver mêler de près ou de loin à tous les destins et événements importants de la planète. Il y a des rebondissements d'une invraisemblance incroyable ! Au point que l'on a l'impression que les Etats-Unis sont vraiment un petit pays où l'on rencontre toujours les mêmes gens à ses quatre coins, même par hasard !
    J'ai été un peu déroutée par ce choix narratif :
    Est-ce délibéré ? Markus comme un personnage un peu allégorique de l'humanité occidentale avec toutes ses qualités et ses défauts. Markus effectue un vrai road movie dans ces états-unis et une partie de l'Europe.
    Est-ce une simple facilité du récit ? Et alors c'est un côté un peu raté du roman. Je n'arrive pas très bien à choisir entre ces deux options.
    En conclusion un gros roman dense et complexe comme une épopée feuilletonesque qui scrute et décortique les qualités et les défauts de nos sociétés de pays riches sans jamais tomber dans le militantisme ou le manichéisme. Mais il expose à la fois ce qui en fait l'humanité et la monstruosité. Roman bien documenté qui donne la chair de poule parfois en évoquant certains faits historiques et en les montrant sous leurs aspects les plus sombres, il nous fait détester le pétrole comme jamais.
    Finalement l'humanité sera-t-elle capable de construire un monde meilleur après l'ère du pétrole, énergie pratique mais polluante et destructrice ?
    Un roman à ne pas rater et qui une fois refermé laisse des traces durables chez son lecteur.
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    • Livres 2.00/5
    Par Gengoult, le 14 septembre 2009

    Gengoult
    Un sujet intéressant : la fin du pétrole. Mais une histoire qui s'englue car l'auteur sacrifie ses personnages en voulant aborder trop de thèmes : histoire du pétrole, géopolitique, techniques pétrolières. L'histoire repose sur un excellent sujet, mais le livre a mon humble avis est raté. Heureusement,son auteur a le mérite de nous apprendre beaucoup de choses sur le pétrole. En le lisant, vous écouterez les nouvelles autrement. C'est déjà ça !
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  • Par Gromovar, le 25 octobre 2010

    Gromovar
    "En panne sèche" est le dernier roman d'Andréas Eschbach. J'avais déjà beaucoup apprécié son "Dernier de son espèce" et surtout le très original "Milliards de tapis de cheveux". L'homme est un grand auteur, je crois. Alors au moment de commencer "En panne sèche" me vint la question qu'accompagne tout nouvel opus d'un auteur qu'on apprécie. Qu'en est-il de ce nouveau roman ? Est-il au niveau ?
    A ma grande satisfaction, il est au niveau, et mieux qu'au niveau si c'est possible.

    Lien : http://quoideneufsurmapile.blogspot.com/2009/03/postroleum.html
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    • Livres 4.00/5
    Par Vertigineux, le 20 février 2011

    Vertigineux
    Même la dernière goutte d'essence permet encore d'accélerer. Mais pour combien de temps?
    Cette phrase qui ouvre le roman "En panne sèche" d'Andreas Eschbach revient à plusieures reprises tout au long de l'histoire et résume très bien le credo actuel des grandes compagnies actuelles, "drill baby drill".


    Lien : http://verti-repaso.blogspot.com/2011/02/andreas-eschbach-en-panne-s..
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Citations et extraits

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  • Par Gengoult, le 14 septembre 2009

    BP a toujours été l'abréviation de British Petroleum n'est-ce pas ? Et maintenant regardez- moi ça. Ce logo en forme de tournesol vert et jaune, c'est nouveau. Et cette réclame qui vise à nous expliquer que BP signifie désormais beyond petroleum, au-delà du pétrole. On ne peut pas démontrer plus clairement, me semble-t-il, que même les grandes compagnies partent du principe que la fin approche. Et elles savent de quoi elles parlent, elles connaissent cela de l'intérieur, elles ont accès à toutes les informations !
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  • Par Spilett, le 08 février 2010

    Toute l'histoire des sciences regorge de situations dans lesquelles un seul homme avait raison et le reste du monde se trompait. La vérité n'est pas démocratique.
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Videos de Andreas Eschbach

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Vidéo de Andreas Eschbach

Interview d'Andreas Eschbach au sujet de son roman "Herr aller Dinge".
Allemand non sous-titré.








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