> Édouard Jimenez (Traducteur)
> Jacques Rémy-Zéphir (Traducteur)

ISBN : 2070379477
Éditeur : Gallimard (2009)


Note moyenne : 3.85/5 (sur 61 notes) Ajouter à mes livres
Dans le Mexique du début du siècle, en pleine tempête révolutionnaire, Tita, éperdument éprise de Pedro, brave les interdits pour vivre une impossible passion. À cette intrigue empruntée à la littérature sentimentale, Laura Esquivel mêle des recettes de cuisine. Car Tit... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par liliba, le 16 août 2011

    liliba
    Ce roman est un régal !
    Il nous narre l'histoire de la vie de Tita, dernière née de la famille de la Garza, dans le Mexique du début du siècle, plongé en pleine révolution. Déjà, dans le ventre de sa mère, le bébé semblait différent de ses deux soeurs aînées :
    On raconte que Tita était tellement sensible que, dans le ventre de mon arrière-grand-mère, elle pleurait quand celle-ci hachait des oignons. Elle pleurait si fort que Nacha, la cuisinière à moitié sourde de la maison, n'avait pas à tendre l'oreille pour l'entendre. Un jour, à force de hoqueter, elle déclencha l'accouchement. Mon arrière-grand-mère n'eut pas le temps de dire ouf ! Tita arrivait dans ce bas monde avant l'heure, sur la table de la cuisine, dans les odeurs d'une soupe au vermicelle, du thym, du laurier, de la coriandre, de lait bouilli, de l'ail et de l'oignon. Vous devinez que la traditionnelle tape sur les fesses fut inutile. Tita était née en pleurant. Peut-être se doutait-elle que son sort était fixé, que, dans cette vie, le mariage lui serait refusé. Voilà comment Nacha racontait l'irruption de Tita sur terre : elle fut projetée dans un torrent de larmes formidable qui inonda le sol de la cuisine. L'après-midi, la frayeur était passée et l'eau évaporée par les rayons du soleil. Nacha ramassa le résidu des larmes sur le carrelage rouge. Avec ce sel, elle remplit un sac de cinq kilos qu'on utilisa longtemps pour cuisiner.

    Alors que son père vient de décéder peu de temps après sa naissance, et que sa mère rejette le bébé, Tita est élevée par Nacha, la cuisinière, et passera toutes ses jeunes années dans les odeurs des plats cuisinés, apprenant de la vieille femme les secrets des saveurs et de la cuisson de tous les plats traditionnels de son pays.
    Mais Tita, étant la dernière des filles, ne peut pas se marier car elle doit rester au ranch pour subvenir aux soins de sa mère, la terrible Mamá Elena. Sauf qu'un jour, lors d'un dîner, son regard croise celui de Pedro, et qu'ils tombent éperdument amoureux l'un de l'autre. Rien ne pouvant faire plier cette mère froide et méchante de sa volonté, Pedro accepte d'épouser la soeur aînée de Tita, Rosaura, se disant qu'ainsi il restera auprès de sa bien-aimée. Mais la mère veille au grain et le seul moyen que trouve Tita pour communiquer avec l'homme qu'elle aime est de cuisiner, de lui transmettre à travers les aliments coupés et cuits avec amour tout ce qu'elle ressent pour lui.

    Elle se souvenait parfaitement des sons et des odeurs, du frôlement de sa robe neuve sur le sol fraîchement ciré, du regard de Pédro sur ses épaules... Ce regard ! Elle s'avançait vers la table, un plateau de crèmes caramel dans les mains quand elle le sentit, ardent, lui brûler la peau. Elle tourna la tête et ses yeux croisèrent ceux de Pedro. Elle comprit ce que ressentait un beignet au contact de l'huile bouillante.

    La construction originale du roman est totalement dépaysante et tout à fait charmante. de fait, chaque chapitre énonce une recette dans ses moindres détails, en liant l'accomplissement du plat aux pensées et à la vie de Tita. Ainsi, nous apprenons à faire des tortas à l'oignon et au chorizo, à préparer viandes et soupes, de même que les desserts dont la tradition s'est perdue au fil des temps. Nous découvrons aussi, dans ce texte extrêmement poétique, et drôle tout à la fois, que les plats peuvent transformer les hommes qui les hument ou s'en délectent : l'oignon fait pleurer des rivières qui inondent la maison, la rose émancipe hommes et femmes qui ne veulent plus que s'aimer au plus vite... et certains plats ont parfois également des effets dévastateurs...

    Tout au long des douze recettes, au fil de longues années et après moultes aventures, l'amour de Tita et Pedro perdurera, jusqu'à exploser pour cause de trop grande passion amoureuse.

    Un roman comme un conte de fées, mais dans lequel les fées seraient cachées au fond des marmites... A déguster pour l'originalité, l'écriture fine, les descriptions des personnages dont les caractères sont souvent caricaturaux, mais justes, les recettes qui font saliver, et cette petite part de folie, d'improbable, qui nimbe chaque page. Un roman qui vous permet de vous évader et de rêver, et qui fait saliver : délicieux !


    Lien : http://liliba.canalblog.com/archives/2011/06/09/index.html
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    • Livres 3.00/5
    Par luocine, le 21 juin 2010

    luocine
    Le Mexique, sa cuisine, sa révolution, son imaginaire et surtout ses femmes et leur rapport à l'amour. Merveilleuses et tyranniques les femmes du Mexique sont à la fois attachantes et effrayantes.
    Je dois la lecture de ce roman au blog « Enlivrezvous », pour le coup on ressort de ce livre « enlivré » d'amour et de cuisine.
    J'ai bien aimé, d'où trois étoiles, mais le merveilleux d'Amérique latine n'a jamais été ma tasse de thé (ni mon verre de téquila, on boit beaucoup aussi dans ce livre).
    Tita est un beau personnage très touchante dans sa volonté de vivre malgré la tyrannie de sa mère. Son histoire d'amour est superbe et totalement impossible évidemment puisque sa mère ne la destinait qu'à s'occuper d'elle jusqu'à sa mort.
    Tout ou presque se passe dans la cuisine, chacun des douze chapitres portant le nom des douze mois de l'année commence par une recette de cuisine. Donc on voit Tita et les autres femmes éplucher, écraser, battre, tamiser, pétrir, rouler…. tous les gestes de la cuisine, dans des odeurs d'épices, de friture, de plats qui mijotent de chaud de frais ... dans une atmosphère où tous les sens sont en éveil. Une forte sensualité se dégage de tous les chapitres.
    En arrière plan, la révolution mexicaine mais ce n'est pas très important, les troupes passent il faut les nourrir sinon les soldats se nourriront en volant tout ce qui se mange.
    L'important c'est la tyrannie d'une mère qui fera le malheur de toutes ses filles, par respect de la tradition. Elle a pourtant été, dans sa jeunesse, victime de ces mêmes traditions. Ou c'est peut être parce qu'elle même a été malheureuse qu'elle s'acharne ainsi sur ses filles.
    Le côté merveilleux apparaît comme une exagération épique : ils se consument d'amour : ils brûlent vraiment et avec eux toute la ferme.
    Elle aime tellement le bébé de sa sœur qu'elle le nourrit au sein par amour elle aura une montée de lait.
    Comme je l'ai dit au début, j'ai toujours du mal à accepter ce genre de merveilleux, mais dans ce roman là je trouve que ça passe assez bien.
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    • Livres 4.00/5
    Par wakinasimba, le 17 octobre 2011

    wakinasimba
    Voici un roman qui mèle passion amoureuse impossible, réalisme magique et pouvoir de la cuisine.
    Tita et Pedro s'aiment mais comme Tita est la dernière fille de la famille, elle est obligée de s'occuper de sa vieille mère acariâtre. Celle-ci préfère que son aînée, Rosaura épouse Pedro. Un autre homme, John le médecin, également amoureux de Tita tentera de l'épouser.
    Pendant ce temps, la benjamine, Gertrudis, s'enfuit avec un militaire et fini dans un bordel.
    Des personnages haut en couleur, donc, au milieu d'une intrigue à l'eau de rose entrecoupée de recettes de cuisine mexicaine.
    Il m'a manqué toutefois de sentir un souffle épique pour faire de ce cette lecture un coup de coeur, même si ce fut une lecture fort agréable.
    L'image que je retiendrai :
    Celle de la cuisine de la maison familiale où les bébés se sentent à l'aise.
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par SD49, le 09 juin 2011

    SD49
    Ce livre est découpé en chapitres qui représentent chacun un mois, pour chaque chapitre il y a une recette de cuisine et une tranche de vie, car même s'il y a 12 mois donc 12 chapitres l'histoire se passe sur de nombreuses années.
    J'ai trouvé original de mêler les recettes de cuisine à la vie de Tita, ce livre regorge de recettes exotiques, de saveurs et odeurs variées. Quand je l'ai commencé le pain cuisait chez moi et les odeurs étaient tout à fait appropriées à ma lecture.
    Certains passages frôlent le fantastique et le merveilleux, c'est pourquoi je ne suis pas totalement enthousiasmée par cette lecture. Ce livre m'a fait penser au cœur cousu de Carole Martinez (que je n'avais pas pu finir), histoires de femmes, de mères, de filles.
    L'auteur effectue par moment des retours en arrière ou des bonds en avant momentanés, cela m'a parfois perturbée et je ne savais plus très bien à quel moment me situer.
    Une lecture qui me laisse donc une impression plutôt mitigée.


    Lien : http://pages.de.lecture.de.sandrine.over-blog.com
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    • Livres 3.00/5
    Par Heureuse, le 22 décembre 2010

    Heureuse
    Evidemment j'ai aimé ce roman sensuel, chaleureux où la magie se mêle aux traditions. Il m'a d'ailleurs fait penser à "la maison aux esprits", en moins bien quand même...
    Evidemment j'ai trouvé cette héroïne incroyablement attachante..
    Mais j'ai eu un petit goût de trop peu. J'aurais aimé un peu plus de magie, un peu plus de magie, un peu plus de péripéties... J'ai eu la sensation que tout était resté un peu contenu.
    Peut-être parce que je n'ai pas du tout accroché avec le personnage de Pedro, un peu lâche à mon goût. Si j'avais été Tita je lui aurais préféré mille fois John, qui est le seul qui l'ait sauvée, protégée. Pedro ne fait que prendre et lui donne bien peu, fuit quand il faudrait se battre, n'accepte pas qu'elle soit heureuse avec un autre alors que John l'accepte.

    Une lecture très agréable et surprenante quand même , mais une fin qui m'a un peu laissée sur ma faim (le vilain jeu de mots!).
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Citations et extraits

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  • Par FleurCannibale, le 27 juillet 2010

    Elle se leva, courut chercher l'énorme couvre-lit tissé pendant ses nuits de solitude et d'insomnie et le tira sur elle, recouvrant en même temps les trois hectares et demi de la ferme. Elle prit la boîte d'alumettes offertes par John dans le tiroir de sa table de nuit. Son corps avait besoin de beaucoup de phosphore. Elle commença à manger les alumettes une par une. Tout en mastiquant, elle fermait les yeux très forts et s'efforçait de retrouver ses souvenirs les plus émouvants avec Pedro. Le premier regard échangé, le premier frôlement de leurs mains, le premier bouquer de rose, le premier baiser, la première caresse, la première relation intime. Et elle parvint à ses fins. Lorsque le phoshore entrait en contact, dans sa bouche, avec cette image lumineuse, il prenait feu. Sa vision s'éclaircit et le tunnel réapparut. A l'entrée se tenait la resplandissante silhouette de Pedro; il l'attendait. Tita n'hésita pas. Elle se laissa aspirer et tous deux se fondirent dans une longue étreinte. Atteignant un nouvel orgasme, isl partirent ensemble vers l'eden perdu. Ils ne seraient plus jamais séparés.
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  • Par luocine, le 21 juin 2010

    Si Tita ne pouvait ni se marier ni avoir d’enfants, qui donc la soignerait sur ces vieux jours ? Quelle était la solution judicieuse dans ce cas ? Ou bien ne s’attendait-on pas à voir les filles qui étaient restées pour s’occuper de leur mère survivre longtemps au décès de leur génitrice ?
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  • Par luocine, le 21 juin 2010

    Si c’est pour demander ta main, qu’il s’en dispense. Il perdrait son temps et me ferait perdre le mien. Tu sais parfaitement qu’étant la plus jeune des femmes, c’est à toi de veiller sur moi jusqu’au jour de ma mort.

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  • Par luocine, le 21 juin 2010

    Le bruit des marmites entrechoquées, l’odeur des amandes dorant sur le comal, la voix mélodieuse de Tita qui chantait tout en faisant la cuisine, tout cela avait réveillé son instinct sexuel.
    Citation de qualité ? (3 votes positifs)
  • Par missmolko1, le 10 janvier 2011

    Elle tourna la tête et ses yeux croisèrent ceux de Pedro. Elle comprit ce que ressentait un beignet au contact de l'huile bouillante.
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