ISBN : 2070369064
Éditeur : Gallimard (1977)


Note moyenne : 3.79/5 (sur 86 notes) Ajouter à mes livres
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Critiques et avis(3)

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    • Livres 5.00/5
    Par MarianneDesroziers, le 06 mai 2010

    MarianneDesroziers
    « Gros-Câlin » est un des quatre romans publiés par Romain Gary sous le nom d'Emile Ajar dans les années 70. Au-delà de l'amusante supercherie qui lui permit d' obtenir deux fois le Goncourt et de mystifier les journalistes, il faut reconnaître la valeur de ces romans, et en premier lieu de « Gros-Câlin ». Ce roman raconte l'histoire de Cousin, un homme de 37 ans, célibataire et statisticien (facteur aggravant il est vrai) qui vit en plein Paris avec son python prénommé gros-câlin. Dans son univers, figurent aussi des objets auxquels il parle, notamment les portraits de Jean Moulin et Pierre Brossolette accrochés au mur, un voisin militant politique acariâtre, une belle collègue en mini-jupe à qui il n'ose pas parler tout en rêvant de l'épouser, les « bonnes putes » évoquées avec beaucoup de tendresse, une femme plus très jeune se trimballant son perroquet dans un panier, un ventriloque recyclé dans la thérapie de groupes, etc…
    Cet excellent roman se lit d'une traite, le sourire aux lèvres car il est drôle, truculent, plein d'inventions langagières, tout en ayant un fond social (c'est de la solitude dans le Paris des années 70 qu'il est question ici). le style faussement relâché avec de nombreuses trouvailles littéraires (expression tronquée notamment) ajoute au plaisir de lecture. Une superbe entrée en matière dans ma découverte de l'œuvre de Gary.
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    Critique de qualité ? (6 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par Missbouquin, le 05 avril 2012

    Missbouquin
    e suis un peu embetée pour commenter ce livre. Ce n'est pas que je ne l'ai pas apprécié car comme pour La vie devant soi, j'ai adoré l'humour et l'écriture de Romain Gary : on rentre dedans tout de suite, on s'attache au personnage, on sourit à ses tics et à ses manières de parler et de penser. Désarçonné au départ, on finit par comprendre petit à petit la manière dont il réflechit, qui est très étrange mais qui en réalité est juste un paravent pour masquer la solitude immense dans laquelle il vit (ah la solitude des pythons à Paris). On ressent des pincements au coeur au fur et à mesure où l'on comprend qu'il vit dans un monde d'illusions, qu'il n'est pas fait pour vivre dans cette société technocrate et individualiste. Il ne semble pas y avoir de place pour lui dans cette dernière, alors qu'il a un trop plein d'amour à partager. Il est désespérement en recherche de chaleur humaine, il est en manque de “creux de main” (comme il prend sa souris au creux de sa main pour la protéger et la rassurer – c'est à des moments comme cela que j'ai eu envie de pleurer.)
    Mais d'un autre côté on a parfois du mal à le suivre, certains de ses monologues sont trop longs, trop délirants, trop abstraits. de plus, j'ai moyennement apprécié la fin. C'est le plus gros point négatif pour moi finalement.
    Cependant cela reste pour moi un bon livre, une belle découverte de Romain Gary encore !

    Lien : http://missbouquinaix.wordpress.com/2011/07/20/gros-calin-romain-gary/
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    Critique de qualité ? (10 votes positifs)
  • Par Kalliope, le 11 février 2011

    Kalliope
    A recommander au (rares!) personnes qui aiment les serpents, une histoire touchante et drôle.
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Citations et extraits

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  • Par Sesheta, le 03 juillet 2008

    Je vais entrer ici dans le vif du sujet, sans autre forme de procès. L'Assistant, au Jardin d'Acclimatation, qui s'intéresse aux pythons, m'avait dit :
    - Je vous encourage fermement à continuer, Cousin. Mettez tout cela par écrit, sans rien cacher, car rien n'est plus émouvant que l'expérience vécue et l'observation directe. Évitez surtout toute littérature, car le sujet en vaut la peine.
    Il convient également de rappeler qu'une grande partie de l'Afrique est francophone et que les travaux illustres des savants ont montré que les pythons sont venus de là. Je dois donc m'excuser de certaines mutilations, mal-emplois, sauts de carpe, entorses, refus d'obéissance, crabismes, strabismes et immigrations sauvages du langage, syntaxe et vocabulaire. Il se pose là une question d'espoir, d'autre chose et d'ailleurs, à des cris défiant toute concurrence. Il me serait très pénible si on me demandait avec sommation d'employer des mots et des formes qui ont déjà beaucoup couru, dans le sens courant, sans trouver de sortie. Le problème des pythons, surtout dans l'agglomérat du grand Paris, exige un renouveau très important dans les rapports, et je tiens donc à donner au langage employé dans le présent traitement une certaine indépendance et une chance de se composer autrement que chez les usagés. L'espoir exige que le vocabulaire ne soit pas condamné au définitif pour cause d'échec.
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  • Par Sesheta, le 03 juillet 2008

    Je sais parfaitement que la plupart des jeunes femmes aujourd'hui refuseraient de vivre en appartement avec un python de deux mètres vingt qui n'aime rien tant que de s'enrouler affectueusement autour de vous, des pieds à la tête. Mais il se trouve que Mlle Dreyfus est une Noire de la Guyane française, comme son nom l'indique. J'ai lu tout ce qu'on peut lire sur la Guyane quand on est amoureux et j'ai appris qu'il y a cinquante-deux familles noires qui ont adopté ce nom, à cause de la gloire nationale et dur racisme aux armées en 1905. Comme ça, personne n'ose les toucher.
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  • Par claireogie, le 28 décembre 2010

    Je venais d'ailleurs de faire à ce moment-là une rencontre importante, celle du professeur Tsourès. Il habite au-dessus de chez moi avec terrasse. C'est une sommité humanitaire. Selon les journaux, il a signé l'an dernier soixante-douze protestations, appels au secours et manifestes d'intellectuels. J'ai d'ailleurs remarqué que ce sont toujours les intellectuels qui signent, comme si les autres, ça n'avait pas de nom.
    Il y avait un peu de tout, des génocides, des famines, des oppressions. C'est une sorte de guide Michelin moral, avec trois étoiles qui sont décernées par le professeur. C'est au point que lorsqu'on massacre ou qu'on persécute quelque part mais que le professeur Tsourès ne signe pas, je m'en fous, je sais que ce n'est pas garanti. Il me faut sa signature au bas pour me rassurer, comme pour un expert en tableaux. Il faut qu'il authentifie. Il paraît que c'est plein de faux dans l'art, même au Louvre.
    On comprend donc que dans ces conditions et en raison de tout ce qu'il a fait pour les victimes, que je me sois présenté. Discrètement, bien sûr, pour ne pas avoir l'air de vouloir m'imposer à son attention, me faire remarquer. Je me suis mis à attendre le professeur Tsourès devant sa porte, en lui souriant d'un air engageant, mais sans insister. Au début, il me saluait au passage, en soulevant légèrement son chapeau, à cause du bon voisinage. Mais comme il continuait à me trouver sur son palier, le salut devint de plus en plus sec, et puis, il ne me salua plus du tout, il passait à côté, d'un air irrité, regardant droit devant lui. Evidemment, je n'étais pas un massacre. Et même si je l'étais, ça ne se voyait pas de l'extérieur. Je n'étais pas à l'échelle mondiale, j'étais un emmerdeur démographique, du genre qui se prend pour. C'était un homme à cheveux gris qui était habitué à la torture en Algérie, au napalm au Vietnam, à la famine en Afrique, je n'étais pas à l'échelle. Je ne dis pas que je ne l'intéressais pas, qu'avec mes membres extérieurs intacts, je n'étais pas quantité négligeable à ses yeux, mais il avait ses priorités. Je ne faisais pas le poids de malheur, j'étais strictement zéro, alors qu'il était riche d'amour et avait l'habitude de compter par millions, en somme il était lui aussi dans les statistiques. Il y a des gens qui saignent seulement à partir d'un million. C'est l'embarras des richesses.
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  • Par Sesheta, le 03 juillet 2008

    Lorsqu'on a besoin d'étreinte pour être comblé dans ses lacunes, autour des épaules surtout, et dans le creux des reins, et que vous prenez trop conscience des deux bras qui vous manquent, un python de deux mètres vingt fait merveille. Cros-Câlin est capable de m'étreindre ainsi pendant des heures et des heures.
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  • Par claireogie, le 28 décembre 2010

    - Je me sens incapable de le nourrir. L'idée de lui donner une pauvre souris blanche à manger me rend malade.
    - Faites-lui bouffer des souris grises, dit le curé.
    - Grises ou blanches, pour moi c'est la même chose.
    - Achetez-en un tas, de souris. Vous les remarquerez moins. C'est parce que vous les prenez une à une que vous faites tellement attention. Ca devient personnel. Prenez-en un tas anonyme, ça vous fera beaucoup moins d'effet. Vous y regardez de trop près, ça individualise. Il est toujours plus difficile de tuer quelqu'un qu'on connaît. J'ai été aumônier pendant la guerre, je sais de quoi je parle. On tue beaucoup plus facilement de loin sans voir qui c'est, que de près. Les aviateurs, quand ils bombardent, ils sentent moins. Ils voient ça de très haut.
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Vidéo de Romain Gary

Lecture de textes de Romain Gary et de Eric Moreau à l'occasion d'une soirée hommage de l'écrivain Romain Gary. Filmé à l'hôtel de ville de Paris.








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