> Béatrice Vierne (Traducteur)

ISBN : 2851977105
Éditeur : Herne (2004)


Note moyenne : 4.33/5 (sur 18 notes) Ajouter à mes livres
Ce roman d'amour sur fond de scandales et d'intrigues se déroule dans l'Angleterre rurale de la fin des années 1820. Il met en scène Molly, la fille rebelle d'un médecin de campagne, les aristocrates locaux qui, depuis l'imposant château de Cumnor Towers, règnent en maî... > voir plus
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Critiques et avis(5)

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    • Livres 4.00/5
    Par Folfaerie, le 11 juin 2010

    Folfaerie
    Je remercie chaleureusement l'équipe de Babelio et les éditions de L'Herne. Grâce à eux j'ai enfin découvert Elisabeth Gaskell. Je ne sais absolument pas comment j'ai pu ignorer le nom de cette contemporaine de DIckens pendant si longtemps, c'est un mystère...
    Ce gros roman de plus de 600 pages est demeuré inachevé en raison du décès de la romancière. L'éditeur a néanmoins ajouté quelques lignes pour nous permettre de connaître le dénouement de cette histoire.
    Si on aime Charles Dickens et Jane Austen, on ne peut être qu'enthousiaste devant l'oeuvre d'Elizabeth Gaskell qui se trouve être à mi-chemin entre ces deux univers.
    L'écrivain nous fait entrer dans l'intimité de la famille Gibson. le père est un médecin de campagne veuf (homme de bon sens et à l'humour sarcastique) qui élève seul sa fille Molly, jeune personne douce, aimable a priori un peu fade qui sait faire preuve d'une belle indépendance de caractère en quelques occasions. le lecteur va les suivre durant quelques années. Molly devient une jeune fille, elle va connaître les premiers élans du coeur, tandis que son père décide de se remarier avec une veuve frivole et coquette, elle-même mère d'une jeune fille, Cynthia, de l'âge de Molly. La vie de Hollingford, cette petite bourgade du début du XIXème siècle, est réglée sur celle des occupants de Cumnor Towers, le château des aristocrates locaux.
    Le roman est autant une étude de moeurs qu'une histoire d'amour et fourmille de ces mille et un détails de la vie quotidienne qui nous apprennent beaucoup sur la vie des classes moyennes à l'époque victorienne. J'ai longtemps regretté de ne pas avoir connu cette époque, néanmoins je ne l'idéaliserai pas non plus, compte tenu du portrait brossé par Elizabeth Gaskell.
    Bien sûr, lorsqu'on est une jeune fille, la vie peut-être délicieuse : les promenades dans la campagne anglaise si charmante, les après-midis passés autour d'un thé, les soirées à jouer aux cartes, les brefs séjours à Londres ou chez des amis plus fortunés... mais il y a le revers de la médaille. Tout est si codifié en société... s'habiller pour telle occasion, respecter une certaine heure pour les repas (impossible de songer à manger quand on a faim, oh non), le décorum, la façon dont vous parlez à une personne, le strict respect des convenances, sans compter que dans une petite bourgade comme Hollington, tout se sait. Vous êtes épiée par vos voisins si complaisants, votre toilette est sujette à commentaires, vous ne pouvez fréquenter un homme ou parler à une tierce personne sans que la moitié de la ville soit au courant. Ne courez pas, ne riez pas trop fort, souriez sans cesse, acquiescez plusieurs fois dans une conversation... et vous serez estimée. Quel fardeau cela devait être pour certaines femmes. Cette constante surveillance, cette maîtrise de soi indispensable. L'auteur parvient fort bien à restituer tous ces petits désagréments à travers plusieurs personnages.
    Un autre point, non moins important, est abordé : l'argent. On sait déjà, depuis Jane Austen, qu'un domaine ne pouvait échoir à une fille et que l'hériter devait nécessairement être un homme. S'il n'y avait pas de fils, on allait chercher un neveu ou un cousin éloigné. La principale préoccupation de toute jeune fille n'ayant pas de frère, était de trouver un mari possédant des revenus suffisants. A travers le personnage de Cynthia, l'auteur évoque les problèmes qui pouvaient se poser aux jeunes filles pauvres mais capables de se maintenir dans un certain milieu social : les contraintes et les sacrifices, les faux-pas et les erreurs étaient sans doute plus courants qu'on ne l'imagine.
    Mais les hommes étaient-ils mieux lotis ? Parmi les intimes de la famille Gibson se trouve le Squire Hamley et sa famille. Il a deux fils qui vont à l'université. L'un, Roger, semble être d'une intelligence moyenne mais sait s'occuper du domaine familial et montre du bons sens, l'autre, Osborne, est un jeune dandy, élégant, à qui tout semble réussir, d'une sensibilité et d'une érudition supérieures... Les événements démentiront ces apparences. le fils aîné dépend encore de son père pour subsister à ses besoins, situation inconfortable, et rarement évoqué dans les romans se situant à l'éppoque victorienne.
    Molly est l'élément central, le fil conducteur entre tous ces presonnages. Douce et réservée, elle sait se faire apprécier non seulement de son voisinage mais aussi de Lord et Lady Cumnor (qui se croient perpétuellement obligés de mettre le nez dans les affaires du bon peuple de Hollingford) et du Squire Hamley, homme bourru aux idées fort étroites mais généreux. J'avoue que j'ai pensé plus d'une fois au personnage de Lady Catherine de Burgh dans Orgueil et Préjugés, même si Lady Cumnor est bien moins tranchante. A noter également, quelques considérations politiques sur les Tories et les Wighs qui expliquent en partie l'antagonisme entre Hamley et les Cumnor.
    J'ai particulièrement apprécié les nuances apportées aux personnages, aucun n'étant ni tout noir ni tout blanc, à l'image de la coquette Mrs Gibson, ou du séduisant mais vil Mr Preston. Certes, on pourra peut-être reprocher à Molly de représenter la jeune fille parfaite, qui n'a que de bons côtés et possède presque toutes les qualités, mais l'agacement qu'elle pourrait susciter est finalement gommé par quelques unes de ses décisions qui la rendent plus faillible.
    Je suis donc tout à fait ravie de ma découverte, je crois qu'Elizabeth Gaskell va figurer en bonne place dans ma bibliothèque car maintenant, je souhaite découvrir ses autres romans.


    Lien : http://lectures-au-coin-du-feu.over-blog.com/article-femmes-et-fille..
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    Critique de qualité ? (7 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Titine75, le 05 juillet 2010

    Titine75
    Hollingford est un petit village rural de l'Angleterre, Elizabeth Gaskell nous convie à partager la vie de ses habitants dans son dernier roman “Femmes et filles”. Elle nous invite tout particulièrement à suivre l'évolution de Molly Gibson, la fille unique du médecin. Nous la découvrons enfant, dans le premier chapitre, impatiente de participer à la grande fête annuelle au château de Cumnors Towers. Nous ne la quitterons qu'à l'âge adulte à la veille de sa vie de femme. Au travers de 651 pages, nous partageons la vie quotidienne de Molly. Celle-ci vit seule avec son père, veuf, duquel elle est très complice. Mais Molly grandissant, son père pense qu'il serait opportun que sa fille soit au contact d'une nouvelle mère. le remariage de Mr Gibson est le début d'une nouvelle vie pour Molly qui doit s'adapter à Mrs Gibson et à sa fille Cynthia. Elizabeth Gaskell aime jouer des oppositions comme nous avons pu le constater dans “Nord et sud”. Les deux soeurs sont parfaitement opposées. Cynthia est d'une grande beauté, frivole et séductrice. Personne ne lui résiste et de nombreux coeurs se laissent prendre à ses minauderies, ce qui lui vaudra de sérieux ennuis. Molly a un physique plus ingrat, elle est réservée mais son caractère droit et honnête lui permet de conquérir l'amitié et l'amour de son entourage. Nous sommes quand même dans un roman victorien où la droiture et la probité finissent toujours par triompher !
    Mais les Gibson ne sont pas les seuls à habiter Hollingford. L'extraordinaire talent de Elizabeth Gaskell est de ne jamais laisser aucun personnage de côté. Tous les habitants nous deviennent familiers grâce aux descriptions, aux aspects psychologiques détaillés par l'auteur. On s'attache terriblement à la famille Hamley où séjourne Molly à plusieurs reprises. Les deux fils Hamley sont également au coeur du roman et en opposition comme les soeurs Gibson. Osborne, l'héritier à qui tout est promis, est choyé et mis en avant. Roger, le cadet, a un rôle secondaire, son avenir semble beaucoup moins prometteur. Mais on sait qu'il ne faut pas se fier aux apparences chez Mrs Gaskell ! On croise également les délicieuses Miss Browning toujours prêtes à défendre Molly, l'acariâtre Lady Cumnor et sa fille Harriet qui deviendra la protectrice de Molly, le mystérieux et inquiétant Mr Preston régisseur des domaines des Cumnors, c'est réellement tout un monde que nous offre Elizabeth Gaskell. J'étais en parfaite empathie avec tous ces personnages et j'ai vécu pendant deux semaines au rythme de Hollingford. Il est bien difficile d'abandonner ce village après avoir refermé le roman.
    C'est d'autant plus difficile que l'on reste sur notre faim. Comme je le disais au départ, “Femmes et filles” est le dernier roman de Elizabeth Gaskell. Il fût publié en feuilleton dans le magazine “Cornhill” de août 1864 à janvier 1866, Elizabeth Gaskell est morte en novembre 1865 sans avoir pu rédiger le tout dernier chapitre. Ceux qui ont lu “Nord et sud” comprendront ma déception car Mrs Gaskell achève son histoire dans les toutes dernières pages. Cela aurait été également le cas dans “Femmes et filles”. Même si l'avenir de Molly ne fait aucun doute, il manque ce moment délicieux où le destin du personnage central s'accomplit et qui est toujours conté avec une extrême finesse.
    Une nouvelle fois, j'ai été prise au piège par le talent de Elizabeth Gaskell. J'ai été captivée par la vie de Molly Gibson et du village de Hollingford. Je ne saurais trop vous conseiller de vous immerger à votre tour dans cette Angleterre des années 1820.

    Lien : http://plaisirsacultiver.unblog.fr/2010/07/05/femmes-et-filles-de-el..
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    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par bladelor, le 14 août 2010

    bladelor
    Il m'a enfin été donné de découvrir la plume d'Elizabeth Gaskell avec celui qui fut son dernier roman. Son auteur étant morte de manière brutale en novembre 1865, Femmes et filles demeura inachevé, et cela est d'autant plus frustrant qu'il manque à peine un chapitre pour en clore l'histoire...
    Mais que cette frustration n'empêche pas les lecteurs d'ouvrir ce livre, car alors, ils se priveraient d'un bijou.
    Femmes et filles qui se déroule dans l'Angleterre rurale des années 1820 met en scène une héroïne qui répond au doux nom de Molly. Une jeune personne droite, au caractère entier, fidèle à elle-même et à ceux qu'elle aime. Autour d'elle, gravite un ensemble de personnages tous différents et passionnants, qui participent à la construction de ce portrait de la société de l'époque.
    Premier constat, ce roman se mérite et je me suis demandée si j'allais en venir à bout. Il est vrai que le texte est très long et que le format que j'avais entre les mains n'était pas aisément manipulable.
    Deuxième constat, la langue est délectable et j'ai alors décidé de prendre tout mon temps pour savourer pleinement ce récit, ce que je ne regrette pas un instant. Je profite d'ailleurs de ce billet pour rendre tout l'hommage qu'elle mérite à Béatrice Vierne, la traductrice, qui a fait un travail formidable. Je n'ai pas lu ce roman dans sa langue originale, mais cette version traduite en français est remarquablement écrite.
    Dans Femmes et filles, Elizabeth Gaskell, à travers l'histoire de cette jeune Molly, dépeint une société et ses travers d'une façon qui m'a semblé résolument moderne. On nous y parle d'amour, d'amitié, de constance dans les sentiments, des positions sociales des uns et des autres, de sciences, de littérature, de la maladie... ce roman aborde une multitude de sujets et nous offre une vision drôle et cynique à la fois.
    Imaginez un instant que vous prenez le thé dans un salon du château de Cumnor. Les jeunes femmes sont assises bien droites dans leurs fauteuils, leurs tenues impeccables. Démarre alors une conversation où il est question des dernières rumeurs concernant les villages alentours. On y découvre ainsi les secrets les plus intimes de certains habitants. Il y est questions de scandales, de demandes en mariages accordées puis retirées, d'inconstance... Sur fond de révélations surprenantes, on entend le bruissement des robes de taffetas et le tintement des tasses. Vous êtes dans l'Angleterre victorienne.
    Inutile de vous dire combien j'ai aimé ce livre, vous vous en doutiez, j'imagine. Un roman remarquable de lucidité sur une époque qui me fascine. L'écriture est admirable, subtile. Un régal, un de ces textes qui faut déguster avec lenteur pour en savourer toute l'essence.
    Je compte bien, après cette première lecture, continuer de découvrir l'univers de Mme Gaskell, mais toujours en prenant mon temps.
    Une belle, une très belle rencontre.

    Lien : http://oceanicus-in-folio.fr/lire/index.php?post/2010/08/06/Femmes-e..
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    Critique de qualité ? (1 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Pralinerie, le 02 juillet 2010

    Pralinerie
    Je souhaitais le lire depuis plusieurs années et c'est maintenant chose faite... Molly me manque déjà...
    Molly est l'héroïne de ce roman. Nous parcourons quelques années d'enfance puis d'adolescence en sa compagnie. Fille du médecin local (Hollingford en Angleterre), la demoiselle est orpheline de mère. Ce qui n'est pas très gérable pour le docteur lorsque sa fille grandit. Il intercepte une lettre d'un de ses élèves à la demoiselle et décide alors de l'éloigner. Molly passe quelques temps chez Mr et Mme Hamley... Et apprend que son père se remarie !
    Décision d'abord très mal acceptée par Molly, qui voit en Hyacinthe Gibson une rivale plus qu'une mère. Je vous rassure, Molly n'est pas maltraitée. C'est une brave fille et elle prend finalement bien les choses. Surtout que sa demi soeur, Cynthia, devient pour elle une véritable amie.
    Ce roman n'est pas simplement l'histoire paisible d'une famille bourgeoise anglaise mais aussi une belle histoire d'amour. Roger Hamley et son frère Osborne font battre le coeur des demoiselles...
    C'est aussi un regard sur une société britannique très hiérarchisée et mondaine, dans laquelle il est important de paraître.
    Le rythme est lent, tranquille mais pas pour autant pénible. Les événements surviennent à point, avec plus ou moins de surprise et de bouleversements.
    J'ai beaucoup aimé cette excursion anglaise, cette gentille Molly qui est adorable, émouvante, sincère sans être agaçante ; cette superbe Cynthia qui ne peut s'empêcher de flirter ; cette exaspérante Mme Gibson ; cette bonne pâte de Hamley père ; le charmant Gibson... Une fresque attachante et des personnages charmants.

    Lien : http://pralinerie.blogspot.com/2010/06/femmes-et-filles.html
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    • Livres 3.00/5
    Par VivianeB, le 16 décembre 2008

    VivianeB
    L'auteur née en 1810, décèdera avant de pouvoir écrire le 61è chapitre de ce pavé de 650 pages. Contemporaine de Charles Poe et amie de Charlotte Bronte dont elle écrira la biographie, c'est un auteur prolixe et talentueux qui nous relate avec finesse, psychologie les mœurs de cette époque. Passionnant.
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