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ISBN : 2070362493
Éditeur : Gallimard (1972)


Note moyenne : 3.67/5 (sur 99 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Publié en 1950, cette célèbre chronique, à la couleur intensément tragique et au style souple et varié, doit son titre à un aphorisme de Vauvenargues qui définit l'âme forte comme étant "dominée par quelque passion ... > voir plus
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Critiques, analyses et avis (5)

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  • Par charlottelit, le 29 décembre 2011

    charlottelit
    se lit comme un thriller, avec retournement inattendu ; la puissance de feu de Giono nous laisse pantelants et songeurs ... fine étude de moeurs

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    • Livres 4.00/5
    Par fran6h, le 03 janvier 2014

    fran6h
    Giono c'est une atmosphère. Bien sûr on pense à la Provence, mais là, même si on y est en Provence (côté montagne de la Drôme) elle ne joue pas un grand rôle dans cette histoire. Ici c'est le tréfonds de l'humanité qui prime, cette âme si difficile à déceler.Giono ce sont des personnages. Et ici Thérèse, cette Thérèse partie de rien, sans instruction mais avec un grand dessein, et avec comme seule arme son âme forte. Magnifique.
    Quel roman !
    D'abord la forme ; ici on veille un mort, et pendant la veillée funèbre les femmes causent près du feu, avec quelques provisions et du café. Les histoires du village vont défiler, de façon certes décousues, avec de multiples retours et contestations, mais on comprend bien qu'il s'agît de la même histoire, dans ce village, dans cette auberge où s'arrêtent les pataches, où les voyageurs font haltes. Mais chacune a sa version, et Thérèse, vieille maintenant, raconte t-elle son rêve ou bien sa vie ? Cette unité de temps de la narration (une nuit) rend compte d'une bonne cinquantaine d'année à travers des voix multiples et souvent contradictoires. Sans découpage, l'enchainement des évènements et des personnages est parfois difficile à suivre, mais le récit est très rythmé.
    Et puis le fond ; toutes les bassesses, toutes les jalousies, toutes les rancœurs, les hypocrisies, un univers impitoyable et cruel où les sentiments sont bridés pour pouvoir agir froidement. Sauver coute que coute les apparences constitue également un leitmotiv. Mais on y trouve aussi l'amour, l'amour véritable, le dénuement, la passion dévoreuse, la folie.
    Giono nous dresse là un tableau de la société dans ces vallées alpines à la fin du XIXème siècle. Une société en mutation, où l'on construit le chemin de fer, où l'on fait appel à la main d'œuvre piémontaise, où s'installe durablement des chantiers colossaux, et où les affaires et l'argent peuvent être rapidement gagnés pour qui sait s'y prendre.

    Lien : http://animallecteur.canalblog.com/archives/2014/01/03/28838285.html
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    • Livres 4.00/5
    Par Chouchane, le 02 septembre 2014

    Chouchane
    C'est une nuit de veillée funèbre. Celle d'Albert. Giono - avec 5 personnages : le mort, son épouse qui dort, Thérèse et deux commères – fait de cette veillée un chef d'œuvre de réflexion sur l'humain, l'ambiguïté, la démesure. Cette nuit blanche dont le motif – la mort – n'est pas anodin, n'est également un prétexte pour créer un huis-clos entre les trois femmes éveillées. Thérèse est la plus vieille c'« était une âme forte. Elle ne tirait pas sa force de la vertu : la raison ne lui servait de rien » ; elle est le sujet de ce roman. Cette âme forte de sa détermination presque animale, va raconter/ confesser sa vie. Je dis confesser mais Thérèse une femme résolue qui n'a besoin ni de confesse, ni de pardon. Elle vit par et pour elle. Un deuxième personnage va apporter tout au long du récit de Thérèse des éclairages nouveaux. En contredisant le récit idéalisé de Thérèse, elle l'oblige à bifurquer vers la vérité. C'est un effet de miroir déformant qui est très troublant car on ne saisit pas bien qui manipule qui. En effet, le récit commence doucettement par la fuite de Thérèse avec son amoureux, Firmin qui n'est pas accepté par ses parents. Leur romance racontée de façon idyllique les conduit jusqu'à une auberge où ils vont trouver tous les deux un honnête travail mais c'est compter sans la commère qui a entendu parler d'une autre histoire entre les tourtereaux. Un récit plus sombre, fait d'errance, de trimard (comme dit Thérèse) sur les routes, sous la pluie, fait de petites escroqueries, et à se donner au plus offrant. La narratrice reprend alors la parole sans s'opposer à cette vision. On s'attend à ce qu'elle se fâche mais non ! Au contraire, elle continue l'histoire en se plaçant sur ces nouveaux rails. Et oui, la réalité était différente, le récit continue, plus complexe. On découvre Thérèse faisant, à Châtillon (un petit bourg très provincial) la rencontre cruciale de Madame Numance – une autre âme forte, déterminée à faire le bien. Elle devient pour Thérèse une sorte de mère sublimée, le visage de l'amour, prête à tout lui donner, jusqu'au dernier de ses sous. Elle en sera la servante dévouée, la fille adoptive pendant que Firmin, lui, se détériore et rêve de richesse. La finesse d'étude des personnages que nous livre Giono confine au chef d'œuvre quand survient une ultime contradiction qui précipite une fin inattendue et une chute infernale. le revirement est brutal. Un livre puissant.
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    • Livres 4.00/5
    Par bookaure, le 30 mars 2013

    bookaure
    Je n'avais jamais lu Jean Giono auparavant, et ce fut une découverte très plaisante, qui m'a fait me retrouver avec surprise dans un univers mélangeant Pagnol et Zola.
    Les Âmes fortes c'est la chronique d'un village, Châtillon. Quoi de mieux qu'une veillée funèbre pour alors faire remonter à la surface toutes les histoires qui ont entouré la vie du défunt? Les narrateurs vont donc s'en donner à coeur joie, en racontant celle de Thérèse, Firmin et les Numance. On y rencontre des personnages aussi passionnés que passionnants, aussi tragiques que comiques et finalement terriblement humains, le tout dans véritable thriller à la sauce provençale.
    J'ai beaucoup aimé le style d'écriture, les personnages uniques et passionnants, les rebondissements multiples et captivants, l'ambiance villageoise et l'univers provincial toujours agréable.
    J'ai moins bien aimé la lenteur avec laquelle le récit débute.
    Il s'agit bien évidement d'un ouvrage que je conseille à Tous, surtout aux amateurs de personnages dévorés par la passion, car ce sont sans doutes ceux dont on se souviendra longtemps...
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    • Livres 3.00/5
    Par vbarentin, le 14 septembre 2012

    vbarentin
    J'ai trouvé le début du livre difficile car on ne sait pas trop où va l'histoire puis on entre dans les frasques de Thérèse et Firmin racontées par deux commères.

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Citations et extraits

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  • Par butterflysing, le 11 août 2012

    Thérèse était une âme forte. Elle ne tirait pas sa force de la vertu: la raison ne lui servait de rien; elle ne savait même pas ce que c'était; clairvoyante, elle l'était, mais pour le rêve; pas pour la réalité. Ce qui faisait la force de son âme c'est qu'elle avait, une fois pour toutes, trouvé une marche à suivre. Séduite par une passion, elle avait fait des plans si larges qu'ils occupaient tout l'espace de la réalité; elle pouvait se tenir dans ses plans quelque soit la passion commandante; et même sans passion du tout. La vérité ne comptait pas.Rien ne comptait que d'être la plus forte et de jouir de la libre pratique de la souveraineté.Être terre à terre était pour elle une aventure plus riche que l'aventure céleste pour d'autres. Elle se satisfaisait d'illusions comme un héros. Il n' y avait pas de défaite possible. C'est pourquoi elle avait le teint clair, les traits reposés, la chair glaciale mais joyeuse, le sommeil profond.
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  • Par charlottelit, le 29 décembre 2011

    Les personnes d'esprit sont les plus opiniâtres dans les passions.
    Quelqu'un qui ne voit pas plus loin que le bout de son nez ou qui est
    simple, a des réflexions si courtes qu'il ne risque pas de s'emballer,
    au contraire.
    Pour peu qu'il réfléchisse, il se refroidit car, ce à quoi il pense,
    c'est au train train.
    Et là, rien qui emporte.
    les autres vont tellement loin qu'elles ramassent toujours par-ci
    par-là de quoi alimenter le feu
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  • Par butterflysing, le 12 août 2012

    L'amour, c'est tout inquiétude. C'est du sang le plus pur qui se refait constamment. Tu vas t'en fourrer jusque là. D'abord et d'une. Ensuite, puisqu'ils donnent volontiers tout ce qu'ils ont, c'est qu'ils aiment combler. Alors, à la fin, je me montre nue et crue. Et ils voient que rien ne peut me combler. Plus on en met, plus je suis vide. C'est bien leur dire : vous n'êtes rien. Vous avez cru être quelque chose : vous êtes de la pure perte. ça, c'est un coup de théâtre. L'attendre me fera plaisir tout du long. Le rendre le plus étonnant possible me ravira à chaque instant. Puis, il éclate et, brusquement, je suis qui je suis!
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  • Par vbarentin, le 02 septembre 2012

    "Cet homme n'est pas fort. Il a de la chance d'avoir affaire à des gens qui ne demandent pas mieux. Même à mon âge, et si je voulais m'en donner la peine, je lui tirerais sa propre chemise par dessus la tête avant qu'il ait pu seulement penser à faire un geste pour en retenri les pans. Mais que ferions nous de sa chemise?" avait-il ajouté.Elle pensa à Thérèse. Elle se dit: "Quel dommage que l'argent ne compte pas! Je n'ai rien à ne lui sacrifier à elle; sinon mon désir même." Elle s'y résolut.
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  • Par butterflysing, le 11 août 2012

    Les péchés qu'on ne commet pas sont affreux; ceux qu'on commet: zéro, poussière. Faites tout pour sembler bonne. Quand personne ne le croit plus c'est tout au moins que pendant quelque temps on l'a cru. Si vous n'en avez pas profité, c'est que vous êtes bêtes. Dans ce cas-là, rien ne sert à rien.

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