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ISBN : 2070362493
Éditeur : Gallimard (1972)

Note moyenne : 3.7/5 (sur 145 notes)
Résumé :
Publié en 1950, cette célèbre chronique, à la couleur intensément tragique et au style souple et varié, doit son titre à un aphorisme de Vauvenargues qui définit l'âme forte comme étant "dominée par quelque passion altière et courageuse". Cette âme forte, c'est avant tout celle de l'héroïne, Thérèse, personnage stendhalien, à la fois ingénue et prédatrice déclar&... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
charlottelit
charlottelit29 décembre 2011
se lit comme un thriller, avec retournement inattendu ; la puissance de feu de Giono nous laisse pantelants et songeurs ... fine étude de moeurs
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Chouchane
Chouchane02 septembre 2014
  • Livres 4.00/5
C'est une nuit de veillée funèbre. Celle d'Albert. Giono - avec 5 personnages : le mort, son épouse qui dort, Thérèse et deux commères – fait de cette veillée un chef d'oeuvre de réflexion sur l'humain, l'ambiguïté, la démesure. Cette nuit blanche dont le motif – la mort – n'est pas anodin, n'est également un prétexte pour créer un huis-clos entre les trois femmes éveillées. Thérèse est la plus vieille c'« était une âme forte. Elle ne tirait pas sa force de la vertu : la raison ne lui servait de rien » ; elle est le sujet de ce roman. Cette âme forte de sa détermination presque animale, va raconter/ confesser sa vie. Je dis confesser mais Thérèse une femme résolue qui n'a besoin ni de confesse, ni de pardon. Elle vit par et pour elle. Un deuxième personnage va apporter tout au long du récit de Thérèse des éclairages nouveaux. En contredisant le récit idéalisé de Thérèse, elle l'oblige à bifurquer vers la vérité. C'est un effet de miroir déformant qui est très troublant car on ne saisit pas bien qui manipule qui. En effet, le récit commence doucettement par la fuite de Thérèse avec son amoureux, Firmin qui n'est pas accepté par ses parents. Leur romance racontée de façon idyllique les conduit jusqu'à une auberge où ils vont trouver tous les deux un honnête travail mais c'est compter sans la commère qui a entendu parler d'une autre histoire entre les tourtereaux. Un récit plus sombre, fait d'errance, de trimard (comme dit Thérèse) sur les routes, sous la pluie, fait de petites escroqueries, et à se donner au plus offrant. La narratrice reprend alors la parole sans s'opposer à cette vision. On s'attend à ce qu'elle se fâche mais non ! Au contraire, elle continue l'histoire en se plaçant sur ces nouveaux rails. Et oui, la réalité était différente, le récit continue, plus complexe. On découvre Thérèse faisant, à Châtillon (un petit bourg très provincial) la rencontre cruciale de Madame Numance – une autre âme forte, déterminée à faire le bien. Elle devient pour Thérèse une sorte de mère sublimée, le visage de l'amour, prête à tout lui donner, jusqu'au dernier de ses sous. Elle en sera la servante dévouée, la fille adoptive pendant que Firmin, lui, se détériore et rêve de richesse. La finesse d'étude des personnages que nous livre Giono confine au chef d'oeuvre quand survient une ultime contradiction qui précipite une fin inattendue et une chute infernale. le revirement est brutal. Un livre puissant.
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fran6h
fran6h03 janvier 2014
  • Livres 4.00/5
Giono c'est une atmosphère. Bien sûr on pense à la Provence, mais là, même si on y est en Provence (côté montagne de la Drôme) elle ne joue pas un grand rôle dans cette histoire. Ici c'est le tréfonds de l'humanité qui prime, cette âme si difficile à déceler.Giono ce sont des personnages. Et ici Thérèse, cette Thérèse partie de rien, sans instruction mais avec un grand dessein, et avec comme seule arme son âme forte. Magnifique.
Quel roman !
D'abord la forme ; ici on veille un mort, et pendant la veillée funèbre les femmes causent près du feu, avec quelques provisions et du café. Les histoires du village vont défiler, de façon certes décousues, avec de multiples retours et contestations, mais on comprend bien qu'il s'agît de la même histoire, dans ce village, dans cette auberge où s'arrêtent les pataches, où les voyageurs font haltes. Mais chacune a sa version, et Thérèse, vieille maintenant, raconte t-elle son rêve ou bien sa vie ? Cette unité de temps de la narration (une nuit) rend compte d'une bonne cinquantaine d'année à travers des voix multiples et souvent contradictoires. Sans découpage, l'enchainement des évènements et des personnages est parfois difficile à suivre, mais le récit est très rythmé.
Et puis le fond ; toutes les bassesses, toutes les jalousies, toutes les rancoeurs, les hypocrisies, un univers impitoyable et cruel où les sentiments sont bridés pour pouvoir agir froidement. Sauver coute que coute les apparences constitue également un leitmotiv. Mais on y trouve aussi l'amour, l'amour véritable, le dénuement, la passion dévoreuse, la folie.
Giono nous dresse là un tableau de la société dans ces vallées alpines à la fin du XIXème siècle. Une société en mutation, où l'on construit le chemin de fer, où l'on fait appel à la main d'oeuvre piémontaise, où s'installe durablement des chantiers colossaux, et où les affaires et l'argent peuvent être rapidement gagnés pour qui sait s'y prendre.
Lien : http://animallecteur.canalbl..
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Levant
Levant23 juin 2016
  • Livres 2.00/5
Conviées à la veillée mortuaire du vieil Albert qui vient de trépasser, l'instinct de survie de trois commères leur fait mépriser le respect dû au défunt et combler le silence de leur gouaille vipérine chuchotée. Elles se livrent alors à une rétrospective minutieuse de leur vie en vase clos.
Dans cette société masculine et matérialiste, obnubilée par la peur de manquer, les femmes n'ont d'autre moyen d'exister que dans le colportage de ragots. Au cours de cette veillée, leur conversation, libérée de la présence des hommes, réveille les souvenirs qui traversent leur esprit en désordre. Dans le pur mépris de toute chronologie, les victimes de leur dénigrement sont transpercées des flèches de leur frustration débridée.
Ces personnes à la langue bien pendue martyrisent de leur persiflage tout ce qui tombe sous leur regard fiché derrière le rideau tiré. La débauche des uns, les infidélités des autres, captées au hasard par leur sagacité et jetées en pâture au lecteur rendu complice, font de cet ouvrage un récit décousu dans lequel la structure est difficilement identifiable. La faconde méridionale, la férocité du verbe, quelques bons mots et un relent de mystère relancent parfois l'intérêt du lecteur, en suscitant accessoirement son voyeurisme, mais il faut quand même se prendre de passion pour les racontars afin de ne pas perdre pied dans ce bain de médisance.
J'avoue avoir été quelque peu dérouté par cet ouvrage investi par les commères de cette société provinciale et rurale que Giono connaît trop bien. Il nous livre une fresque de cette campagne reculée en pays diois dans laquelle il ne faut pas craindre de se compromettre à devenir témoin des vices de la nature humaine.
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Rodin_Marcel
Rodin_Marcel30 mars 2015
  • Livres 3.00/5
Giono Jean "les âmes fortes" – Gallimard, Livre de poche, 1949

J'en reste pantois, car je ne me serais jamais douté que Giono, le gentil auteur du "Hussard sur le toit", puisse écrire des choses aussi noires et méchantes, avec une telle technique d'écriture, fort habile.

La vie d'une vieille dame, Thérèse, nous est racontée tantôt par elle-même, tantôt par des proches qui remettent les pendules à l'heure en démasquant la narratrice qui a tendance à embellir et à omettre ses agissements les plus scabreux. Au fil du récit, le lecteur ne cesse de découvrir des recoins de plus en plus noirs de l'âme de Thérèse, qui se révèle finalement être une redoutable criminelle.

Ce roman surpasse en intensité et en cruauté bien des thrillers publiés de nos jours, dans lesquels les auteurs font couler des flots de sang, de gnons et de tortures diverses. Dans Giono, c'est bien pire car tout est sous-entendu.
Certains passages paraissent un peu longuets, mais c'est l'époque qui le veut : les gens n'avaient pas encore la télé et se délectaient de longues lectures. le fait de varier brusquement les voix de la narration, d'abandonner un personnage (que devient Madame Numance ?), de démasquer Thérèse peu à peu, tous ces éléments donnent une dynamique certaine au récit.

J'apprécie toujours d'être surpris par un livre, et là, je l'ai été !
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Citations & extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
butterflysingbutterflysing11 août 2012
Thérèse était une âme forte. Elle ne tirait pas sa force de la vertu: la raison ne lui servait de rien; elle ne savait même pas ce que c'était; clairvoyante, elle l'était, mais pour le rêve; pas pour la réalité. Ce qui faisait la force de son âme c'est qu'elle avait, une fois pour toutes, trouvé une marche à suivre. Séduite par une passion, elle avait fait des plans si larges qu'ils occupaient tout l'espace de la réalité; elle pouvait se tenir dans ses plans quelque soit la passion commandante; et même sans passion du tout. La vérité ne comptait pas.Rien ne comptait que d'être la plus forte et de jouir de la libre pratique de la souveraineté.Être terre à terre était pour elle une aventure plus riche que l'aventure céleste pour d'autres. Elle se satisfaisait d'illusions comme un héros. Il n' y avait pas de défaite possible. C'est pourquoi elle avait le teint clair, les traits reposés, la chair glaciale mais joyeuse, le sommeil profond.
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charlottelitcharlottelit29 décembre 2011
Les personnes d'esprit sont les plus opiniâtres dans les passions.
Quelqu'un qui ne voit pas plus loin que le bout de son nez ou qui est
simple, a des réflexions si courtes qu'il ne risque pas de s'emballer,
au contraire.
Pour peu qu'il réfléchisse, il se refroidit car, ce à quoi il pense,
c'est au train train.
Et là, rien qui emporte.
les autres vont tellement loin qu'elles ramassent toujours par-ci
par-là de quoi alimenter le feu
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LevantLevant22 juin 2016
- vous êtes si malheureuse que ça ?
- Qui t'à dit que j'étais malheureuse ?
- vous dites que vous n'aimez personne et que vous n'avez que vous.
- Et bien ! où vois-tu du malheur dans tout ça ?
- Si je n'aimais personne et si j'étais toute seule., moi, je serais malheureuse.
- Tu te prépares une drôle de vieillesse..il vaudrait mieux mourir maintenant dans ce cas. Mais tu changeras.
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butterflysingbutterflysing12 août 2012
L'amour, c'est tout inquiétude. C'est du sang le plus pur qui se refait constamment. Tu vas t'en fourrer jusque là. D'abord et d'une. Ensuite, puisqu'ils donnent volontiers tout ce qu'ils ont, c'est qu'ils aiment combler. Alors, à la fin, je me montre nue et crue. Et ils voient que rien ne peut me combler. Plus on en met, plus je suis vide. C'est bien leur dire : vous n'êtes rien. Vous avez cru être quelque chose : vous êtes de la pure perte. ça, c'est un coup de théâtre. L'attendre me fera plaisir tout du long. Le rendre le plus étonnant possible me ravira à chaque instant. Puis, il éclate et, brusquement, je suis qui je suis!
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IrinaeIrinae13 août 2016
- Quel âge avez-vous au juste?
- Quatre-vingt-neuf.
- Je disais quatre-vingt-quatre; moi, l'autre jour à Césarine qui disait que vous aviez nonante-six.
- Oh! les autres, ça ne leur coûte guère de vous en mettre.
- Vous faites plaisir à voir.
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La chronique de David Medioni - L'homme qui plantait des arbres
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