ISBN : 207036240X
Éditeur : Gallimard (1995)


Note moyenne : 3.82/5 (sur 136 notes) Ajouter à mes livres
Le hussard sur le toit : avec son allure de comptine, ce titre intrigue. Pourquoi sur le toit ? Qu'a-t-il fallu pour l'amener là ? Rien moins qu'une épidémie de choléra, qui ravage la Provence vers 1830, et les menées révolutionnaires des carbonari piémontais. Le Hussar... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Ellcrys, le 28 juillet 2010

    Ellcrys
    Le Hussard sur le toit est un roman que j'ai lu en cinquième, au collège. Je me souvenais avoir beaucoup aimé. J'ai donc tout naturellement voulu m'y replonger. Et j'ai bien fait.
    Angelo Pardi est un carbonaro (ce sont des italiens qui luttaient pour l'unification et l'indépendance de leur pays). Pour ces faits, il est exilé en France. Il souhaite retrouver un ami, carbonaro lui aussi, qui vit sur les hauteurs de Manosque. Or, en cette année 1830, le choléra ravage le sud : Marseille, Manosque, Digne... Mais peu importe, Angelo veut retrouver son ami. Il parcourt donc le sud, évitant les barrages des soldats français, traversant des villages vides, entrant dans des maisons où le sol est jonché de cadavres pourrissants. Dans le ciel montent de perpétuelles colonnes de fumée : ce sont les fossoyeurs qui tentent de brûler les cadavres, souvent dépassés par le nombre de mort...
    Dans un bourg, il rencontrera une jeune femme Pauline de Théus, qui n'ose sortir de chez elle. Elle a de la famille en Suisse, en Italie. Angelo, décide alors de l'accompagner dans ses villes, régions où la maladie n'est pas. Mais le danger rôde à tous les coins de rue...
    Je savais déjà que j'allais aimé ce roman, car je me souvenais de l'impression qu'il m'avait laissé lors de ma première lecture au collège. Mais je ne savais pas que ce serait un tel bonheur de retrouver la plume délicate, poétique et puissante de Jean Giono. Comme j'aime le style de cet auteur. Il décrit si bien les paysages du sud, leur ambiance, que j'avais vraiment l'impression d'y être : j'avais chaud, j'entendais le chant des cigales, je sentais la lavande, le goût des melons et des tomates coulait dans ma bouche... Devant se dressait les paysages magnifique et enchanteurs de la Provence... un vrai bonheur ! Mais je sentais aussi l'odeur de la mort, la chaire brûlant sur des bûchers en constant fonctionnement, j'avais peur du choléra, comme si j'étais moi-même poursuivie par cette affreuse maladie, qui touche tout le monde, peut importe les classes sociales...
    Comme j'ai aimé d'amour Angelo, un homme courageux, généreux et magnifique beau (le charme italien quoi !). Pauline est aussi un personnage passionnant, intense et sensuel. Autant vous dire que j'ai vraiment été habitée par ces deux personnages, inoubliables.
    J'ai maintenant très envie de revoir le film, avec Juliette Binoche dans le rôle de Pauline...
    J'ai une véritable admiration pour le génie de Jean Giono. J'adore. Une chose est sûr, je lirais avec bonheur ses autres ouvrages, qui sont déjà promesse à la beauté et au voyage.
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    • Livres 4.00/5
    Par brigittelascombe, le 21 août 2011

    brigittelascombe
    Angelo Pardi, le héros de Jean Giono serait-il Tarrou qui lutte aux côtés du docteur Rieux pour endiguer La peste de Camus?
    Effectivement, on pourrait le penser puisqu' Angelo et le médecin croisé sur les routes poussiéreuses de Provence sont confrontés à la mort qui sévit alors que la sècheresse frappe les paysans et que l'eau croupit dans les puits.
    Angelo porte en lui le sacerdoce d'un soignant qui se dévoue, nettoie les bouches,empaquette les morts dans des linceuls de fortune, calme les bêtes.
    Mais il s'agit de choléra et non de peste, nous sommes en 1930 et non au XX° siècle et Angélo Pardi, officier piémontais qui compte retourner dans son pays "pour y servir la cause de la liberté", poursuit son périple à cheval à travers les cadavres, "des cadavres dans lesquels les chiens et les oiseaux avaient fait des dégats", tandis que"le petit français", non sans lui avoir délivré les secrets de l'alcool "rude aromatisé d'herbe au goût brutal" qui décape,stérilise, frictionne et de l'eau bouillie qui nettoie, meurt de ce mal qui ronge hommes et bêtes sans discernement,"des bêtes qui crient comme si on les égorgeait".
    Angelo Pardi serait il Alejandro-Antonio Bandéras le digne successeur de Zorro dont il convoiterait la belle et sensuelle Eléna-Catherine Zeta Jones?
    Il en a la fougue,la débrouillardise ("faudrait pas se casser la margoulette") lorsqu'enfermé dans Manosque il saute de toit en toit pour glaner quelque pitance, le sang froid,la grandeur d'âme,le courage alors que "le choléra marchait comme un lion à travers villes et bois", la tendresse puisqu' ému par Pauline qui l'a aidé et il va l'accompagner jusqu'à Gap pour retrouver son mari après l'avoir sauvée.
    Angelo Pardi est unique, il est Le Hussard sur le toit, un personnage tellement fort qu'il nous en fait presque oublier la prose poétique de Giono et ses sublimes images comme ce "soleil rouge encore écrasé de longues herbes de nuages sombres qui émerge des fôrets".Il est celui qui crie "Peuple je t'aime", il est celui qui sauve au risque de la mort, il est celui qui aime et qui en gentilhomme saura renoncer.
    Un superbe roman bien qu'un peu trop morbide à mon goût je préfère regain.
    Manosque un lieu que Jean Giono, romancier du XX° siècle,chantre populiste de la Haute Provence,membre de l'Académie Goncourt en 1954(Merci le dictionnaire Hachette) connaissait bien puisque c'était et que c'est encore aujourd'hui son fief.
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    • Livres 4.00/5
    Par brigittelascombe, le 21 août 2011

    brigittelascombe
    Le Hussard sur le toit conte le périple d'Angelo Pardi, officier chargé de mission,qui réagit en héros au risque de la mort, à travers la Provence alors qu'en 1830 sévit le choléra. Lors d'une interview Jean Giono a confié:"Le choléra est un symbole, un révélateur, une réaction chimique qui met à nu les tempéraments les plus vils ou les plus nobles".
    Jean Giono, né en 1895 a connu la guerre de 14-18 et choqué par la barbarie et l'horreur est devenu pacifiste.Il a refusé pour celà de s'opposer à l'armée nazie ce qui lui a valu d'être accusé à tort de collaboration.
    Mais ce symbole de lutte contre le mal ne le retrouvons nous pas de même dans La peste de Camus où le docteur Rieux,bien qu'athée lutte avec dévotion contre la peste. Camus,l'humaniste et l'engagé a lui situé son action dans les années 40 celles de la deuxième guerre et du nazisme.
    Le pacifiste et l'humaniste se rejoignent alors car la vie est absurde, le mal n'est ni compréhensible,ni explicable et l'homme, même avec toute la bonne volonté du monde,est limité.
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    • Livres 3.00/5
    Par akialam, le 23 juillet 2008

    akialam
    L'épopée d'Angelo, hussard piémontais opposé à l'oppression autrichienne que subit son pays, et donc exilé en France. Il se retrouve dans la région sud en plein milieu d'une épidémie de choléra et se débrouille comme il peut pour survivre, et pour se comporter selon ses idéaux de liberté et surtout sa haute idée du courage. Il est un peu compliqué dans sa façon de penser, il est assez comique en fait, à toujours analyser chacun de ses gestes, tout ce qu'il fait. Pas simple l'Angelo. Au cours de son périple, il va rencontrer des personnages qu'il va s'efforcer d'aider (le petit Français, la nonne, l'institutrice, Pauline) en se remettant en question sans arrêt.
    Un livre un peu répétitif donc: des descriptions de cadavres, les barrages de soldats, les quarantaines...
    Dans l'ensemble,donc, un bon livre malgré des répétitions pardonnables puisqu'inhérentes au contexte.
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    • Livres 5.00/5
    Par EmiLIT, le 18 mai 2010

    EmiLIT
    Angelo Pardi est un jeune exalté. Fils naturel d'une riche et noble dame italienne, il vivait dans l'aisance, sa mère lui ayant acheté son grade d'officier jusqu'à ce que par amour pour la révolution et la liberté il tue un traitre à sa cause. Il se réfugie dans le Sud de la France.
    Un Sud, magnifique de sécheresse, de poussière et de chaleur, avec des paysages qui écrasent de leur force tout être humain qui ose s'y aventurer. En ce début d'été la canicule est écrasante, les gens assoiffés ne font que boire et se nourrir du jus des melons et des tomates, ...débutent alors les premiers décès. Les gens commencent à mourir, écrasés comme des mouches par le cholera sec. Les populations s'affolent, Angelo manque même de se faire lyncher par une foule devenue hystérique, il trouve alors refuge sur les toits puis chez une jeune femme Pauline de Théus.

    Ce roman nous raconte de façon magnifique l'horreur d'une épidémie, la façon dont elle détruit les corps et surtout les vies, peu à peu. Les gens alarmés face à la mort imminente, se battent, chacun de façon différente.
    Le Hussard sur le toit est surtout un livre romanesque qui nous raconte à travers ce magnifique décor que sont les paysages du Sud, l'histoire d'une rencontre entre le fier mais naïf Angelo et la belle Pauline. le choléra avec la menace omniprésente de la contagion et donc de la mort ainsi que la présence des soldats donnent encore plus de saveur à leur fuite pour quitter ces villes empoisonnées.


    Lien : http://l-ivresque-des-livres.over-blog.com/article-le-hussard-sur-le..
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Citations et extraits

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  • Par solasub, le 24 janvier 2012

    Sur les talus brûlés jusqu’à l’os quelques chardons blancs cliquetaient au passage comme si la terre métallique frémissait à la ronde sous les sabots du cheval. Il n’y avait que ce petit bruit de vertèbre, très craquant malgré le bruit du pas assourdi par la poussière et un silence si total que la présence des grands arbres muets devenait presque irréelle. La selle était brûlante. Le mouvement des sangles faisait mousser de l’écume. La bête suçait son mors et, de temps en temps, se raclait le gosier en secouant la tête. La montée régulière de la chaleur bourdonnait comme d’une chaufferie impitoyablement bourrée de charbon. Le tronc des chênes craquait.

    Dans le sous-bois sec et nu comme un parquet d’église, inondé de cette lumière blanche sans éclat mais qui aveuglait par sa pulvérulence, la marche du cheval faisait tourner lentement de longs rayons noirs. La route qui serpentait à coups de reins de plus en plus raides pour se hisser à travers de vieux rochers couverts de lichens blancs frappait parfois de la tête du côté du soleil. Alors, dans le ciel de craie s’ouvrait une sorte de gouffre d’une phosphorescence inouïe d’où soufflait une haleine de four et de fièvre, visqueuse, dont on voyait trembler le gluant et le gras. Les arbres énormes disparaissaient dans cet éblouissement : de grands quartiers de forêts engloutis dans la lumière n’apparaissaient plus que comme de vagues feuillages de cendre, sans contours, vagues formes presque transparentes et que la chaleur recouvrait brusquement d’un lent remous de viscosités luisantes. Puis la route tournait vers l’ouest et, soudain rétrécie à la dimension du chemin muletier qu’elle est devenue, elle était pressée d’arbres violents et vifs aux troncs soutenus de piliers d’or, aux branches tordues par des tiges d’or crépitantes, aux feuilles immobiles toutes dorées comme de petits miroirs sertis de minces fils d’or qui épousaient tous les contours.
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  • Par Couperine, le 03 décembre 2010

    Angelo partit à quatre heures du matin. Les bois de hêtres dont lui avait parlé le garçon d'écurie étaient très beaux. Ils étaient répandus par petits bosquets sur des pâturages très maigres couleur de renard, sur des terres à perte de vue, ondulées sous des lavandes et des pierrailles. Le petit chemin de terre fort doux au pas du cheval et qui montait sur ce flanc de la montagne en pente douce serpentait entre ces bosquets d'arbres dans lesquels la lumière oblique de l'extrême matin ouvrait de profondes avenues dorées et la perspective d'immenses salles aux voûtes vertes soutenues par des multitudes de piliers blancs. Tout autour de ces hauts parages vermeils l'horizon dormait sous des brumes noires et pourpres.
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  • Par archervert, le 18 juin 2011

    Regarde autour de toi le monde sans cesse grandissant des gens qui se prennent au sérieux. Outre qu'ils se donnent un ridicule irrémédiable devant les esprits semblables au mien, ils se font une vie dangereusement constipée. Ils sont exactement comme si, à la fois, ils se bourraient de tripes qui relâchent et de nèfles du Japon qui resserrent. Ils gonflent, ils gonflent, puis ils éclatent et ça mauvais pour tout le monde. Je n'ai pas trouvé d'image meilleure que celle-là. D'ailleurs, elle me plaît beaucoup. Il faudrait même y employer trois ou quatre mots de dialecte de façon à la rendre plus ordurière que ce qu'elle est en piémontais. Toi qui connais mon éloignement naturel pour tout ce qui est grossier, cette recherche te montre bien tout le danger que courent les gens qui se prennent au sérieux devant les jugements des esprits originaux. Ne sois jamais une mauvaise odeur pour tout un royaume, mon enfant. Promène-toi comme un jasmin au milieu de tous.
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  • Par Sarahcarabin, le 23 juin 2011

    Apprends donc un peu l'égoïsme, se dit-il, c'est très utile et on n'a jamais l'air d'un imbécile. Ces deux-là t'ont envoyé paître et ils ont raison. Ils s'occupent d'une affaire qui les regarde et ils la mènent comme ils veulent. Ils n'ont pas du tout envie que tu viennes compliquer les choses. Que le malade aille mieux ou plus mal, dans un quart d'heure ils ne pleureront plus et ils ne penseront qu'à se débrouiller. Crois-tu que la générosité soit toujours bonne ? Neuf fois sur dix elle est impolie. Et elle n'est jamais virile.
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  • Par litolff, le 02 décembre 2010

    La tristesse était dans le pays comme une lumière. Sans elle, il n'y aurait eu que solitude et terreur. Elle rendait sensibles certaines possibilités (peut-être horribles) de l'âme.
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Vidéo de Jean Giono

Extrait de Un roi sans divertissement, film français réalisé par François Leterrier, sorti en 1963. Il est adapté du roman éponyme de Jean Giono, qui signe lui-même l'adaptation et produit le film.








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