AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizForum
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2070363651
Éditeur : Gallimard (1973)

Note moyenne : 3.57/5 (sur 21 notes)
Résumé :
Noé a-t-il vraiment construit une arche pour embarquer toutes les espèces de la Création et survivre au Déluge? Rêvant aux difficultés de l'entreprise, jean Giono, qui aime prendre la mesure du légendaire à l'aune du bon sens et le retailler selon sa fantaisie poétique, imagine une solution moins orthodoxe où l'arche serait un symbole, le cœur de Noé.
Placée en exergue au fronton du présent volume, cette hypo-thèse malicieuse en explique la teneur et le titre... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle
Critiques, Analyses & Avis (3) Ajouter une critique
AMR
20 novembre 2016
  • 3/ 5
noé, publié en 1947, est le roman du romancier puisque c'est l'auteur lui-même qui en est le héros. Giono se met en scène dans sa maison, dans sa bibliothèque, à la fois dans son univers familier et dans sa posture d'écrivain ; il nous rappelle que la lecture est liée à la création. noé nous fait entrer dans l'atelier de l'écrivain, dans sa fabrique de l'imaginaire et de l'inconscient romanesque.
Giono a constitué sa bibliothèque au fur et à mesure que ses moyens financiers le lui permettaient, du moins durant sa jeunesse avec ses premiers salaires d'employé de banque. En effet, il était d'origine modeste : son père était cordonnier et sa mère repasseuse. Il a quitté l'école à 16 ans après le collège et est entré dans la lecture en autodidacte. Plus tard, grand admirateur de Montaigne, il a voulu un bureau, une « librairie » à son image. Gide avait vu la bibliothèque de Giono à l'époque de Colline et l'avait félicité sur ses choix littéraires.
Giono nous invite dans son intimité, dans sa maison de Manosque, nous y parle de ses autres romans, dont Angelo, du cycle du hussard qu'il est en train d'écrire et de son projet de roman intitulé Noces qui, en fait, ne verra jamais le jour. L'univers des livres en gestation se superpose avec la réalité dans une continuité idéale entre l'écriture et la lecture. Giono nous associe avec bonhommie et simplicité à sa vie quotidienne : culture des oliviers, ballade en tramway dans Marseille, visites d'amis… Mais attention, la longue description de la cueillette des olives est en fait toute une métaphore de l'activité de lecture.
J'ai trouvé ce livre étonnant, déroutant et paradoxalement, très moderne dans sa composition où un auteur se livre à son public dans son intimité. Mais pour comprendre ce livre, il faut connaître l'univers de Giono car toutes sortes de personnages apparaissent au fil des pages et si l'on n'a pas lu ses oeuvres avant, on ne peut pas les reconnaître ; ils sont une métaphore de l'intertextualité. noé est une auto fiction de la création littéraire au style à la fois poétique et familier, plein de sous-entendu, d'allusions et d'ellipses…
Oui, la lecture de ce roman est très ardue ; l'épigraphe, un extrait d'un poème de Giono, nous prévient qu'il n'y a pas d'arche matérielle, seulement le coeur de noé qui abrite ce qui permettra au monde de renaître. L'écrivain et sa bibliothèque deviennent les sauveurs de la beauté dans l'écriture…
Il faudra sans doute le relire encore pour tout comprendre. Je le recommande cependant aux lecteurs avertis en lien avec la lecture des autres oeuvres de Giono.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
brigetoun
13 novembre 2009
  • 4/ 5
Je me suis procuré (j'ai racheté) mon Giono préféré Noé, à seule fin de relire sa description de la pièce où il vient d'écrire Un roi sans divertissement, et l'écriture elle-même. Ses personnages le traversent et la vision du paysage "réel" par ses fenêtres l'entraîne à travers ses souvenirs. J'étais sure de rencontrer à sa suite une vigne ou une treille. J'ai trouvé Toulon, un cireur de bottes et le porche de l'Arsenal, des michelines, les rives de l'Ouvèze, des personnages de ses romans ou qui auraient pu y entrer, Marseille et des jardins et parcs.
Commenter  J’apprécie          40
lucia-lilas
03 novembre 2015
  • 4/ 5
Je vous ai parlé dernièrement d'un livre avec lequel je vis depuis fort longtemps: Un Roi sans divertissement de J Giono.
Sachez qu'après avoir achevé Un Roi, Giono veut passer à autre chose, à un nouveau roman... mais, ça va être difficile.
Il a vécu de longs mois avec Langlois, Saucisse du café de la route, Monsieur V, les Frédéric...: "Logiquement je ne dois plus m'occuper de Langlois."
En fait, noé est le livre d'un auteur qui veut écrire un nouveau roman et qui n'y parvient pas. Donc(sans le vouloir?), il se met à reparler des personnages qu'il a quittés, parce que, comme il le précise, il n'a pas tout dit. Il aurait voulu davantage nous parler d'un personnage qu'il a à peine évoqué: " Delphine est un personnage neuf... je n'ai pas pu profiter d'elle", ou bien, plus loin:"Je n'ai même pas pu tout dire sur Langlois."
Puis, il aborde le problème de la création, d'un monde qui se serait "superposé au monde réel", de personnages dont il n'a pas parlé mais qui étaient présents à son esprit lorsqu'il écrivait:"j'avais présents sous les yeux des quantités de personnages qui ne sont pas entrés dans l'histoire", de mots qu'on lit "les uns après les autres (et on en saute)"...
Un texte intéressant, une réflexion sur la création littéraire et le rapport entre le romancier et son oeuvre.... un vrai plaisir!

Lien : http://lireaulit.blogspot.fr/
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
Citations & extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
AMRAMR20 novembre 2016
Rien n’est vrai. Même pas moi ; ni les miens ; ni mes amis. Tout est faux
Maintenant, allons-y. Ici commence Noé.

Il faut vraiment que je dise un mot des personnages, car, à l’instant même, étant donné que tout à l’heure j’ai parlé des dimensions du panneau de toile sur lequel sont marouflés mes chevaux mongols (un mètre quatre-vingt sur cinquante), j’ai suggéré sans le vouloir (et surtout en voulant le contraire), que Langlois était une sorte de tout petit bonhomme dans une toute petite forêt de mousseline posée sur le tableau.

Ayant levé les yeux et cherché autour de moi avec beaucoup d’attention, je vis, dans la partie la plus sombre de la bibliothèque, une silhouette de femme qui s’éloignait. Elle devait venir de passer près de moi et de me frôler. Elle s’éloignait en direction de rayons de livre dans lesquels elle entra ; non par une porte quelconque ou par un mécanisme, mais tout simplement en se fondant dans le luisant des reliures et le brun des basanes.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
AMRAMR20 novembre 2016
Il n’y avait pas de bateau
[…]
Il y avait le cœur
De Noé.
Un point c’est tout.
Comme il y a le cœur
De tout homme,
Un point c’est tout.
Commenter  J’apprécie          00
charlottelitcharlottelit20 février 2012
Dieu parle :
et la manifance, la voici :
il n'y avait pas d'arche. Mais non !
Il n'y avait pas de bateau,
Il y avait le COEUR DE NOE.
un point c'est tout.
Comme il y a le coeur de tout homme.
et j'ai dit à Noé
- comme je peux le dire à tout homme :
Fais entrer dans ton coeur toute chair de ce qui est au monde
pour le conserver en vie avec toi
Et j'établirai mon alliance avec toi. fragment d'un déluge.
p 1212
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
brigetounbrigetoun13 novembre 2009
Je m'accroupis dans les buissons, au droit-fil d'un rayon de soleil, et je ramasse les olives des branches que j'ai coupées. Les fruits sont magnifiques. Couverts d'une fine poudre de riz perlée, dès qu'on les touche ils laissent aux doigts un gras suave et découvrent leur chair violette, dans la couleur de laquelle il y a déjà en suspension la couleur de l'huile. Ça vaut le coup, on a beau dire
Commenter  J’apprécie          30
brigetounbrigetoun13 novembre 2009
A partir de là, balancés par les pentes, c'étaient des champs, des vergers de cerisiers, des chemins, des touffes de longues cannes vertes, des taillis sourcilleux de ronces, d'aubépines et de lilas, des chemins d'herbe luisant vers des métairies à moitié enfoncées dans la terre, ou voguant, superbement dressées, blanches de chaux au sommet de quelque lourde vague d'avoine ; des tertres, plantés de pins parasols, des aqueducs squelettiques qui faisaient craquer leurs vertèbres de cendres au dessus de cultures maraîchères, entre des cyprès, des forêts d'échalas..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
Videos de Jean Giono (40) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jean Giono
La chronique de David Medioni - L'homme qui plantait des arbres
autres livres classés : coursVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle





Quiz Voir plus

Jean Giono

Né à Manosque en ...

1875
1885
1895
1905

12 questions
183 lecteurs ont répondu
Thème : Jean GionoCréer un quiz sur ce livre