> Marnix Vincent (Traducteur)

ISBN : 2859206159
Éditeur : Le Castor Astral (2005)


Note moyenne : 4/5 (sur 1 notes) Ajouter à mes livres

Luuk Gruwez, né en 1953 en Flandre occidentale, a fait ses débuts dès l'âge de 20 ans avec le recueil Stofzuigergedichten (Poèmes d'aspirateur) dont les poèmes narratifs frappent par leur caractère oral plus proche du chant ... > voir plus
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Citations et extraits

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  • Par Lali, le 05 mars 2011

    Sourdine

    Et s’il n’y a plus de tendresse,
    feignons la tendresse,
    les mains bandées et les yeux clos,
    couchés l’un contre l’autre telle une frontière.

    Un mot alors ne peut plus s’appeler un mot,
    mais une bouchée de consolation muette;
    et le désir perd sa petitesse, plus profond,
    plus vaste qu’un panorama

    plein d’oiseaux d’été, accords de Mendelssohn, sfumato
    emprunté à Vinci. Ta plus belle pitié, tu l’échangeras
    contre mon plus cher chagrin; je temporiserai
    avant de sonder plus avant le déclin de ton corps.

    Oh, s’il reste alors de la tendresse,
    craignons la tendresse comme
    un mal très ancien. Tant de tendresse,
    jamais homme ne le supporta.
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  • Par Lali, le 04 mars 2011

    Le perdant magnifique

    J’aimais la gaze la plus fine du désir
    comme le zéphyr le corps de la baigneuse
    et partout où j’allais, me ceignait l’angoissant
    agrément d’un voile de flétrissure.
    Et tout au long d’une saison tombait le soir.

    Et lorsque — le haut sur le vent —
    le désir de blessa à la convoitise,
    combien n’aimai-je pas cette perte magnifique,
    comme si le souffle d’une passion me perdait,
    encore qu’à peine on embrassait
    l’ostensoir d’une seule bouche.
    Et chaque soir venait l’automne.

    Et chaque fois que le plus gracieux des automnes
    m’offrait un gîte dans le vent,
    je trouvais dans un bruissement, un tremblement,
    une maison pour être sans abri.
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  • Par Lali, le 06 mars 2011

    Esthétique

    Le plus gracieux n’est pas le cygne, mais
    l’eau où, sans trace, le cygne se reflète,
    rides d’un aimable frisson.

    Le plus gracieux n’est pas ton corps, mais le miroir
    où le corps à peine meurtri se reflète,
    tandis qu’une main glisse sur ta peau
    et qu’une caresse, alors, qui s’embrasserait elle-même,
    se couche sur ton corps.

    Tandis que mon regard incapable de capter
    indéfiniment ce spectacle, reste captif et non embrassé,
    comme celui qui invité un jour à la volupté,
    reste à jamais l’otage de la douleur.
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