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Odile Demange (Traducteur)
ISBN : 2266148710
Éditeur : Pocket (2005)

Note moyenne : 3.91/5 (sur 1121 notes)
Résumé :
Qui a tué Wellington, le grand caniche noir de Mme Shears, la voisine? Christopher Boone, "quinze ans, trois mois et deux jours", décide de mener l'enquête. Christopher aime les listes, les plans, la vérité. Il comprend les mathématiques et la théorie de la relativité. Mais Christopher ne s'est jamais aventuré plus loin que le bout de la rue. Il ne supporte pas qu'on le touche, et trouve les autres êtres humains... déconcertants. Quand son père lui demande d'arrêter... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (163) Voir plus Ajouter une critique
petitsoleil
07 juin 2013
  • 5/ 5
j'ai beaucoup aimé ce roman, où nous avons la vision du monde très très particulière ... d'un gamin autiste de 15 ans, qui vit en Angleterre avec son papa
j'ai apprécié l'humour, la cohérence de l'univers de l'ado, qui aime beaucoup les sciences, les maths, l'astronomie, le rouge, et déteste le jaune et le brun, les étrangers, qu'on bouge des meubles ou des objets ... qui déteste aussi qu'on le touche (même ses parents n'ont pas le droit de le toucher)
c'est vivant plus qu'explicatif ou démonstratif, on s'attache au héros, Christopher, qui essaie de dépasser ses peurs et de grandir
il essaie aussi d'apprendre à se repérer dans un monde où beaucoup de gens utilisent des métaphores, racontent des blagues, ressentent moins que lui le besoin impérieux de repères stables, de calme, de vide, là où lui ne voit que trop-plein, signaux et écritures, voix, odeurs, un monde saturé d'informations où il a bien du mal à faire le tri sans se calmer en se posant des problèmes de maths ... les maths le rassurent et lui redonnent un calme respiratoire et cérébral nécessaire pour éviter les comportements qui inquiètent son entourage (grogner, se rouler par terre, frapper un policier parce qu'il l'a touché, etc.)
si vous n'avez pas encore lu "Le chien des Baskerville" et les autres livres avec Sherlock Holmes, attention à tout ce que raconte Christopher dans ce livre ... il adore Sherlock Holmes, presque autant que les maths, et va d'ailleurs tout faire pour découvrir "qui a tué Wellington" (rien à voir avec l'homme, il s'agit d'un grand caniche, celui de la voisine, retrouvé mort par Christopher)
si vous vous intéressez au sujet de l'autisme et aimez les romans, les témoignages, je vous recommande aussi :
L'enfant cheval (avec Rowan, un enfant américain)
et Mon ami Ben (avec George, un autre enfant anglais comme Christopher)
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Zebra
15 juin 2013
  • 4/ 5
Christopher John Francis Boone a quinze ans. Il connait tous les pays du monde avec leurs capitales, et tous les nombres premiers jusqu'à 7507. Il adore les mathématiques et comprend la théorie de la relativité. Ce qu'il ne comprend pas bien, ce sont les autres êtres humains. Il aime les listes, les plans et la vérité. Il n'aime pas qu'on crie contre lui. Il déteste le jaune et le marron. Il a peur qu'on le frappe ou qu'on le touche. Quand quelque chose le dépasse, quand son cerveau n'arrive plus à enregistrer ou à analyser ce qui se passe, Christopher se bouche les oreilles, ferme les yeux et se roule en boule en grognant. Christopher a un animal de compagnie : il s'appelle Toby, et c'est un rat apprivoisé. Christopher n'est jamais allé tout seul plus loin que le bout de sa rue. Pourtant, lorsqu'il découvre Wellington, le chien de sa voisine, transpercé d'une fourche, il décide de rechercher le meurtrier et d'écrire le récit de sa traque sous forme de roman policier, car il aime bien les romans policiers et parce qu'il s'intéresse aux chiens, qui sont fidèles, francs, souvent intelligents et plus attachants que certaines personnes. En cela, Christopher suit les conseils avisés de son professeur, Mme Siobhan : elle a de longs cheveux blonds et porte des lunettes en plastique vert. C'est elle qui l'aide à comprendre le monde extérieur dans lequel il évolue : Christopher est autiste.
Avec « The curious incident of the dog in the night-time », Mark Haddon a remporté le prestigieux prix Whitbread du meilleur livre de l'année 2003. Que dire de plus sur cet ouvrage qui a déjà suscité 84 critiques sur Babelio ?
Ce livre est superbe. D'abord, par son histoire vivante, amusante, attachante (pour ne pas dire émouvante), bien construite et drôle d'un adolescent un peu particulier : une plongée humaine, authentique, profonde, pleine d'émotions, tendre, séduisante et non médicalisée dans un univers particulier et assez mal connu, celui de l'autisme. Ensuite, par son écriture à la première personne, simple et directe : quand Christopher décrit ce qu'il ressent (et ce que ressent son entourage) pendant ses crises, il le fait avec une précision diabolique. Puis, par son suspense (bon, ça n'est pas du Sherlock Holmes) car il vous faudra trouver avant Christopher l'identité de l'assassin : ce suspense se manifeste assez nettement vers la fin du livre. L'originalité du livre est pour le moins évidente : en fait d'incident pendant la nuit, c'est comme si vous aviez mis des lunettes un peu spéciales et que vous aviez de fait une lecture insolite, dérangeante, sur-organisée et analytique de cette jungle hostile qu'est le monde des adultes mais une lecture agréable, le roman étant agrémenté de dessins, de croquis, de formules et de problèmes de maths. L'ouvrage sonne juste et se lit d'une traite, en quelques heures : en moins de 233 chapitres (oui, les chapitres sont numérotés avec des nombres premiers) et moins de 300 pages, on en apprend plus sur l'autisme que si on avait compulsé plusieurs ouvrages spécialisés sur cette anomalie du comportement. Mark Haddon connait bien l'autisme pour avoir travaillé de nombreuses années au contact des autistes, légers ou sévères. Enfin, les personnages sont peu nombreux mais fortement typés, et l'on pose un regard frais sur eux : outre Siobhan et Toby, il y a Mme Shears, la propriétaire de Wellington, puis il y a son mari, et il y a évidemment le père de Christopher et sa femme, puis quelques passants et des policiers partis à la recherche de l'enfant. A la recherche ? Oui, car c'est une fugue que fait Christopher quand il part tout seul pour Londres à la recherche du meurtrier de Wellington, sans avoir prévenu son père. le livre garde de bout en bout une certaine cohérence, une logique toute mathématique (vous progressez d'hypothèses en raisonnements puis en déductions), mêlant habilement humour, poésie, sensibilité (Christopher se prendra d'affection pour Sandy, son nouveau chien) et amour familial (Christopher adore son père et sa mère, et la réciproque est vraie).
Ce livre pourra toutefois gêner quelques lecteurs. D'abord, par son côté tristounet (Christopher est bien seul dans sa traque policière) et cérébral (il ne faut pas détester les maths pour lire ce roman policier, et Christopher est obsédé par la recherche du meurtrier comme par l'obtention de son A-Level en maths comme en physique), par son rythme (c'est un peu répétitif dans le début de l'ouvrage, Christopher nous livrant régulièrement ses réflexions sur le monde qui l'entoure, passant ainsi du coq à l'âne) et par sa froideur relative (Christopher n'est pas un grand communicant). Mais aussi par son sujet : qu'est-ce que l'autisme, une maladie, une singularité dans un monde de gens normaux ou une banalité si on considère que nous sommes peu ou prou tous très différents les uns des autres ? Ensuite, par la dimension sociétale de son sujet : quelle responsabilité et quels services devons-nous apporter aux autistes afin qu'ils puissent vivre correctement dans un monde qui les dérange ? Enfin, par la dénonciation du mensonge organisé que peut constituer le monde des adultes aux yeux d'un adolescent : jusqu'où faut-il cacher la vérité aux enfants dans un monde où la sphère familiale ne ressemble pas toujours à un conte de fées (mono-parentalité, chômage, alcoolisme, exclusion, solitude …) ? comment éduquer au mieux nos chères têtes blondes dans un monde sur-informé mais en perte de repères ? quelle part de liberté et d'autonomie convient-il de leur laisser ?
Un livre plein de sagesse et de compassion : à lire ou à relire !
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paroles
20 décembre 2014
  • 4/ 5
Ce livre, je l'avais repéré sur Babelio grâce aux nombreuses critiques postées et j'en remercie tous les auteurs pour cette belle découverte.
J'ai fait la connaissance de Christopher, adolescent de quinze ans et autiste. J'ai appris grâce à lui comment interpréter le monde à travers ses ressentis, sa façon de penser, de comprendre, de voir, de raisonner. Surtout de raisonner en fait, car Christopher a besoin de tout analyser pour se rassurer, pour triompher de ses peurs, pour expliquer ce qui l'entoure. C'est bien pour ça qu'il adore et excelle dans les mathématiques et les sciences. Ça le réconforte de trouver une solution et si la solution n'existe pas encore, il peut compter sur les scientifiques et mathématiciens pour en trouver une aujourd'hui ou demain.
Le monde est difficile pour Christopher. Il n'aime pas qu'on le touche, même ses parents, ça le rend agressif. Il n'aime ni le jaune, ni le marron. Il n'aime pas que ses aliments se touchent dans son assiette. Il compte les voitures par couleur et s'il en croise quatre ou cinq rouges en partant à l'école, ce sera une bonne journée. Il dit toujours la vérité, d'ailleurs il ne sait pas mentir. Il communique et explique dans les moindres détails ce qu'il voit, ce qu'il lit, ce qu'il apprend. Sa mémoire est excellente et photographique. Il faut aussi dire que Christopher aime particulièrement les romans policiers et surtout Sherlock Holmes. Aussi, le jour où il comprend que le chien de sa voisine est mort, il décide de faire une enquête pour dénicher le coupable. le petit monde bien organisé de Christopher va-t-il résister à ses découvertes ?
Un excellent roman qui permet d'appréhender le monde intérieur d'un enfant autiste et de mieux cerner ses attentes, car le narrateur n'est autre que Christopher lui-même. Un livre composé de questions, illustré de dessins, de formules mathématiques, bref un livre vivant qui vous touche et vous interpelle aussi sur la condition de parents d'enfants autistes.
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Gwen21
16 mai 2016
  • 2/ 5
A mi-chemin entre "Le huitième jour" et "Rain-Man", "Le bizarre incident du chien pendant la nuit" nous amène à une rencontre imprévue et inhabituelle avec Christopher, un adolescent anglais autiste.
Sorti de sa zone de confort, le lecteur est d'abord un peu désorienté par la narration personnelle de Christopher et doit appréhender sa façon de penser, très immédiate, perfectionniste et forcément conditionnée par son état mental, que les uns nommeront "déficience", les autres "débilité".
Wellington, le fameux chien évoqué dans le titre, est retrouvé mort, transpercé par une fourche. Il était le compagnon à quatre pattes de la voisine de Christopher qu'on accuse d'abord injustement de ce crime. A partir de là, découvrir l'identité du vrai coupable devient pour le jeune garçon un objectif dont il n'est pas prêt de se laisser détourner, malgré les difficultés de son enquête.
J'avoue avoir pris peu d'intérêt à cette lecture et ce qui me semble étrange a posteriori, c'est d'avoir été plus attentive à l'environnement social dans lequel évolue Chistopher - la classe moyenne ouvrière anglaise - qu'à son autisme et à son enquête. De même, si la trame réserve bien quelques moments de sentimentalité flattant l'empathie, je n'y ai pas déniché de quoi provoquer le choc émotionnel justifiant de faire de ce roman un phénomène littéraire.
Au final, une lecture qui m'aura davantage ennuyée que fascinée.

Challenge MULTI-DÉFIS 2016
Pioche Babelio Mai 2016
Challenge A TOUT PRIX 2016 - 2017
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LiliGalipette
18 août 2011
  • 5/ 5
Wellington, le grand caniche de Mme Shears, est retrouvé mort. Pour Christopher Boone, quinze ans, surdoué et autiste, il s'agit d'un meurtre. Décidé à l'élucider, il entreprend une enquête contre l'avis de son père qui n'apprécie pas de le voir mettre son nez dans les affaires des autres. Mais Christopher est têtu et il commence à écrire un texte aux allures de roman policier. « Ce ne sera pas un livre drôle. » (p. 22) Christopher promet de ne dire que la vérité, lui qui hait le mensonge et tolère à peine les approximations. « C'est pour ça que tout ce que j'ai écrit est vrai. » (p. 42) À mesure que son enquête progresse, Christopher découvre un autre mystère qui explique un peu la triste fin de Wellington. Et il embarque seul pour une découverte du monde, ce dernier étant l'espace au-delà du bout de la rue et de l'école.
Mark Haddon propose un roman touchant sur l'autisme et la différence en général. Christopher s'adresse au lecteur, en toute innocence et franchise, et il ne cache rien de ses peurs et de ses paniques. « Il faut que je ferme les yeux, que je mette les mains sur mes oreilles et que je grogne, et c'est comme si j'appuyais sur les touches CTRL + ALT + SUPPR, que je fermais les logiciels, que j'éteignais l'ordinateur et que je le réinitialisais, et après je peux me rappeler ce que je fais et où je dois aller. » (p. 231) Quand le cerveau du jeune garçon s'emballe, c'est toute une machine qui s'affole et l'apaisement ne vient que grâce au refuge qu'offrent les mathématiques.
Le roman s'agrémente de dessins techniques, de croquis scientifiques, de formules et de problèmes mathématiques. Les chapitres sont numérotés exclusivement avec des nombres premiers. Christopher mène des raisonnements clairs et décrit tout en mots. le bizarre incident du chien pendant la nuit est un roman très ludique et c'est un plaisir de s'essayer aux exercices mathématiques que le héros résout si facilement, tel un Sherlock Holmes moderne. Christophe décortique à merveille le chien des Baskerville, que je n'ai donc plus besoin de lire !
Le roman de Mark Haddon est-il un roman policier ? Oui mais pas seulement. C'est également une douloureuse fable familiale et un conte initiatique. le héros, face au bouleversement de repères déjà fragiles, trouve en lui des ressources inconnues et se reconstruit un univers moins enchanté.
J'ai dévoré ce texte et je le recommande à tous type de lecteur. Touchant et drôle, ce roman a tout du divertissement grand public, mais il est fin et avisé. Ne vous laissez pas tromper par le titre et la couverture, ce n'est pas qu'un roman pour la jeunesse. J'aurais pu déflorer le sujet principal, mais je refuse de gâcher le plaisir de la découverte. Mark Haddon ne déroule pas une écriture magistrale, ni ne propose une plume extraordinaire, mais il présente avec simplicité et tendresse un sujet difficile.
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Citations & extraits (73) Voir plus Ajouter une citation
ZebraZebra12 juin 2013
page 190
[...] Mais la plupart des gens sont paresseux. Ils ne regardent jamais tout. Ils font ce qu'on appelle jeter un coup d’œil, leur regard rebondit d'un objet au suivant, comme au billard, quand une boule ricoche contre une autre.

Par exemple, s'ils sont à la campagne, ça pourrait être :
1. Je suis dans un champ plein d'herbe.
2. Il y a des vaches dans les champs.
3. Il y a du soleil et quelques nuages.
4. Il y a des fleurs dans l'herbe.
5. Il y a un village au loin.
6. Il y a une clôture le long du champ qui s'ouvre par une barrière.
Et puis ils ne remarqueraient plus rien, parce qu'ils se mettraient à penser à autre chose. "Oh, que c'est beau ici". [...]

Mais moi, j'ai regardé le champ et j'ai remarqué ceci :
1. Il y avait 19 vaches dans le champ, dont 15 étaient noir et blanc et 4 brun et blanc.
2. Il y avait un village au loin avec 31 maisons visibles et 1 église à clocher carré sans flèche.
3. Il y avait de longues rigoles dans les champs, ce qui veut dire qu'à l'époque médiévale c'était ce qu'on appelait des champs à planches et dérayures et que chaque habitant du village cultivait une planche, c'est à dire un long lopin entre deux rigoles.
4. Il y avait un vieux sac en plastique Asda dans la haie et une canette de Coca-Cola écrasée avec un escargot dessus, et un long bout de ficelle orange.
5. Le coin nord-est du champ était le plus élevé et le coin sud-ouest le plus bas (j'avais une boussole parce que nous partions en vacances et que je voulais savoir où se trouvait Swindon quand nous serions en France) et le champ était légèrement incurvé le long de la ligne qui rejoignait ces deux angles, si bien que les coins nord-ouest et sud-est étaient un peu plus bas qu'ils ne l'auraient été si le champ avait été un plan incliné.
6. Je pouvais distinguer dans l'herbe trois espèces de graminées différentes et des fleurs de deux couleurs.
7. La plupart des vaches étaient tournées vers le haut de la pente.

Ma liste comprenait encore 31 choses, mais Siobhan m'a dit que ce n'était pas la peine de les écrire toutes. [...]
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araucariaaraucaria20 janvier 2013
Et puis j'ai vu Toby. Il se trouvait, lui aussi, sur la partie en contrebas, là où il y avait les rails. Je savais que c'était lui parce qu'il était blanc avec une tache brune en forme d'oeuf sur le dos. Alors je suis descendu de la partie en béton. Il mangeait un détritus, c'était un vieux papier de bonbon. Quelqu'un a crié : "Mais qu'est-ce qui te prend, tu es cinglé?"
Je me suis baissé pour attraper Toby, mais il s'est sauvé. Alors je l'ai suivi, je me suis baissé de nouveau et j'ai dit : "Toby... Toby... Toby..." et j'ai tendu la main pour qu'il puisse me sentir et me reconnaître.
Quelqu'un a dit : "Putain, tu vas sortir de là." J'ai levé les yeux, c'était un homme qui portait un imperméable vert, il avait des chaussures noires et on voyait ses chaussettes. Elles étaient grises avec des petits motifs en losanges dessus.
J'ai dit : "Toby...Toby...", mais il s'est encore sauvé.
L'homme avec les losanges sur ses chaussettes a essayé de m'attraper par l'épaule et j'ai hurlé.
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araucariaaraucaria24 janvier 2013
Le policier a dit : "Il va bien falloir que tu me racontes..."
Je me suis roulé en boule sur la pelouse, j'ai mis mon front par terre et j'ai fait le bruit que Père appelle grogner. Je fais ça quand ma tête reçoit trop d'informations du monde extérieur. C'est comme quand on est inquiet, qu'on tient la radio contre son oreille et qu'on la règle à mi-chemin entre deux stations de manière à ne capter que du bruit blanc; alors on met le volume à fond pour couvrir tout le reste et on sait qu'on est en sécurité parce qu'on n'entend rien d'autre. Le policier m'a pris par le bras et m'a relevé.
Ca ne m'a pas plu, qu'il me touche comme ça. Alors je l'ai frappé.
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araucariaaraucaria24 janvier 2013
Puis j'ai eu envie de faire pipi, mais j'étais dans un train. Je ne savais pas combien de temps il fallait pour aller à Londres et j'ai senti un début de panique, alors j'ai commencé à pianoter un rythme sur la vitre avec mes doigts pour m'aider à attendre et à ne pas penser que j'avais envie de faire pipi. J'ai regardé ma montre et j'ai attendu 17 minutes. Mais quand j'ai envie de faire pipi, il faut que j'y aille tout de suite. C'est pour ça que j'aime être à la maison ou à l'école et que je vais toujours faire pipi avant de prendre le bus, et c'est pour ça que j'ai fait un petit peu et que j'ai mouillé mon pantalon.
Le policier a levé les yeux, il m'a regardé et a dit : "Non, mais c'est pas vrai..." Puis il a reposé son journal et il m'a dit : "Mais enfin, tu ne peux pas aller aux toilettes, non?"
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petitsoleilpetitsoleil08 juin 2013
Des fois, quand quelqu'un est mort, comme Mère, les gens disent : "Qu'est-ce que tu dirais à ta mère, si elle était là ?" ou : "Qu'est-ce que ta mère en penserait ?" C'est idiot, parce que Mère est morte et qu'on ne peut rien dire aux gens qui sont morts et qu'ils ne peuvent pas penser.

Grand-mère aussi a des images dans la tête, mais ses images sont complètement mélangées, comme si quelqu'un avait emmêlé la pellicule.
Elle ne sait pas dans quel ordre les choses ont eu lieu, alors elle croit que des gens morts sont encore vivants et elle ne sait pas si quelque chose s'est passé pour de vrai ou à la télévision.
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