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> Odile Demange (Traducteur)

ISBN : 2266148710
Éditeur : Pocket (2005)


Note moyenne : 3.88/5 (sur 527 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Qui a tué Wellington, le grand caniche noir de Mme Shears, la voisine ? Christopher Boone, " quinze ans, trois mois et deux jours ", décide de mener l'enquête. Christopher aime les listes, les plans, la vérité. Il comprend les mathématiques et la théorie de la relativit... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par 100choses, le 17 juin 2012

    100choses
    Si j'avais prévu de lire ce livre un jour ou l'autre, c'est clairement les nombreux billets que j'ai pu lire sur le sujet qui m'ont poussée à franchir le pas si tôt. Agacée, dérangée et blessée par la plupart de ces billets qui bloquent sur la différence de Christopher, j'avais besoin de lire ce livre pour avoir ma propre opinion et ne plus être polluée par cet amas de bêtise.
    Systématiquement tous les lecteurs ont bloqué sur l'autisme (non existant au passage si l'on prend le temps d'analyser son comportement ou de lire les explications apportées par l'auteur, mais là n'est pas la question) du personnage principal. Comme si cela le définissait, comme si cela était son début et sa fin. Or Christopher dit justement au ch.71 que ce comportement est ridicule, parce qu'en réalité, tout le monde a des special needs selon son cas, sa personnalité, et pourtant ce terme ne s'applique qu'à un petit groupe de personne. C'est justement observé. Pourquoi vouloir à tout prix lui coller une étiquette et le réduire à cette étiquette ? Pourquoi ne tout simplement pas accepter qu'il ne raisonne ni ne fonctionne comme les personnages que l'on croise habituellement en littérature ou dans la vie de tous les jours ? Même s'il présente certains traits que l'on retrouve chez les austistes/aspies, on s'en fout. Il est lui, sa propre combinaison et c'est tout ce qui compte.
    Christopher est un personnage extraordinaire, et s'il m'a profondément touchée pas un moment je n'ai ressenti de pitié à son égard. Je me suis retrouvée en lui, beaucoup, et c'est la beauté de ce personnage. Malgré son mode de fonctionnement qui peut sembler totalement original, je crois que tout le monde peut se reconnaitre au moins un peu, dans l'un ou l'autre de ses traits. Il est différent mais pas plus que chacun de nous. Au risque de me répéter, chacun de nous à des besoins spéciaux, comme il le dit lui-même, chacun de nous a des réactions, un comportement qui peut sembler bizarre, inhabituel pour un observateur extérieur.
    Le plus drôle dans l'histoire, c'est que j'ai ouvert ce livre, pour faire une pause dans ma lecture d'un recueil de nouvelles holmésiennes, histoire de ne pas risquer l'overdose. Il faut croire que malgré mon besoin de changer d'air, je n'ai pas pu m'empêcher de rester dans le thème. Il faut dire pour ma défense que je ne savais pas du tout qu'il serait autant question de SH dans ce roman. Les divers billets que j'ai pu lire sur le sujet semblent ne pas prendre conscience de l'omniprésence de Sherlock Holmes au sein de ce récit et s'arrêtent à l'évidente évocation du Chien des Baskerville (au passage, je préfère prévenir que Christopher spoile intégralement quant à l'intrigue de ce roman).
    Ce roman est tout entier empreint de la présence de Sherlock Holmes et de son auteur, non seulement on apprend plein de petits choses sur l'un comme sur l'autre, mais en plus on découvre pourquoi ce personnage est si cher aux yeux de Christopher, pourquoi il lui sert de modèle et je me suis sentie très proche de Christopher, sur ce point-là. Cette phrase m'a particulièrement marquée pour des raisons personnelles: And then I thought that I had to be like Sherlock Holmes and had to detach my mind at will to a remarkable degree so that I did not notice how much it was hurting inside my head. Parfois il n'évoque même pas le detective et pourtant on sent sa présence derrière les mots de Christopher, comme ici (j'ai enregistré un TAS de citations au cours de ma lecture, c'est-à-dire plus que d'habitude) : All the other children at my school are stupid. Except I'm not meant to call them stupid, even though this is what they are. Alors certes, le roman a été écrit bien avant BBC Sherlock mais je n'ai pas pu m'empêcher de faire le rapprochement avec cette réplique de la série : Because you're an idiot… No no no, don't be like that. Practically everyone is. Enfin, on a de nombreuses références aux divers textes du Canon. A commencer par le titre, qui reprend ce fameux dialogue de Silver Blaze :
    Gregory (Scotland Yard detective): “Is there any other point to which you would wish to draw my attention?”
    Holmes: “To The Curious Incident of the Dog in the Night-Time.
    Gregory: “The dog did nothing in the night-time.”
    Holmes: “That was the curious incident.”
    J'ai été tout particulièrement touchée par ce choix, parce que Silver Blaze est l'un des tous premiers textes du Canon que j'ai découvert, et je me souviens encore parfaitement de son intrigue, près de 14 ans plus tard, alors que je ne l'ai jamais relu. Il fait partie du recueil que l'on devait lire pour le cours de français, avec Les six Napoléons, L'Homme à la lèvre tordue et le traité naval. Ce recueil a marqué le début de ma fascination pour Sherlock Holmes. J'imagine que je dois remercier ma prof (Mlle Mantin), au cas où (improbable) elle passerait par ici !
    Juste en passant, il évoque aussi Dr. Who et ses daleks (plein d'autres choses aussi comme Star Wars et tout un tas d'éléments de culture populaire, mais je ne me concentre que sur ceux qui me parlent personnellement).
    Pour en revenir à Christopher, j'aime sa logique, la façon dont il décrit et déduit, infodumpant au passage les connaissances accumulées parce qu'il ne peut s'en empêcher. J'aime la syntaxe simple, efficace et précise de ses phrases, la façon dont il ordonne tout en listes, avec des points en gras ou soulignés, des croquis. Non seulement cela permet de réellement suivre son mode de raisonnement, de comprendre comment son cerveau est organisé et fonctionne, appréhende les divers événements et éléments qu'il croise, mais en plus certains points avaient un côté familier, une fois de plus.
    Le cheminement de sa pensée est intéressant. Il passe d'une idée à l'autre, avec un fil conducteur net même si l'ensemble pourrait sembler décousu pour un esprit fonctionnant différemment. le changement de direction pris par l'histoire en cours de route en est d'ailleurs le symbole mais il ne m'a pas déstabilisée comme cela a pu être le cas chez d'autres lecteurs. Je me suis laissée guider par les pensées, la logique de Christopher. Et c'est tout ce qu'il attend en rédigeant ce livre.
    Bref, immense coup de cœur pour ce roman. Je ne peux que vous le conseiller chaleureusement, que vous soyez fan de Sherlock Holmes ou pas, mais par pitié laissez tous vos préjugés et clichés de côté avant d'ouvrir ce livre. Acceptez de faire la connaissance de Christopher tel qu'il est, sans chercher à lui coller une étiquette qui expliquerait son comportement différent du votre.

    Lien : http://leboudoirdemeloe.co.uk/2012/06/17/haddon-mark-the-curious-inc..
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    • Livres 4.00/5
    Par Syl, le 13 mai 2013

    Syl

    Christopher John Francis Boone, un jeune garçon âgé de "quinze ans, trois mois et deux jours", retrouve Wellington, le chien de la voisine Madame Shears, mort sur la pelouse. le caniche a été transpercé par une fourche. Aussitôt, Christopher le rejoint et le prend dans ses bras pour le bercer. Lorsque la police arrive, elle pense qu'il en est l'auteur.
    "- Putain de merde, qu'est-ce que tu as fait à mon chien ?
    Je n'aime pas qu'on crie contre moi. J'ai toujours peur qu'on me frappe ou qu'on me touche, et je ne sais pas ce qui va se passer.
    – Lâche ce chien, a-t-elle crié. Nom de Dieu, tu vas lâcher ce putain de chien ?
    J'ai reposé le chien sur la pelouse et j'ai reculé de deux mètres. Elle s'est penchée. J'ai cru qu'elle allait ramasser le chien, mais elle ne l'a pas fait. Elle a peut-être remarqué tout le sang qu'il y avait et elle a eu peur de se salir. Elle s'est remise à hurler. Je me suis bouché les oreilles, j'ai fermé les yeux et je me suis laissé tomber en avant, roulé en boule, le front dans l'herbe. Elle était mouillée et froide. C'était agréable."
    Christopher n'est pas un enfant comme les autres, il est autiste et vit avec son père dans une petite maison au sein d'un lotissement. Quant à sa mère, elle est morte d'une maladie cardiaque ; partie un jour, elle n'est plus jamais revenue.
    Elevé dans une école spécialisée, il est un enfant surdoué, passionné par les mathématiques, les nombres premiers, les sciences et les enquêtes policières. Il voue une admiration envers Sherlock Holmes qui a su élucider l'enquête du chien des Baskerville avec brio. Par contre, il n'apprécie pas Conan Doyle… adepte de spiritisme, son esprit n'étant pas cartésien. Lorsqu'il repense à Wellington, il trouve inadmissible que le meurtrier reste impuni. Il décide alors de mener son enquête et pourquoi pas… d'écrire un livre !
    Bravant l'interdiction de son père qui essaie de le protéger, surmontant ses phobies du monde extérieur et ses problèmes comportementaux, il va chercher des réponses "claires et nettes" et résoudre l'énigme comme il le ferait d'un exercice de mathématique. Avec Toby, son rat, il se lance dans l'inconnu terrifiant, dépassant ses frontières, jusqu'à Londres, et apprendra quelques nécessités lors de ce voyage initiatique.
    Un livre très agréable à lire. Il contient de la poésie, de la tendresse, de l'amour, de l'humour et du suspens… Christopher, enfant différent mais brillant, espère être astronaute lorsqu'il sera grand. L'idée fait sourire le lecteur car nous avons tous un jour voulu être… hôtesse de l'air (c'est moi !), Claudette (ma cousine), vendeuse de laine (ma voisine), pompier (un petit garçon devenu grand)… Puis, au fil de l'histoire, l'enfant craintif se transforme en un jeune téméraire, énergique et hardi. Nous suivons la progression de son enquête avec curiosité, espoir et réflexion. Christopher raconte avec ses mots les cheminements qui s'offrent à lui et les connections qu'il établit avec les indices. Cela ressemble dans sa tête à des schémas. Il compartimente tout, l'école, son avenir, ses examens, son père, les personnes qu'il côtoie, les difficultés qu'il rencontre, et il analyse et consigne tout dans un cahier avec des phrases concises, sans superficialité, brutes, arithméticiennes. Si Madame Shears ne veut pas porter plainte, si la police ne veut pas faire son travail, lui, se sent investi, en mémoire de ce chien affectueux, de résoudre le problème ; qui et pourquoi ? La réponse sera intéressante…
    Cette histoire est une aventure, un passage, une transition et nous souhaitons que plus tard, elle puisse le mener vers son rêve… l'univers, celui des étoiles ou celui sur terre.
    A conseiller !!!
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    • Livres 4.00/5
    Par Woland, le 15 janvier 2009

    Woland
    the curious incident of the dog in the night-time
    Traduction : Odile Demange.
    Ce livre est un premier roman qui, à l'époque de sa sortie, a rencontré un succès largement mérité. Non que ce soit un "grand" livre mais l'idée de base est originale et on voit bien que l'auteur s'est très sérieusement documenté sur la question des troubles comportementaux, qu'il s'agisse de troubles autistiques ou pas.
    Le jeune héros de cette histoire, Christopher, ne sera pas sans évoquer à certains le personnage (magistralement) campé par Dustin Hoffman dans "Rain Man." Même impossibilité de le toucher, même intérêt pour la déduction logique et les classements, même rejet de certains assortiments de couleurs ou de sons et, surtout, mêmes capacités mathématiques.
    Car Christopher, parfaitement incapable de comprendre des expressions comme "bête comme ses pieds" ou "il fait un temps de chien", vous en remontrerait question maths et calculs en tous genres. Son ambition est d'ailleurs de passer cette année-là son A-Level dans cette matière. Il deviendrait ainsi le premier enfant différent de son institution à le passer. Il sait d'ailleurs qu'il aura une mention "Très bien." Non par fatuité mais tout simplement parce que, d'un point de vue logique, tous les atouts sont avec lui.
    Mais avant d'en arriver à cette apothéose, Mark devra parcourir un chemin bien périlleux. Il lui faudra d'abord résoudre le mystère qui plane sur la mort de Wellington, le chien de sa voisine. Puis, quand il l'aura résolu - de façon bien involontaire - il se retrouvera confronté à une situation qui, pour lui, sera assez difficile à maîtriser.
    Ce qu'il y a d'émouvant et d'authentique dans ce livre, c'est que, justement, en dépit de son handicap - Christopher n'est jamais allé tout seul plus loin que le bout de sa rue - l'adolescent parviendra à se rendre à Londres pour y chercher la seule personne capable de résoudre son dilemme : sa mère.
    Depuis que la chape de lieux communs et d'inexactitudes foncières que faisait peser sur l'autisme et ses dérivés la psychiatrie officielle - surtout dans notre pays, d'ailleurs - a été levée, tous ceux qui connaissent, de près ou de loin, l'autisme et les troubles du comportement qui les caractérisent savent bien que la réussite de Christopher n'a rien d'un rêve irréalisable. Mais quel trésor de patience, digne de tous les joyaux de Golconde, ne doit-on pas payer pour que les autistes puissent accéder à un mode de vie correct qui leur donne confiance en eux-mêmes ! Combien de moments de découragement traversés par ceux qui s'occupent d'eux et qui, parfois, croient les voir régresser ou stagner alors que, en vérité, ils se préparent tout simplement à passer à un niveau supérieur ! ...
    Le roman de Mark Haddon est un livre à lire parce que on seulement il nous permet de voir une situation "normale" à travers les yeux et la sensibilité d'un autiste mais parce que, surtout, il nous fait peu à peu comprendre que la froideur apparente de l'autiste - il ne supporte pas qu'on le touche ou qu'on le serre trop, il ramène souvent le monde à sa seule personne, il ne comprend pas qu'on puisse dire certaines choses uniquement par politesse, etc ...* - n'est qu'une forme différente de sensibilité.
    Christopher, par exemple, semblait privilégier ses rapports avec son père. Jusqu'au jour où, en raison de certaines révélations qu'il accepte (courageusement) de regarder en face, il admet lui-même qu'il aime sa mère et que celle-ci lui est tout aussi précieuse que son père. Certes, il ne le dit pas avec les mots que je mets ici, il le dit de façon plus raide et il reste toujours une foule de choses qu'il ne dit pas (mais que le lecteur "entend") tout simplement parce qu'il lui est impossible de les dire. Les dire reviendrait pour lui à succomber à ses émotions, donc à perdre son contrôle et certainement à régresser, peut-être définitivement.
    Mais ce n'est pas parce qu'on est incapable de dire ce que l'on ressent qu'on ne ressent rien. Ce livre sans prétention, écrit dans un langage simple, nous le rappelle et nous laisse aussi l'espoir que, peut-être, un jour, nous saurons comment détruire ce blocage (en activant une zone du cerveau, par exemple) tout en préservant la sensibilité de ceux qui en souffrent.
    * : ces caractéristiques changent et certaines même n'apparaissent pas selon le degré d'autisme. Dans son livre, Mark Haddon fait dresser à son héros une liste des principaux troubles dont il souffre ou a souffert et qui regroupe une bonne part des symptômes de la maladie, parmi lesquels les troubles nutritionnels, le refus de se laisser toucher et, bien entendu, les cris et gémissements devant une situation qui n'est pas familière.
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    • Livres 4.00/5
    Par Tomisika, le 15 avril 2013

    Tomisika
    Christopher, autiste car atteint du syndrome d'Asperger et orphelin de mère, découvre que le chien de sa voisine est mort. A la manière de Sherlock Holmes, il va tenter de trouver le coupable.
    Dans cet ouvrage on suit l'histoire de Christopher, un autiste de 15 ans qui a le syndrome d'Asperger. Il possède une grande intelligence mais a une vision du monde assez spécifique. Sa logique est notamment mathématique, et il prend tous les discours au premier degré. Autant dire qu'il vaut mieux éviter de lui dire qu'il va se casser les dents à faire quelque chose.
    Christopher découvre un soir que Wellington, le chien de sa voisine, madame Shear, est mort, tué avec une fourche (rien que ça!) Il décide donc de mener l'enquête façon Sherlock Holmes. le garçon est incollable sur l'auteur et les péripéties du personnage de fiction. A regret d'ailleurs, il remarque que personne ne se soucie des chiens qui meurent dans les livres.
    Il décide de rédiger un journal intime, sur les conseils de son professeur Siobhan (je pense que c'est une sorte d'assistance pédagogique). le livre est enrichi d'illustrations qui attestent ses raisonnements scientifiques, mathématiques et ses enquêtes. D'ailleurs l'histoire de Christopher ne se concentre pas uniquement sur la mort du chien, mais nous propose une immersion dans sa vie quotidienne.
    Mark Haddon, l'auteur, connait très bien l'univers des autistes puisqu'il a travaillé de nombreuses années à leur contact. Et ce livre nous retrace la vie quotidienne et simple d'un gamin, mais à travers cela il nous dévoile les différences cognitives existantes entre un individu lambda et une personne atteinte du syndrome d'Asperger.
    Ainsi on pourrait les croire dans leur monde (c'est en partie vrai) mais ils perçoivent bien l'environnement, si ce n'est différemment. Ainsi Christopher, quand il débarque quelque part, ne pense qu'à l'instant présent et enregistre tous les détails, ce qui peut aller de la couleur des fleurs dans un pré au nombre de vaches qui y paissent. Il a aussi besoin de beaucoup se concentrer quand il réfléchit, et pour cela il se met dans une espèce de bulle et rogne pour atténuer le bruit alentour. Un comportement qui peut perturber un entourage.
    Mais l'histoire ne s'arrête pas là. Christopher va aussi découvrir un secret au cours du livre. Un secret qui va donner un nouveau tournant dans l'histoire. Et sur ce coup, ça m'a sacrément surpris. Et même agréablement. Sans cela, l'intrigue aurait pu retomber comme un mauvais soufflé au fromage.
    Cette intrigue est bien développée puisqu'elle arrive à nous atteindre. Sur certains comportements, je pense qu'aussi j'aurai été dépassée par les événements face à certains agissements de Christopher. Parfois ses réactions sont tellement disproportionnées et dangereuses pour autrui qu'on ressent de l'énervement pour cet adolescent. Et puis on réfléchit deux minutes et on se dit que pour lui la signification n'est pas la même. Mark Haddon montre aussi certains proches gérer plus difficilement son autisme. Mais peut-on réellement leur en vouloir de ne pas avoir la sensibilité nécessaire ou la connaissance de ce mode de fonctionnement si particulier? Dans l'histoire du métro (ceux qui l'ont lu, ou le liront comprendront), je suis sûre que j'aurai très mal réagi par rapport à lui.
    En fait Christopher utilise des codes différents des nôtres car il est hermétique à ce qui nous fait sens. Ainsi il peut enregistrer mille et un détails, raisonner avec grand intérêt mais tout son fonctionnement est basé sur une logique implacable tandis que la plupart d'entre nous vivons à travers des codes imposés et partagés par la majorité, et basés sur l'émotionnel. Christopher, c'est un peu le puriste face à la masse. Dans le monde actuel, il ne peut que se sentir à l'écart et être considéré comme un extraterrestre. (Pour info, le 2 avril était la journée internationale de sensibilisation à l'autisme, n'hésitez pas à consulter les actualités à ce sujet!)
    Un livre encore une fois instructif, avec de nombreuses références plaisantes à Sherlock Holmes (notamment au chien des Baskerville). Il m'a même bluffé par rapport à cette histoire, avec les évidences qu'il met en lumière. Je l'ai lu en V.O., sûrement que cela a contribué au charme de la découverte. La version française existe également. C'est un roman jeunesse donc l'écriture est simple.


    Lien : http://lechateaudegaby.wordpress.com/2013/04/09/the-curious-incident..
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    • Livres 5.00/5
    Par LiliGalipette, le 18 août 2011

    LiliGalipette
    Wellington, le grand caniche de Mme Shears, est retrouvé mort. Pour Christopher Boone, quinze ans, surdoué et autiste, il s'agit d'un meurtre. Décidé à l'élucider, il entreprend une enquête contre l'avis de son père qui n'apprécie pas de le voir mettre son nez dans les affaires des autres. Mais Christopher est têtu et il commence à écrire un texte aux allures de roman policier. « Ce ne sera pas un livre drôle. » (p. 22) Christopher promet de ne dire que la vérité, lui qui hait le mensonge et tolère à peine les approximations. « C'est pour ça que tout ce que j'ai écrit est vrai. » (p. 42) À mesure que son enquête progresse, Christopher découvre un autre mystère qui explique un peu la triste fin de Wellington. Et il embarque seul pour une découverte du monde, ce dernier étant l'espace au-delà du bout de la rue et de l'école.
    Mark Haddon propose un roman touchant sur l'autisme et la différence en général. Christopher s'adresse au lecteur, en toute innocence et franchise, et il ne cache rien de ses peurs et de ses paniques. « Il faut que je ferme les yeux, que je mette les mains sur mes oreilles et que je grogne, et c'est comme si j'appuyais sur les touches CTRL + ALT + SUPPR, que je fermais les logiciels, que j'éteignais l'ordinateur et que je le réinitialisais, et après je peux me rappeler ce que je fais et où je dois aller. » (p. 231) Quand le cerveau du jeune garçon s'emballe, c'est toute une machine qui s'affole et l'apaisement ne vient que grâce au refuge qu'offrent les mathématiques.
    Le roman s'agrémente de dessins techniques, de croquis scientifiques, de formules et de problèmes mathématiques. Les chapitres sont numérotés exclusivement avec des nombres premiers. Christopher mène des raisonnements clairs et décrit tout en mots. Le Bizarre Incident du chien pendant la nuit est un roman très ludique et c'est un plaisir de s'essayer aux exercices mathématiques que le héros résout si facilement, tel un Sherlock Holmes moderne. Christophe décortique à merveille le chien des Baskerville, que je n'ai donc plus besoin de lire !
    Le roman de Mark Haddon est-il un roman policier ? Oui mais pas seulement. C'est également une douloureuse fable familiale et un conte initiatique. le héros, face au bouleversement de repères déjà fragiles, trouve en lui des ressources inconnues et se reconstruit un univers moins enchanté.
    J'ai dévoré ce texte et je le recommande à tous type de lecteur. Touchant et drôle, ce roman a tout du divertissement grand public, mais il est fin et avisé. Ne vous laissez pas tromper par le titre et la couverture, ce n'est pas qu'un roman pour la jeunesse. J'aurais pu déflorer le sujet principal, mais je refuse de gâcher le plaisir de la découverte. Mark Haddon ne déroule pas une écriture magistrale, ni ne propose une plume extraordinaire, mais il présente avec simplicité et tendresse un sujet difficile.
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Citations et extraits

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  • Par lilou95, le 18 mai 2013

    un livre classé en littérature jeunesse que l'on m'a proposé et que j'ai dévoré .
    comment se retrouver dans la peau de ce jeune adolescent autiste qui va aller dans son enquete à la recherche de sa propre identité .il nous livre de belles réflexions pleines de vérités sur la vie .ainsi christopher n'est pas si différent de nous,il nous éclaire .

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  • Par Syl, le 13 mai 2013

    "- Putain de merde, qu’est-ce que tu as fait à mon chien ?
    Je n’aime pas qu’on crie contre moi. J’ai toujours peur qu’on me frappe ou qu’on me touche, et je ne sais pas ce qui va se passer.
    – Lâche ce chien, a-t-elle crié. Nom de Dieu, tu vas lâcher ce putain de chien ?
    J’ai reposé le chien sur la pelouse et j’ai reculé de deux mètres. Elle s’est penchée. J’ai cru qu’elle allait ramasser le chien, mais elle ne l’a pas fait. Elle a peut-être remarqué tout le sang qu’il y avait et elle a eu peur de se salir. Elle s’est remise à hurler. Je me suis bouché les oreilles, j’ai fermé les yeux et je me suis laissé tomber en avant, roulé en boule, le front dans l’herbe. Elle était mouillée et froide. C’était agréable."
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  • Par araucaria, le 20 janvier 2013

    Et puis j'ai vu Toby. Il se trouvait, lui aussi, sur la partie en contrebas, là où il y avait les rails. Je savais que c'était lui parce qu'il était blanc avec une tache brune en forme d'oeuf sur le dos. Alors je suis descendu de la partie en béton. Il mangeait un détritus, c'était un vieux papier de bonbon. Quelqu'un a crié : "Mais qu'est-ce qui te prend, tu es cinglé?"
    Je me suis baissé pour attraper Toby, mais il s'est sauvé. Alors je l'ai suivi, je me suis baissé de nouveau et j'ai dit : "Toby... Toby... Toby..." et j'ai tendu la main pour qu'il puisse me sentir et me reconnaître.
    Quelqu'un a dit : "Putain, tu vas sortir de là." J'ai levé les yeux, c'était un homme qui portait un imperméable vert, il avait des chaussures noires et on voyait ses chaussettes. Elles étaient grises avec des petits motifs en losanges dessus.
    J'ai dit : "Toby...Toby...", mais il s'est encore sauvé.
    L'homme avec les losanges sur ses chaussettes a essayé de m'attraper par l'épaule et j'ai hurlé.
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  • Par araucaria, le 24 janvier 2013

    Le policier a dit : "Il va bien falloir que tu me racontes..."
    Je me suis roulé en boule sur la pelouse, j'ai mis mon front par terre et j'ai fait le bruit que Père appelle grogner. Je fais ça quand ma tête reçoit trop d'informations du monde extérieur. C'est comme quand on est inquiet, qu'on tient la radio contre son oreille et qu'on la règle à mi-chemin entre deux stations de manière à ne capter que du bruit blanc; alors on met le volume à fond pour couvrir tout le reste et on sait qu'on est en sécurité parce qu'on n'entend rien d'autre. Le policier m'a pris par le bras et m'a relevé.
    Ca ne m'a pas plu, qu'il me touche comme ça. Alors je l'ai frappé.
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  • Par InColdBlog, le 04 septembre 2010

    Je pense que les gens croient au paradis parce qu’ils n’ont pas envie de mourir, parce qu’ils veulent continuer à, vivre et qu’ils n’ont pas envie que d’autres gens s’installent dans leur maison et jettent leurs affaires à la poubelle. (…) Ce qui se passe en vrai quand on meurt, c’est que le cerveau arrête de fonctionner et que le corps pourrit, comme s’est arrivé à Lapin quand il est mort et que nous l’avons enterré au fond du jardin. Toutes ses molécules se sont décomposées en d’autres molécules et elles se sont mélangées à la terre, elles ont été mangées par des vers et assimilées par des plantes, et si, dans dix ans, nous allons creuser au même endroit, il ne restera que son squelette. Et dans mille ans, son squelette lui-même aura disparu. Mais ça ne fait rien, parce que maintenant, il fait partie des fleurs, et du pommier, et du buisson d’aubépine. Quand les gens meurent, des fois on les met dans des cercueils, ce qui veut dire qu’ils ne se mélangent pas à la terre pendant très longtemps, jusqu’à ce que le bois pourrisse.
    "Mais Mère a été incinérée. Ça veut dire qu’on l’a mise dans un cercueil et qu’on l’a brûlée, pulvérisée et transformée en cendre et en fumée. Je ne sais pas ce qu’on fait de la cendre et je n’ai pas pu demander aux gens du crématorium, parce que j’ai pas assisté à la cérémonie. Mais la fumée sort par la cheminée et elle se mélange à l’air et des fois, je lève les yeux vers le ciel et je pense qu’il y a des molécules de Mère là-haut, ou dans les nuages au-dessus de l’Afrique ou de l’Antarctique ou qu’elles retombent sous forme de pluie dans les forêts pluviales du Brésil ou en neige, ailleurs."
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