> Sophie Mayoux (Traducteur)

ISBN : 2264035854
Éditeur : 10-18 (2002)


Note moyenne : 4.08/5 (sur 117 notes) Ajouter à mes livres
Majordome méticuleux, Mr Stevens parcourt la campagne anglaise en automobile. Le ton sur lequel il nous livre ses souvenirs et ses réflexions sur la dignité de sa fonction est, à l'image de son attitude vis-à-vis des événements, p... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par zorazur, le 03 novembre 2011

    zorazur
    J'ai toujours eu un faible pour les histoires d'amour inabouties. Ce roman là est l'une des plus belles et des plus plus tristes que j'aie lu. Certains ne verront que la perfection du style, la qualité de la description de ce majordome englué dans son devoir, la précision du moindre détail, sur fond de nazisme montant et de mauvais penchants d'un Lord. Non.. Les Vestiges du jour c'est avant tout une histoire d'amour qui ne se réalisera pas, deux êtres incontestablement faits l'un pour l'autre, aussi proches et aussi complices qu'on peut l'être, et que rien ne pourra rapprocher pourtant. Au final ce sont des vies qui se perdent alors qu'elles auraient pu être tout à fait autres, et la frustration infinie qui en découle, car infailliblement à la lecture du roman on en vient à se dire : et moi, qu'est-ce que je fais de ma vie, est-ce qu'elle est ce qu'elle aurait pu être, ce qu'elle devrait être, est-ce qu'il n'y a pas eu pour moi aussi un gâchis monumental ? Et on relit le roman, et on passe un temps infini sur cet échange à l'arrêt du bus...
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    Critique de qualité ? (23 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par mimipinson, le 01 septembre 2010

    mimipinson
    Voilà un livre qui aurait pu m'échapper si je ne l'avais pas laissé un peu en friche, et surtout si je n'en avais pas regardé l'adaptation cinématographique, qui a sa sortie m'avais laissée plus que perplexe.
    C'est l'écriture qui au début faisait repoussoir. Belle, magnifiquement bien construite, dans un style hautement aristocratique, mais terriblement rigide, à l'image de l'aristocratie de l'époque. Pour être crédible ce roman ne pouvait être écrit autrement.

    Darlington Hall, dans les années 30, En attendant que le nouveau propriétaire des lieux n'arrive, Stevens, se voit proposer (et ce pour la première fois de sa carrière) quelques jours de" vacances " et la Ford de la propriété. Il décide d'aller rendre visite à Miss Kenton, qui fut gouvernante de ces lieux il y a quelques années. le voyage dure 6 jours ; le livre comporte 6 chapitres.
    Les souvenirs remontent en mémoire. C'étaient les années 20, Stevens, était alors majordome ; charge dont on héritait de père en fils, tant qu'on assurait son travail avec dignité.
    Dignité, ou la raison de vivre de Stevens.
    "Or, si la plupart des majordomes, je suis prêt à le concéder, risquent de découvrir en dernière instance que la capacité d'y parvenir leur manque, je crois profondément que cette dignité est un objectif que l'on peut viser avec profit tout au long d'une carrière." P 43
    Cet homme est accaparé par son métier, et de ce fait incapable d'exprimer la moindre émotion. Cela se vérifiera à de nombreuses reprises, et dans les circonstances les plus tragiques comme la mort de son père.
    "Miss Kenton, je vous en prie, ne me croyez pas grossier de ne pas monter voir mon père dans son « état de décès à ce moment précis. Vous comprenez, je sais que mon père aurait souhaité que je continue mon travail maintenant. " p 124
    C'est stupéfiant, et impensable de nos jours.
    Il est totalement assujetti à son employeur, qu'il appelle d'ailleurs "Sa Seigneurie ".
    En ces temps là, Darlington Hall, est le cadre de réunions politiques internationales secrètes. Il se trame des tractations entre Allemands, Anglais, Français. Pour ne pas déplaire, on congédie deux femmes de chambres sous prétexte qu'elles sont juives. Stevens reste hermétique à tout cela. Je ne pense as que cela de la lâcheté, mais plutôt l'obsession d'accomplir sa tâche avec dignité. Il reste imperturbable, imperméable à tout ce qui sort du cadre de son travail.
    Lors de l'évocation de son souvenir, l'auteur a su, tout au long de ce livre, et de manière constante, traduire par ses mots, et le style, l'atmosphère lourde, empesée, rigide, totalement dénuée de fantaisie qui régnait dans cette demeure.
    L'humour n'en est pas moins présent. J'ai bien sourit, en lisant, en début de livre les échanges savoureux entre Stevens et Miss Kenton, alors jeune gouvernante qui se fait reprendre de manière policée et désuète à propos de petits riens, ou lorsque Stevens manie la langue de bois avec les invités du château.
    Comment ne pas s'attacher à Stevens, ne pas le plaindre, quelque part ; lui qui ne s'est jamais aperçu de "l'intérêt" pour lui qu'avait Miss Kenton, et qui fidèle à lui-même déclare des années plus tard alors qu'elle lui ait avoué à demi mot, il est vrai, ses sentiments :
    "Je ne crois pas avoir répondu immédiatement, car il me fallu une minute ou deux pour digérer pleinement les paroles de Miss Kenton. De plus comme vous pouvez vous en douter, leur portée était de nature à susciter en moi une certaine douleur. En vérité –pourquoi ne pas le reconnaître ?-à cet instant précis, j'ai eu le cœur brisé." P 260
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    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par bvb09, le 05 décembre 2011

    bvb09
    J'avais beaucoup apprécié le film, que j'ai vu plusieurs fois, et j'ai plongé dans le livre avec autant de plaisir. le fil conducteur est l'engagement plein et entier d'un majordome anglais dans son métier ou plutôt sa vocation, à laquelle il va tout sacrifier sans jamais rien regretter tant il est habité par son objectif: devenir un "grand majordome". Cet être tendu vers la perfection ne laissera jamais un autre critère décider de sa vie que sa loyauté envers "sa Segneurie".
    J'ai dit qu'il ne regrettera rien...
    A un seul moment dans le livre, il laissera parler l'homme et non le majordome pour dire qu'il a le coeur brisé. Cet éclair dans la retenue quasi inhumaine de ce majordome anglais, montre sans équivoque ce que l'auteur nous a fait habilement sentir depuis le début, sans jamais être explicite:
    il s'agit aussi d'un roman d'amour impossible et magnifique.
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    Critique de qualité ? (6 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par livr0ns-n0us, le 24 janvier 2012

    livr0ns-n0us
    Les Vestiges du jour est la grosse surprise de ce début d'année ! J'ai entendu parler de ce titre lors de mes études à l'IUT, en cours de littérature étrangère. Cependant, n'ayant pas spécialement d'affinité avec nos amis outre-manche, j'avais préféré me concentrer sur la littérature africaine à laquelle je suis particulièrement réceptive et à la littérature allemande (pour le coup, j'aurais mieux fait de me trancher un bras, ç'aurait toujours été plus joyeux que les histoires germaniques...). Néanmoins, Les Vestiges du jour est un titre qui me trotte dans la tête depuis, et j'ai profité du challenge ABC 2012 pour me décider enfin à le lire.
    En lisant la 4° de couverture, je me suis d'abord dit : raaaaaah mais chier zut, tu t'es encore débrouillé pour choisir un titre à mille lieues de ce qui te plaît d'habitude...". Soyons clairs : les histoires de majordomes et femmes de chambre anglais, "l'étiquette", les convenances et l'aspect fondamentalement rigide (maniaque ?) des aristocrates britanniques, très peu pour moi. Et pourtant... Je ne saurais pas dire avec exactitude ce qui m'a séduit dans ce roman, car si j'essaie d'analyser avec neutralité tant l'histoire que la construction de ce récit, je n'y trouve rien de bien palpitant. Pour tout dire, la capacité extraordinaire de digression de Stevens (qui n'est pas sans me rappeler celle de ma prof d'anglais d'IUT d'ailleurs) aurait même tendance à m'agacer. Mais le fait est là : j'ai pris beaucoup de plaisir à cette lecture. Certainement grâce au style, très recherché et pourtant fluide, qui correspond parfaitement à l'idée que je me faisais d'une conversation d'un butler anglais à cette époque. Là se trouve à mon avis la force de ce roman : l'auteur a la capacité incroyable de nous transporter dès les premières pages dans l'atmosphère feutrée et pompeuse de Darlington Hall, la demeure d'un lord.
    Dès lors, et assez étrangement, on arrive à se prendre d'affection pour Stevens et toute la maisonnée. Les évènements politiques ne sont que la trame de fond de l'histoire, davantage chronique du quotidien des gens de maison, mais ils permettent d'ancrer le récit dans la réalité et se révèlent assez intéressants. de même, le voyage de Stevens n'est qu'un prétexte à l'évocation de souvenirs ; et sa conclusion peut sembler décevante si l'on en attend vraiment quelque chose. Malgré tout, je ressors de cette lecture agréablement surprise et, je dirais même, "dépaysée". Contre toute attente, je ne me suis pas ennuyée une seule seconde, et je me suis parfois sentie proche de Stevens en dépit de tout ce qui nous sépare, car il développe des concepts qui peuvent sembler surannés mais qui restent très nobles et avec lesquels je suis entièrement d'accord. le récit possède en outre une petite touche d'ironie qui n'est pas déplaisante. Une jolie découverte !

    Lien : http://livr0ns-n0us.blogspot.com
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par patouche, le 29 avril 2012

    patouche
    Une écriture soignée, comme rarement j'ai pu en lire.
    L'histoire quand à elle est assez restrictive, se limitant au travail de ce majordome anglais.A son obsession du détail, aux divers côtés de sa profession.
    Surement suis-je passé à côté de l'essentiel, un peu comme le personnage principal.
    Critique de qualité ? (9 votes positifs)

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Citations et extraits

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  • Par zorazur, le 16 novembre 2011

    Mais çà ne veut pas dire, évidemment, qu'il n'y a pas de temps à autre des fois - des moments de grande tristesse - où on se dit à soi-même "Quel terrible gâchis j'ai fait de ma vie". Et on se met à penser à une vie différente, à la vie meilleure qu'on aurait pu avoir. Par exemple, je me mets à penser à la vie que j'aurais pu avoir avec vous, M. Stevens...
    Après tout on ne peut plus faire tourner les aiguilles dans l'autre sens maintenant. On ne peut pas s'attarder sans cesse sur ce qui aurait pu exister.
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    Citation de qualité ? (7 votes positifs)
  • Par Theoma, le 04 avril 2011

    L'histoire, apparemment vraie, concernait un certain majordome qui, s'étant rendu en Inde avec son employeur, y servit pendant de longues années, non sans faire respecter par le personnel indigène les exigences professionnelles élevées qui avaient été les siennes en Angleterre.


    Un après-midi, à ce qu'il paraît, ce majordome venait de pénétrer dans la salle à manger pour vérifier que tout était en ordre pour le dîner, lorsqu'il vit un tigre tapi sous la grande table. Le majordome quitta discrètement la salle à manger, prenant soin de fermer les portes derrière lui, et gagna calmement le salon où son employeur prenait le thé avec plusieurs visiteurs. Il attira alors l'attention de son employeur par un toussotement poli, puis lui murmura à l'oreille : « Je le regrette infiniment, monsieur, mais il semble y avoir un tigre dans la salle à manger. Peut-être permettrez-vous que le calibre douze soit utilisé? »


    Et selon la légende, quelques minutes plus tard, l'employeur et ses invités entendirent trois coups de feu. Lorsque le majordome revint au salon un moment après pour regarnir les théières, l'employeur demanda si tout allait bien.


    « Parfaitement bien, monsieur, je vous remercie, lui fut-il répondu. Le dîner sera servi à l'heure habituelle, et j'ai le plaisir de vous assurer qu'il ne restera alors aucune trace perceptible du récent épisode
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    Citation de qualité ? (1 votes positifs)
  • Par mimipinson, le 01 septembre 2010

    "Or, si la plupart des majordomes, je suis prêt à le concéder, risquent de découvrir en dernière instance que la capacité d’y parvenir leur manque, je crois profondément que cette dignité est un objectif que l’on peut viser avec profit tout au long d’une carrière." P 43
    Citation de qualité ? (8 votes positifs)
  • Par mimipinson, le 01 septembre 2010


    "Miss Kenton, je vous en prie, ne me croyez pas grossier de ne pas monter voir mon père dans son « état de décès à ce moment précis. Vous comprenez, je sais que mon père aurait souhaité que je continue mon travail maintenant. " p 124
    Citation de qualité ? (7 votes positifs)
  • Par mimipinson, le 01 septembre 2010

    "Je ne crois pas avoir répondu immédiatement, car il me fallu une minute ou deux pour digérer pleinement les paroles de Miss Kenton. De plus comme vous pouvez vous en douter, leur portée était de nature à susciter en moi une certaine douleur. En vérité –pourquoi ne pas le reconnaître ?-à cet instant précis, j’ai eu le cœur brisé." P 260
    Citation de qualité ? (3 votes positifs)

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