> Denis Authier (Traducteur)

ISBN : 2070368149
Éditeur : Gallimard (2009)


Note moyenne : 3.81/5 (sur 21 notes) Ajouter à mes livres
L'artiste, c'est Masugi Ono, vieux maître de l'art officiel nippon, narrateur de ce livre, et le monde flottant, c'est le quartier des plaisirs de la vie nocturne qu'il a beaucoup fréquenté au temps de sa jeunesse. Aujourd'hui, il tente de donner un sens à sa vie il dia... > voir plus
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Critiques et avis(4)

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    • Livres 3.00/5
    Par antigoneCH, le 09 avril 2008

    antigoneCH
    Le peintre Masugi Ono, devenu un vieil homme, songe sans déplaisir à son passé et au rôle qu'il a pu lui-même jouer, avec ses toiles, dans l'histoire du Japon, pendant la seconde guerre mondiale. Mais les temps ont changé et les idées d'autrefois n'ont plus cours. Devant marier sa plus jeune fille, Noriko, déjà âgée de 26 ans, Ono craint que ce passé vienne interférer malencontreusement dans les négociations du mariage. Il tente donc de retrouver ses anciens compagnons, adeptes comme lui du "monde flottant", métaphore sous laquelle les Japonais définissent les lieux de plaisir de la vie nocturne, afin de sécuriser l'enquête des parents du prétendant...
    Mon avis...
    Auteur du très connu Les Vestiges du jour, adapté au cinéma par James Ivory en 1993, Kazuo Ishiguro signe ici un roman que j'ai trouvé de facture assez classique. Il est en effet plutôt habituel, dans les romans japonais, de suivre les tribulations et pensées d'un vieil homme intellectuel, ancien maître respecté, devenu spectateur désarmé de la modernité et de l'évolution des mentalités. Quelques petits détails et fils narratifs m'ont pourtant évité l'ennui que me procure souvent de trop longues digressions : les préparations du mariage de Noriko qui semble par moments bien compromis, les espiègleries du petit-fils du narrateur et les remises en questions du vieil homme qui imprègnent admirablement la fin du récit. A lire, pour ceux que le Japon d'après-guerre intéresse spécialement !!
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    • Livres 4.00/5
    Par Ikebukuro, le 09 septembre 2010

    Ikebukuro
    Comme souvent avec Kazuo Ishiguro, une certaine nostalgie flotte tout au long du livre, distillée à petits coups de pinceaux elle touche aussi le héros. Celui-ci à travers des flash-backs sur sa vie, retrace sa carrière de peintre au service de son pays et nous révèle ses failles et ses erreurs passées, ses compromis avec le pouvoir, ses relations avec ses deux filles, avec ses amis et ses professeurs, comme autant de petits cailloux sur un chemin "pavé de bonnes intentions". A l'occasion de ce retour sur sa vie, il se rend compte, petit à petit, à quel point il a pu se tromper sur le bien fondé de ses choix. Cette culpabilité l'amènera lors à une profonde remise en question.
    Souvent dans les romans de cet écrivain, le héros se perd avec nostalgie dans ses regrets, voire ses remords, à l'instar de Stevens le majordome des Vestiges du jour qui a passé sa vie enfermé dans le carcan de sa fonction et prisonnier de son code de valeurs, de son intransigeance, voire de ses préjugés, et qui finalement passera à côté de sa vie. Masuji Ono quant à lui se rendra compte qu'il est trop tard pour changer le cours des choses et à quel point le bonheur de ses jours passés n'était qu'un leurre, une surface lisse et sans questions. Ceux qui s'attendent à un récit croustillant sur les coulisses du "monde flottant" vont être déçus car à aucun moment nous ne pénétrons vraiment dans ce monde à part. Nous assistons tout au long du récit à la prise de conscience d'un vieil intellectuel respecté qui se rend compte qu'il est devenu un simple spectateur de sa vie.
    J'aime beaucoup cet auteur et son d'écriture qui à travers ses livres décrit une société qui doit faire face à son passé.
    A découvrir aussi :
    Les Vestiges du jour - Auprès de moi toujours - Lumière pâle sur les collines - L'Inconsolé...
    Sans oublier le très beau film de James Ivory avec Emma Thompson et Antony Hopkins, magistral dans le rôle de Stevens le majordome.
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    • Livres 4.00/5
    Par IsaLise, le 10 septembre 2011

    IsaLise
    Ecrit par petites touches, ce roman m'a parfois déstabilisée car j'apprécie d'être entraînée dans un texte et ici, je pouvais le refermer sans véritable regret. Pourtant, ces petites touches constituent également le charme de ce roman, rappelant le métier de peintre du narrateur. Ce portrait introspectif nous présente un personnage tout en nuances, parlant d'engagement et d'inconscience liée à la jeunesse. Peut-on s'attacher au narrateur ou bien au contraire lui reprocher son rôle lors de la seconde guerre mondiale et par ce biais penser à celui des artistes au Japon, ou ailleurs... ? Que penser de la citation ci-dessus ? Qu'est-ce qu'un homme (ou une femme) ordinaire ? Et peut-on tout excuser ou ne pas se poser de questions sous prétexte que nous pouvons commettre des erreurs, manquer de perspicacité et n'être que des individus ordinaires ? Finalement, par sa technique d'écriture, l'auteur nous permet de courtes pauses qui nous ouvrent des portes vers notre moi intérieur et notre propre conscience...

    Lien : http://ecrirecommeonrespire.blogspot.com/2011/09/un-artiste-du-monde..
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    • Livres 4.00/5
    Par Aurelilele, le 04 juillet 2011

    Aurelilele
    Tout en finesse, ce roman explore une problématique complexe : la responsabilité de l'artiste dans l'acte de propagande. Dans une société où deux générations s'opposent, il faut savoir équilibrer la balance. Dans l'intention d'unifier son pays, l'artiste produit des oeuvres engagées. Cet investissement, cette envie d'avoir un rôle dans une société qui s'apprête à affronter un événement majeur de son histoire, peut-il être reproché par de plus jeunes, utilisés comme chair à canon? le plus important est sans doute de ne pas rester sur la rancoeur passée, de savoir se reconstruire, d'aller de l'avant.
    .....

    Lien : http://suspends-ton-vol.over-blog.com/article-un-artiste-du-monde-fl..
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Citations et extraits

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  • Par Irisa, le 12 juillet 2010

    Nous savions qu'on parlait souvent de lui comme de l'«Outamoro de notre époque» ; et bien que ce fût alors un titre galvaudé, que l'opinion décernait à tout peintre de talent pourvu que ses sujets favoris fussent les femmes des quartiers de plaisir, il n'en résume pas moins assez bien la tendance de Mori-san. Mori-san, en effet, s'efforçait tout à fait consciemment de «moderniser» la tradition d'Outamaro. Dans beaucoup de ses meilleurs tableaux ‒ Attachant un tambour de danse, ou Après le bain ‒ la femme est vue de dos, dans la manière classique d'Outamaro. On retrouve d'autres traits classiques dans son oeuvre : la femme portant une serviette à son visage, la femme aux cheveux longs en trais de se peigner. Et Mori-san recourait aussi largement au procédé traditionnel qui consiste à exprimer l'émotion au moyen des tissus que la femme tient ou porte, plutôt que par les mouvements mêmes de la face. Mais en même temps, son oeuvre était pénétrée d'influenes européennes que les plus fidèles admirateurs d'Outamaro eussent qualifiés de sacrilèges ; il avait depuis longtemps cessé, par exemple, de marquer d'un trait sombre les contours des formes ‒ ainsi que le veut la tradition ‒ et, à l'instar des Occidentaux, jouait sur les masses de couleurs, et sur les contrastes d'ombre et de lumière, pour créer une illusion tridimensionnelle. C'était des Européens, indéniablement, qu'il tenait sa grande passion : les demi-teintes ; son désir le plus cher était d'évoquer autour de ses femmes une certaines atmosphère de mélancolie nocturne.
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  • Par mandarine43, le 22 septembre 2011

    N'est-il pas consolant - voire, profondément satisfaisant - de pouvoir se dire, en repensant à sa propre vie, que si l'on a échoué, c'est uniquement là où les autres n'ont pas eu le courage ou la volonté de tenter ?
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  • Par mandarine43, le 22 septembre 2011

    Il n'est nullement souhaitable, en effet, de toujours dire à ses élèves ce que l'on sait et ce que l'on pense ; dans bien des cas, il est préférable de se taire pour leur donner la possibilité de débattre et de réfléchir par eux-mêmes.
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  • Par Irisa, le 12 juillet 2010

    L'ancien quartier avait été une belle chose, bien sûr. Nous nous étions tous donné du bon temps, et l'esprit qui animait notre badinage ou nos grandes controverses n'avait jamais été rien de moins que sincère. Mais ce même esprit n'avait peut-être pas que de bons aspects. Comme beaucoup d'autres choses maintenant, il vaut mieux peut-être que ce petit monde ait disparu et ne revienne plus.
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  • Par Aurelilele, le 04 juillet 2011

    Nous, au moins, nous croyions dans ce que nous faisions, et nous avons agi de notre mieux. Sauf qu'à la fin, il s'est avéré que nous étions des hommes ordinaires. Pas plus perspicaces que les autres. Nous avons été des hommes ordinaires durant une époque qui ne l'était pas : nous n'avons pas eu de chance.
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"Les vestiges du jour". Chronique une minute avant le film. Plongez vous dans l'ambiance de votre film et découvrez des anecdotes de tournage et ses acteurs.








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