Comme souvent avec
Kazuo Ishiguro, une certaine nostalgie flotte tout au long du livre, distillée à petits coups de pinceaux elle touche aussi le héros. Celui-ci à travers des flash-backs sur sa vie, retrace sa carrière de peintre au service de son pays et nous révèle ses failles et ses erreurs passées, ses compromis avec le pouvoir, ses relations avec ses deux filles, avec ses amis et ses professeurs, comme autant de petits cailloux sur un chemin "pavé de bonnes intentions". A l'occasion de ce retour sur sa vie, il se rend compte, petit à petit, à quel point il a pu se tromper sur le bien fondé de ses choix. Cette culpabilité l'amènera lors à une profonde remise en question.
Souvent dans les romans de cet écrivain, le héros se perd avec nostalgie dans ses regrets, voire ses remords, à l'instar de Stevens le majordome des Vestiges du jour qui a passé sa vie enfermé dans le carcan de sa fonction et prisonnier de son code de valeurs, de son intransigeance, voire de ses préjugés, et qui finalement passera à côté de sa vie. Masuji Ono quant à lui se rendra compte qu'il est trop tard pour changer le cours des choses et à quel point le bonheur de ses jours passés n'était qu'un leurre, une surface lisse et sans questions. Ceux qui s'attendent à un récit croustillant sur les coulisses du "monde flottant" vont être déçus car à aucun moment nous ne pénétrons vraiment dans ce monde à part. Nous assistons tout au long du récit à la prise de conscience d'un vieil intellectuel respecté qui se rend compte qu'il est devenu un simple spectateur de sa vie.
J'aime beaucoup cet auteur et son d'écriture qui à travers ses livres décrit une société qui doit faire face à son passé.
A découvrir aussi :
Les Vestiges du jour -
Auprès de moi toujours -
Lumière pâle sur les collines -
L'Inconsolé...
Sans oublier le très beau film de James Ivory avec Emma Thompson et Antony Hopkins, magistral dans le rôle de Stevens le majordome.