ISBN : 2843351766
Éditeur : Verticales-Phase deux (2003)


Note moyenne : 3.5/5 (sur 16 notes) Ajouter à mes livres

Univers, univers est un roman, mille romans. Il raconte une histoire, mille histoires. Il plonge dans les profondeurs du cerveau d'une femme qui fait cuire un gigot tout au long du récit, sans savoir s'il est destiné à sa famille dont elle ne s... > voir plus
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Critiques et avis(3)

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    • Livres 4.00/5
    Par LouScavia, le 23 juin 2011

    LouScavia
    « Nous sommes des univers passagers dans l'univers qui s'éternise » (Régis Jauffret). Oui, sans aucun doute… Et c'est ce qui résume le mieux ce livre de 609 pages qui, je l'avoue, m'a coupé le souffle et me laisse légèrement ahurie. Mais je ne sais pas encore si c'est d'admiration ou de lassitude ou de stupéfaction. Peut-être un peu des trois à la fois. Parce que… l'ouvrage est déroutant à plus d'un titre.
    Il est impossible d'en synthétiser le contenu. Il faudrait pour cela, au minimum, évoquer les personnages principaux. Or, si ce livre foisonne de personnages et de situations, c'est à partir d'un seul individu -une femme qui surveille la cuisson d'un gigot en attendant son mari - que tout se joue. L'exercice titanesque auquel s'adonne Régis Jauffret consiste à imaginer, à partir de cet individu ordinaire, à l'existence quelconque, plongé dans une activité domestique anodine, la multitude des « possibles » : d'autres noms, d'autres origines, d'autres passés, d'autres attentes, d'autres destins…Les variations s'enchainent sans répit autour de ce personnage insignifiant, familier, et de son entourage. Je n'ai pas dénombré les univers « possibles » façonnés par Régis Jauffret…Mais croyez-moi sur parole, l'étendue et la variété des hypothèses sont impressionnantes.
    Difficile alors de tracer les grandes lignes d'une histoire qui en réalité n'est ni unique, ni figée, mais démultipliée à l'infini. La seule constante étant l'incipit récurrent : une femme qui surveille la cuisson d'un gigot. Difficile aussi de disséquer clairement le mode de construction de ce livre (je n'ose pas dire roman, car il défie les standards passés et contemporains de la littérature). Il est –linéaire -… Oui, vous avez bien lu : 609 pages d'un récit linéaire rythmé par le flux et le reflux d'une situation de base. On en sort à bout de souffle, sens dessus-dessous comme après un passage dans une centrifugeuse ou le tambour d'une machine à laver à la fin du cycle essorage.
    Lecteurs étourdis et/ou à la recherche d'un roman à survoler sur la plage et/ou pour s'occuper l'esprit dans les transports et/ou besoin d'un roman où l'auteur tire le lecteur sur des chemins balisés ... ? Attention : ici, il faut se débrouiller tout seul pour ne pas perdre le nord et surtout, s'accrocher du début à la fin. A quoi ? A la femme qui surveille la cuisson de son gigot, puisque c'est le seul point d'arrimage. Mais…rassurez-vous, on peut aussi se laisser emporter dans « la centrifugeuse de Jauffret » dont le regard tranchant, l'imagination totalement débridée, l'écriture d'une densité incontestable et d'une force peu commune restent on ne peut plus captivants… Univers, univers, c'est aussi « le style Jauffret » : cynique, amer, acide, cruel, dérangeant. Novateur et hypnotisant.
    Univers, univers, n'est pas un livre comme les autres. C'est une révolution, un grand coup de pied dans les standards de la littérature, de l'écriture comme de la lecture. Un exercice de haute voltige. Une œuvre plutôt qu'un simple roman. Pour en profiter, il faut faire des efforts : « l'œuvre » se mérite…
    Extrait (Epilogue)
    « Elle a eu trop de noms pour qu'on s'en souvienne. A présent, le gigot est cru, l'agneau s'en sert encore pour gambader dans la campagne, grimper aux arbres, s'envoler de la plus haute branche avec la grâce d'un caillou, d'un caïman, d'un lecteur tombé tête la première dans un roman. Un roman décédé de mort subite. Les livres meurent debout. »


    Lien : http://lascavia.com
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    • Livres 4.00/5
    Par vegalia, le 01 avril 2011

    vegalia
    Une femme s'invente plusieurs vies, plusieurs destins en attendant que son gigot cuise. Elle ne choisit pas des histoires faciles : ces femmes font face à de nombreuses difficultés : mariages malheureux, enfants qui meurent en bas âge, maris qui les trompent ou les battent. Elles sont fortes ou fragiles, bien portantes ou maladives mais la vie ne leur fait pas de cadeaux.
    Pourquoi cette femme s'imagine-t-elle toutes ces vies ? On le sait à la fin du livre, c'est pour échapper à quelque chose d'inéluctable…
    Jauffret, délicatement et brillamment, nous fait réfléchir sur la vie, l'amour, la mort, l'amitié, la solitude, la femme, le couple.
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    • Livres 2.00/5
    Par olivier_mas, le 25 septembre 2011

    olivier_mas
    Bel exercice, déroutant et attirant au début. Mais on peut aussi se lasser car tout n'est pas génial durant 609 pages et je n'aime pas trop le style.
    Exercice poussé jusqu'à l'absurde qui rebutera de nombreux lecteurs, ce dont il se moque.
    Lire la très bonne critique de LouScavia avant de se lancer.
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Vidéo de Régis Jauffret

La grande librairie 19/01/2012 sur France 5 de François Busnel, Régis Jauffret parle de son nouveau livre "Claustria"








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