ISBN : 202102251X
Éditeur : Editions du Seuil (2012)


Note moyenne : 4.38/5 (sur 13 notes) Ajouter à mes livres
Platon, le mythe de la caverne. Des prisonniers qui ne verront jamais de la réalité que des ombres d’humains projetées sur la paroi de la grotte où ils sont enchaînés. Dans le souterrain les enfants n’ont vu de l’extérieur que les images tombées du ciel qui leur parvena... > voir plus
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Critiques et avis(4)

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    • Livres 5.00/5
    Par Malaura, le 10 février 2012

    Malaura
    Il y a certains livres qu'on prend autant de plaisir à lire qu'à refermer la dernière page lue, que l'on clôt avec un soupir d'aise parce qu'ils sont géniaux et un soupir de soulagement parce qu'ils nous submergent. Certains livres que l'on voudrait entourer de hauts murs comme une demeure où d'abominables crimes auraient été commis, que l'on voudrait calfeutrer par une montagne de belles pensées.
    Parce qu'ils ne sont pas uniquement des romans, parce qu'ils s'inspirent de la réalité, de la « vraie » vie, de celle qu'on ne voit plus en rose, de celle qui se joue à guichet fermé dans le secret des familles, dans la confidentialité d'un intérieur coquet, avec des acteurs tout ce qu'il y a de plus ordinaires mais qui se révèlent de véritables monstres. Parce qu'ils nous chamboulent, nous retournent, nous révoltent, nous laissent un profond sentiment d'impuissance et une piètre opinion du genre humain.
    Après l'affaire Natacha Kampusch, l'Autriche a vu un autre cas sordide entacher sa réputation de belle patrie où hélas le beau Danube bleu n'est pas seul à couler !
    L'histoire est récente ; tout le monde a entendu parler de Josef Fritzl, le père qui a séquestré sa fille pendant 24 ans dans La cave de la maison familiale, abusant d'elle, la brutalisant et au final lui faisant sept enfants ; l'un, bébé quasi mort-né fut brûlé dans la chaudière, trois furent remontés à la surface et trois grandirent avec leur mère dans les entrailles de la terre jusqu'à leur libération en Avril 2008. Josef Fritzl, petit ingénieur-électricien terne et sans histoire mais tyran domestique, cruel, pervers, incestueux, abominable, a été condamné à la prison à vie mais laisse derrière lui les traces ineffaçables de 24 années de claustration et d'esclavage.
    Régis Jauffret s'est emparé du fait-divers pour écrire ce « Claustria » qui percute et qui malmène, qui bouleverse et qui secoue, qui captive autant qu'il révulse. Avec un art consommé de la narration, de l'image et de l'empathie, l'auteur de « Microfictions » ou de « Sévère », nous ouvre les portes de l'enfer, soulève les trappes d'un pandémonium de 50 mètres carré pour nous projeter au cœur de l'inqualifiable. « J'arrive à m'imaginer assassiné, mutilé, torturé ; Je n'arrive pas à m'imaginer 24 années dans un trou. Essayez, vous n'y arriverez pas non plus. Vous parviendrez à une semaine, peut-être quatre. La nuit suivante vous aurez peur de vous endormir. »
    Après plusieurs mois d'investigation l'auteur a tenté d'imaginer comment les protagonistes de cette triste histoire ont réussi à survivre à l'enfermement d'une cave transformée en studette de l'horreur, avec pour seul horizon le mur d'en face, pour seul ciel le plafond à lattes, pour seul amant leur propre père, pour seule perspective d'avenir la menace de mourir gazés s'ils la ramenaient un peu trop.
    Miracle des métaphores et du génie littéraire d'arriver, comme le fait Jauffret, à faire jaillir au cœur du sordide des fulgurances de bonheur, ces petits éclats de joies que l'esprit humain conçoit même en enfer, même dans l'abîme, même au fond du gouffre, puisant dans d'infimes satisfactions de quoi tenir bon, encore et encore ! Minuscules lueurs d'espérance dans le noir absolu permettant à un quart de siècle de viols, de brutalités et de vie souterraine, de s'écouler aux gouttes à gouttes comme en perfusion, mais de s'écouler malgré tout.
    Mais il y a aussi les jours où la raison, striée des étoiles filantes de la démence, s'emballe et déraille quand la machine à douleur se fait insupportable, que l'oxygène manque dans le bocal à poisson sans aération, que les périodes de famine affaiblissent les corps et que les attentes du Dieu nourricier Fritzl se font trop longues.
    Une humanité récréée avec d'autres normes, d'autres règles, selon les lois amorales et perverses d'un démiurge démoniaque, revendiquant une famille sans aucune goutte de sang mêlé !
    Au-delà de la répugnance que nous inspire ce père immonde, certains comportements collectifs ou individuels nous laissent un goût amer : la mère, dont la peur de son mari et la haine ressentie envers sa fille ont muré dans une complicité abjecte ; les voisins et locataires, dont on ne peut que s'interroger face à la surdité et à la complaisance à l'ignorance; les mentalités arriérées de cette Basse-Autriche (tant égratignée par Thomas Bernhard) pour qui l'inceste est une peccadille et la famille un fief où le père vit en seigneur tout puissant ; et que dire de cette volonté pathétique et écœurante de l'Etat à toujours vouloir arrondir les angles pour ne pas abîmer davantage une image d'Epinal déjà bien écornée…
    En évitant l'écueil du voyeurisme et dans un style puissant et percutant, Régis Jauffret réussit, dans ce texte brillant d'analyse et de sensibilité, à nous faire partager un peu de l'existence du « petit peuple de La cave ». Bienvenue en enfer...
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    Critique de qualité ? (28 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par LiliGalipette, le 13 février 2012

    LiliGalipette
    Vous avez tous entendu parler de l'affaire Fritzl ? Oui ? Très bien. Maintenant oubliez-la. Ceci est une œuvre de fiction. Et même si elle s'appuie et se nourrit de ce fait divers, cette histoire est un roman. Prenez Flaubert, il a assez répété que Madame Bovary n'était pas une simple transcription de l'affaire Delamare. Ces choses dites, voici le roman.
    Autriche, ville d'Amstetten. Pendant 24 ans, Josef Fritzl a séquestré sa fille Angelika dans la cave de la maison familiale. Il lui a fait dix enfants, trois qu'il a élevés avec son épouse Anneliese dans la maison et les autres qui sont morts ou restés cloîtrés avec leur mère. C'est l'histoire du « petit peuple de la cave » qui nous est racontée. Mais c'est aussi les années qui ont précédé L'Enfermement : l'adolescence violée d'Angelika, ses tentatives pour échapper à son père, l'enfance et la jeunesse de Josef et ce qui a forgé son goût pour la brutalité et le viol. Apparaît également une histoire qui n'existe que pour l'auteur, celle d'un des rescapés, Roman, plus de 45 ans après la sortie de la cave. Puisque je vous dis que ce texte est un roman – ou un Roman – croyez-moi ! Pas question de refaire le procès des voisins et des proches qui n'ont pas entendus les bruits venus du sous-sol.
    La majeure partie du texte relate l'existence dans la cave, le quotidien rythmé par une absence de repères – ou ceux, évanescents, venus de la télévision – l'angoisse perpétuelle de manquer de nourriture ou d'être privé d'eau et d'électricité. Fritzl, seigneur capricieux, apparaît quand bon lui semble, approvisionne quand ça lui chante et reprend pour punir et mater. Selon le modèle et l'habitude autrichiens, il n'est qu'un tyran ordinaire qui bat femme et enfants. Mais sa volonté de dominer rappelle quelque peu l'hybris des Grecs antiques : Fritzl aime la terreur et la soumission qu'il provoque et il se moque de la folie qu'il cause. Brutal et jouisseur, il tire aussi son plaisir des affaires immobilières qu'il mène. Il rêve de s'annexer des morceaux d'Autriche et de bâtir un empire à sa mesure.
    En arrière-plan se tient Anneliese, toute entière soumise au démon domestique qu'elle a épousé. Elle aligne son comportement sur le sien et bat sa fille avec autant de hargne. Elle ne s'interroge pas sur sa disparition, refuse d'y penser, oublie les possibles. « Anneliese passait son temps à renier ses oreilles, à se dire qu'elles perdaient parfois la raison. Ils étaient rares les instants où elles leur accordaient le bénéfice du doute. Plus rares encore ceux où elle se permettait d'évoquer timidement la bande-son de la cave à Fritzl. » (p. 307)
    La libération, traitée sur quelques chapitres, n'apparaît pas comme un bienfait. « L'air libre les avait tués lentement comme une émanation délétère. » (p. 11) Sans cesse, les victimes et le bourreau répètent qu'il y a eu du bonheur. « Roman est allé respirer à la fenêtre. L'air lui manquait en se souvenant. Il regardait au loin. Il se sentait coupable d'avoir été si heureux dans la cave. D'aimer son père, aussi. » (p. 40) C'est là que surgit le plus insoutenable : de l'horreur est née une certaine forme de contentement et d'épanouissement. Les spectateurs et les étrangers ne peuvent le comprendre, eux qui n'ont que répulsion fascinée pour cette « poche de cauchemar sous la terre autrichienne » (p. 12 & 13). Il faudrait que les enfants aveugles crient leur reconnaissance d'avoir été sauvés, mais ils se terrent et cherchent sans cesse à retrouver le confort rassurant de la cave exigüe. « Il avait gardé la nostalgie du sous-sol. Cette conque, cette coquille qu'ils remplissaient toute entière comme jaune et blanc d'un œuf. » (p. 27)
    L'auteur, qui se met en scène dans son enquête, imagine les suites de cette affaire, ses retombées médiatiques et ses exploitations par le cinéma ou l'édition. Il interroge l'horreur par le prisme du consommable. Il constate que, comme souvent, tout est bon pour vendre, même si la recette est mauvaise. « Les victimes sont décevantes, parfois les martyrs ne sont pas des héros. » (p. 32) Dans son enquête – réelle ou non – il visite la trop fameuse cave et c'est la que se déroule une des scènes les plus terribles du roman : son guide et lui sont assaillis par une foule de rats à laquelle ils n'échappent qu'en fuyant à toutes jambes. Voilà que l'horreur a tenté de s'emparer d'eux, de les recouvrir. En quittant ainsi les lieux, des questions sont restées sans réponse, mais c'est sûrement mieux ainsi. « Si comme dans L'Enfer de Dante il y avait des cercles dans la cave, tout le monde a préféré s'abstenir de les visiter tous. » (p. 83) Enfin, création ou vérité, une phrase lancée à l'auteur témoigne de l'ambivalence de son travail : « Au revoir, écrivain. D'après le site que j'ai regardé tout à l'heure, on vous prend pour un cinglé. Alors personne ne vous croira. » (p. 184) Est-ce vraiment de cela qu'il s'agit, savoir s'il faut croire ou non ce qu'écrit Régis Jauffret ? Mais puisqu'on vous dit que c'est un roman, c'est écrit sur la couverture.
    Ce sur quoi il vaut mieux s'interroger, c'est sur notre capacité à nous enfermer nous-mêmes. Fritzl a poussé l'expérience à l'extrême. Mais bien fous serions-nous si nos pensions que nous sommes libres. « On habite toujours un espace clos, on ne court jamais bien loin, les voitures suivent des routes, les trains des rails, les avions, les fusées ne rejoindront jamais l'infini. On se cogne toujours quelque part. » (p. 321)
    Ouvrir ce livre, c'est ouvrir la porte de la cave et suivre Fritzl dans le souterrain. C'est faire ce que chacun a fait après la révélation de cette funeste histoire : imaginer le spectacle de cette famille captive. S'il est bien impossible de partager et de ressentir ce que cela fut, il suffit de soulever la trappe pour respirer les relents du rêve étrange d'un homme ivre de domination. Mais tout cela, on le doit à l'imagination de l'auteur. Bien que très probable, la ronde des psychiatres, des journalistes et des enquêteurs est inventée. Inventée aussi l'étrange relation entre Fritzl et son avocat. Fantasmées les années obscures du petit peuple de la cave. « Leur histoire devenue bientôt un conte de sorcière, un mythe dont on doutera des origines. Angelika et les ombres sur l'écran de la caverne dont Socrate ne dira jamais rien. Les phrases inhabitées des médias, des causeurs, des fabricants de romans. La cohorte des apprentis Platon, des jongleurs, bateleurs de la syntaxe, la poudre aux yeux du . » (p. 535)
    Claustria enferme le lecteur. Ne riez pas, ce n'est pas qu'une formule. Véritablement, j'ai été prise et captive de cette histoire. Elle s'est accrochée, ne m'a pas lâchée. Plus approchait le terme du roman et moins je savais si je devais être soulagée ou déçue. Claustria est un roman de l'ambivalence : j'ai aimé être captive, j'en ai redemandé quitte, pour cela, à devoir encore assister à l'horreur. de la pitié pour Angelika et les enfants, oui j'en ai eu. Mais j'ai aimé ce roman, encore plus.
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    Critique de qualité ? (16 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Desmaze, le 29 janvier 2012

    Desmaze
    Il fallait l'audace et la puissance de Régis Jauffret pour se confronter à la vie de Josef Fritzl, ce père de famille autrichien qui a séquestré sa fille pendant 24 ans et lui a fait 7 enfants dans la cave du sous-sol de sa maison.
    L'histoire est sordide et le roman aurait pu sombrer dans le voyeurisme glauque; c'est le tour de force de Jauffret et de son style limpide de se tenir toujours à la bonne distance, de tenter d'imaginer l'inimaginable, le quotidien de 24 ans de réclusion sous l'autorité de ce père tyrannique et monstrueux, mais un père quand même, d'envisager malgré tout des moments de bonheur et de partage familial.
    Faire entendre l'indicible avec autant de justesse et de retenue est sans aucun doute la marque d'un immense écrivain et Jauffret confirme qu'il est de cette trempe.
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    Critique de qualité ? (7 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Culturopoing, le 12 février 2012

    Culturopoing
    Rapporter un fait divers dans un média participe habituellement du travail journalistique. de fait, Truman Capote avec de Sang froid avait réalisé une prouesse littéraire s'attachant de manière abrupte à la réalité pour relater un fait divers. de manière alternative, Régis Jauffret, habitué à sonder les profondeurs de l'âme humaine, s'empare également d'un fait divers pour construire un roman qui se voudrait purement fictif. le voile s'estompe dés les premières lignes. A l'opposé d'un papier de presse s'assurant de mentionner les faits et nous laissant face à notre sensibilité, il s'attache à écrire avec le prisme de son acuité une réalité qu'il ne peut qu'imaginer.
    Le fait divers en question pourrait paraitre l'un des plus sordides tant par sa réalisation que par sa durée. Pendant 24 ans, un père autrichien a enfermé dans une cave, violé, battu sa fille, la condamnant à élever ses enfants dont il était lui-même le père. L'inceste l'amènera à avoir sept enfants dont un mort-né que le père se chargera de brûler. Frizl, dont Régis Jauffret a voulu conserver le véritable nom, sera condamné à la prison à vie en 2009. L'auteur concilie ainsi une enquête scrupuleuse avec une narration fictionnelle à mi-distance entre la sombre réalité des faits et une imagination circonscrite par son intuition.

    La suite de cet article sur Culturopoing !

    Lien : http://www.culturopoing.com/Livres/Regis+Jauffret+Claustria+-4626
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Critiques presse (9)


  • LePoint , le 26 janvier 2012
    Jauffret assume le rôle du menteur qui dit la vérité de l'histoire et prend rang dans "la cohorte des apprentis Platon, des jongleurs, bateleurs de syntaxe, la poudre aux yeux du style". Avec style.
    Lire la critique sur le site : LePoint
  • LePoint , le 24 janvier 2012
    Cette masse compacte de non-dit autorise-t-elle la fiction ? La fiction, d'ailleurs, a-t-elle besoin d'autorisation ? Le silence forme en tout cas sans doute l'un des soubassements du travail mené par Régis Jauffret dans Claustria, le "roman" - le genre est spécifié noir sur blanc en couverture - qu'il a tiré de l'affaire.
    Lire la critique sur le site : LePoint
  • Lexpress , le 17 janvier 2012
    De la sordide affaire Fritzl, Régis Jauffret tire un immense roman sur la condition humaine, un conte noir sur la monstruosité et les règles de la morale.
    Lire la critique sur le site : Lexpress
  • LaLibreBelgique , le 17 janvier 2012
    Régis Jauffret raconte, en romancier, l’affaire Fritzl, le monstre qui séquestra 24 ans sa fille dans une cave. Un grand roman, jusqu’à l’insupportable.
    Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
  • Lexpress , le 12 janvier 2012
    Prouesse de Jauffret que de raconter la durée, d'alterner les rythmes, de jouer avec les époques. Estomaqué par la monstruosité du fait divers, séduit par le ton tenu et le style enfiévré du narrateur, le lecteur se laisse emporter, comme enivré par cette histoire délirante.
    Lire la critique sur le site : Lexpress
  • Liberation , le 11 janvier 2012
    Jauffret n’utilise donc pas le fait divers, étalon noir du «réel» à la mode, pour coller aux faits, mais, au contraire, pour s’en détacher. En les dévorant : «L’ogre devait emballer l’air» dit-il dans Claustria. L’ogre, c’est lui, l’écrivain.
    Lire la critique sur le site : Liberation
  • LeMonde , le 06 janvier 2012
    A partir de ce qu'il avait recueilli au cours de son enquête, [Régis Jauffret] a imaginé ce qu'ont pu être les vingt-quatre années de détention d'Elizabeth Fritzl (rebaptisée Angelika) et de ses enfants, et ce fut, dit-il, "extrêmement éprouvant". Là gît sans doute la différence entre l'écrivain qui se délectait à inventer des histoires abominables et celui qui découvre que le réel peut être bien plus cruel et monstrueux qu'un roman de Régis Jauffret.
    Lire la critique sur le site : LeMonde
  • LeMonde , le 06 janvier 2012
    [Régis Jauffret] décrit les faits avec la précision d'un enquêteur expert à sonder ce qui se dissimule sous les apparences, la froideur d'un anatomiste des relations entre un bourreau et sa victime, et le talent d'un écrivain qui ne cède pas à la tentation de s'ériger en juge.
    Lire la critique sur le site : LeMonde
  • Telerama , le 04 janvier 2012
    « Des images tombées du ciel qui leur parvenaient par le câble de l'antenne », écrit Jauffret aux premières pages du roman, renvoyant le lecteur au mythe de la caverne de Platon - en fait, c'est tout autant dans le dernier cercle de l'enfer de Dante que l'écrivain emmène ledit lecteur, qui ne saurait sortir indemne de cette lecture, atteint au plus profond de lui-même, cœur et conscience, par l'intensité radicale de la tragédie qui se joue dans Claustria, la réflexion sur le Mal qui y court, se développe et s'approfondit sans cesse.
    Lire la critique sur le site : Telerama

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Citations et extraits

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  • Par LiliGalipette, le 13 février 2012

    « Leur histoire devenue bientôt un conte de sorcière, un mythe dont on doutera des origines. Angelika et les ombres sur l’écran de la caverne dont Socrate ne dira jamais rien. Les phrases inhabitées des médias, des causeurs, des fabricants de romans. La cohorte des apprentis Platon, des jongleurs, bateleurs de la syntaxe, la poudre aux yeux du style. » (p. 535)
    Citation de qualité ? (7 votes positifs)
  • Par LiliGalipette, le 13 février 2012

    « On habite toujours un espace clos, on ne court jamais bien loin, les voitures suivent des routes, les trains des rails, les avions, les fusées ne rejoindront jamais l’infini. On se cogne toujours quelque part. » (p. 321)
    Citation de qualité ? (2 votes positifs)
  • Par LiliGalipette, le 13 février 2012

    « Anneliese passait son temps à renier ses oreilles, à se dire qu’elles perdaient parfois la raison. Ils étaient rares les instants où elles leur accordaient le bénéfice du doute. Plus rares encore ceux où elle se permettait d’évoquer timidement la bande-son de la cave à Fritzl. » (p. 307)
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  • Par LiliGalipette, le 13 février 2012

    « Il avait gardé la nostalgie du sous-sol. Cette conque, cette coquille qu’ils remplissaient toute entière comme jaune et blanc d’un œuf. » (p. 27)
    Citation de qualité ? (2 votes positifs)
  • Par LiliGalipette, le 13 février 2012

    « Si comme dans l’Enfer de Dante il y avait des cercles dans la cave, tout le monde a préféré s’abstenir de les visiter tous. » (p. 83)
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La grande librairie 19/01/2012 sur France 5 de François Busnel, Régis Jauffret parle de son nouveau livre "Claustria"








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