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ISBN : 2290007927
Éditeur : J'ai Lu (2008)


Note moyenne : 3.8/5 (sur 10 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :

Paris, 2003. Un homme sent sa solitude troublée par une double invassion : la guerre en Irak qui se profile sur son écran de télévision et les échos d'une présence, inquiétante sur le palier de son studio, un nouveau voisin ... > voir plus
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Critiques, analyses et avis (3)

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    • Livres 4.00/5
    Par Kittiwake, le 26 décembre 2012

    Kittiwake
    Quel est le point commun entre une guerre annoncée et la loi 48 sur les loyers? le monologue intérieur que nous livre cet homme solitaire, précaire à plus d'un titre : une fiancée évanescente, un ami pragmatique mais qui vit sur une autre planète,la perpétuelle question de sa légitimité, un chez soi en sursis pour cause de réhabilitation et de loyer impayé, le sentiment de son incapacité à conduire son destin.
    Les images qui défilent sur les écrans en cet hiver de l'année sont celle d'une propagande ourdie par les USA contre le l'Irak, au prétexte avoué de venger l'humiliation du 11 septembre, mais qui servent d'autres intérêts plus mercantiles dont l'unité est le baril. Envouté par ce feuilleton médiatique, le narrateur est en proie à un autre combat. le 15 mars, date annoncée pour l'offensive guerrière est aussi une date fatidique quand on ne règle pas son loyer... Les promoteurs viendront-ils à bout des fantômes qui hantent les lieux, à commencer ce voisin invisible? le dérisoire d'une vie ordinaire rejoint l'impudeur des corps mutilés exposés sans vergogne sur les millions d'écrans de spectateurs au mieux indifférents . La seule issue est de renoncer à son sentiment de puissance individuelle pour se fondre dans le groupe, au risque de s'y perdre.
    Si ratiocination il y a, c'est à un niveau très élaboré de langage que le narrateur se livre. Ce sont les répétitions qui donnent cette illusion de processus mental familier. La langue est autrement riche que celle qu'utilisent nos pensées ordinaires, particulièrement quand elles flirtent avec l'obsession.
    Belle réflexion sur l'absurdité du fonctionnement de l'humain, qui, élément insignifiant dans son groupe de pairs, est collectivement coupable des comportements absurdes de la horde, pour peu qu'il ait su s'y faire accepter.



    Lien : http://kittylamouette.blogspot.fr/2012/12/que-la-paix-soit-avec-vous..
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    • Livres 5.00/5
    Par Alice94, le 09 novembre 2013

    Alice94
    Serge JONCOUR, Que la paix soit avec vous (Flammarion, 2006)
    La paix, cet "anti-héros" de Serge Joncour, l'avait presque trouvée dans le Paris de 2002.
    Il est seul sur son palier, dans ce vieux studio sous les toits dans ce vieil immeuble décrépit et chargé d'histoires ou plutôt d'Histoire. Vigile, désormais inapte au travail après un drame, sa vie bascule lorsque soudain la lumière s'allume dans l'appartement soit disant abandonné en face du sien.
    Qui est ce voisin, qui était-il ? La vieille Kinsver, voisine du bas va le lui révéler, comme le drame qui s'est produit ce matin de juillet 1942.
    La paix, il n'en est plus question dans ce monde qui prépare l'invasion de l'Irak.
    Et si c'était la solution ? Et si cette guerre devenait vraiment mondiale et nous entrainait vers le chaos salvateur ?
    Pourtant, même pour les solitaires, les rencontres peuvent être belles. Celles que l'on fait en côtoyant ses voisins âgés ou celles qui conduisent à l'amour idéalisé au détour d'une promenade dans le Marais _ véritable appel vers un ailleurs. L'écriture est sublimée et poussée au paroxysme du Romantisme le plus pur notamment à travers cette relation amoureuse fantomatique d'un autre temps avec Hannah _ une lointaine évanescente dont la chevelure blonde ondulante pareille à un long fleuve nous fait nostalgiquement remonter le cours du temps jusqu'à la Source originelle :

    "Bagdad c'était la ville aux trois murailles, une oasis qui ne redoutait rien, dans ses ombres Schéhérazade taisait sa beauté, elle masquait son corps dans le noir, de soleil en soleil, on attendait la suite de l'histoire. Des vents de sable enrôlaient les corps dans leurs vestiges, dans les effluves d'un parfum venu de Grenade ou des poussées d'Alhambra..."
    Mais la guerre et le chaos sont très proches et peuvent prendre bien des formes, comme celle du promoteur qui rachète l'immeuble et qui entame les travaux juste au dessus du petit studio, mettant en péril l'équilibre de notre héros et de tous ses voisins. Et si du chaos ressortait une lueur d'espoir ? Si cette "invasion" domestique était l'occasion de repartir dans la vie ?
    Dans ce roman Serge Joncour renoue avec le héros un peu paumé, en marge de la société mais qui finalement se laisse apprivoiser pour sortir de sa solitude.
    Un livre plein d'espoir qui nous démontre que rien n'est définitif et que, même dans le conflit, l'Homme peut trouver une source de renouveau.
    On erre entre atrocité et quête de perfection tant dans l'histoire qu'à travers la prose qui est le reflet des états d'âme de ce personnage principal "anti-héros"(si l'on veut mais j'en doute) à la recherche de la PAIX ! Le thème est certes atroce mais tout est SUBLIME grâce à l'écriture hautement poétique et symbolique de Serge Joncour.

    Une très belle Lecture, je recommande de tout Coeur ! +++++++


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    • Livres 4.00/5
    Par Madimado, le 25 novembre 2011

    Madimado
    Un très bon roman de Serge Joncour dans lequel on retrouve son humour grinçant. L'auteur porte un regard acéré sur la société. Une belle réussite.

    Lien : http://madimado.com/2011/11/14/serge-joncour-que-la-paix-soit-avec-v..

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Citations et extraits

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  • Par FRANGA, le 28 août 2013

    Quand l'insomnie me traque aux premières lueurs de l'aube, je soirs comme un homme qui aurait à faire, un homme qui se lèverait tôt. Rue Saint-Antoine, je m'installe sur une chaise en terrasse, commande un café serré que je laisse refroidir, je regarde les matinaux. Tout un monde me passe devant, des gens hypnotisés par l'idée d'un devoir. Les uns filent à scooter vers des postes conquis, les autres partent à pied, les moins audacieux hoquettent leur parcours dans des crédits à quatre roues, tout contents d'enchaîner trois feux verts, il y a ceux qui méritent leur bus après avoir couru, des cyclistes qui risquent leur peau au moindre croisement, des mômes sous les cartables qui vont coloniser le savoir, des petits vieux qui jouent la montre en faisant leurs courses avant tout le monde, des commerçants qui se croient libres le temps d'un express au bar, des postiers décuplés par l'envie d'en finir, je suis perdu au milieu de ça, j'aurais presque le sentiment de gêner, c'est la marée des certitudes qui tiendra le pavé jusqu'à ce soir. Le monde va droit vers son petit miracle d'organisation, c'est le moment où ça semble encore fonctionner, où ça a l'air cohérent. Les errants viendront plus tard, les chômeurs présument de leur désolation dans des salles de bains froides, les SDF commencent à peine de piétiner leur journée.
    Quand le monde se remet en route, ça fait un bruit pas possible. Faudrait arriver à parler fort pour participer à ça, mais dans la vie en vrai on ne prend jamais les trains en marche.
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  • Par FRANGA, le 18 août 2013

    Le plus émouvant dans le journal de 20 heures, c'est de savoir que tout le monde le regarde en même temps. Tous les soirs je suis de la belle fraternité, j'y participe, un peu en retrait, en spectateur. Le journal télévisé c'est comme les accidents au bord de la route, les gens s'arrêtent pour voir, même pas vraiment par compassion, d'avance ils savent qu'ils n'y peuvent rien. Chaque soir on est là par millions, à voir enfler le spectacle tout en se remplissant soi-même, de bière, de chips ou d'un vrai repas, pour la plupart ils sont à table comme moi, ils avalent à mesure que les sujets passent, ils s'enfoncent comme des pieux dans un désarroi total. Au même moment, tous les regards se portent sur les mêmes images, de la bicoque au fin fond de la Corrèze aux immeubles de la Cité d'Evry, des banlieues pavillonnaires au quartier du Mirail, des cellules de Fleury aux fermettes perdues sur le Causse, tout le monde joue à se faire peur, et c'est fatal, à force de regarder vient le goût de la surenchère, cette nécessité que chaque effet surclasse le précédent.
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  • Par FRANGA, le 16 août 2013

    C'est magique le téléphone portable, ça permet de ne même plus se voir, on s'appelle, on se dit qu'on se verra, mais d'abord il faudra qu'on se rappelle pour mettre tout ça au point, alors on se rappelle pour se dire quand, quand on va se voir, mais d'abord on se repassera un coup de fil pour confirmer tout ça, hein, à quelle heure, de quel jour ? Oui c'est ça, de toute façon on se rappelle pour mettre ça au point. Le portable c'est la télépathie sur forfait, la forme la plus extrapolée de présence, même les plus cyniques sont jouables.
    La classe vraiment c'est quand le portable sonne tout le temps, ça donne une importance, cette nécessité d'être joignable à tout moment, ça confine à la dignité. Rien n'est plus dévalorisant qu'un portable qui ne sonne pas, moi parfois au café je le mets sur la table, pour être sûr de bien entendre au cas où, et en fait non, je peux parfois me lire le journal entier et me commander trois cafés, sans que ça ait sonné une fois, de la journée il ne sonnera pas.Alors je le regarde, je l'empoigne, je vérifie, voir si ça capte bien, si le réseau est là, au pire je me réécoute un vieux message que j'ai archivé depuis une semaine, une voix d'hôtesse électronique m'annonce que mon message ne sera plus sauvegardé que pour une journée seulement, autant dire que demain ma messagerie sera vierge. C'est pas grave. Je me relaisserai un message, un de ceux que je me fais parfois pour être sûr que mon téléphone marche, rien n'est plus humiliant que de se faire suspendre le forfait, c'est bien là ce qui s'appelle être coupé du monde.
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  • Par FRANGA, le 26 août 2013

    Je ne serai jamais de ces époques où il y avait un choix définitif à faire, qui demandaient de s'en remettre à des valeur suprêmes, des époques où l'on se révélait héros d'avoir osé parler ou de s'être tu. Toute certitude sur ma bravoure relève de la seule projection. Faut-il en avoir dans le ventre pour aller se battre, ou plus encore en n'y allant pas ? Est-i plus louable de mourir pour une idée plutôt que de vivre tout simplement pour soi ? En m'épargnant ces questions, l'histoire aura fait de moi une ombre perdue dans sa propre paix, en quête de sa propre paix. Un partisan de l'espoir personnel, mais certainement pas un homme en paix.
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  • Par FRANGA, le 01 septembre 2013

    Chacun est l'enfant du vocabulaire qui l'a inventé. Dans mes premiers âges, mes parents ne me parlaient pas. La journée ils travaillaient, et le soir ils finissaient tard. Mais ils sont toujours restés. Plus d'une fois j'ai chialé, de peur qu'ils ne rentrent pas, de devenir fils unique à ce point là. Et pourtant, quand on se retrouvait à table, les week-ends surtout, on se taisait, c'était peut-être notre façon de s'aimer. Mon père souvent parlait alsacien, ma mère répondait en français, en général, elle ne répondait pas.
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Vidéo de Serge Joncour

Serge Joncour - L?écrivain national .
Serge Joncour vous présente son ouvrage « L?écrivain national ». Parution le 27 août 2014 aux éditions Flammarion. Rentrée littéraire 2014. http://www.mollat.com/livres/joncour-serge-ecrivain-national-9782081249158.html Notes de Musique : ?Flicker? (by Origamibiro). Free Music Archive.








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