ISBN : 2872822690
Éditeur : Lansman (2002)


Note moyenne : 4.5/5 (sur 4 notes) Ajouter à mes livres
Un retour au pays, une visite aux champs des morts, et voici tout un petit monde de l’ombre qui se met à se raconter, à râler, à invectiver le passant…jetant peu à peu une lumière singulière sur la vie d’un village tout au long d’un siècle.
Amours et haines, heur... > voir plus
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Critiques et avis(1)

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    • Livres 5.00/5
    Par mangeclous, le 17 novembre 2010

    mangeclous
    Un choc de lecture que cette pièce de théâtre, découverte grâce à l'interprétation qu'en a donnée la compagnie de la cordée (Fayence, 83). Poursuivons sur un billet de François Bon : "C'est en visitant un petit cimetière de la campagne française que m'est venue l'idée de construire une « polyphonie de l'au-delà » en redonnant la parole aux centaines de défunts enterrés depuis un siècle à Moret-sur-Raguse, village symbolique inventé de toutes pièces...
    Mais avant d'en arriver là, j'ai fait un tour de France des nécropoles rurales et j'ai réuni un ensemble de noms aux consonances bien françaises afin d'exclure tout exotisme. Hormis la géographie, purement imaginaire, du village en question, tout ce que je raconte dans ma pièce est authentique, au détail près, petite histoire et grande Histoire entremêlées.
    La mastication des morts est un « oratorio in progress ». C'est un travail sur le nombre et la mémoire, la petite mémoire fragile d'une multitude de voix qui s'inscrivent dans l'histoire d'une communauté.
    Il s'agit, dans l'accumulation des habitants du cimetière de Moret-sur-Raguse, d'entendre la singularité de chacun, sa langue propre qui, surgie d'outre-tombe, par-delà les corps, fait résonner en nous, morts en sursis, ces vivants d'un autre monde... De ce point de vue, La mastication des morts est une joyeuse tentative de réconciliation avec la mort que notre époque évacue systématiquement. Elle répond également au projet de Jean Genet d'un théâtre implanté au coeur même du cimetière et qui s'adresse à des gens capables, au plus profond de la nuit, d'affronter un mystère.
    Les morts que j'arrache momentanément de l'oubli en les mettant en scène ne connaissent ni la résignation de la tristesse, ni la brûlure de la plainte, ni horreur ni extase, ni enfer, ni paradis" A suivre sur son blog avec de nombreux extraits...

    Lien : http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article1001
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Citations et extraits

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  • Par mangeclous, le 17 novembre 2010

    Riboux Caroline
    (1967-1989)
    bonjour bonjour je suis l’idiote du village il y en a toujours une assise sur un banc de la place de la mairie ou debout devant l’élise la bave aux lèvres c’est moi le regard débile oh pas trop quand mais quand même au bout d’une minute à me demander le chemin pour Landon et la voiture repartait et ils disaient c’est fous tous ces idiots du village y a qu’ici qu’on voit ça faudrait les enfermer mais ça aussi je l’étais au service psychiatrique de l’hôpital de Landon quand maman ne pouvait plus me calmer avec les quatorze valiums par jour un an à crier hurler derrière la grille un an à griffer les murs taper contre la porte pisser sur moi et manger mes excréments typique disait le docteur typique j’étais une idiote typique et au bout d’un an j’étais encore l’idiote oui c’est moi l’idiote bonjour bonjour alors je suis restée à la maison avec maman et papa je cassais rout papa réparait maman pleurait et je crevais les yeux du chat et papa l’enterrait et maman pleurait et je poussais des grognements et des gémissements et maman me prenait dans ses bras et papa pleurait j’étais vraiment l’idiote l’idiote typique avec les gamins qui attachaient mon pied au banc ou me cachaient dans les toilettes de la mairie j’étais quand même l’idiote du village avec mon sourire béat à rester toute la journée dehors sans bouger avec cette mare de bave à mes pieds et à rentrer pour casser ce que papa avait rafistolé et me blottir dans le giron de maman faut les comprendre et je les comprends mais je ne pouvais rien dire mais rien de rien ne sortait typique pour une idiote de village typique sauf quand maman m’a fait boire du théralène mélangé à de l’aspirine et qu’enfin j’ai arrêté de respirer alors c’est venu d’un coup d’un seul je me suis mise à parler et à parler que je n’arrête plus mais bon typique vont dire typique pour l’idiote du village

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  • Par mangeclous, le 17 novembre 2010

    Triboulet Henri
    1923-1978
    pas poss’ pas croyab’
    rien senti
    rien du tout du tout
    comme une lettre à la poste j’ai passé
    comme une lettre à la poste

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  • Par verobleue, le 17 novembre 2010

    Sophie Larguit
    1936-1989
    Je ne suis pas morte je repose nuance
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