AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizForum
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2013949677
Éditeur : Hachette Education (2016)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.57/5 (sur 2224 notes)
Résumé :
Branle-bas de combat dans les ruelles napolitaines ! Octave a, en secret, épousé Hyacinthe, la jeune femme qu'il aime, mais voilà que son père a décidé à son tour de le marier à une inconnue ; quant à Léandre, c'est Zerbinette qu'il aime, mais son père en a lui aussi décidé autrement. Alors, que vont bien pouvoir faire ces deux jeunes gens sans le sou contre la puissance et l'autorité de leurs barbons de pères ? Faire appel à Scapin, bien sûr, le valet bondissant et... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.fr
Critiques, Analyses & Avis (77) Voir plus Ajouter une critique
Nastasia-B
Nastasia-B28 octobre 2013
  • Livres 5.00/5
C'est terrible quand la légende, quand la vie rêvée de quelqu'un dont on aimerait faire une idole, se voit contredite, mise à mal, voire mise en pièces par les éléments patents de la réalité. Plus j'explore les arcanes sombres des archives théâtrales, plus je vogue dans l'histoire dramatique mondiale, plus je lis à droite et à gauche, et plus je découvre de petits faits qui viennent entacher la belle aura de mon Molière.
Dès le collège, j'ai rencontré Molière et ai de suite aimé, emportée par son ton, sa plume, son traitement scénique.
J'ai adoré le Bourgeois Gentilhomme puis vint le moment, peu de temps après, de ma rencontre avec Les Fourberies de Scapin.
Je crois que j'avais encore mieux aimé cette dernière, j'avais fait des pieds et des mains pour que nous montions la pièce avec notre prof de français qui s'était laissée vaincre par mes élans d'enthousiasme, si rares (déjà pour l'époque nous disait-elle) chez les collégiens moyens que nous étions.
J'ai relu récemment un certain nombre de pièces de Molière ; certaines m'ayant fort déçues, d'autres, c'est le cas du Malade Imaginaire ou des Fourberies de Scapin, ayant tenu toutes leurs promesses.
Me voilà rassurée, le talent de mon idole du collège n'a pas tant terni que cela. Mais dans le même temps, je découvre beaucoup de pièces antiques, de Plaute ou Térence, notamment, je lis des auteurs français moins connus du XVIIème siècle et là, je me rends compte, que beaucoup de ce que je crois être du Molière est un repompage quasi intégral d'autres auteurs. Je me rends compte également que nombreuses sont les thèses de doctorat, les études, les critiques et les analyses sur la paternité réelle de Molière sur « ses » pièces.
Les bras m'en tombent, il faut que j'aille voir ça moi-même. Pas Scapin, tout de même, pas lui que j'aime tant, non, ce n'est pas possible à la fin !
Et si, ma grande, encore une désillusion, encore un mensonge dans la liste si longue des histoires qui te répugnent et que tu ne voudrais pas connaître...
L'ossature des Fourberies est en fait la pièce de Térence intitulée Phormion. le traitement de la pièce est une recopie intégrale des fameuses farces de la Commedia Dell'Arte. Et enfin, le coup de grâce, la scène, non !, pas la scène, LA scène, le fameux « Mais que diable allait-il faire dans cette galère ! », même celle-là n'est pas de lui. C'est un authentique plagiat de Cyrano de Bergerac dans sa pièce le Pédant Joué de 1654.
Le talent de Molière ne serait-il que d'être un génial compilateur ? Aïe ! que j'ai mal à ma légende, que son image se brise et s'effrite ! Sans compter que l'analyse académique très pointue réalisée en 2008 sur le lexique de sa pièce en vers le Tartuffe révèle avec une quasi certitude qu'elle aurait été écrite par Corneille, et PAN ! encore une vitrine qui s'effondre.
Je découvre que dès l'époque on lui reproche ses plagiats et que c'est même la principale critique à son talent, tant d'écrivain que d'acteur que de metteur en scène (de nos jours il ne nous reste que les textes, mais il semble bien que sur le jeu d'acteur, les costumes et la mise en scène, c'était pareil). On lui reproche de copier tout ce qui marche ou qui a du succès et de le faire sien puis de se l'attribuer en propre.
Aïe ! ma légende, que je souffre tout d'un coup à vouloir te conserver. Il me reste soit le choix de te piétiner, soit celui de fermer mes écoutilles et de ne rien entendre, de continuer à te vénérer comme dans n'importe quelle croyance divine quelles que soient les preuves matérielles irréfutables. Je ne sais encore que choisir. Et la langue de Molière, alors ? Ne parlerais-je que le tissu plagiaire d'une bordée d'anonymes ?! C'est bien possible.
Ah ! Les Fourberies de Poquelin ! Un faquin ce Molière, en somme. On sait qu'il aurait beaucoup souhaité s'adonner au drame satyrique, voire à la tragédie plutôt qu'à la comédie. Et il est vrai que sa soif d'exprimer des messages sociaux ou politiques forts fut parfois muselée tant par la férule du roi soleil et de sa cour que par le style auquel il fut, un peu contre son gré, cantonné. Est-ce la raison intime pour laquelle Molière se serait adonné ainsi à la comédie, en faisant "ce qu'on lui demande" ou bien "ce qui marche auprès du public" et en s'y investissant personnellement assez peu pour ne pas répugner de voler de la matière à d'autres ? C'est ce que j'ai envie de croire. On a du mal à se figurer le réseau de contraintes qui s'exerçaient sur un artiste tel que lui à l'époque et c'est l'excuse que je veux lui donner.
Pourtant il faut bien que je vous parle de cette pièce. Ici, on peut dire que Molière fait si bien ce pourquoi on l'attend, réalise une pièce si réussie de bout en bout que cette comédie est devenue un archétype, que dis-je, LA comédie par excellence. Pas de message fort, pas de grande dénonciation (même si l'on voit poindre deci-delà des piques envers qui vous savez), par contre, un jeu scénique réglé au millimètre (même si le millimètre n'existait pas encore !), des gags et des dialogues qui font mouche, notamment, la fameuse scène 7 de l'acte II entre Géronte et Scapin et sa sublime récurrence « Que diable allait-il faire dans cette galère ? » qui est passée dans le langage courant (et ça, c'est bien à Molière qu'on le doit et non à Cyrano de Bergerac).
J'oserais presque, si vous me le permettiez, tenter une comparaison entre Molière et René Goscinny, qui lui aussi aurait tant souhaité se faire remarquer autrement que par des sujets légers et qui lui aussi nous a légué de ces récurrences géniales du genre : « les derniers irréductibles », « être tombé dedans quand on était petit », « vouloir être calife à la place du calife », « tirer plus vite que son ombre », etc., etc. En somme, la prochaine fois que vous direz « Pouah ! quelle galère ! », sachez que Monsieur Molière y est peut-être pour quelque chose, même s'il n'en est pas le géniteur véritable et authentifié.
L'histoire, c'est à peine si j'ose tellement elle est connue de tous. Deux fils de bourgeois tombés amoureux, contre la volonté de leur père avare respectif, de deux filles belles comme l'aube mais dont le mariage est impossible. Par l'entremise de Scapin et de sa roublardise, il faudra arriver à arranger tout ça et, si possible, rogner quelques écus au passage aux deux vieux radins. Tout s'arrangera bien vraisemblablement, mais au fait, j'y pense, qui sont-elles ces deux beautés féminines ?
Et malgré tout ce que j'ai écrit plus haut, malgré toutes les limitations qu'on peut faire, quel bonheur quand Molière fait s'agiter les personnages autour de nous comme une volée de moineaux en cage, c'est drôle, c'est plaisant, c'est vivant, c'est du grand théâtre et ça se mange sans faim, du moins c'est mon avis, mon tout petit avis, plus petit et piteux aujourd'hui que jamais, c'est-à-dire, pas grand-chose.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          866
Gwen21
Gwen2119 novembre 2012
  • Livres 5.00/5
C'est avec Scapin que j'ai fait connaissance avec la comédie made by Molière (oui, c'est terrible d'utiliser de l'anglais pour parler de notre cher dramaturge national mais c'est fait exprès, je sentais que vous aviez les mâchoires crispées, les faire grincer vous fera sans doute du bien).
Revenons à notre cher Jean-Bapt.
J'ai aimé Molière parce que j'ai aimé Scapin. C'est Scapin, sa ruse, son humanité et ses facéties qui m'ont charmée et donné envie d'en découvrir encore plus sur l'oeuvre du Maître.
Allez, ma critique sera courte, je vous épargnerai la galère !
Commenter  J’apprécie          280
thedoc
thedoc20 mai 2016
  • Livres 4.00/5
Grand classique de Molière, « Les fourberies de Scapin » nous plonge dans l'ambiance de la commedia dell'arte où quiproquos, tromperies, retournements de situations et coups de bâton se multiplient.
A Naples, deux jeunes garçons sont amoureux. Profitant de l'absence de leurs pères respectifs, l'un, Octave, épouse en secret Hyacinthe, une jeune fille pauvre et d'origine inconnue, tandis que l'autre, Léandre, conte fleurette à Zerbinette, une égyptienne. Mais malheur ! Voici que les pères, Argante et Géronte, rentrent de voyage avec des projets de mariage pour leurs enfants. Les garçons se croient perdus et ne savent plus que faire. Heureusement, Scapin, le valet de Léandre, a plus d'un tour dans son sac pour venir en aide aux jeunes hommes.
Personnages hauts en couleur, rythme soutenu, intrigues burlesques, c'est du Molière dans toute sa splendeur. L'auteur ici se déchaîne dans l'art de la tromperie et de la drôlerie. Scapin, intelligent et fourbe, est celui par qui tout s'arrange, forcément : l'avarice est punie et l'amour est récompensé. Avec en plus, une fin que je n'avais pas vu venir. Le tout dans la belle langue de Molière.
Une pièce à lire et à relire sans ennui.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          240
GODON
GODON20 mai 2016
  • Livres 4.00/5
Molière, qui a capté les situations comiques universelles!
Typiquement «Les Fourberies de Scapin», tout le monde les a vécus. La pièce est tellement juste, qu'on pourrait dire en quelque sorte qu'elle est capable de s'engendrer elle-même, comme dans cette anecdote :
Mon idiot de frère qui est maintenant tout à fait adoubé par l'université… Etait dans sa jeunesse, disons, un petit peu limite question culture générale, coté littérature c'était carrément grave! Sans doute le résultat d'une guerre déclarée à l'école, aux enseignants, aux enseignements…
Après la fin de cette guerre, momentanément perdue, par passion des voyages, il découvrait les US et à quoi pouvait servir l'anglais!
Un jour il se retrouve à Stanford, une adresse que je lui avais donnée… Très bien reçu par ce copain que j'avais connu à la chorale de la Sorbonne, qui avait passé un an à Paris, parlait très bien français et était le gars qui savait réellement apprécier un motet de Monteverdi…
Ce copain suivait un cursus de français à Stanford et il proposa à mon frère sur place, de suivre un de ses cours en amphi. le professeur était au parfum... Il faisait son cours sur les fourberies de Scapin. Après probablement quelques effets théâtraux et oratoires, il tourna autour du pot et de la phrase clé des galères, qu'il ne cita pas, à dessein puisqu'il enchaina sur une digression : «Nous avons dans l'amphi, par chance, un français. Savez vous que les français sont très cultivés! Ils connaissent tous, les pièces classiques! Ainsi au hasard sur cette pièce que nous étudions, le jeune français dans la salle, connait par coeur la réplique clé de la pièce… N'est ce pas?».
Soudain tout le monde se tourne vers lui. C'était un guet apens… C'était du « live », rien n'était truqué!
Je suis toujours mort de rire à l'idée qu'il a fait ressurgir la bonne réponse du fond du néant. Oui, c'est venu! Trop fort pour ne pas perdre la face!
L'histoire ne dit pas ce que le prof qui jouait le rôle du turc attendait? Peut-être n'avait-il pas de doutes? Mais je suis sûr qu'il n'a jamais pu se rendre compte du fait qu'il avait crée, une vraiment super belle galère!! Qu'il avait été un super maudit turc!!
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          191
sabine59
sabine5908 décembre 2015
  • Livres 4.00/5
Voilà une comédie trépidante,enlevée, qui utilise à merveille tous les ressorts du comique! Malgré l'obstacle de la langue et des moeurs du 17ème siècle, elle plait beaucoup aux élèves.C'est toujours magique de constater que Molière enchante encore et cela prouve sa modernité pour l'époque.
Bon, petite piqûre de rappel ( car souvenirs lointains de collège, en général !) :
Octave, jeune homme timide et assez peureux ( pour ne pas dire lâche ...) apprend avec inquiétude le retour de son père, Argante.En effet, pendant son absence, il a épousé la délicieuse et tendre Hyacinte, donc sans le consentement paternel, alors qu'on le destinait à une autre jeune fille ( Quoi ?? On ne peut pas épouser qui on veut ? Réflexion indignée d'élèves...) de son côté, Léandre , fils de Géronte,est amoureux de Zerbinette, enlevée par des Egyptiens qui demandent une rançon.Bien fâcheuse situation pour ces deux couples.Mais c'était compter sans Scapin, valet et pourtant le maître du jeu, qui va, par ses multiples ruses, régler tous les problèmes.Géronte, en raison de son avarice, va lui résister cependant. On ne sourcille même pas devant les grossières ficelles qui permettent de réunir les couples et de réconcilier les familles , tant notre plaisir est grand, à la lecture de cette pièce.Certaines scènes sont hilarantes et demandent un grand don de comédien, notamment celle où Scapin contrefait différentes voix.Et il s'en sort à la fin par une dernière ruse, nous n'avons pas pensé un seul instant qu'il serait pendu !
Bref, une pièce que j'affectionne et que j'apprécie d'étudier en classe.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          192
Citations & extraits (58) Voir plus Ajouter une citation
sld09sld0922 août 2016
Et je hais ces cœurs pusillanimes qui pour trop prévoir les suites des choses n'osent plus rien entreprendre.
Commenter  J’apprécie          40
Nastasia-BNastasia-B28 octobre 2013
GÉRONTE : Pourquoi venez-vous ici me rire au nez ?
ZERBINETTE : Cela ne vous regarde point, et je ris toute seule d’un conte qu’on vient de me faire, le plus plaisant qu’on puisse entendre. Je ne sais pas si c’est parce que je suis intéressée dans la chose ; mais je n’ai jamais trouvé rien de si drôle qu’un tour qui vient d’être joué par un fils à son père, pour en attraper de l’argent.
GÉRONTE : Par un fils à son père, pour en attraper de l’argent ?
ZERBINETTE : Oui. Pour peu que vous me pressiez, vous me trouverez assez disposée à vous dire l’affaire, et j’ai une démangeaison naturelle à faire part des contes que je sais.

Acte III, Scène 3.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          190
genougenou10 août 2015
Vous vous moquez, la tranquillité en amour est un calme désagréable. Un bonheur tout uni nous devient ennuyeux. Il faut du haut et du bas dans la vie. Et les difficultés qui se mêlent aux choses réveillent les ardeurs augmentent les plaisirs.

(Les fourberies de Scapin)
Commenter  J’apprécie          300
PaluzziPaluzzi20 août 2010
Octave.

Ah! Scapin, si tu pouvais trouver quelque intention, forger quelque machine, pour me tirer de la peine où je suis, je croirais t'être redevable de plus que de la vie.

Scapin.

À vous dire la vérité, il y a peu de choses qui me soient impossibles, quand je veux m'en mêler. J'ai sans doute reçu du Ciel un génie assez beau pour toutes les fabriques de ces gentillesses d'esprit, de ces galanteries ingénieuses, à qui le vulgaire ignorant donne le nom de fourberies...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          160
sheilasheila05 novembre 2014
GÉRONTE: Ah! le pendard de Turc! m'assassiner de la façon.
SCAPIN: C'est à vous, Monsieur, d'aviser promptement aux moyens de sauver des fers un fils que vous aimez avec tant de tendresse.
GÉRONTE: Que diable allait-il faire dans cette galère?
SCAPIN: Il ne songeait pas à ce qui est arrivé.
GÉRONTE: Va-t'en, Scapin, va-t'en dire à ce Turc que je vais envoyer la justice après lui.?
SCAPIN: La justice en pleine mer! Vous moquez-vous des gens?
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          140
Videos de Molière (30) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de  Molière
Adaptation cinématographique, selon le texte original, des cinq actes du Misanthrope de Molière, dans une mise en scène de Bernard Dhéran. Une production Paris Télévision en 1958. Comédiens : Anouk Ferjac, Giselle Touret, Jacques Ciron, François Valère, Alain Raffaël, Yves Berthial, Jean-Marie Lormont, Jacques Charon, Bernard Dhéran et Madeleine Delavaivre.
Dans la catégorie : Littérature dramatiqueVoir plus
>Littérature (Belles-lettres)>Littérature des langues romanes. Littéraure française>Littérature dramatique (842)
autres livres classés : théâtreVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.fr





Quiz Voir plus

Les Fourberies De Scapin.

Qui est Octave pour Hyacinte ?

Son frere
Son pere
Son amant
Son valet

8 questions
82 lecteurs ont répondu
Thème : Les fourberies de Scapin de MolièreCréer un quiz sur ce livre
. .