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ISBN : 2218978490
Éditeur : Hatier (2014)

Existe en édition audio



Note moyenne : 3.54/5 (sur 1429 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Branle-bas de combat dans les ruelles napolitaines ! Octave a, en secret, épousé Hyacinthe, la jeune femme qu'il aime, mais voilà que son père a décidé à son tour de le marier à une inconnue ; quant à Léandre, c'est Zerbinette qu'il aime, mais son père en a lui aussi dé... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Nastasia-B, le 28 octobre 2013

    Nastasia-B
    C'est terrible quand la légende, quand la vie rêvée de quelqu'un dont on aimerait faire une idole, se voit contredite, mise à mal, voire mise en pièces par les éléments patents de la réalité. Plus j'explore les arcanes sombres des archives théâtrales, plus je vogue dans l'histoire dramatique mondiale, plus je lis à droite et à gauche, et plus je découvre de petits faits qui viennent entacher la belle aura de mon Molière.
    Dès le collège, j'ai rencontré Molière et ai de suite aimé, emportée par son ton, sa plume, son traitement scénique.
    J'ai adoré Le bourgeois gentilhomme puis vint le moment, peu de temps après, de ma rencontre avec Les Fourberies de Scapin.
    Je crois que j'avais encore mieux aimé cette dernière, j'avais fait des pieds et des mains pour que nous montions la pièce avec notre prof de français qui s'était laissée vaincre par mes élans d'enthousiasme, si rares (déjà pour l'époque nous disait-elle) chez les collégiens moyens que nous étions.
    J'ai relu récemment un certain nombre de pièces de Molière ; certaines m'ayant fort déçues, d'autres, c'est le cas du Malade Imaginaire ou des Fourberies de Scapin, ayant tenu toutes leurs promesses.
    Me voilà rassurée, le talent de mon idole du collège n'a pas tant terni que cela. Mais dans le même temps, je découvre beaucoup de pièces antiques, de Plaute ou Térence, notamment, je lis des auteurs français moins connus du XVIIème siècle et là, je me rends compte, que beaucoup de ce que je crois être du Molière est un repompage quasi intégral d'autres auteurs. Je me rends compte également que nombreuses sont les thèses de doctorat, les études, les critiques et les analyses sur la paternité réelle de Molière sur « ses » pièces.
    Les bras m'en tombent, il faut que j'aille voir ça moi-même. Pas Scapin, tout de même, pas lui que j'aime tant, non, ce n'est pas possible à la fin !
    Et si, ma grande, encore une désillusion, encore un mensonge dans la liste si longue des histoires qui te répugnent et que tu ne voudrais pas connaître...
    L'ossature des Fourberies est en fait la pièce de Térence intitulée Phormion. le traitement de la pièce est une recopie intégrale des fameuses farces de la Commedia Dell'Arte. Et enfin, le coup de grâce, la scène, non !, pas la scène, LA scène, le fameux « Mais que diable allait-il faire dans cette galère ! », même celle-là n'est pas de lui. C'est un authentique plagiat de Cyrano de Bergerac dans sa pièce le Pédant Joué de 1654.
    Le talent de Molière ne serait-il que d'être un génial compilateur ? Aïe ! que j'ai mal à ma légende, que son image se brise et s'effrite ! Sans compter que l'analyse académique très pointue réalisée en 2008 sur le lexique de sa pièce en vers Le tartuffe révèle avec une quasi certitude qu'elle aurait été écrite par Corneille, et PAN ! encore une vitrine qui s'effondre.
    Je découvre que dès l'époque on lui reproche ses plagiats et que c'est même la principale critique à son talent, tant d'écrivain que d'acteur que de metteur en scène (de nos jours il ne nous reste que les textes, mais il semble bien que sur le jeu d'acteur, les costumes et la mise en scène, c'était pareil). On lui reproche de copier tout ce qui marche ou qui a du succès et de le faire sien puis de se l'attribuer en propre.
    Aïe ! ma légende, que je souffre tout d'un coup à vouloir te conserver. Il me reste soit le choix de te piétiner, soit celui de fermer mes écoutilles et de ne rien entendre, de continuer à te vénérer comme dans n'importe quelle croyance divine quelles que soient les preuves matérielles irréfutables. Je ne sais encore que choisir. Et la langue de Molière, alors ? Ne parlerais-je que le tissu plagiaire d'une bordée d'anonymes ?! C'est bien possible.
    Ah ! Les Fourberies de Poquelin ! Un faquin ce Molière, en somme. On sait qu'il aurait beaucoup souhaité s'adonner au drame satyrique, voire à la tragédie plutôt qu'à la comédie. Et il est vrai que sa soif d'exprimer des messages sociaux ou politiques forts fut parfois muselée tant par la férule du roi soleil et de sa cour que par le style auquel il fut, un peu contre son gré, cantonné. Est-ce la raison intime pour laquelle Molière se serait adonné ainsi à la comédie, en faisant "ce qu'on lui demande" ou bien "ce qui marche auprès du public" et en s'y investissant personnellement assez peu pour ne pas répugner de voler de la matière à d'autres ? C'est ce que j'ai envie de croire. On a du mal à se figurer le réseau de contraintes qui s'exerçaient sur un artiste tel que lui à l'époque et c'est l'excuse que je veux lui donner.
    Pourtant il faut bien que je vous parle de cette pièce. Ici, on peut dire que Molière fait si bien ce pourquoi on l'attend, réalise une pièce si réussie de bout en bout que cette comédie est devenue un archétype, que dis-je, LA comédie par excellence. Pas de message fort, pas de grande dénonciation (même si l'on voit poindre deci-delà des piques envers qui vous savez), par contre, un jeu scénique réglé au millimètre (même si le millimètre n'existait pas encore !), des gags et des dialogues qui font mouche, notamment, la fameuse scène 7 de l'acte II entre Géronte et Scapin et sa sublime récurrence « Que diable allait-il faire dans cette galère ? » qui est passée dans le langage courant (et ça, c'est bien à Molière qu'on le doit et non à Cyrano de Bergerac).
    J'oserais presque, si vous me le permettiez, tenter une comparaison entre Molière et René Goscinny, qui lui aussi aurait tant souhaité se faire remarquer autrement que par des sujets légers et qui lui aussi nous a légué de ces récurrences géniales du genre : « les derniers irréductibles », « être tombé dedans quand on était petit », « vouloir être calife à la place du calife », « tirer plus vite que son ombre », etc., etc. En somme, la prochaine fois que vous direz « Pouah ! quelle galère ! », sachez que Monsieur Molière y est peut-être pour quelque chose, même s'il n'en est pas le géniteur véritable et authentifié.
    L'histoire, c'est à peine si j'ose tellement elle est connue de tous. Deux fils de bourgeois tombés amoureux, contre la volonté de leur père avare respectif, de deux filles belles comme l'aube mais dont le mariage est impossible. Par l'entremise de Scapin et de sa roublardise, il faudra arriver à arranger tout ça et, si possible, rogner quelques écus au passage aux deux vieux radins. Tout s'arrangera bien vraisemblablement, mais au fait, j'y pense, qui sont-elles ces deux beautés féminines ?
    Et malgré tout ce que j'ai écrit plus haut, malgré toutes les limitations qu'on peut faire, quel bonheur quand Molière fait s'agiter les personnages autour de nous comme une volée de moineaux en cage, c'est drôle, c'est plaisant, c'est vivant, c'est du grand théâtre et ça se mange sans faim, du moins c'est mon avis, mon tout petit avis, plus petit et piteux aujourd'hui que jamais, c'est-à-dire, pas grand-chose.
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    • Livres 5.00/5
    Par Gwen21, le 19 novembre 2012

    Gwen21
    C'est avec Scapin que j'ai fait connaissance avec la comédie made by Molière (oui, c'est terrible d'utiliser de l'anglais pour parler de notre cher dramaturge national mais c'est fait exprès, je sentais que vous aviez les mâchoires crispées, les faire grincer vous fera sans doute du bien).
    Revenons à notre cher Jean-Bapt.
    J'ai aimé Molière parce que j'ai aimé Scapin. C'est Scapin, sa ruse, son humanité et ses facéties qui m'ont charmée et donné envie d'en découvrir encore plus sur l'oeuvre du Maître.
    Allez, ma critique sera courte, je vous épargnerai la galère !
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    • Livres 4.00/5
    Par Bilonico, le 19 septembre 2012

    Bilonico
    Une pièce de Molière assez jubilatoire pour le lecteur et le spectateur.
    En effet, Molière joue explicitement et de manière répétée sur le plaisir ressenti à voir le bourgeois, figure du maître non naturel (à l'inverse du noble), dupé par son serviteur.
    Nous retrouvons la finesse de Molière qui sait manier avec génie la transgression relative, navigant finement entre la dénonciation du rapport de domination et la préservation de l'ordre établi.
    On retrouve également un thème récurrent chez Molière : le bon sens pratique et la finesse d'analyse des serviteurs face à la crédulité et l'empressement des maîtres bourgeois.
    Un plaisir de lecture porté à son apogée avec la scène du bateau et des pirates.
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    • Livres 4.00/5
    Par Ewylyn, le 23 février 2014

    Ewylyn
    Une excellente pièce signée Molière. C'est une pièce que j'avais déjà lue, mais son souvenir s'est un brin effacé sauf les rires qu'il m'avait procurés à l'époque. En le relisant, j'avoue qu'il est réellement drôle et bien pensé.
    Le style change radicalement du Misanthrope, c'est à la prose que nous avons affaire et non plus à des vers. Ce qui a dû profondément choquer, puisque Boileau prônait les vers pour faire du théâtre. Toutefois, j'ai adoré lire cette pièce, le style est simple et efficace, bien que le langage soit celui de l'époque de Molière. le récit est court, car il s'articule autour de trois actes, cependant, c'est agréable à lire, fluide et drôle.
    Chaque acte est centré sur un élément, un événement. le premier acte permet de mettre en place tous les personnages, d'implanter les différents nœuds scénaristiques. le deuxième nous offre toute la ruse, l'habilité, le grandiose du protagoniste qu'est Scapin ; ce dernier nous montre comment il s'y prend pour mener à bien ses affaires, à savoir soustraire de l'argent à Géronte et Argante, les deux pères. le dernier acte, c'est le final. le final est sympathique, drôle à l'image de la pièce elle-même, il présente surtout un dénouement aussi curieux qu'imprévu. J'ai été très surprise par la fin.
    Les personnages sont intéressants. J'ai une très large préférence pour Scapin pour sa personnalité, mais les autres sont très attachants, parce qu'ils nous font rire. Pour plusieurs raisons, leur avarice, leur colère, leur sottise... Seul Sylvestre sort son épingle du jeu, car il est loyal, dévoué à son maître, il a beau prévenir des malheurs qui attendent Scapin s'il continue ses manigances. Octave est gentil, il est amoureux et ses élans le poussent tour à tour à la crainte des pères et à l'impulsivité, la force dont il fait preuve pour que son mariage soit accepté. Léandre est un peu plus fier, colère, je l'apprécie moins, mais son histoire avec Zerbinette est sympathique.
    Hyacinthe est une jeune fille pour le moins étrange, elle semble peu confiante au sujet de l'amour, parfois un brin pleurnicheur. Tandis que Zerbinette, même si elle est plus vive d'esprit, n'hésite pas à confier au premier venu, quitte à mal faire. Les deux pères sont avares, ce qui donne lieu à de très belles scènes mémorables entre chacun d'eux et Scapin. Seul Argante paraît être moins ridicule que Géronte.
    La force majeure de la pièce ne vient pas aux deux intrigues amoureuses, mais du personnage principal Scapin : hardi, un peu fanfaron, sans scrupule. Il est déconcertant, mais rien ne le déconcerte, il possède un art sans pareil pour redresser habilement des situations complexes, n'hésitant pas à employer la ruse, l'humiliation et d'autres stratagèmes. Ce que j'adore chez Molière, c'est sa principale qualité de parvenir à se moquer des travers des hommes, des travers de sa société avec élégance et humour.
    En conclusion, c'est une pièce très drôle rythmée par des protagonistes hauts en couleur, attachants et bien dépeints par Molière. le style en prose est fluide et agréable à lire, les répliques donnent de la vie, Scapin est un personnage inoubliable, sa personnalité est extraordinaire. J'ai adoré lire cette pièce drôle, sympathique et bien écrite, où tout le génie de son auteur transparaît. Elle est divertissante et plaisante à lire, c'est une excellente lecture.

    Lien : http://la-citadelle-des-livres.skyrock.com/3208775359-Les-fourberies..
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    • Livres 5.00/5
    Par Jennie, le 02 mai 2012

    Jennie
    Les fourberies de Scapin est ma première pièce de théâtre et comme on dit : "Il y a toujours un début pour tout. " et pour moi ça a été pour le genre théâtrale.
    Au début, je n'aimais pas le genre théâtrale mais après avoir lu et joué Les fourberies de Scapin j'ai changé d'avis. A certains passages des grands moments de fous rires avec ma classe. le fait de l'avoir joué m'a fait aimer ce genre littéraire. Il n'y a qu'une chose à dire : "Lisez-le!!!"
    P.S.: Je remercie ma professeur de m'avoir fait lire ce livre.
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Citations et extraits

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  • Par zizza, le 19 octobre 2014

    Acte I, scène 1.

    OCTAVE - Ah! fâcheuses nouvelles pour un coeur amoureux! Dures extrémités où je me vois réduit! Tu viens, Sylvestre, d'apprendre au port que mon père revient?
    SYLVESTRE - Oui.
    OCTAVE - Qu'il arrive ce matin même?
    SYLVESTRE - Ce matin même.
    OCTAVE - Et qu'il revient dans la résolution de me marier?
    SYLVESTRE - Oui.
    OCTAVE - Avec une fille du seigneur Géronte?
    SYLVESTRE - Du seigneur Géronte.
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  • Par Nastasia-B, le 28 octobre 2013

    GÉRONTE : Pourquoi venez-vous ici me rire au nez ?
    ZERBINETTE : Cela ne vous regarde point, et je ris toute seule d’un conte qu’on vient de me faire, le plus plaisant qu’on puisse entendre. Je ne sais pas si c’est parce que je suis intéressée dans la chose ; mais je n’ai jamais trouvé rien de si drôle qu’un tour qui vient d’être joué par un fils à son père, pour en attraper de l’argent.
    GÉRONTE : Par un fils à son père, pour en attraper de l’argent ?
    ZERBINETTE : Oui. Pour peu que vous me pressiez, vous me trouverez assez disposée à vous dire l’affaire, et j’ai une démangeaison naturelle à faire part des contes que je sais.

    Acte III, Scène 3.
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  • Par Paluzzi, le 20 août 2010

    Octave.

    Ah! Scapin, si tu pouvais trouver quelque intention, forger quelque machine, pour me tirer de la peine où je suis, je croirais t'être redevable de plus que de la vie.

    Scapin.

    À vous dire la vérité, il y a peu de choses qui me soient impossibles, quand je veux m'en mêler. J'ai sans doute reçu du Ciel un génie assez beau pour toutes les fabriques de ces gentillesses d'esprit, de ces galanteries ingénieuses, à qui le vulgaire ignorant donne le nom de fourberies...
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  • Par PiertyM, le 03 mars 2014

    La tranquillité en amour est un calme désagréable. Un bonheur tout uni nous devient ennuyeux; il faut du haut et du bas dans la vie; et les difficultés qui se mêlent aux choses, réveillent les ardeurs, augmentent les plaisirs.

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  • Par Ewylyn, le 11 février 2014

    A vous dire la vérité, il y a peu de choses qui me soient impossibles, quand je m'en veux mêler. J'ai sans doute reçu du Ciel un génie assez beau pour toutes les fabriques de ces gentillesses d'esprit, de ces galanteries ingénieuses ; et je puis dire sans vanité qu'on a guère vu d'homme qui fût plus habile ouvrier de ressorts et d'intrigue, qui ait acquis plus de gloire que moi dans ce noble métier. Mais, ma foi, le mérite est trop maltraité aujourd'hui, et j'ai renoncé à toutes choses depuis certain chagrin d'une affaire qui m'arriva.
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