ISBN : 2226188614
Éditeur : Albin Michel (2008)

Existe en édition audio



Note moyenne : 3.54/5 (sur 145 notes) Ajouter à mes livres
Saad veut quitter Bagdad, son chaos, pour gagner l'Europe, la liberté, un avenir. Mais comment franchir les frontières sans un dinar en poche ? Comment, tel Ulysse, affronter les tempêtes, survivre aux naufrages, échapper aux trafiquants d'opium, ignorer le chant des si... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Alcapone, le 26 décembre 2011

    Alcapone
    Ulysse from Bagdad, raconte le voyage de Saad, un jeune Bagdadi fuyant la dictature de Saddam Hussein. Alors que Saad était promis à un avenir brillant, sa vie bascule dans l'horreur : avec la guerre Iran-Irak (1980-1988) et la seconde guerre du Golfe (1990-1991) sanctionnée par le blocus américain sur le pays, Saad voit mourir ses proches les uns après les autres. Saad qui signifie "triste" ou "espoir" selon si l'on retient la traduction anglaise ou arabe, décide de braver tous les obstacles pour aller s'installer à Londres. Il espère y trouver un asile où il pourra travailler pour subvenir aux besoins de sa famille restée en Irak. Apprenti terroriste, puis transporteur d'antiquités à Bagdad, gigolo de fortune au Caire, fiancé en Sicile, accueilli en France par les partisans du combat pour les sans-papiers, Saad poursuit sans relâche un rêve qui ne cessera de l'obséder. A travers cet exil, il cherche un sens à sa vie, lui qui désormais n'est plus qu'un clandestin. Aidé durant son périple par les apparitions de son père, Saad mène un combat dont l'issue ne dépendra que de lui. de tout ce qui constitue le quotidien des clandestins : la faim, la pauvreté, les interrogatoires, les passages à tabac, l'humiliation, le racisme, rien n'est épargné au jeune homme. Pourtant la réponse à ses souffrances, se trouve en lui. Il n'appartient qu'à lui de choisir sa destinée : celle d'un Saad triste ou celle d'un Saad, qui symboliserait l'espoir...
    Calquant son histoire sur certains épisodes de L'Odyssée d'Ulysse, Eric-Emmanuel Schmitt soulève au délà du thème des clandestins et de la guerre en Irak, la question de l'identité : si ce roman peut sembler banal au premier abord, j'ai trouvé qu'il abordait avec finesse, un sujet bien plus universel que ce qu'il n'y parait. Ainsi "L'homme lutte contre la peur mais, contrairement à ce qu'on répète toujours, cette peur n'est pas celle de la mort, car la peur de la mort, tout le monde ne l'éprouve pas, certains n'ayant aucune imagination, d'autres se croyant immortels, d'autres encore espérant des rencontres merveilleuses après leur trépas ; la seule peur universelle, la peur unique, celle qui conduit toutes nos pensées, c'est la peur de n'être rien. p.231 A mon sens, cette fuite, cet exil de Saad n'est que le décor nécessaire à Schmitt pour questionner son lecteur car finalement, peu importe les épreuves affrontées par le héros. Peut-être que je me trompe sur le sens donné à ce roman mais il me plait de penser que Schmitt souhaitait avant tout contextualiser sa réflexion. Il n'y a qu'à suivre les dialogues entre le fils et le père (que j'ai lus avec grand plaisir). Bien sûr, on aime ou on aime pas et l'écriture de Schmitt toujours empreinte de moralisme et de philosophie, peut agacer. Mais pour ma part, j'ai été touchée par ce roman qui a bien plus à donner que ce que l'on peut croire. J'ai trouvé le parallélisme avec les aventures d'Ulysse bien choisi et cela m'a donné envie de découvrir L'illiade et L'Odyssée d'Homère. Peut-être est-ce un bon raccourci pour ceux qui n'aiment pas Schmitt ? Moi, ce livre m'a plu.

    Lien : http://livresacentalheure-alcapone.blogspot.com/2011/12/ulysse-from-..
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    Critique de qualité ? (13 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par le-bibliomane, le 02 janvier 2009

    le-bibliomane
    L'Antiquité grecque, avec ses mythes et ses personnages légendaires, revient à la mode depuis quelques temps chez nos auteurs contemporains : Laurent Gaudé revisite le mythe d'Orphée avec « La porte des enfers », Vincent Delecroix consacre un ouvrage au plus grand héros de la guerre de Troie avec son « Tombeau d'Achille » et – jusque dans le domaine de la science-fiction – Dan Simmons réinterprète l'Iliade avec sa décevante dilogie « Ilium - Olympos ».
    Et voici qu'Eric-Emmanuel Schmitt se prend lui aussi au jeu en remettant au goût du jour « l'Odyssée », nous faisant ainsi partager le destin et les aventures d'un Ulysse du XXIe siècle.
    Le personnage qu'il met en scène, pourtant, n'est pas grec et n'est pas natif de la petite île d'Ithaque. Non, ce moderne Ulysse est irakien et a grandi à Bagdad. Il s'appelle Saad Saad, est âgé d'une vingtaine d'années, et n'a connu jusqu'ici que le régime de Terreur instauré par Saddam Hussein.
    Chez les Saad, une famille de la classe moyenne, on s'accomode tant bien que mal du régime dictatorial en faisant en sorte de ne pas trop se faire remarquer des autorités. le père, bibliothécaire, féru de littérature, cache dans sa cave des ouvrages proscrits par le régime et qu'il préserve ainsi de la destruction.
    Saad grandit dans un appartement, seul garçon au milieu de ses quatre soeurs, chéri par ses parents.
    Les années passent, sous le regard omniprésent du dictateur dont les portraits s'étalent dans toutes les rues, toutes les boutiques, toutes les administrations.
    Vient l'année 1990 et l'invasion du Koweït, puis la riposte occidentale et les années d'embargo. Ce blocus, destiné à faire plier le tyran ne sera en fait une punition que pour la population de ce pays, population qui verra s'amenuiser la nourriture, les médicaments et toutes les commodités permettant de vivre décemment.
    Au cours de ces années, devenu étudiant, Saad – ulcéré par la déliquescence de son pays, la corruption galopante, la cruauté et l'indifférence de Saddam Hussein envers son peuple – va intégrer un petit groupe d'amis – étudiants eux aussi – qui s'opposent – de manière bien inoffensive et bien naïve – à la politique du chef de l'État Irakien. C'est au sein de ce petit groupe qu'il va rencontrer celle dont il va sans tarder tomber éperdument amoureux: Leila.
    Puis arrive le 11 septembre 2001, immédiatement suivi par la guerre en Afghanistan d'abord, puis l'invasion de l'Irak par les forces américaines.
    Pauvres irakiens ! Eux qui pensaient être délivrés du joug du tyran et connaître enfin la paix, se trouvent plongés dans le chaos de cette après-guerre qui a laissé place au terrorisme et aux exactions de toutes sortes. Saad et sa famille vont connaître l'horreur lorsque leur père mourra sous les balles américaines suite à un dramatique malentendu. Puis le jeune homme touchera le fond du gouffre lorsqu'il découvrira que l'immeuble dans lequel vit Leila a été pulvérisé.
    Que faire ? Voici Saad devenu responsable de sa mère et de ses quatre soeurs devenues veuves au cours des années, et des enfants de celles-ci qui n'ont plus de pères.
    L'Irak n'est plus que ruines. Comment vivre dans cette géhenne ? Comment assurer la subsistance de sa famille ?
    Une seule solution s'impose : Partir. Gagner l'étranger afin d'y décrocher un travail susceptible d'apporter suffisamment d'argent à envoyer au pays. Ce sera l'Angleterre, cette contrée lointaine et exotique qui faisait tant rêver Leila, grande amatrice des romans d'Agatha Christie.
    Saad va prendre la route mais son long périple vers la liberté sera semé d'embûches. Il devra, comme Ulysse, vivre parmi les Lotophages, déjouer les pièges de Circé, résister aux charmes de Calypso et affronter le cyclope Polyphème.
    Au bout de la route, peut-être trouvera-t-il la paix, l'oubli et la liberté. Aidé par l'esprit de son père, il devra devenir, comme le héros d'Homère, « l'homme aux mille ruses », afin de franchir les nombreux obstacles qui vont se dresser sur sa route.
    Avec ce dernier roman, Éric-Emmanuel Schmitt se penche sur deux douloureux sujets de notre actualité immédiate : le quotidien du peuple irakien pendant et après la dictature de Saddam Hussein, ainsi que le sort dramatique de ceux que les médias nomment « les clandestins », ces hommes, ces femmes et ces enfants qui bravent tous les périls pour fuir la misère et la guerre et atteindre l'Europe, cet Eldorado factice qui s'évertue à les rejeter hors de ses frontières.
    J'avoue avoir été captivé par la première partie de ce roman, celle qui se déroule dans cet Irak où plane l'ombre d'un dictateur sanguinaire et paranoïaque, avant que la chute de celui-ci n'entraîne un désordre indescriptible d'où émergeront divisions, violences et terrorisme. L'auteur réussit à nous faire ressentir la chape de plomb qui s'est étendue sur ce pays du fait de la dictature d'une part mais aussi du fait de l'embargo déclaré par les Nations-Unies suite à l'agression du Koweït et de la première guerre du Golfe. L'arrivée des troupes américaines et la chute du tyran est également très bien rendue et rend bien compte de l'atmosphère de confusion qui peut régner dans les esprits lorsqu'un peuple se trouve devant cet étrange sentiment qui est celui de la haine éprouvée contre ses libérateurs.
    La deuxième partie, celle de l'exil et du long voyage jusqu'en Europe m'a, par contre, un peu déçu, justement à cause du parti-pris de l'auteur de faire de son personnage principal un nouvel Ulysse.
    Les péripéties de Saad confronté à Circé, au cyclope et autres personnages et situations inspirées de l'oeuvre d'Homère, m'ont semblé un peu artificielles, pas toujours nécessaires, et parfois caricaturales. Fallait-il tenter de coller à ce point à l'Odyssée, au risque de se fourvoyer dans des clichés simplistes qui n'apportent rien à une histoire qui s'en serait, en fait, très bien passée.
    J'ai par contre éprouvé beaucoup de plaisir à suivre les dialogues qu'entretiennent Saad et son père défunt qui, de l'au-delà, lui prodigue conseils et mises en garde, dialogues tour à tour truculents, drôles et émouvants qui incitent le jeune homme à comprendre le monde et le sens de la vie.
    Malgré donc cette petite gêne due à quelques invraisemblances ainsi qu'à une volonté de calquer ostensiblement le périple de Saad sur celui du héros de l'Odyssée, « Ulysse from Bagdad » reste cependant un roman qui se lit avec beaucoup d'intérêt et dont on ne peut se détacher avant de l'avoir terminé. En cela, Éric-Emmanuel Schmitt, cet auteur touche-à-tout, prouve une fois encore qu'il fait partie intégrante du paysage littéraire français, que son oeuvre, parfois inégale, ne peut pas laisser indifférent et que, s'il passionne certains et en irrite d'autres, son talent d'écrivain et de conteur est indéniable.

    Lien : http://lebibliomane.blogspot.com/
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Ellcrys, le 04 mai 2012

    Ellcrys
    Éric-Emmanuel Schmitt est un auteur que j'aime beaucoup car au-delà de son talent, il a un don incroyable pour se renouveler et nous surprendre à chaque ouvrage, chaque nouvelle parution.
    Si j'ai décidé de lire ce roman-ci, outre pour l'auteur, c'est aussi pour le sujet traité : la vie d'un bagdadi dans son pays en temps de guerre, sous le régime totalitaire de Saddam Hussein et ensuite dans sa quête, à travers le monde, pour se trouver. Car il s'agit bien de cela, dans ce roman, Saad Saad est un jeune homme qui, tout au long du livre, n'aura de cesse de se chercher, dans tous les pays qu'il traversera.
    Tour à tour apprenti terroriste, puis transporteur d'antiquités à Bagdad, gigolo de fortune au Caire, fiancé en Sicile, accueilli en France par les partisans du combat pour les sans-papiers, il sera constamment à la recherche de ce qu'il est, de ce qu'il veut et doit être. Saad Saad connaitra tout, la peur, la faim, la pauvreté mais aussi l'humiliation, le racisme et la cruauté... Il se nourrira de tout cela pour se trouver, pour se construire.
    Éric-Emmanuel Schmitt nous offre, ici, un magnifique livre sur l'identité, sur la condition des clandestins et sur l'Irak. Ce n'est pas un livre quelconque, non il s'agit d'un livre de grande qualité, abordant un sujet crucial pour le monde d'aujourd'hui, tout en finesse.
    Avec son personnage, Saad Saad, très émouvant et attendrissant, il nous interroge sur la peur de chacun, sur le but de chacun : être quelqu'un. Il nous ouvre aussi les yeux sur la condition des clandestins, leur parcours, leur combat. Et il nous emmène au cœur d'un pays gouverné par un dictateur.
    Ce fut une lecture intense par tout ce qu'elle aborde : je dois dire que j'ai été sacrément secouée de lire les conditions de vie des Irakiens, malmené par un dictateur haïssable et terrifiant. Saad Saad est extrêmement humain, il a des idéaux, qui sont parfois malmené par ce qui lui arrive, par la mort des gens qui l'entourent ; pourtant, il garde cette force, ce besoin d'avancer... Il faut qu'il s'en sorte, qu'il bouge, qu'il fasse quelque chose. Il se doit de garder espoir, d'aller de l'avant et, son père (les apparitions de son père) sont d'un secours inébranlable.

    En parlant du père de Saad, je dois dire que ce personnage, bien trop tôt parti est vraiment passionnant. C'est un bibliophile, qui sauve les livres en les dissimulant au gouvernement, chez lui. J'aime sa façon poétique qu'il a de s'exprimer pour les choses les plus simple. Tout devient beau et exceptionnel dans sa bouche, sous son regard...
    C'est un livre d'une grande puissance que celui-ci et, très poignant. Certes certains pourront trouver que l'auteur en fait trop, qu'il aborde tout cela d'une manière plus philosophie que l'on ne s'y attend, mais moi, je pense que ce roman à tout d'un grand.
    Le style est fluide, beau et prenant, comme toujours chez Éric-Emmanuel Schmitt. Suivre Saad Saad dans son voyage n'est pas toujours facile, mais c'est extrêmement passionnant et intense.
    C'est un magnifique roman, très fort, que je vous invite à découvrir si ce n'est déjà fait.
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    Critique de qualité ? (7 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par iris, le 19 janvier 2009

    iris
    Eric-Emmanuel Schmitt m'énerve...je lui reconnais des qualités, ses livres sont toujours très agréables à lire, mais quelque chose m'énerve, dans le ton employé, sa façon de faire dériver ses récits vers une réflexion philosophico-gentillette...bref, autant dire que de moi même je ne serai pas aller lire Ulysse from Bagdad. C'est un cadeau.
    Et pourtant...je dois dire que j'ai bien aimé ce roman. Bien sûr, les défauts que je trouve à cet auteur sont toujours là. La fin du livre s'essouffle un peu, sous le coup des dialogues père-fils, ersatz d'une maïeutique dont je me serai bien passée. Pour une fois, cependant, l'évolution du personnage s'articule bien avec le thème de ce livre, la traversée des pays pour atteindre l'Angleterre, et comment ce "voyage" change un homme. La fin, en demi-teinte et assez sombre, m'a également plu parce qu'elle ne tombe pas dans la facilité d'une fin heureuse.
    Le thème du livre me touche, de toute manière. C'est sans doute aussi pourquoi je l'ai aimé. Il rappelle avec justesse l'absurdité d'avoir créé des barrières, l'injustice d'un système qui rejette des hommes sans-papiers et crée de l'exclusion, la façon si inhumaine de traiter des hommes qui ne cherchent qu'à se reconstruire et échapper à l'horreur et à la misère. J'avais un peu peur de ce que pouvais en faire l'auteur, mais je dois dire que sa façon de s'inspirer de l'Odyssée pour retracer ce "voyage" est plutôt bien trouvé.
    Au final, je dois donc dire que ce livre là me touche, et que je l'ai bien aimé.
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    Critique de qualité ? (12 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par vanillabricot, le 03 janvier 2009

    vanillabricot
    J'ai attrapé plus que choisi ce livre, à l'aéroport de Roissy. Mon avion avait déjà commencé à embarquer et il me fallait absolument un livre, autant pour faire passer le temps du vol que pour m'échapper de la triste réalité: celle qui me faisait repartir loin de ceux, de celui et de celle que j'aimais. L'un que je ne reverrais plus jamais l'autre qui avait terriblement besoin de moi, de mon soutien, de ma présence.
    Alors, à la volée, presqu'en courant, j'ai aperçu le titre, l'auteur, attrapé le livre et tous ensemble le livre, le titre, l'auteur, mon chagrin et moi nous nous sommes envolés.
    C'est assez drôle au demeurant, j'ai fait vivre au livre le voyage inverse de celui de son héros. Enfin presque.
    Je n'ai pas regretté mon choix.
    D'abord parce que j'ai été prise par la lecture. Arrivée à Ankara. Il me restait à peine à quart du livre à terminer. Mon système de note étant essentiellement placé sur le plaisir que me procure la lecture, 300 pages avalées aussi facilement, c'est plutôt un bon signe.
    Ensuite le thème du bouquin: le voyage. Ou plutôt l'émigration. Est un thème qui m'intéresse particulièrement et qui revient dans nombreuses de mes lectures. Surtout quand il s'accompagne d'une interrogation sur les identités et l'interculturalité (un vieux reste d'un mémoire de maitrise dont le titre tournait autour de ces mots)
    Je retrouve dans Ulysse from Bagdad un goût de l'Eldorado de Laurent Gaudé, en moins bon, en moins suave, moins poétique, moins humain. Et pourtant.
    Ce n'est pas un mystère, depuis que j'ai découvert Eric Emmanuel Schmitt, je n'ai jamais rechigner à en découvrir une nouvelle oeuvre.
    Le ton est ici, comme toujours, fantaisiste et juste. Sans lourdeur inutile.
    Pourtant je m'interroge sur la possibilité pour un auteur de faire durer son style, unique, sans du coup le banaliser.
    Vous savez comme Manu Chao. Un super premier album, détonnant, tellement différent de ce qu'on l'habitude d'entendre. Et puis un deuxième album, vague copie du style du premier.
    Je ne dis pas que je n'ai pas aimé Ulysse from Bagdad. AU contraire je l'ai beaucoup aimé. Mais je pense préférer Schmitt dans ses nouvelles. Ou alors commence-je à me lasser de son style. Et j'ai peur un jour de lui trouver un jour, au détour d'une ligne, un mauvais arrière goût d'un Coelho. J'ai besoin d'être surprise et malgré la qualité de ce livre c'est une certaine lassitude, une certaine planplantitude que je regrette.
    Un bon livre malgré tout, un Ulysse moderne, philosophe malgré lui qui entretient des dialogues savoureux avec son père aussi mort que facétieux. Un Ulysse de nos jours, et ils sont nombreux ces clandestins à chercher à abattre les frontières. Il est bon de se rappeler régulièrement leur existence, leurs espoirs, leur quotidien, leur survie.
    N'y a-t-il pas eu une époque où nous étions appelée "Terre d'Exil"? Que s'est-il passé...
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Citations et extraits

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  • Par tracey11, le 20 mai 2012

    Le mensonge réside dans le troisième terme, '"fraternité". Pour établir une fratrie, il faut décider qui en fait partie, qui n'en fait pas partie. En circonscrivant un ensemble d'êtres solidaires qui s'entraideront quoi qu'il arrive, il faut aussi désigner ceux qui seront tenus à l'écart et n'y appartiendront pas. Bref, il faut tracer des limites. Dès que tu dis "fraternité", tu contredis "égalité", les deux termes s'annulent! On en revient toujours là : à la frontière. Il n'y a pas de société humaine sans un tracé de frontière.
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  • Par tracey11, le 20 mai 2012

    Les Européens ne savent pas qu'ils sont ainsi. Pourquoi? Parce que, pour s'étudier, ils ont inventé le miroir déformant : les intellectuels. Un truc génial : la glace qui leur donne une autre image d'eux-mêmes! Le reflet qui leur permet de se voir sans se voir! Les Européens, ils adorent les intellectuels, ils leur offrent l'impression qu'ils ne sont pas comme ils sont, mais le contraire : pacifistes, humanistes, fraternels, idéalistes. [...] Grâce à leurs intellectuels, les Européens peuvent vivre à l'aise dans un monde double : ils parlent de paix et ils font la guerre, ils créent de la rationalité et tuent à tour de bras, ils inventent les Droits de l'Homme et ils totalisent le plus grand nombre de vols, d'annexions, de massacres de toute l'histoire humaine. Drôle de peuple, les Européens, l'ami, drôle de peuple, un peuple dont la tête ne communique pas avec les mains.
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  • Par Fauvette48, le 15 mai 2012

    il y a 3000 ans, un homme, Ulysse, rêvait de revenir chez lui après une guerre qui l’en avait éloigné. Moi, j'ai rêvé de quitter mon pays dévasté par la guerre. Quoique j'aie voyagé et que j'aie rencontré des milliers d'obstacles pendant ce périple, je suis devenu le contraire d’Ulysse. Il retournait, je vais. À moi l’aller, à lui le retour. Il rejoignait un lieu qu'il aimait ; je m'écarte d'un chaos que j'abhorre. Il savait où était sa place, moi je la cherche. Tout était résolu, pour lui, par son origine, il n'avait qu'à régresser, puis mourir, heureux, légitime. Moi, je vais édifier ma maison hors de chez moi, à l'étranger, ailleurs. Son odyssée était un circuit nostalgique, la mienne un départ gonflé d'avenir. Lui avait rendez-vous avec ce qu'il connaissait déjà. Moi j'ai rendez-vous avec ce que j'ignore.
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  • Par bioki, le 14 mai 2012

    Je suis né à Bagdad le jour où Saddam Hussein, furieux d’apercevoir ses premiers cheveux blancs, a hurlé dans le palais à s’en péter les veines du cou, convoqué son coiffeur, exigé qu’il les recouvrît à l’instant d’une grasse teinture aile-de-corbeau ; après quoi, il annonça à l’homme aux doigts tremblants qu’il le tiendrait désormais responsable du moindre signe de vieillissement
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  • Par minininie13, le 14 mai 2012

    Soit l'humanisme est à la mesure du monde, soit il ne l'est pas. Un véritable humaniste ne reconnaît pas les frontières.
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Vidéo de Eric-Emmanuel Schmitt


Mr Ibrahim et les fleurs du Coran d'Eric-Emmanuel Schmitt
Extrait vidéo de la représentation théâtrale








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