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ISBN : 226624650X
Éditeur : Pocket (2014)

Existe en édition audio



Note moyenne : 3.78/5 (sur 137 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Il se faisait appeler Turambo, du nom du village misérable où il était né, dans l'Algérie des années 1920. Il avait pour lui sa candeur désarmante et un direct du gauche foudroyant. Il fréquenta le monde des Occidentaux, connut la gloire, l'argent et la fièvre des rings... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par MicheleP, le 14 septembre 2013

    MicheleP
    De tous les livres de Y. Khadra que j’ai lus, celui-ci me semble le plus littéraire et d’une certaine façon le meilleur. Moins didactique que sa trilogie (Palestine, Bagdad, Kaboul) moins irréaliste que « Ce que le Jour doit à la Nuit », ce livre se dégage de la volonté de démontrer qui a jusqu’ici caractérisé YK jusque dans ses romans policiers, pour entrer dans le pur plaisir de narrer. Et pas n’importe quoi, rien de politique ou de moral : une histoire de boxe. Un petit « yaouled » (garçon de rues, titi algérien) qui crève la faim de petit métier en petit métier, se trouve avoir une gauche redoutable. Il échappera un temps à sa condition misérable, deviendra champion d’Algérie, avant de devenir criminel par amour et sombrer dans la déchéance – et les pigeons s’oublieront sur sa statue. Tout ceci dans le cadres de l’Algérie coloniale des années 1930, population traumatisée par la guerre qui vient de se terminer, misère, indigénat et flamboyance d’une ville faite pour l’été, riche et orgueilleuse. C’est d’ailleurs dans l’évocation de ces années trente que Khadra est le moins convaincant : ville brillante de néon ( !), bourgeoises en cheveux, tailles bien prise et robes en guipures, ce sont plutôt les années soixante et c’est un peu gênant. De même que la liberté ardente de la belle pied-noire à cheval qui traverse une fois encore l’imaginaire de Khadra : son mode de vie, ses propos, sont ceux d’une intellectuelle des années soixante plutôt que ceux d’une « garçonne » de l’époque choisie. En revanche, l’évocation de la situation coloniale me semble juste, tous ne sont pas des salauds, loin de là, mais sous l’effet de la colère ou de la frustration, les propos dérapent avec une violence, un mépris qui rendent bien mieux l’aliénation coloniale, les représentations sous-jacentes, que la scène de flagellation de « Ce que le jour doit à la nuit », très invraisemblable à mon avis. L’écriture est assez brillante, avec les bizarreries de style qu’on a notées ici et dont on ne sait pas si ce sont des maladresses ou des trouvailles ! Trouvaille aussi, que le nom du narrateur « Turambo » en hommage à Arthur Rimbaud, nom qui aurait été celui d’un village englouti par un glissement de terrain. Trois séquences, pour moi, font la qualité littéraire du livre : le début, sorte de fresque picaresque d’arabes, de berbères, de juifs, de gitans, de petits blancs européens qui cherchent à survivre et construisent leur menu bonheur au sons de leurs musiques. Puis les deux séquences finales :l’une est l’éblouissant dernier match, qui fera de Turambo le champion d’Algérie, séquence qui deviendra j’en suis sûre un morceau d’anthologie, la boxe n’est pas un sujet si souvent traité et sa violence impitoyable est montrée comme jamais. L’autre, la conclusion inattendue, déchéance du héros d’hier, ce vieillard dont la statue s’effrite dans la démence sénile, champion devenu dépotoir à pigeon, sur fond d’une indépendance sans joie. Entre, une longue histoire d’ascension sociale, de femmes, d’amour – un peu raide, un peu maladroite. Monsieur Khadra, il le dit dans ses entretiens, rêve d’écrire une inoubliable histoire d’amour, mais ce ne sera pas encore pour cette fois-ci.
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    • Livres 4.00/5
    Par joedi, le 03 novembre 2013

    joedi
    Il se fait appeler Turambo du nom du village où il était né dans les années 1920. Adolescent, sa famille s'installe à Oran. Turambo traîne dans les rues, fait des petits boulots jusqu'au jour où, remarqué dans le milieu de la boxe, il entame une carrière de boxeur et pourrait être le futur champion d'Afrique du Nord.
    J'ai vibré avec Turambo, j'ai vécu avec lui, ressenti toutes ses émotions que l'écriture de Yasmina Khadra a révélé parfois avec pudeur, parfois avec violence mais toujours avec beaucoup d'humanité.
    Dans son roman, il dépeint l'ambiance de l'époque, le racisme, le fossé entre Algérois et Français avec justesse et à-propos. Arrivée au terme de ma lecture, « Les anges meurent de nos blessures » resteront bien vivants dans ma mémoire. A lire !
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    • Livres 4.00/5
    Par isabelleisapure, le 17 septembre 2013

    isabelleisapure
    Turambo, non je ne m'appelle pas Turambo. Simplement Turambo est le nom de mon village de naissance englouti un jour par les éléments, drame duquel mes parents se sortiront comme ils le pourront et dont il faudra bien que moi aussi je me sorte.
    Et voilà issu de cet univers de malheur comment Turambo est devenu mon nom.
    Echapper à ma condition, je ne pouvais compter que sur moi pour cela et le parcours allait être dur. J'étais prêt à tout pour gagner ma vie et effectivement ce fut dur.
    La chance finit pourtant par me sourire un jour, par un hasard incroyable en me révélant un don qui me surprit moi-même, celui la boxe !
    Ca y était, bien encadré par le Duc et Gino j'allais connaître le succès, l'argent, la gloire, tout ce dont un « Turambo » peut rêver quoi… Et le succès vint effectivement.
    Mais pour autant je restais Turambo avec cette candeur que mes origines avaient dessinées dans mon être et en proie avec l'envie de sortir de ce nouvel univers sans savoir comment et qui allait finalement m'enfermer.
    Malgré Irène ma tendre Irène, avec laquelle j'allais vivre heureux une vie à laquelle je n'aurais jamais pensé. Mais non quand on s'appelle Turambo, les choses ne se passent pas comme ça, pas comme on le voudrait. Irène le savait et elle avait raison elle voulait m'y aider, et ainsi les choses ne se passèrent pas du tout comme je l'imaginais.
    Yasmina Khadra nous enchaine ici à un parcours humain à la foi attachant et terrible tout en nous faisant découvrir une Algérie que sans doute peu de lecteurs auront connue, c'est aussi l'autre grand intérêt de ce beau roman .
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    • Livres 4.00/5
    Par Lilou08, le 28 décembre 2013

    Lilou08
    Yasmina Khadra…. voilà un homme particulier, courageux, plein d'humanité que j'aime beaucoup. J'avais vu son passage sur la Grande Librairie de France 5 pour présenter son dernier ouvrage « Les anges meurent de nos blessures »… et j'avais été enthousiasmée. Et puis rien que les titres de ses ouvrages sont déjà tout un programme, une invitation au voyage, une poésie des mots, … car avec Yasmina, c'est un bonheur pour ceux qui aiment la langue française… qu'il écrit bien ! c'est un délice de le lire…
    Bref, mon envie de le lire était au maximum….
    Pour être honnête, le début, voire une moitié du livre est bonne, toujours aussi bien écrit, un personnage attachant, Turambo… mais c'est lent… Yasmina prend son temps, peut être plus qu'à son habitude… je ne sais pas…
    Non il faut que je dise tout… le tout début est très très fort….il arrache les tripes… nous prend d'emblée, le souffle court… j'aimerais vous dire comment, mais cela serait réduire un suspens, votre future découverte du livre… mais c'est fort, je peux vous le dire !
    Donc après le début, on retourne dans le passé, et on suit Turambo, de son village natal jusqu'à Oran, dans son quotidien, ses galères, grosses galères, ses espoirs, ses rêves, ses amis, sa découverte de la vie… Et puis une sorte d'accélération se sent, une grosse intensité nous emmène comme sait le faire Yasmina…. et on est emporté jusqu'au final avec force….
    J'aurais beaucoup de choses à dire encore, mais j'ai peur de « spoiler » comme on dit maintenant, vous révéler trop de détails.
    La fin est dure… mais logique quelque part… Yasmina nous livre encore beaucoup de vérités, difficiles, sur la nature humaine… sur l'histoire de l'Algérie aussi, sur l'occupation de l'Algérie,… des vérités aussi sur le racisme, dégoûtant, inadmissible, mais qui était si commun, si quotidien dans cette Algérie française… qu'en est-il resté de nos jours ? Ça pose beaucoup de questions… ça remet les idées en place. Oui ça interroge. C'est ça aussi la littérature, et c'est tant mieux !
    Bref, un livre à lire…. Laissez-vous emporter par la magie de la langue de Yasmina Khadra.
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    • Livres 3.00/5
    Par litolff, le 12 janvier 2014

    litolff
    Voici la triste histoire de Turambo, gamin misérable grandi au bled pour se hisser sur le ring à Oran pendant l'entre-deux guerres.
    Turambo, du nom de son village, (Arthur Rimbaud pour l'anecdote) n'aura connu dans son enfance qu'une misère extrême et y aurait été condamné sa vie durant s'il n'avait eu un crochet gauche exceptionnel : Turambo deviendra boxeur à une époque où seule la gloire pouvait en partie effacer l'apartheid qui régnait en Algérie entre « araberberes » et colons. Et la gloire, il la connaîtra certes, mais pour une courte durée…
    J'ai bien aimé cette évocation de l'Algérie, très vivante, odorante et charnelle : la puissance d'évocation de Yasmina Khadra permet à son lecteur de s'immerger dans les odeurs des marchés, la beauté des paysages mais aussi la fange et la déchéance ; j'ai bien aimé l'évocation de cette Algérie française arrogante et raciste, une Algérie où les colons avaient souvent oublié que les algériens étaient AUSSI chez eux ; j'ai regretté l'avalanche d'emphase et de métaphores, de qualificatifs dithyrambiques et grandiloquents qui fleurissent les descriptions, mais un peu trop à mon goût…
    J'avais énormément aimé L'attentat et Les hirondelles de Kaboul que j'ai lu il y a longtemps, et il me semble que son style était alors plus dépouillé, mais peut-être ai-je oublié…
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Critiques presse (4)


  • Lhumanite , le 04 novembre 2013
    Si l’on est emporté par le grand souffle narratif, l’on butte ainsi parfois sur des étrangetés stylistiques qui ralentissent l’élan. Il reste que Yasmina Khadra possède le grand art du conteur et que ses histoires ne craignent jamais de s’affronter aux sujets délicats du présent et du passé.
    Lire la critique sur le site : Lhumanite
  • Lexpress , le 23 septembre 2013
    Dureté, pureté: comme son personnage, le roman balance entre les deux, révélant les rêves et les tensions, l'obstination et la résignation, la rivalité entre Berbères et Arabes, le poids de la culture européenne, et surtout le sort des femmes.
    Lire la critique sur le site : Lexpress
  • LaLibreBelgique , le 27 août 2013
    "Les anges meurent de nos blessures", le nouveau roman de Yasmina Khadra, est une fort belle réussite. Puisée à la source de son histoire personnelle.
    Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
  • LeFigaro , le 27 août 2013
    Cette saga est menée de main de maître à un rythme trépidant où les situations claquent et les mots fusent. En parlant de Turambo, l'écrivain parle surtout de l'extrême pauvreté d'un pays, des relations complexes entre les trois communautés, les musulmans, les juifs et les colons, et des amours impossibles.
    Lire la critique sur le site : LeFigaro

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Citations et extraits

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  • Par joedi, le 01 novembre 2013

    Je lui demandais comment elle faisait pour supporter ces déboires qui s'accrochaient à elle comme des revenants. Elle me répondait d'une voix limpide : "On fait avec. Le temps s'arrange pour rendre les choses vivables. Alors, on oublie et on se persuade que le pire est derrière soi. Bien sûr, le gouffre nous rattrape au détour d'une solitude et on tombe dedans. Curieusement, dans la chute, on éprouve une sorte de paix intérieure. On se dit c'est ainsi, et c'est tout. On pense aux gens qui souffrent et on compare nos douleurs. On supporte mieux la nôtre après. Il faut bien se mentir. On se promet de se ressaisir, de ne pas retomber dans le gouffre. Et si, pour une fois, on parvient à se retenir au bord du précipice, on trouve la force de s'en détourner. On regarde ailleurs, autre chose que soi. Et la vie reprend ses droits, avec ses hauts et ses bas. On a beau acheter ou se vendre, on est que des locataires sur terre. On ne détient pas grand-chose finalement. Et puisque rien ne dure, pourquoi s'en faire ? Quand on atteint cette logique, aussi bête soit-elle, tout devient tolérable. Et alors, on se laisse aller, et ça marche."
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  • Par MicheleP, le 12 septembre 2013

    Regarde un peu la statue du général, là-bas. Que raconte-t-elle ? Elle dit simplement qu'on a beau ruer dans les brancards et brûler des villes et des campagnes, massacrer des gens en criant victoire et faire des larmes des veuves de l'eau pour son moulin, les héros finissent sur des socles en marbre pour que les pigeons viennent leur chier dessus...
    (Citation choisie parce qu'en plus, elle me semble résumer tout le livre)
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  • Par joedi, le 02 novembre 2013

    L'amour est fait de hasard et de chance. À une bretelle de la vie, il est là, offrande sur le chemin. S'il est sincère, il se bonifie avec le temps. Et s'il ne dure pas, c'est que l'on s'est trompé de mode d'emploi.

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  • Par dido600, le 28 octobre 2013

    Le rêve est le tuteur du pauvre, et son pourfendeur. Il nous tient par la main, puis il nous

    tient dans la sienne pour nous larguer quand il veut après nous avoir baladés à sa guise à

    travers mille promesses. C’est un gros malin, le rêve, un fin psychologue : il sait nous prendre à nos propres sentiments comme on prend au mot un fieffé menteur ; lorsque nous lui confions

    notre cœur et notre esprit, il nous fausse compagnie au beau milieu d’une déroute, et nous

    nous retrouvons avec du vent dans la tête et un trou dans la poitrine – il ne nous reste plus que les yeux pour pleurer.
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  • Par mayana, le 17 mai 2014

    Le pardon, le remords, e péché ne tiennent plus devant une dent qui tombe, et la foi rejoint la main qui tremble dans son incertitude. La faute n’est pas qu’un tort, elle est la preuve que le mal est en nous, qu’il est organique, aussi nécessaire que l’angoisse et la fièvre puisque nos soucis naissent de ce qui nous fait défaut, et nos joies ne s’évaluent qu’en fonction de nos peines.

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