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ISBN : 2260020968
Éditeur : Julliard (2013)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.81/5 (sur 257 notes)
Résumé :
Il se faisait appeler Turambo, du nom du village misérable où il était né, dans l'Algérie des années 1920. Il avait pour lui sa candeur désarmante et un direct du gauche foudroyant. Il fréquenta le monde des Occidentaux, connut la gloire, l'argent et la fièvre des rings, pourtant aucun trophée ne faisait frémir son âme mieux que le regard d'une femme. De Nora à Louise, d'Aïda à Irène, il cherchait un sens à sa vie. Mais dans un monde où la cupidité et le prestige rè... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (62) Voir plus Ajouter une critique
MicheleP
MicheleP14 septembre 2013
  • Livres 3.00/5
De tous les livres de Y. Khadra que j'ai lus, celui-ci me semble le plus littéraire et d'une certaine façon le meilleur. Moins didactique que sa trilogie (Palestine, Bagdad, Kaboul) moins irréaliste que « Ce que le Jour doit à la Nuit », ce livre se dégage de la volonté de démontrer qui a jusqu'ici caractérisé YK jusque dans ses romans policiers, pour entrer dans le pur plaisir de narrer. Et pas n'importe quoi, rien de politique ou de moral : une histoire de boxe. Un petit « yaouled » (garçon de rues, titi algérien) qui crève la faim de petit métier en petit métier, se trouve avoir une gauche redoutable. Il échappera un temps à sa condition misérable, deviendra champion d'Algérie, avant de devenir criminel par amour et sombrer dans la déchéance – et les pigeons s'oublieront sur sa statue. Tout ceci dans le cadres de l'Algérie coloniale des années 1930, population traumatisée par la guerre qui vient de se terminer, misère, indigénat et flamboyance d'une ville faite pour l'été, riche et orgueilleuse. C'est d'ailleurs dans l'évocation de ces années trente que Khadra est le moins convaincant : ville brillante de néon ( !), bourgeoises en cheveux, tailles bien prise et robes en guipures, ce sont plutôt les années soixante et c'est un peu gênant. de même que la liberté ardente de la belle pied-noire à cheval qui traverse une fois encore l'imaginaire de Khadra : son mode de vie, ses propos, sont ceux d'une intellectuelle des années soixante plutôt que ceux d'une « garçonne » de l'époque choisie. En revanche, l'évocation de la situation coloniale me semble juste, tous ne sont pas des salauds, loin de là, mais sous l'effet de la colère ou de la frustration, les propos dérapent avec une violence, un mépris qui rendent bien mieux l'aliénation coloniale, les représentations sous-jacentes, que la scène de flagellation de « Ce que le jour doit à la nuit », très invraisemblable à mon avis. L'écriture est assez brillante, avec les bizarreries de style qu'on a notées ici et dont on ne sait pas si ce sont des maladresses ou des trouvailles ! Trouvaille aussi, que le nom du narrateur « Turambo » en hommage à Arthur Rimbaud, nom qui aurait été celui d'un village englouti par un glissement de terrain. Trois séquences, pour moi, font la qualité littéraire du livre : le début, sorte de fresque picaresque d'arabes, de berbères, de juifs, de gitans, de petits blancs européens qui cherchent à survivre et construisent leur menu bonheur au sons de leurs musiques. Puis les deux séquences finales :l'une est l'éblouissant dernier match, qui fera de Turambo le champion d'Algérie, séquence qui deviendra j'en suis sûre un morceau d'anthologie, la boxe n'est pas un sujet si souvent traité et sa violence impitoyable est montrée comme jamais. L'autre, la conclusion inattendue, déchéance du héros d'hier, ce vieillard dont la statue s'effrite dans la démence sénile, champion devenu dépotoir à pigeon, sur fond d'une indépendance sans joie. Entre, une longue histoire d'ascension sociale, de femmes, d'amour – un peu raide, un peu maladroite. Monsieur Khadra, il le dit dans ses entretiens, rêve d'écrire une inoubliable histoire d'amour, mais ce ne sera pas encore pour cette fois-ci.
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joedi
joedi03 novembre 2013
  • Livres 4.00/5
Il se fait appeler Turambo du nom du village où il était né dans les années 1920. Adolescent, sa famille s'installe à Oran. Turambo traîne dans les rues, fait des petits boulots jusqu'au jour où, remarqué dans le milieu de la boxe, il entame une carrière de boxeur et pourrait être le futur champion d'Afrique du Nord.
J'ai vibré avec Turambo, j'ai vécu avec lui, ressenti toutes ses émotions que l'écriture de Yasmina Khadra a révélé parfois avec pudeur, parfois avec violence mais toujours avec beaucoup d'humanité.
Dans son roman, il dépeint l'ambiance de l'époque, le racisme, le fossé entre Algérois et Français avec justesse et à-propos. Arrivée au terme de ma lecture, « Les anges meurent de nos blessures » resteront bien vivants dans ma mémoire. A lire !
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Lilou08
Lilou0828 décembre 2013
  • Livres 4.00/5
Yasmina Khadra…. voilà un homme particulier, courageux, plein d'humanité que j'aime beaucoup. J'avais vu son passage sur la Grande Librairie de France 5 pour présenter son dernier ouvrage « Les anges meurent de nos blessures »… et j'avais été enthousiasmée. Et puis rien que les titres de ses ouvrages sont déjà tout un programme, une invitation au voyage, une poésie des mots, … car avec Yasmina, c'est un bonheur pour ceux qui aiment la langue française… qu'il écrit bien ! c'est un délice de le lire…
Bref, mon envie de le lire était au maximum….
Pour être honnête, le début, voire une moitié du livre est bonne, toujours aussi bien écrit, un personnage attachant, Turambo… mais c'est lent… Yasmina prend son temps, peut être plus qu'à son habitude… je ne sais pas…
Non il faut que je dise tout… le tout début est très très fort….il arrache les tripes… nous prend d'emblée, le souffle court… j'aimerais vous dire comment, mais cela serait réduire un suspens, votre future découverte du livre… mais c'est fort, je peux vous le dire !
Donc après le début, on retourne dans le passé, et on suit Turambo, de son village natal jusqu'à Oran, dans son quotidien, ses galères, grosses galères, ses espoirs, ses rêves, ses amis, sa découverte de la vie… Et puis une sorte d'accélération se sent, une grosse intensité nous emmène comme sait le faire Yasmina…. et on est emporté jusqu'au final avec force….
J'aurais beaucoup de choses à dire encore, mais j'ai peur de « spoiler » comme on dit maintenant, vous révéler trop de détails.
La fin est dure… mais logique quelque part… Yasmina nous livre encore beaucoup de vérités, difficiles, sur la nature humaine… sur l'histoire de l'Algérie aussi, sur l'occupation de l'Algérie,… des vérités aussi sur le racisme, dégoûtant, inadmissible, mais qui était si commun, si quotidien dans cette Algérie française… qu'en est-il resté de nos jours ? Ça pose beaucoup de questions… ça remet les idées en place. Oui ça interroge. C'est ça aussi la littérature, et c'est tant mieux !
Bref, un livre à lire…. Laissez-vous emporter par la magie de la langue de Yasmina Khadra.
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dancingbrave
dancingbrave12 juillet 2016
  • Livres 5.00/5
Un roman lumineux profondément humain
Après une introduction forte, presque traumatisante, voici les tribulations, dans les années 30, de Turambo, jeune algérien arabe, à travers son pays colonisé. Ses rencontres plus ou moins heureuses, les chocs qui le marqueront et le forgeront, ses émois amoureux, ses choix, sa chute.
Yasmina Kahdra sait rendre le personnage principal particulièrement attachant par sa fraîcheur simple faite pour beaucoup d'ignorance et de jeunesse. Il a ce talent de nous immerger intensément dans cette époque et dans ces lieux.
Le style de l'ouvrage est nettement littéraire avec des descriptions profondes, épaisses.
Ainsi, je resterai marqué longtemps par cet odieux parcours qui mène Turambo vers la guillotine, cette montée de la peur qui envahit l'esprit, le corps, l'âme jusqu'à les tuer successivement.
Tout petit bémol : La fin de l'histoire m'a un peu surpris et déçu mais elle a le mérite de distiller de nouvelles belles vérités sur la nature humaine dont une conclusion plus attendue nous aurait privés.
Ce roman m'aura initié un peu à l'âme arabe ; sa façon de voir la vie, les traditions, la famille, les interdits, le Mektoub, les Roumis, le mélange subtile des cultures musulmane, juive et chrétienne qui imprégnait la vie du petit peuple.
Il m'aura aussi fait prendre conscience de ce que pouvait être la ségrégation dans l'Algérie française des années 30 et son lot de pensées et d'actes odieux.
Et surtout, surtout, l'auteur m'a rappelé combien la bêtise raciste est laide face à la finesse, la sensibilité, la fraîcheur, la noblesse de notre jeune héros.
Cela fait du bien à l'époque actuelle.

Petit résumé si ça vous tente :
Turambo a 27 ans et il va être guillotiné. Il nous raconte ses derniers instants et surtout cet improbable moment où sentant sa vie partir ou la mort venir, il revit, le temps d'un éclair, le temps de sa courte vie.
Il se revoit courir, pieds nus, sur les terres sèches du reg.
Il revoit son père, revenu « gueule cassée » de la guerre.
Il revoit sa mère berbère.
Il revit l'engloutissement de son village, Turambo, emporté par un glissement de terrain.
Il revoit la disparition de son père, sans doute ensevelit sous la boue.
Il revoit ce qui reste de sa famille fuir et s'installer dans un quartier sordide d'Oran et tenter de reconquérir un peu d'humanité.
Et puis les galettes que sa mère et ses soeurs confectionnent pour gagner quelques pièces, et puis cet étrange enfant qui le suit lorsqu'il parcourt la campagne ; un orphelin benêt.
Ils vont rencontrer Pedro, gitan, puis sa famille exubérante.
Bref les derniers moments d'insouciance d'une enfance déjà bien chahutée.
Il y a l'incident du train, une bêtise d'enfant : Turambo qui saute et l'orphelin qui reste dans le wagon et se perd.
L'enfant Turambo va se faire exploiter par beaucoup, projeté de gauche et de droite comme une boule de billard qui rebondit longtemps.
Mais il a un atout majeur : il sait cogner et à Graba c'est quelque chose !
La famille va quitter le bidonville et s'installer dans un lieu plus attrayant.
Sur ces entrefaites, Turambo découvre la ville Sidi bel abbes, son âpreté, sa ségrégation, ses injustices. Il l'a fuira aussi.
Un jour il rencontre Gino les deux jeunes gens se lient d'amitié.
Un autre c'est Pierre qu'il rencontre ; une sorte de maquereau qui lui propose des petits boulots en échange de la moitié de son salaire.
Le père de Turambo n'est pas mort, Turambo le retrouve gardien du cimetière juif. Il a fuit sa famille profitant de l'engloutissement du village. C'est le choc, l'effondrement de l'image du père héros de la guerre.
Jouant de malchance, il est incapable de garder une place.
Il finit par être remarqué par le directeur d'une salle de boxe, aux oreilles duquel est venue la promptitude aux bons coups que Turambo distribue lorsqu'il est acculé.
Cahin caha il gravit les échelons, est pris sous l'aile du Duc, un nabab de la boxe.
A partir de là beaucoup de choses vont basculer mais je n'irai pas plus loin dans ce résumé
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PiertyM
PiertyM10 mars 2015
Un beau livre! L'écriture de l'excellence de Yasmina Kadra s'est trouvée un langage à la taille de l'histoire pour nous emballer avec plaisir dans les méandres de la vie troublante de Turambo. Est-il que pour un boxeur qui n'a jamais été à l'école, qui n'a jamais eu de fréquentations susceptibles d'améliorer ses lacunes du point de vue culturel, nous livre une histoire dans un langage quand même soutenu avec des pensées poignantes rendues également très philosophiquement, on entendait plutôt la vie de l'auteur que celle du personnage...
Mais le livre est un vrai régal, le personnage de Turambo est très attachant qu'on le suit dans les vicissitudes de la vie où il a été, dans toute sa pureté à la quête de l'amour, que même la gloire ou les principes de la religion musulmane n'y pouvaient absolument rien pourvu que l'amour ait été au rendez-vous, dommage, quand ça vous sourit, la terre se creuse à l'instant.
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Les critiques presse (4)
Lhumanite04 novembre 2013
Si l’on est emporté par le grand souffle narratif, l’on butte ainsi parfois sur des étrangetés stylistiques qui ralentissent l’élan. Il reste que Yasmina Khadra possède le grand art du conteur et que ses histoires ne craignent jamais de s’affronter aux sujets délicats du présent et du passé.
Lire la critique sur le site : Lhumanite
Lexpress23 septembre 2013
Dureté, pureté: comme son personnage, le roman balance entre les deux, révélant les rêves et les tensions, l'obstination et la résignation, la rivalité entre Berbères et Arabes, le poids de la culture européenne, et surtout le sort des femmes.
Lire la critique sur le site : Lexpress
LaLibreBelgique27 août 2013
"Les anges meurent de nos blessures", le nouveau roman de Yasmina Khadra, est une fort belle réussite. Puisée à la source de son histoire personnelle.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
LeFigaro27 août 2013
Cette saga est menée de main de maître à un rythme trépidant où les situations claquent et les mots fusent. En parlant de Turambo, l'écrivain parle surtout de l'extrême pauvreté d'un pays, des relations complexes entre les trois communautés, les musulmans, les juifs et les colons, et des amours impossibles.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations & extraits (218) Voir plus Ajouter une citation
ClairdeLune10ClairdeLune1026 juillet 2016
Chaque homme garde en lui l'empreinte indélébile d'une faute qui l'aura marqué plus que les autres. Il en a besoin. C'est sa façon d'équilibrer son être, de mettre un peu d'eau dans son Graal, sans quoi il se prendrait pour une déité et aucune louange n'assouvirait sa morgue. Les fauves aussi se souviennent de leur première proie. C'est par elle qu'ils réalisent leur instinct de survie. Mais contrairement aux fauves, c'est par leur premier méfait que les hommes accèdent à leur inconsistance. Pour se donner du cran, ils se chercheront des excuses ou des circonstances atténuantes et persisteront à vouloir se donner raison.
Les hommes sont ainsi faits; si Dieu les a créés à Son image, Il n'a pas précisé laquelle.
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ClairdeLune10ClairdeLune1025 juillet 2016
D'après le Mozabite, l'amour ne s'apprivoise pas, ne s'improvise pas; il se construit à deux. En toute équité. S'il reposait sur l'un, l'autre serait son malheur potentiel. Quand on court après lui, on l'effraie; alors il s'enfuit, et on ne le rattrape jamais.
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ClairdeLune10ClairdeLune1025 juillet 2016
Il y a toujours une vie après l'échec, la mort seule est définitive.
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joedijoedi01 novembre 2013
Je lui demandais comment elle faisait pour supporter ces déboires qui s'accrochaient à elle comme des revenants. Elle me répondait d'une voix limpide : "On fait avec. Le temps s'arrange pour rendre les choses vivables. Alors, on oublie et on se persuade que le pire est derrière soi. Bien sûr, le gouffre nous rattrape au détour d'une solitude et on tombe dedans. Curieusement, dans la chute, on éprouve une sorte de paix intérieure. On se dit c'est ainsi, et c'est tout. On pense aux gens qui souffrent et on compare nos douleurs. On supporte mieux la nôtre après. Il faut bien se mentir. On se promet de se ressaisir, de ne pas retomber dans le gouffre. Et si, pour une fois, on parvient à se retenir au bord du précipice, on trouve la force de s'en détourner. On regarde ailleurs, autre chose que soi. Et la vie reprend ses droits, avec ses hauts et ses bas. On a beau acheter ou se vendre, on est que des locataires sur terre. On ne détient pas grand-chose finalement. Et puisque rien ne dure, pourquoi s'en faire ? Quand on atteint cette logique, aussi bête soit-elle, tout devient tolérable. Et alors, on se laisse aller, et ça marche."
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joedijoedi02 novembre 2013
L'amour est fait de hasard et de chance. À une bretelle de la vie, il est là, offrande sur le chemin. S'il est sincère, il se bonifie avec le temps. Et s'il ne dure pas, c'est que l'on s'est trompé de mode d'emploi.
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Videos de Yasmina Khadra (57) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Yasmina Khadra
Le 24 septembre 2015, François Busnel reçoit :
Mathias Énard, Boussole Yasmina Khadra, La Dernière Nuit du Raïs Boualem Sansal, 2084 : la fin du monde Martin Amis, La Zone d'intérêt (en)
François Busnel propose en direct chaque jeudi à 20h35 sur France 5, un magazine qui suit de près l'actualité littéraire avec pour seul mot d'ordre, le plaisir.
Retrouvez toutes les informations sur les invités et leur actualité sur notre site : http://www.france5.fr/la-grande-librairie Rejoignez-nous sur les réseaux sociaux pour suivre notre actualité : https://www.facebook.com/pages/La-Grande-Librairie/512305502130115 https://twitter.com/GrandeLibrairie Et réagissez en direct pendant l?émission avec le hashtag #LGLf5.
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