«On disait qu'elle était jolie ; lui, qu'elle était elle. Quand ils se mélangeaient, elle était si joyeuse que le «verbe» traversait sa peau. Elle n'est plus là. Elle était là, comme dans les contes qui commencent par : «
Elle était une fois...» p 78
Elle c'est Valérie. Lassée elle fuit Manuel qu'elle aime encore, qu'elle aimera toujours mais dont elle ne parvient plus à partager l'existence. Elle emmène avec elle leur fille Darina.
Manuel pour ne pas sombrer, suit les conseils de sa grand-mère Henriette et décide de partir sur les traces d'une vieille dame qui a laissé un poème avant de mourir seule à l'hôpital du Havre.
«... je n'ai pas su garder Valérie. J'ai vécu avec elle comme si je vivais seul, et un jour, elle est partie. Je suis venu au Havre pour me sauver. le poème de la vieille dame est un prétexte, un beau prétexte. p 74
En cherchant à se sauver lui-même l'occasion va lui être offerte de sauver les autres. Sans doute la beauté magique du poème tisse-t-elle des liens. C'est un bel hymne à la vie qui est plus forte que la mort.
Et les rencontres, les coïncidences et les signes se multiplient. Il s'éloignait pour mieux se retrouver et être capable d'aimer.
... Je crois qu'on a deux vies. L'une est écrite. L'autre, on l'écrit dans les pas de la première. Et le signe, c'est quand les pas coïncident avec les traces ; quand les deux vies se rejoignent. Mais souvent les gens ont peur de suivre leur livre. p82
Manuel va tenter de suivre son livre et aller ainsi vers une plus grande liberté.
Yvon le Men sait trouver les mots pour nous parler de vies simples et belles, avec leurs peines et leurs joies. Il nous dit qu'il faut savoir les écouter, s'ouvrir, aller à leur rencontre pour que renaisse sur les visages un sourire, l'ombre d'un rêve oublié. Tout est poème, tout est conte si l'on sait voir et être attentif.