> Jean-Luc Piningre (Traducteur)

ISBN : 271444136X
Éditeur : Belfond (2007)


Note moyenne : 3.72/5 (sur 69 notes) Ajouter à mes livres
Des plaines de Bohême à la France, en passant par l'Autriche et l'Italie, des années trente à nos jours, une magnifique histoire d'amour, de trahison et d'exil, le portrait tout en nuances d'une femme insaisissable. Porté par l'écriture étincelante de Colum McCann, Zoli... > voir plus
Ajouter une critique Ajouter une citation

> voir toutes (13)

Critiques et avis

> Ajouter une critique

    • Livres 4.00/5
    Par Malaura, le 28 janvier 2012

    Malaura
    ZOLI est tzigane et vit en Slovaquie. Elevée par son grand-père après avoir assistée encore enfant à l'exécution de ses parents par la police politique slovaque, elle erre à travers une Europe de l'Est bientôt dévastée par la Seconde Guerre Mondiale.
    Pour les Rom, la guerre est un nouveau drame : pourchassés, rejetés, persécutés par les troupes fascistes, tout leur est interdit, aller et venir, jouer de la musique, entrer dans les villes… Pour finir, ils sont bouclés en camps de travail.
    C'est dans ces conditions que son grand-père lui apprend à lire et à écrire. Mais pour ce peuple sans nation, aux traditions très fortes, qui se méfie de la parole figée, qui pense que tout doit rester oral et pour qui l'écriture est considérée comme une menace, cet apprentissage, surtout pour une femme, est une transgression inédite. Cependant ZOLI persévère et commence à émouvoir son peuple en chantant les poèmes qu'elle écrit.
    Elle rencontre alors Stansky, un poète tchèque aux prétentions révolutionnaires et Stephen Swann, un traducteur anglais déraciné, débordant d'idéal communiste. Tous deux la convainquent d'éditer ses poèmes. Un coup d'éclat visant à démontrer que l'écrit peut briser les stéréotypes qui persistent vis-à-vis des tziganes.
    Son recueil de poèmes en fait ainsi une nouvelle icône du parti. Mais son peuple ne l'accepte pas. Elle est déclarée salie, corrompue, polluée à vie pour infamie et bannie, est condamnée à l'exil.
    Rejetée par les siens, refusant le rôle de symbole du parti qu'on voudrait lui faire jouer, elle s'enfuit sur les routes dans une nouvelle errance, en quête d'un endroit où elle pourrait enfin poser ses semelles de vent.
    Inspiré par l'aventure véridique d'une poétesse tsigane polonaise nommée Papusza, « ZOLI » est un roman à multiples facettes. A travers le destin de la jeune femme, l'auteur nous révèle par petites touches, de 1930 à nos jours, le parcours des Rom d'Europe Centrale, un peuple bien souvent brutalisé.
    Au cœur de ce roman poignant, les thèmes de l'assimilation, de l'appartenance et de l'ethnicité.
    On découvre avec émotion tous les drames vécus par un peuple que les régimes successifs ont toujours voulu contraindre à la sédentarisation. Après que les nazis aient voulu les exterminer, les communistes, tout en les idéalisant, ont fait preuve d'incompréhension et de brutalité, pensant qu'en les assimilant, ils prouveraient le bien-fondé du socialisme. Dans les années 1950, le régime communiste a voulu à ce point les intégrer, qu'il les a finalement trahis en les sédentarisant de force. On a cassé les roues de leurs roulottes, on les a forcés à vivre dans des immeubles sans se soucier des conséquences culturelles que cela impliquait.
    Car ce sont des traditions très fortes, d'un archaïsme parfois difficilement concevable, qui sont au cœur de leur mode de vie et leur sédentarisation forcée a bouleversé ces manières de vivre.
    Pour un homme tzigane, par exemple, avoir une femme au-dessus de la tête est considéré comme une honte car les jupes des femmes ont un pouvoir de pollution…Alors vivre dans un immeuble avec une femme sur le palier du dessus, c'est tout bonnement inenvisageable ! Pour cela, les Rom voulaient tous vivre au dernier étage et délaissaient tous les autres niveaux !
    Cela prêterait à sourire si ce n'était vécu comme un véritable drame par les Rom qui se sentent trahis et humiliés. Privés de liberté, interdits de voyage, on leur impose en plus de renier leurs traditions en menant une vie sédentaire.
    Au-delà de l'identité culturelle et des notions d'intégration, l'ouvrage de Colum Mc Cann aborde les thèmes de l'art et de la création artistique.
    L'écriture est un exutoire aux souffrances de l'existence mais elle est aussi un moyen de transmettre la parole d'un peuple qui n'a de mémoire autre que celle de l'oralité. Les écrits sont importants pour se souvenir du passé mais aussi pour modifier le présent. Malheureusement, on constate aussi à quelles extrémités peut conduire la publication d'un livre et combien terrifiants peuvent être les mots lorsqu'ils sont mal interprétés ou récupérés par un pouvoir politique.
    Enfin, le livre de Mc Cann est un très bel hymne à la liberté, le portrait d'une femme hors du commun, la découverte d'un peuple méconnu qui nous permet d'entendre dans les mots de la poétesse, le désir d'indépendance de ces communautés perdues dans un monde de frontières et de sédentarité.
    A la fois fort et doux, sec et sensible, poétique et vrai, un texte aux grands pouvoirs d'évocation.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (25 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par EFar, le 12 septembre 2011

    EFar
    Je ne sais pas ce qui fait un grand écrivain, mais pour moi Colum McCann en est un. J'aime son écriture simple, limpide et puissante. Je lui trouve quelque chose de vital, d'élémentaire (l'eau, la terre, l'air et le feu sont si présents). L' ancrage dans le monde sensible est fort et donne une profondeur particulière à ce qu'il dit de ses personnages, à leurs manière de vivre les évènements. Ses textes sont pour moi d'une telle intensité qu'il m'arrive de me fatiguer, d'avoir besoin d'un pause avant de me replonger dans le courant de ses mots.
    Dans ZOLI, ce n'était pas le cas. Les changements de narrateurs, de tons, de regards m'ont procuré les respirations nécessaires pour pouvoir le lire d'une seule traite.
    C'est un livre que je trouve très beau. Roman à trois voix, il retrace la vie d'une Rom de Slovaquie, ZOLI, une nomade qui traverse le 20ème siècle et lui survit. Aux yeux des autres, elle est une énigme à résoudre, un énigme fascinante, et deviendra une icône à abattre.
    Comme celle de son peuple, sa vie est cahotique ; et sa trajectoire d'Icare - inspirée de celle de la poétesse polonaise Papousza - m'a bouleversé. le texte est splendide de simplicité : trois voix nous parlent, dévident les fils de leur histoire et les posent comme sur un drap blanc posé dans l'herbe.
    Les grands thèmes chers à McCann sont là : la dignité, l'exil, la recherche d'un chez soi, et puis aussi les bleus à l'âme, le métissage, la transmission de la culture. Ces thèmes me touchent de plein fouet, moi dont la famille a pour points cardinaux Ré et Irkoutsk, la Grèce et la Baltique.
    Au cœur du livre, il y a les nomades Roms, vus de l'autre côté du miroir ; et ZOLI et ses aspirations, ses chants et ses poèmes, ses amours impossibles, ses blessures et ses guérisons. Au travers du texte, sa vie vibre comme une corde d'arc.
    La fin du roman m'a particulièrement marqué : sous des airs de digressions, j'avais rarement lu un auteur qui rende si perceptible l'avancée de l'âge, les limites et l'égarement qu'il nous impose. Et pourtant, j'ai trouvé la note finale résolument optimiste.
    Qu'il est étrange de lire aujourd'hui ce livre de 2007, alors qu'il y a un an à peine, les Roms étaient pointés du doigt et présumés coupables par nos autorités. A croire que certaines choses ne changent pas.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (10 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par carre, le 10 février 2012

    carre
    ZOLI est une tzigane belle, libre. Par le chant et la danse elle transmets de génération en génération les histoires de son peuple, elle deviendra une grande poétesse. Stephen Swann va tomber amoureux de la jeune femme . Magnifique roman qui nous emmène sur les routes de l'Europe de l'Est, pendant la seconde guerre mondiale puis avec l'avènement du communisme. Un peuple sont cesse montré du doigt, indésirable partout ou il passe. C'est aussi un livre sur l'exil, le droit à la différence, la trahison et comme toujours chez McCann c'est magnifiquement écrit. Mélancolique, poêtique, l'âme slave plane sur les pages et l'Irlandais signe une nouvelle fois un sacré roman humaniste.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (12 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par Leaz, le 19 mai 2012

    Leaz
    Un peu déçue par ce livre dont j'attendais sans doute beaucoup. le titre, la couverture, l'histoire me plaisait. Mais finalement je n'ai pas trouvé ce que je cherchais et que j'avais trouvé dans les autres œuvre de Colum McCann. La magie, la poésie un peu oui ... mais peut être pas assez de passion retranscrite dans ce roman.
    Critique de qualité ? (8 votes positifs)
  • Par biblio47, le 15 avril 2009

    biblio47
    En Tchécoslovaquie et dans toute l'Europe, des années 30 à 2003, Colun McCann met en scène un personnage singulier « ZOLI ». Lorsque nous faisons connaissance avec ZOLI, petite fille tzigane de 6 ans, elle vient de vivre un évènement tragique. Un bataillon fasciste a noyé toute sa famille dans un lac. Rescapée, elle est élevée par son grand-père communiste, Stanislaus. En cachette, il lui apprend à lire et à résister. ZOLI cache les livres, la communauté Rom ne doit rien savoir. Bien des années plus tard, elle devient une grande poétesse. Mais le jour où ses chansons sont enfin imprimées, elle est bannie par les siens. Dans le froid, la solitude, le mépris, elle parcourt l'Europe. Rien ne semble l'arrêter, elle marche et affronte son destin...
    Dans ce roman, Colun McCann nous offre un beau portrait d'une femme, artiste, libre comme il a su faire le portrait de Rudolf Noureev dans « le Danseur »
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (1 votes positifs)

> voir toutes (17)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par liliba, le 22 janvier 2011

    Il longe le lit du ruisseau et un immonde paysage se révèle peu à peu, les seaux renversés dans un coude plus loin, le landau cassé dans les mauvaises herbes, le baril de pétrole qui tire une langue rouillée, la carcasse d'un frigo dans les ronces.
    Le chien qui vient renifler le devant de la voiture a comme la peau recousue sur les os. Encore une seconde, et les gamins déboulent, se massent contre les vitres. D'un coude qu'il voudrait nonchalant, il abaisse les clenches aux angles des portières. Il y a un môme assez agile pour sauter sans un bruit, empoigner les deux essuie-glaces et s'étaler sur le capot. Deux autres s'accrochent au pare-chocs arrière et se laissent traîner, pieds nus dans la gadoue. Les filles courent de chaque côté, le nombril à l'air dans leurs jeans taille basse. L'une d'elles tend un doigt en riant, puis s'arrête, net, muette. Le gamin du capot glisse par terre, les patineurs lâchent le pare-chocs, et la rivière est soudain là, boueuse, rapide, inattendue. Un coup de volant brutal, les mûriers grattent les vitres, le chiendent craque sous les essieux, mais la voiture retrouve le chemin. Les enfants rappliquent à toutes jambes en poussant des cris.
    Courbées sur la rive opposée, deux vieilles femmes se redressent avec un sourire en coin, hochent la tête et recommencent à frotter sur les galets des draps gorgés de lessive.
    Un autre virage serré, une haie d'arbres comme un mur aveugle, un cageot à salades crevé dans l'herbe haute, et là, de l'autre côté d'une passerelle branlante, une ruine, se trouve le camp des Gitans, rejeté sur une île au milieu de la rivière : on dirait qu'elle préfère la contourner. Des baraques, des cabanes sans fenêtres. Tuyaux dentelés, bois disparates, des foulards de fumée au-dessus des cheminées, des toits rapiécés en tôle ondulée, grêlés d'antennes satellite. Dans les branches d'un arbre, au fond, un manteau bleu claque au vent.
    Il gare la voiture hors du chemin, tire le frein à main, fait semblant, un instant, de chercher quelque chose dans la boîte à gants, fouille bien alors qu'il n'y a rien, rien là qu'une seconde de répit. Derrière les vitres, les visages des gamins. En ouvrant la portière, il entend brusquement la dizaine de radios qui, de l'autre côté, gueulent simultanément des chansons slovaques, tchèques, américaines.
    Aussitôt les mômes lui tâtent les manches, lui auscultent les côtes, lui palpent les poches. Il a l'impression d'être lui-même une douzaine de mains. Il les repousse d'un geste, crie :
    - Ouste !
    La voiture oscille en cadence : encore un gosse qui saute sur le pare-chocs. Il gueule :
    - Ça suffit, maintenant !
    Les garçons haussent les épaules dans leurs vestes en cuir. Les filles aux chemisiers ouverts reculent en ricanant - leurs dents immaculées, le vif-argent dans leurs pupilles. En débardeur, le plus grand des garçons s'avance.
    - Robo, dit celui-ci en bombant le torse.
    Poignée de main, il prend le jeune homme à part, lui murmure quelques mots à l'oreille.
    Il aimerait ignorer cette odeur forte de laine mouillée et de tabac brun. Trente secondes pour conclure un marché : cinquante couronnes, Robo l'emmène voir les aînés, et, pendant ce temps-là, qu'on ne touche pas à la voiture.
    L'adolescent met en garde sa petite bande, file une taloche au gamin du pare-chocs arrière. Puis ils s'en vont vers la passerelle. De nouveaux enfants arrivent le long de la rivière, certains tout nus, certains en couche-culotte, une fille en tongs sous des lambeaux de robe rose, et c'est la même qui semble finalement être partout, belle, ébouriffée, les yeux noirs comme du charbon. Seules leurs chaussures sont différentes."

    > lire la suite
    Citation de qualité ? (2 votes positifs)
  • Par liliba, le 10 mars 2011

    Il longe le lit du ruisseau et un immonde paysage se révèle peu à peu, les seaux renversés dans un coude plus loin, le landau cassé dans les mauvaises herbes, le baril de pétrole qui tire une langue rouillée, la carcasse d'un frigo dans les ronces.
    Le chien qui vient renifler le devant de la voiture a comme la peau recousue sur les os. Encore une seconde, et les gamins déboulent, se massent contre les vitres. D'un coude qu'il voudrait nonchalant, il abaisse les clenches aux angles des portières. Il y a un môme assez agile pour sauter sans un bruit, empoigner les deux essuie-glaces et s'étaler sur le capot. Deux autres s'accrochent au pare-chocs arrière et se laissent traîner, pieds nus dans la gadoue. Les filles courent de chaque côté, le nombril à l'air dans leurs jeans taille basse. L'une d'elles tend un doigt en riant, puis s'arrête, net, muette. Le gamin du capot glisse par terre, les patineurs lâchent le pare-chocs, et la rivière est soudain là, boueuse, rapide, inattendue. Un coup de volant brutal, les mûriers grattent les vitres, le chiendent craque sous les essieux, mais la voiture retrouve le chemin. Les enfants rappliquent à toutes jambes en poussant des cris.
    Courbées sur la rive opposée, deux vieilles femmes se redressent avec un sourire en coin, hochent la tête et recommencent à frotter sur les galets des draps gorgés de lessive.
    Un autre virage serré, une haie d'arbres comme un mur aveugle, un cageot à salades crevé dans l'herbe haute, et là, de l'autre côté d'une passerelle branlante, une ruine, se trouve le camp des Gitans, rejeté sur une île au milieu de la rivière : on dirait qu'elle préfère la contourner. Des baraques, des cabanes sans fenêtres. Tuyaux dentelés, bois disparates, des foulards de fumée au-dessus des cheminées, des toits rapiécés en tôle ondulée, grêlés d'antennes satellite. Dans les branches d'un arbre, au fond, un manteau bleu claque au vent.
    Il gare la voiture hors du chemin, tire le frein à main, fait semblant, un instant, de chercher quelque chose dans la boîte à gants, fouille bien alors qu'il n'y a rien, rien là qu'une seconde de répit. Derrière les vitres, les visages des gamins. En ouvrant la portière, il entend brusquement la dizaine de radios qui, de l'autre côté, gueulent simultanément des chansons slovaques, tchèques, américaines.
    Aussitôt les mômes lui tâtent les manches, lui auscultent les côtes, lui palpent les poches. Il a l'impression d'être lui-même une douzaine de mains. Il les repousse d'un geste, crie :
    - Ouste !
    La voiture oscille en cadence : encore un gosse qui saute sur le pare-chocs. Il gueule :
    - Ça suffit, maintenant !
    Les garçons haussent les épaules dans leurs vestes en cuir. Les filles aux chemisiers ouverts reculent en ricanant - leurs dents immaculées, le vif-argent dans leurs pupilles. En débardeur, le plus grand des garçons s'avance.
    - Robo, dit celui-ci en bombant le torse.
    Poignée de main, il prend le jeune homme à part, lui murmure quelques mots à l'oreille.
    Il aimerait ignorer cette odeur forte de laine mouillée et de tabac brun. Trente secondes pour conclure un marché : cinquante couronnes, Robo l'emmène voir les aînés, et, pendant ce temps-là, qu'on ne touche pas à la voiture.
    L'adolescent met en garde sa petite bande, file une taloche au gamin du pare-chocs arrière. Puis ils s'en vont vers la passerelle. De nouveaux enfants arrivent le long de la rivière, certains tout nus, certains en couche-culotte, une fille en tongs sous des lambeaux de robe rose, et c'est la même qui semble finalement être partout, belle, ébouriffée, les yeux noirs comme du charbon. Seules leurs chaussures sont différentes.

    > lire la suite
    Citation de qualité ? (2 votes positifs)
  • Par liliba, le 22 janvier 2011

    Ils prétendaient qu'elle s'évertuait à vivre un mètre au-dessus du sol. Il restait inconcevable qu'elle puisse être vue avec un livre au bras : on ne peut aller contre certaines idées reçues. Avant de repartir chez les siens, elle cousait des pages sous la doublure de son manteau, dans les poches de ses robes. Elle avait un faible pour un vieux recueil de Neruda, traduit en slovaque, qu'elle s'était acheté elle-même, d'occasion. Elle se promenait avec ses chants d'amour collés aux hanches, et j'ai appris par coeur des poèmes entiers pour les lui réciter à voix basse lorsqu'on prenait le risque d'un moment entre nous. Elle conservait dans diverses autres poches des ouvrages de Krasko, Lorca, Whitman, Seifert, et même un Tatarka récent. Quand elle posait son manteau à l'imprimerie, elle faisait tout de suite plus mince."

    > lire la suite
    Citation de qualité ? (5 votes positifs)
  • Par dreulma, le 31 mars 2012

    Elle rayonnait d'impatience. ... Les grains de beauté à la base de son cou ; ... et la cambrure de sa clavicule. Ma main le long des sentiers de son corps, l'anneau que j'ai retiré de son petit doigt avec les dents. ...
    Elle croyait que la vie naissait au centre de la Terre, que le courant circulait dans les deux sens, mais surtout elle puisait ses sources dans son enfance. Elle parlait souvent de cela avec son accent rêche de la campagne, du temps passé avec son grand-père, des routes qu'ils avaient parcourues ensemble, et des silences. Lorsqu'elle évoquait sa mémoire, elle baissait son fichu sur l'arête de son nez pour qu'il lui couvre le visage. Elle trouvait sa peau trop sombre, trop noire, trop tzigane pour s'estimer belle d'une façon ou d'une autre. ... et moi je passais ces journées comme si la Lune s'était posée sur la Terre .
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (4 votes positifs)
  • Par sentinelle, le 11 juin 2008

    « Il y a des choses qui vous arrachent la vie.»

    « Il y a des choses de l'enfance que seule l'enfance connaît. Ce dont je me souviens le plus, c'est de l'arrière de la roulotte quand, toute vêtue de rouge, je regardais défiler la route. J'avais six ans. J'avais coupé mes cheveux très courts en taillant dedans avec un couteau. Je te le dis sans façons, il n'y a pas d'autre façon : je n'avais plus ma mère, je n'avais plus mon père, ni mon frère, ni mes sœurs, ni mes cousins.

    Les Hlinkas les avaient rassemblés sur la glace, ils avaient allumé leurs feux tout autour sur la rive, ils braquaient leurs fusils pour qu'ils ne s'échappent pas. Lorsqu'il a commencé à faire moins froid dans l'après-midi, les roulottes, bien obligées, se sont déplacées vers le milieu du lac. Mais la glace a fini par craquer, les roues se sont enfoncées et tout a coulé en même temps, les harpes et les chevaux.

    Je n'ai rien vu de tout ça, ma fille, mais j'ai imaginé, le bruit, les cris, et si bien plus tard, la musique est revenue, si notre peuple s'est relevé, si on lui a redonné un moment d'honneur et de fierté, je n'ai jamais cessé d'attendre que ma famille nous rejoigne, ma famille qui était bien morte.

    Seuls Grand-Père et moi avons survécu – nous avions quitté le lac trois jours plus tôt et nous étions loin. Le silence nous attendait au retour.»
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (2 votes positifs)

> voir toutes (9)

Videos de Colum McCann

>Ajouter une vidéo
Vidéo de Colum McCann

Les carnets de route de François Busnel, France 5
Colum McCann parle de New York et de ses romans
François Busnel rencontre des écrivains new-yorkais, d'origine ou de coeur, qui puisent dans l'âme de la métropole la matière de leurs romans. Paul Auster, Colum McCann, Toni Morrison, Jay McInerney et Jonathan Franzen dressent le portrait d'une ville où se concentrent les rêves et les doutes de l'Amérique.
François Busnel propose de découvrir les Etats-Unis à travers le regard de ses écrivains. Il débute son périple par New York, ville la plus européenne du continent, qui n'en est pas moins un reflet de l'Amérique. Reflet de son immensité, de ses contrastes et de sa mixité. C'est aussi le lieu où s'épanouit une scène artistique foisonnante. François Busnel rencontre certains de ces New-yorkais d'origine ou de coeur, qui puisent dans l'âme de la métropole la matière de leurs romans. Paul Auster, Colum McCann, Toni Morrison, Jay McInerney et Jonathan Franzen dressent le portrait d'une ville où se concentrent les rêves et les doutes de l'Amérique.








Acheter sur Amazon

Faire découvrir Zoli par :

  • Mail
  • Blog

Lire un extrait

> voir plus

Lecteurs (128)

> voir plus

Quiz