> Jean-Luc Piningre (Traducteur)

ISBN : 2714445063
Éditeur : Belfond (2009)


Note moyenne : 3.82/5 (sur 118 notes) Ajouter à mes livres
7 août 1974. Sur une corde tendue entre les Twin Towers s’élance un funambule. Un événement extraordinaire dans la vie de personnes ordinaires.

Corrigan, un prêtre irlandais, cherche Dieu au milieu des prostituées, des vieux, des miséreux du Bronx ; dans ... > voir plus
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Critiques et avis

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  • Par Sbaudoin, le 26 avril 2010

    Sbaudoin
    Lorsque l'on commence un roman de Colum McCann, on sait par avance que l'on sera en prise avec une pléiade de personnages et que le romancier se plaira avec une habileté sans pareille, à nous faire plonger dans leur univers intérieur. McCann orchestre un ballet : défilent les silhouettes, personnages chétifs et brisés par la vie, mais animés d'une telle force intérieure qu'ils deviennent les héros du monde moderne évoluant dans un univers parallèle, en marge, celui des déclassés. Un intérêt certain pousse McCann vers les figures modestes de l'existence, qu'il dote d'un courage hors norme et qu'il nimbe d'une poésie qui les transfigure. Dans « Et que le vaste monde poursuive sa course folle », titre aussi long que le parcours des personnages est sinueux, il renouvelle l'expérience des Saisons de la Nuit : il ne s'agit plus des constructeurs de l'ombre, des errants que l'on voit sans les voir, mais du monde de la prostitution, des mères éplorées naufragées du Vietnam, d'un funambule qui poursuit son parcours le long de son fil (l'auteur à n'en pas douter), reliant toutes les histoires qu'il distribue en recherchant toujours l'équilibre narratif, à légers coups de balancier. Les visages, les destins s'entrecroisent : l'intrigue - les intrigues - progressent à la manière caractéristique de McCann, en pointillés, en sourdine, elles semblent continuer leur progression en souterrain pendant que les autres surgissent sur le devant de la scène, s'entrelaçant à l'infini car il s'agit bien de raconter une seule et même histoire.
    Jazzlyn, Tillie et leur descendance montrent combien la fatalité du trottoir peut trouver une rédemption dans Jaslyn triomphante, héritière des prostituées du Bronx devenue amie et compagne attentionnée de la mère détruite, Claire : les différences sociales s'abolissent dans un même malheur – la mort de leurs fils au Vietnam - qu'elles tentent toutes de sublimer d'un même élan. Et c'est Jaslyn – métamorphosée comme son nom Jazzlyn, celui de sa mère, qu'elle a sublimé en Jaslyn – la déclassée, la surdiplômée qui retrouve le frère de Corrigan et fait le lien entre les histoires, c'est elle qui vient apporter le baume salvateur qui redore de poésie et d'espérance le déclin de son amie favorisée en apparence par la vie, mais brisée par le fil qui le retient sans cesse à la mort de son enfant (encore le fil du funambule). le fil, c'est la nostalgie doloriste, c'est le lien entre les hommes et les femmes, entre les classes, entre les races, c'est celui que tisse ce chantre des déclassés qu'est McCann, creusant non plus des « tunnels » entre ses personnages comme Virginia Woolf, mais construisant entre eux des ponts de fer, ce fil du funambule virtuose qui ne perd jamais l'équilibre.
    Il y a chez McCann une formidable capacité à absorber les univers les plus distants, à leur conférer une poésie malgré la crudité du langage : de la gouaille des prostituées du Bronx à la poésie du regard de Corrigan, de son frère et de la maîtresse de Corrigan, réfugiée, comme les mères orphelines, dans ses souvenirs d'amour, il y a là un exercice de virtuose, de funambule du langage qui sait harmonieusement jouer sur tous les claviers de la sensibilité. Les pages sur Corrigan amoureux revu nostalgiquement par son amante sont des joyaux bouleversants autant que le cri éploré d'une mère suicidaire par héroïsme, pétrie de grossièretés – Tillie – mais qui n'en demeure pas moins humaine, diablement humaine, touchante jusque derrière la barrière des mots. C'est cela, McCann, ce style caméléon qui rend sensibles les personnages qui semblent en apparence ne pas correspondre à « l'emploi », aux canons des romans sentimentaux à la mode. McCann trempe sa plume dans tous les univers et transcende les déclassés et leur monde – nouvel Hugo du XXIe siècle – pour en faire des héros écorchés vifs, des Jean Valjean et des Cosettes qui n'ont rien à envier à leur prestigieux modèle.
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    • Livres 4.00/5
    Par patatipatata, le 22 août 2011

    patatipatata
    " Et que le vaste monde poursuive sa course folle" titre emprunté au poème Loksley Hall d'Alfred Lord Tenyson " Et que le vaste monde poursuive sa course folle vers d'infinis changements. le fil conducteur est l'histoire vraie du Funambule Philippe Petit qui a marché entre les tours du World Trade Center le 7 aout 1974. Fil conducteur qui nous amène dans le New York des années 70 du "Last exit to Brooklyn" de Selby celles de la drogue et de la prostitution, de la guerre du Vietnam, jusqu'à l'effondrement des tours. Une multitude d'histoires et de personnages vont s'entrecroiser et se croiser pour se rejoindre et ....poursuivre leurs courses folles. Il y a beaucoup d'humanité dans ce livre là !
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    • Livres 4.00/5
    Par hesperie, le 11 août 2011

    hesperie
    New York, 7 août 1974. Un funambule s'élance le long d'une corde tendue entre les Twins Towers devant les yeux des passants ahuris. Cet évènement extraordinaire surgissant dans la vie de gens ordinaires marque le point de départ d'un roman polyphonique, fait de micros-récits entremêlés les uns aux autres. le lecteur découvre ainsi petit à petit une galerie de personnages extrêmement poignants : prêtre ayant préféré la pauvreté et les rues sales du Bronx, prostituées vivant dans la misère et la violence, mères pleurant leurs fils morts au Vietnam, junkies en cavales... Autant de vies brisées, malmenées, face auxquelles on se sent étrangement impuissants.
    J'ai beaucoup aimé ce roman, son atmosphère tragique, ses personnages sensibles et effroyablement seuls, cette idée d'impuissance et de solitude extrême qui se retrouve dans le titre même du roman. Les personnages que l'on y découvre sont des personnages fatigués, broyés par l'existence. Ils contemplent un monde qui ne leur rend pas leur regard. le titre du roman, particulièrement poétique, rappelle par ailleurs la mécanique implacable des rapports humains. C'est sur ces mots que ce clôt le récit.
    Je vous invite donc à découvrir ce livre et vous laisser séduire par la prose envoutante de Colum Mc Cann.
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    • Livres 4.00/5
    Par cicou45, le 12 février 2011

    cicou45
    Livre où se croisent différents destins et où le lecteur découvre à la fois la misère du Bronx, le sort des mères recluses dans leur chagrin suite à la disparition de leur fils pendant la guerre du Vietnam, le destin réservé aux émigrés...tout cela autour d'un fait divers : un funambule ayant décider de marcher sur un fil à travers les deux plus hautes tours de New-York. On y rencontre des personnages attachants, notamment un pasteur irlandais (récemment disparu) qui vit dans le Bronx et qui s'est fait le protecteur des prostiruées de son quartier. Livre absolument passionnant que je conseille fortement à tous et à toutes.
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    • Livres 4.00/5
    Par MarianneDesroziers, le 10 juin 2010

    MarianneDesroziers
    Portraits croisés de personnages en proie au doute dans le New York du début des années 70 : Corrigan, un jeune franciscain doutant de Dieu suite à une rencontre amoureuse, son frère venu d'Irlande qui cherche à le comprendre, Claire, une femme quinquagénaire très chic fréquentant un groupe de mère dont les enfants sont morts au Vietnam, son mari Salomon un juge un peu désemparé, Gloria, une grosse femme noire, deux mariages et deux divorces ayant perdu ses trois enfants au Vietnam, Lara et son copain, tous deux peintres new-yorkais en vue puis junkie en manque d'inspiration se mettant au vert dans une cabane isolée jusqu'à ce qu'un accident de voiture et une rencontre les fassent se séparer, un ado qui photographe les tags dans le métro…et au-dessus, le funambule marchant sur un fil tendu entre les Twin Towers, entre ciel et terre. Toutes ces histoires sont liées de près ou de loin, certains personnages ont eu de l'influence sur la vie des autres sans que ceux-ci le sachent.
    J'adore ce roman où les personnages ont une épaisseur et une complexité et où tout sonne juste, des dialogues entre femmes de différents niveaux sociaux aux descriptions des bas-fonds de N. Y.C'est un roman très fin au niveau psychologique (comment les gens s'apprivoisent parfois difficilement comme Claire et Gloria, si différentes et si semblables dans leur douleur, qui auraient pu passer à côté de leur amitié par incompréhension, maladresse et 'orgueil) et sociologique (la gêne de Claire par rapport aux mères ayant perdu leur fils qui viennent chez elle dans son trop bel appartement : elle a peur que le liftier les fasse passer par l'ascenseur du personnel).
    Style simple mais fluide, dialogues réussis. Ecriture sensible qui évite le pathos. Bref, un très bon roman.
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Citations et extraits

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  • Par bacoltrane, le 05 mai 2010

    Il y avait tant d'astuces à apprendre. Ne jamais regarder le prévenu dans les yeux. Sourire rarement. Faire comme si on avait une petite crise d'hémorroïdes : trouver cet air d'impassibilité soucieuse. Donner l'impression d'être mal assis, voire l'être réellement. Toujours griffonner. Rester penché sur son bloc-notes comme un rabbin de la Torah. Toucher ses cheveux gris aux tempes. Se masser le haut du crâne quand la situation semble vous échapper. Tout casier judiciaire est un portrait psychologique (p 325)
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  • Par litolff, le 23 juin 2010

    La peur, c'est comme la poussière, ça flotte dans les airs. Tu te balades et tu ne vois rien, tu ne fais pas attention, mais elle est là, elle s'infiltre partout, recouvre tout. On la respire, on la touche, on la boit, on la mange, elle est tellement fine qu'on ne la remarque pas. Mais elle nous habille.
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  • Par Litterature_et_Chocolat, le 15 août 2011

    Corrigan, curé des rues dans le Bronx, dans les affres du doute :
    "Je me dis qu'être malade n'a rien d'une nouveauté, et la mort encore moins. Ce qui est affreux, c'est ce grand vide à chaque fois que j'en appelle à lui. Tu vois, quand j'essaye, c'est ça : le vide qui fait écho. J'ai tenté tout et plus, frangin. Ma confession sincère, le désir de garder la foi, tout, tout, tout. Je suis allé trouver le père Marek, ici à Saint Ann's. C'est un bon prêtre. On s'est démenés, tous les deux. On y a consacré des heures. Des heures à prier Dieu, du matin jusqu'au soir. [...] Mais je perdais Dieu. [...] Soudain tu as devant toi un dieu rationnel, et tu lui dis : 'Bon, ben, c'est pas mon trip pour l'instant, Père céleste, je reviendrai quand ça ira mieux.' "
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  • Par vavou, le 04 décembre 2010

    Certains jours , il s'exerçait nu, juste pour voir ses membres travailler. Il accordait son corps aux notes du vent. A l'affut des rafales, de ce qui les annonçait-une suggestion ,un murmure. La sécheresse de l'œil était un bon indicateur:"le voilà". Il apprenait à interprétait le moindre son. La vitesse des insectes était révélatrice. Il aimait que le vent souffle violemment. il marchait contre lui, arc-bouté et bravache, rassemblant toutes ses forces..
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  • Par sandpic, le 16 mars 2011

    Il y a des moments auxquels nous retournons toujours. La famille est comme l'eau. Elle garde la mémoire de ce qu'elle a rempli, s'efforce de reprendre la forme du courant primitif
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Vidéo de Colum McCann

Les carnets de route de François Busnel, France 5
Colum McCann parle de New York et de ses romans
François Busnel rencontre des écrivains new-yorkais, d'origine ou de coeur, qui puisent dans l'âme de la métropole la matière de leurs romans. Paul Auster, Colum McCann, Toni Morrison, Jay McInerney et Jonathan Franzen dressent le portrait d'une ville où se concentrent les rêves et les doutes de l'Amérique.
François Busnel propose de découvrir les Etats-Unis à travers le regard de ses écrivains. Il débute son périple par New York, ville la plus européenne du continent, qui n'en est pas moins un reflet de l'Amérique. Reflet de son immensité, de ses contrastes et de sa mixité. C'est aussi le lieu où s'épanouit une scène artistique foisonnante. François Busnel rencontre certains de ces New-yorkais d'origine ou de coeur, qui puisent dans l'âme de la métropole la matière de leurs romans. Paul Auster, Colum McCann, Toni Morrison, Jay McInerney et Jonathan Franzen dressent le portrait d'une ville où se concentrent les rêves et les doutes de l'Amérique.








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