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Critiques sur La Mort est mon métier (73)


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    • Livres 5.00/5
    Par araucaria le 04/03/2013


    Un excellent roman historique. Mais ce livre est très noir, très dur puisqu'il nous conduit dans les chambres à gaz et les fours crématoires d'Auschwitz. Obéîr sans réfléchir, sans activer sa conscience, uniquement pour faire son devoir, peut amener à des conséquences dramatiques, désastreuses, voilà la leçon que nous enseigne entre-autres Robert Merle. Un texte qui émeut, qui ne laisse pas indifférent. Un livre capital à découvrir absolument. Je le recommande à tous les lecteurs qui se sont déjà documentés sur la shoa et on lu par exemple des témoignages comme ceux de Primo Levi. Ce roman me semble être un excellent complément à tous les témoignages des survivants des camps de la mort.


    Lien : http://araucaria.20six.fr

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    • Livres 5.00/5
    Par Gwen21 le 29/11/2012


    La terrifiante réalité des atrocités de la Seconde Guerre Mondiale servie par le plume brillante et sans concession d'un auteur rompu à tous les exercices de style, cela vous donne un grand roman tel que La mort est mon métier.

    Sans chercher à stéréotyper l'homme allemand, Robert Merle cherche à nous faire partager la pensée d'un individu endoctriné parmi d'autres, comme tant d'autres. Un homme prisonnier d'un passé de souffrance, d'un présent de conviction et d'un avenir d'espérance ; un avenir à construire sur les ruines d'un monde décrété corrompu.

    Tel un bon ouvrier appliqué à sa tâche sur le chantier d'un Etat à reconstruire, le personnage principal (je ne peux quand même pas le nommer "héros") nous glace le sang par ses actes et par ses pensées mais nous permet de mieux "comprendre" ce qui s'est passé dans la tête et l'existence de millions d'Allemands dans l'entre-deux-guerres pour aboutir à cette catastrophe humaine et politique qui n'a pas encore fini de nous traumatiser.

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    • Livres 5.00/5
    Par gill le 27/04/2012


    Rudolf Lang a existé.Il s'appelait en réalité Rudolf Hoess.
    Ce livre écrit le récit de sa vie durant laquelle il devint un bourreau nazi.
    Écrit de 1950 à 1952 il est contemporain du conflit, ce roman est complexe et peut donner de l'espèce humaine une opinion désolée.
    Il fallait tout le talent de Robert Merle pour donner sa force à ces lignes qui dénoncent la soumission à l'ordre, l'impératif catégorique, la fidélité au chef et le respect pour l'état lorsqu'ils mènent au pire de la tragédie.
    Ce grand livre courageux et philosophique est écrit par un des plus grands auteurs français de son époque.

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    • Livres 5.00/5
    Par fredho le 08/04/2013


    Début du xxè, Rudoph Lang grandit dans une famille allemande composée de deux grandes sœurs, d'une mère au foyer et d'un père tyrannique et très pieux. le père ayant commis un pêché de jeunesse pendant un voyage en France, souhaite faire de son fils un prêtre afin d'expier sa faute. Sous l'autorité de ce père bigot, la famille subit une éducation catholique très stricte, contrainte aux prières quotidiennes.
    Un jour Rudolph, sous un accès de colère, casse la jambe de l'un de ses camarades, celui-ci ne le dénoncera pas, mais Rudolph ira se confesser auprès du prêtre de l'école. le soir même, il s'aperçoit avec stupeur que son père est au courant, et croit que le prêtre l'a dénoncé. A ce jour, le jeune garçon perd à jamais la foi en Dieu.
    Après la mort de son père, Rudolph conserve malgré tout, cette discipline religieuse inculquée par ce dernier.
    La 1ère guerre mondiale éclate, le jeune adolescent alors âgé de 16 ans essaie de s'enrôler sur le front mais trop jeune, il est vite refouler. Il se porte alors volontaire dans un hôpital militaire où il fera la connaissance d'un dragon de cavalerie qui lui inculquera le sens du devoir patriotique. Par conséquent, Rudolph s'éloigne définitivement de l'église chrétienne et de sa famille, et n'aura dorénavant qu'une église : l'Allemagne.
    Après la guerre 14-18, il connaît pendant une longue période le chômage, la faim et le froid. La misère pousse le jeune homme à rejoindre différents groupements militaires, ainsi en 1920 il adhère au parti nazi. Il retrouve alors les ordres et la discipline, ses seules raisons de vivre.
    Après la prise de pouvoir d'Hitler, Himmler qui voit en Rudolph Lang un bon organisateur, lui fait rapidement grimper les échelons et lui confiera par la suite, le poste de commandant au camp d'Auschwitz où il aura ordre de supprimer le plus grand nombre de juifs...

    Sous la belle plume de Robert Merle, nous pénétrons dans l'âme perverse d'un nazi, nous parcourons l'ascension d'un homme déshumanisé, qui ne montre ni sentiments, ni pitié. Guidé par les ordres et la discipline auxquels se soumet volontiers Rudolph Lang, il ne mettra à aucun moment en doute la gravité de ses actes, et se pliera à l'autorité hiérarchique.
    Rudolph Lang n'écoute pas sa conscience, il ne pense pas et n'a qu'une devise :
    « Mon devoir est d'obéir ».

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    • Livres 5.00/5
    Par bouquine le 10/04/2013


    « La mort est mon métier » est un témoignage terrifiant, difficilement supportable mais captivant. Travail d'historien primordial pour la postérité, le roman de Robert Merle est basé sur l'enquête d'un psy réalisée au moment du procès de Nuremberg. Il se présente comme le journal intime du commandant du camp d'Auschwitz-Birkenau, son enfance, son ascension jusqu'à sa chute. L'emploi du « je » confère au récit une proximité épouvantable.

    Comment devient-on un bourreau monstrueux capable d'organiser l'horreur au rang d'une industrie ? de l'optimiser dans les moindres détails ?
    Des traumatismes de l'enfance qui trouveront une compensation dans l'armée, comme un ersatz de famille offrant un sentiment de sécurité, un refuge dans l'obéissance et le culte du chef, puis les stigmates de 14-18 - l'humiliation après le traité de Versailles ressenti comme un «diktat» et la spirale chômage-misère des années 20 - enfin les idées nauséabondes scandées en « prêt à penser » par le parti nazi, ont joué leurs rôles d'attiseurs sur cet homme manifestement déséquilibré.

    On suit son évolution dans les rangs des SA puis des SS en parallèle avec celle du IIIème Reich. Pour ses talents d'organisateur, le Reichfürher lui confiera la mission secrète de réaliser le plus grand camp d'extermination, avec des objectifs imposés en temps et en «unités » (comprenez juifs). Sans esprit critique, sans état d'âme, aucune trace de pitié ni de remords, enfin, sans aucune humanité, il y parvint bien au-delà des espérances de ses chefs. Simplement obéir avec une froide détermination, exécuter les ordres avec zèle pour être utile à la cause/patrie.

    « Comme un tableau de Breughel, celui qui peignait l'enfer ». C'est ainsi qu'est décrit par l'un des SS le « traitement spécial », génocide planifié dans les camps de la mort. Mais le tableau est une œuvre d'art, une allégorie alors que ces camps étaient l'enfer.

    Après cette lecture réellement éprouvante, j'aimerais savoir comment a survécu sa famille, dans l'après-guerre. Ses enfants étaient encore très jeunes au moment des faits et ont logé sur le site d'Auschwitz. Comment a-t-il pu vivre une vie de famille à côté de l'horreur absolue ? J'ai lu quelque part que sa femme recommandait aux enfants de bien essuyer la poussière retombée des cheminées et déposée sur les fraises du jardin avant de les manger !

    Ne dit-on pas que les bourreaux ont d'abord été des victimes ? On peut en convenir pour quelques individus, monstres fabriqués par l'enchaînement de circonstances puis par un système. Mais l'inconcevable, c'est le nombre ! Combien y a-t-il eu de Höess ? Voilà l'inimaginable.

    Cela m'évoque ces paroles d'une chanson de Goldman « Qu'on nous épargne à toi et moi si possible très longtemps D'avoir à choisir un camp».

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    • Livres 5.00/5
    Par la_fleur_des_mots le 07/01/2013


    La mort est mon métier est un grand classique de la littérature sur le nazisme qui retrace le parcours de Rudolf Höss ou Höß (Rudolf Lang dans le livre). On y découvre son enfance, son ascension au sein du parti nazi et son quotidien de commandant des camps de concentration et d'extermination d'Auschwitz-Birkenau.
    Cette lecture est aussi douloureuse que passionnante. Robert Merle a su parfaitement faire le portrait de cet homme dénué de sentiments, d'une fidélité sans faille à l'ordre établi, qui se comporte en directeur d'usine à la recherche du rendement maximum. Son enfance explique pour beaucoup l'obéissance aveugle dont il fait preuve. le tour de force de Merle est de donner des éclaircissements sur le comportement de Rudolf Höss sans jamais chercher à le justifier.
    Un livre à lire évidemment, si ce n'est déjà fait.


    Lien : http://bloglavieestbelle.overblog.com/la-mort-est-mon-metier-de-robe..

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    • Livres 4.00/5
    Par Charly06 le 14/05/2013


    Trés bon roman qui décrit assez bien les mécanismes qui ont abouti au résultat qu'on connaît. L'auteur s'est inspiré d'un personnage réel et s'est appuyé sur les expertises psychologiques qui ont été menées, ce qui rend crédible son récit et fait froid ds le dos. La docilité et la recherche de l'avancement ne justifient cependant pas tout, à mon sens et il est rassurant de savoir que certains ont gardé leur conscience intacte en refusant de participer à cette fureur collective.
    A méditer, ds une moindre mesure je précise : docilité et recherche d'avancement, c'est toujours d'actualité ds le monde du travail non ?

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    • Livres 4.00/5
    Par Gwenwed le 20/11/2012


    Excellent livre de Robert Merle qui raconte la vie (inventée) du commandant du camp d'Auschwitz. La force de ce récit est de nous livrer les clés pour comprendre comment, dès l'enfance, un homme peut être capable de du pire. On suit ainsi la vie de Rudolph Lang, qui de son enfance à la vie d'adulte, a toujours obéi : à son père, à Dieu, aux officiers de l'armée, au parti nazi, à Himmler... Cette volonté de toujours obéir l'a donc poussé à faire correctement son travail même si les tâches demandées peuvent être cruelles. Un homme "déshumanisé", passif, élevé dans l'obéissance aveugle, sans conscience, sans esprit critique. Dans la deuxième partie du livre, lorsque Rudolph Lang devient commandant du camp d'Auschwitz-Birkenau, l'auteur nous livre l'organisation industrielle, rationnelle, les calculs froids du personnage pour améliorer la "productivité" et éliminer le maximum de Juifs. Un livre coup de poing pour essayer de comprendre, en partie, la psychologie de ces hommes capables du pire.

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    • Livres 5.00/5
    Par canel le 01/07/2011


    Rudolf Lang apprend à treize ans que son destin est tout tracé : il entrera dans les ordres pour expier les fautes paternelles. A la mort de son père en 1914, le jeune garçon se libère de cette volonté et oeuvre pour partir au front. Il deviendra finalement soldat en 1916, dès seize ans. Dès lors, sa vie sera intimement liée au sentiment patriotique.
    Voici un roman-documentaire choc. Même si on estime avoir lu de nombreux ouvrages sur le nazisme, celui-ci offre un éclairage particulier. Robert Merle prend l'exemple de Rudolf Hoess (qui a réellement existé) pour montrer comment les idéaux nazis ont pu s'enkyster chez un individu - mais pas n'importe quel individu - et faire de lui un monstre. Rudolf a été élevé par un père tyrannique, impitoyable, obsédé par la religion et le péché. Croyant échapper à l'emprise paternelle, le jeune homme se "libère" en rejoignant l'armée, où il subit de fait d'autres tyrannies : celle de la hiérarchie, mais aussi celle de l'extrême rigueur qu'il s'impose lui-même. Nous suivons le cheminement de cet homme froid, ce "petit fonctionnaire calme et scrupuleux" (p. 369), capable du meilleur et du pire, qui éprouve plus de plaisir en cirant ses bottes qu'entre les bras d'une femme... le fait que son sens de la discipline occulte tout sentiment, toute faculté de jugement est terrifiant : "Je n'ai pas à m'occuper de ce que je pense. Mon devoir est d'obéir." (p. 363). le sadisme semble étrangement absent de ses actes, ceux-ci sont dictés par un effroyable souci d'ordre et d'obéissance envers un idéal... Ce récit a de quoi bouleverser bien des idées préconçues. Il est évidemment dur, parfois insoutenable, puisque Rudolf Lang fut un rouage important du monstrueux mécanisme d'élimination des Juifs...

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    • Livres 5.00/5
    Par Ellen-R le 12/10/2012


    On ne peut être que captivé par cet ouvrage, pour peu que l'on soit désireux de comprendre (d'essayer tout au moins) par quel cheminement un homme peut arriver à être le serviteur zélé d'un pouvoir planifiant le génocide d'une population, sous prétexte de son appartenance religieuse.

    Robert Merle fait usage d'une écriture simple et fluide pour un personnage primaire et sans états d'âme. le livre, écrit à la première personne, est un peu le « journal intime » de Höss, ce qui non seulement permet au lecteur de rentrer dans la tête du nazi, mais confère une certaine objectivité au récit. Même si on peut ainsi arriver à mieux comprendre comment on devient un monstre au service d'une politique criminelle de grande ampleur, comment ne pas être interloqué par une telle absence de compassion pour autrui, dût-elle être liée à une éducation extrêmement stricte et au dégoût pour la religion qui s'en est suivi ? Comment ne pas ressentir l'effroi face à ses descriptions froides d'une horreur sans nom, où il est question d'améliorer le rendement pour pouvoir anéantir atrocement un maximum d'humains, qui deviennent alors des unités sans nom et sans visage.

    C'est seulement vers la fin qu'Höss rencontrera pour la première fois des objections, alors que depuis le début de sa nomination à Auschwitz, il ne semble pas réaliser la gravité de ses actes qu'il assume avec un détachement ahurissant. Tout d'abord en la personne de sa femme, horrifiée, qui découvre par hasard la cause de l'horrible puanteur imprégnant le camp, puis de ses interrogateurs américains, juste avant le procès de Nüremberg. Comme eux, le lecteur a besoin de savoir pourquoi il a agi ainsi. Et à chaque fois, la même réponse tenace : « J'ai obéi aux ordres ». A Höss qui considère cela comme une fierté et un devoir patriotique, sa femme en fait un simple lâche en lui rétorquant implacablement « Ainsi, voilà la raison qui t'a fait obéir : tu savais que si les choses tournaient mal, tu ne serais pas puni. »

    Aux enquêteurs qui lui demandent pourquoi il a agi ainsi, il invoquera les ordres, les ordres, toujours les ordres… Cette mission lui plaisait-elle ? Non évidemment, mais, seulement parce que c'était « ennuyeux »… Höss le dit lui-même, il n'éprouvait rien de particulier pour ses victimes. « Vous êtes complètement déshumanisé » conclut l'américain avec un mélange de pitié et d'horreur. La question qui s'impose d'elle-même au lecteur une fois refermé le livre : doit-on suivre aveuglément les ordres d'une hiérarchie en abandonnant tout sentiment, tout esprit critique, et quelle en est la limite ? Tout individu sain d'esprit devrait logiquement conclure que oui, désobéir est un devoir quand l'ordre est injuste…

    Incontestablement, ce livre est l'un de ceux qui m'ont le plus marquée sur cette période si tristement connue.

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