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Critiques sur La Mort est mon métier (130)
araucaria
araucaria04 mars 2013
  • Livres 5.00/5
Un excellent roman historique. Mais ce livre est très noir, très dur puisqu'il nous conduit dans les chambres à gaz et les fours crématoires d'Auschwitz. Obéîr sans réfléchir, sans activer sa conscience, uniquement pour faire son devoir, peut amener à des conséquences dramatiques, désastreuses, voilà la leçon que nous enseigne entre-autres Robert Merle. Un texte qui émeut, qui ne laisse pas indifférent. Un livre capital à découvrir absolument. Je le recommande à tous les lecteurs qui se sont déjà documentés sur la shoa et on lu par exemple des témoignages comme ceux de Primo Levi. Ce roman me semble être un excellent complément à tous les témoignages des survivants des camps de la mort.
Lien : http://araucaria.20six.fr
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Gwen21
Gwen2129 novembre 2012
  • Livres 5.00/5
La terrifiante réalité des atrocités de la Seconde Guerre Mondiale servie par la plume brillante et sans concession d'un auteur rompu à tous les exercices de style, cela vous donne un grand roman tel que "La Mort est mon métier".

Sans chercher à stéréotyper l'homme allemand, Robert Merle cherche à nous faire partager la pensée d'un individu endoctriné parmi d'autres, comme tant d'autres. Un homme prisonnier d'un passé de souffrance, d'un présent de conviction et d'un avenir d'espérance ; un avenir à construire sur les ruines d'un monde décrété corrompu.

Tel un bon ouvrier appliqué à sa tâche sur le chantier d'un Etat à reconstruire, le personnage principal (je ne peux quand même pas le nommer "héros") nous glace le sang par ses actes et par ses pensées mais nous permet de mieux "comprendre" ce qui s'est passé dans la tête et l'existence de millions d'Allemands dans l'entre-deux-guerres pour aboutir à cette catastrophe humaine et politique qui n'a pas encore fini de nous traumatiser.
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Ellane92
Ellane9217 novembre 2013
  • Livres 5.00/5
Comment appelle-t-on un homme qui fait du massacre en masse ? Un bourreau ? Un tyran ? Un "génocidaire" ? La réponse de Robert Merle donne son titre à l'ouvrage : il s'agit d'un homme dont "La mort est le métier". Sur la base des rapports de psychiatrie de Rudolf Hess et des rapports du procès de Nuremberg, Merle nous livre la vie, l'histoire et les pensées de Rudolf Hoss, commandant du camp d'extermination d' Auschwitz-Birkenau.
Au premier abord, on est pris de sympathie pour l'enfance du futur nazi, auprès d'un père chrétien intégriste qui le voue à la carrière religieuse et d'une mère et de soeurs transparentes. On suit avec soulagement son adolescence et son entrée dans le régiment des dragons. Puis l'on devient inquiet lorsque, las du chômage et de la misère qu'il connait lors de son retour en Allemagne, il sympathise avec un groupe politique qui commence à prendre de l'importance, le Parti national-socialiste des travailleurs allemands (ou parti nazi). Car après un séjour en prison et une période de calme, Rudolf est ravi de déposer sa vie, son obéissance et son honneur aux pieds de ses supérieurs, eux qui ont une vue stratégique de l'ensemble des actions demandées à leurs subalternes, eux dont les décisions, quelles qu'elles soient, sont justes et eux qui, enfin, légitiment toutes les conséquences des actions qu'ils auront demandées. Y compris lorsqu'il s'agit de rendre opérationnel et de faire un modèle de rendement du futur camp d'extermination d'Auschwitz.

Robert Merle est un conteur, lui qui mêle dans ce livre, sur le même ton et avec la même précision clinique, des morceaux de vie de famille et d'horreur. Cet ouvrage fait partie des livres qui ne se lâchent pas, que l'on dévore, qui nous obsèdent tant qu'ils ne sont pas finis, et bien après encore. Merle ne nous épargne aucune image, ni la misère des camps, ni les fumées asphyxiantes de la graisse versée sur les corps pour brûler les os, ni les stratégies pour convaincre les juifs d'entrer en bon ordre dans les chambres à gaz. Parce qu'au final, le problème "de la solution finale", c'est l'optimisation du rendement des camps comme celui d'Auschwitz : ce n'est pas de tuer en masse qui est compliqué, mais de savoir quoi faire des corps de façon à tuer encore plus encore plus vite.
Et que tout ce qui est décrit est réel, a eu lieu, dans un passé dont des rescapés nous parlent encore.

Au final, je ne sais pas si je suis convaincue par la thèse de Merle sur la naissance d'un bourreau. Pour moi, l'énigme demeure sur le déroulement qui amène un homme, au choix : à tuer, à torturer ses semblables, à massacrer, à ignorer sa part d'humanité pour mieux nier celle de l'autre. Je ne peux pas croire que tous les nazis étaient des « fous ». Alors, comment se peut-il… ? Ce roman de Merle m'a marquée, en décrivant un parcours possible. Et s'il me laisse toujours aussi démunie face à la folie de certains hommes, il permet au moins d'informer et de faire se poser quelques bonnes questions.
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gill
gill27 avril 2012
  • Livres 5.00/5
Rudolf Lang a existé.Il s'appelait en réalité Rudolf Hoess.
Ce livre écrit le récit de sa vie durant laquelle il devint un bourreau nazi.
Écrit de 1950 à 1952 il est contemporain du conflit, ce roman est complexe et peut donner de l'espèce humaine une opinion désolée.
Il fallait tout le talent de Robert Merle pour donner sa force à ces lignes qui dénoncent la soumission à l'ordre, l'impératif catégorique, la fidélité au chef et le respect pour l'état lorsqu'ils mènent au pire de la tragédie.
Ce grand livre courageux et philosophique est écrit par un des plus grands auteurs français de son époque.
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palamede
palamede03 février 2016
  • Livres 4.00/5
Obéir aux ordres, fussent-ils les plus fous, les plus inconcevables, les plus atroces, c'est la défense des criminels de guerre nazis, ils ont obéi aux ordres. Quand on est militaire cela fait partie des règles de base, et quand on est allemand cela fait partie des gènes dit-on. Seulement là, ce n'est pas recevable, le crime est trop horrible, trop grand, personne ne leur pardonnera, ils seront même responsables du sentiment de culpabilité des générations suivantes, aujourd'hui encore.

Rudolf Höss (Rudolph Lang dans le roman), le commandant du camp de concentration d'Auschwitz-Birkenau, fait partie de ces hommes, un militaire à qui Himmler a ordonné d'appliquer la solution finale aux Juifs et qui s'est acquitté de sa tâche avec « soin », sans affect pour les victimes quelles qu'elles soient, il dira d'ailleurs face à ces juges : " vous comprenez, je pensais aux Juifs en termes d'unités, jamais en termes d'êtres humains. Je me concentrais sur le côté technique de ma tâche ".

La Mort est mon métier est remarquable dans ce qu'il illustre parfaitement cette attitude qui conduit à la banalité du mal dont parle la philosophe Hannah Arendt. Envoyée spéciale du New Yorker en Israël au procès d'Adolf Eichmann, elle a estimé que l'homme était tristement banal, un petit fonctionnaire ambitieux et zélé, entièrement soumis à l'autorité, incapable de distinguer le bien du mal.

Eichmann comme Rudolf Höss ont cru accomplir un devoir, ils ont suivi les consignes et cessé de penser. Et le seul moyen d'échapper à l'inhumain qui se loge en chacun n'est-il pas bien de penser, de réfléchir à nos actes en dehors de toute pression extérieure ?
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Luniver
Luniver10 février 2015
  • Livres 4.00/5
Élevé dans une discipline militaire par un père catholique limite fanatique, Rudolf Lang ne retiendra qu'une chose de son enfance : il faut obéir aux ordres des adultes sans discuter, et cette leçon sera apprise au-delà de toutes espérances. À la mort de son père, Rudolf s'engage volontairement dans l'armée lors de la première guerre mondiale, à l'âge de seize ans seulement. Il y conserve la présence rassurante d'une hiérarchie tout en gagnant une certaine valorisation de ses actes.

À la fin de la guerre, ses pas le portent naturellement vers les corps francs puis vers la SS récemment créée. Son obéissance lui permet de monter rapidement en grade. Lors de la seconde guerre mondiale, on lui confie la direction du camp d'Auschwitz, malgré ses désirs de combattre. Ses talents d'organisateurs devrait, selon ses supérieurs, l'aider à atteindre les quota élevés de juifs à éliminer.

Rudolf met désormais toute son énergie et toute son inventivité pour atteindre le but qui lui est fixé. Sa seule crainte est de décevoir ses supérieurs et de subir le déshonneur qu'entraîne un ordre non-exécuté. Les hommes, les femmes et les enfants qu'il élimine ne sont que des chiffres sur un bout de papier.

Inspiré par les témoignages de l'authentique commandant du camp de concentration d'Auschwitz, ce roman de robert Merle est glaçant. Cette obéissance aveugle en la hiérarchie, l'absence totale d'opinion personnelle sur les ordres qu'il reçoit est réellement inhumaine. Certes, toute son éducation ne l'a préparé qu'à ça : être le rouage fiable d'une machine qu'il ne cherche même pas à comprendre. Mais on a bien dû mal à pardonner à l'inexistence de la moindre petite parcelle de révolte.
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la_fleur_des_mots
la_fleur_des_mots07 janvier 2013
  • Livres 5.00/5
La mort est mon métier est un grand classique de la littérature sur le nazisme qui retrace le parcours de Rudolf Höss ou Höß (Rudolf Lang dans le livre). On y découvre son enfance, son ascension au sein du parti nazi et son quotidien de commandant des camps de concentration et d'extermination d'Auschwitz-Birkenau.
Cette lecture est aussi douloureuse que passionnante. Robert Merle a su parfaitement faire le portrait de cet homme dénué de sentiments, d'une fidélité sans faille à l'ordre établi, qui se comporte en directeur d'usine à la recherche du rendement maximum. Son enfance explique pour beaucoup l'obéissance aveugle dont il fait preuve. le tour de force de Merle est de donner des éclaircissements sur le comportement de Rudolf Höss sans jamais chercher à le justifier.
Un livre à lire évidemment, si ce n'est déjà fait.
Lien : http://bloglavieestbelle.overblog.com/la-mort-es..
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Charly06
Charly0614 mai 2013
  • Livres 4.00/5
Trés bon roman qui décrit assez bien les mécanismes qui ont abouti au résultat qu'on connaît. L'auteur s'est inspiré d'un personnage réel et s'est appuyé sur les expertises psychologiques qui ont été menées, ce qui rend crédible son récit et fait froid ds le dos. La docilité et la recherche de l'avancement ne justifient cependant pas tout, à mon sens et il est rassurant de savoir que certains ont gardé leur conscience intacte en refusant de participer à cette fureur collective.
A méditer, ds une moindre mesure je précise : docilité et recherche d'avancement, c'est toujours d'actualité ds le monde du travail non ?
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viou1108
viou110801 juillet 2015
  • Livres 4.00/5
Enfant, Rudolf Lang est soumis à une discipline de fer par son père, autoritaire et ultra-dirigiste, issu d'une lignée d'officiers de l'armée allemande. La vie de la famille est réglée à la seconde près, sans le moindre temps mort dans lequel pourrait se glisser la tentation de bayer aux corneilles. le père, chrétien obsessionnel, est convaincu, pour se faire pardonner un péché minime remontant à 20 ans, de devoir endosser les moindres fautes de sa famille, et de vouer son fils aîné à la prêtrise. Rudolf grandit dans une atmosphère pesante, psycho-rigide et culpabilisante, sans savoir que la chaleur humaine existe, de même que le bonheur, l'amour ou l'amitié. Il ne le saura jamais. Son père lui apprend que le Bien consiste à Obéir, envers et contre tout, à ses parents, au curé, au maître d'école, et que le Mal est incarné par un Diable grimaçant qui promet les tourments de l'enfer à la moindre incartade.
Rudolf voue une haine froide et inavouée à son père et à la religion, et les rejettera en bloc à la mort du père. Agé d'à peine 12-13 ans, habitué à une vie réglée, cadrée, sans surprises ni responsabilités, donc confortable et sécurisante, il se cherche un père de substitution. Ce sera la Mère Patrie, et la carrière militaire, entrant dans les Corps Francs et dans la 1ère guerre mondiale à 16 ans. Puis viendront la SA et la SS, pour finalement atteindre le « sommet » en devenant commandant du camp d'extermination d'Auschwitz. Camp qu'il contribuera largement à développer, sa créativité et son talent pour l'organisation ne connaissant pas de limites pour mettre sur pied l'usine de mort la plus performante de l'Histoire. le tout sans le moindre état d'âme, le moindre sentiment, hormis le sens du devoir et de l'honneur (si on admet qu'honneur égale obéissance).
Rudolf Lang est en réalité Rudolf Hess, commandant d'Auschwitz, et le « roman » de R. Merle n'est donc pas une fiction. Ce qui ne le rend pas moins captivant, au contraire. En effet, observer et essayer de comprendre (entendons-nous : comprendre n'est pas justifier, et encore moins admettre) pourquoi et comment un être humain en arrive à devenir une sorte d'automate « dé-conscientisé » au service d'une « cause » épouvantable, a quelque chose de fascinant, comme le fonctionnement du cerveau humain. L'hypothèse de Merle semble être que les « racines du mal » se trouvent dans une enfance quasi déshumanisée. L'endoctrinement par le père puis l'armée et la propagande nazie sont aussi largement coupables. Dans la logique de Rudolf, logique militaire avant d'être nazie me semble-t-il, son comportement est parfaitement légitime, il se contente d'exécuter en bon soldat les ordres reçus, et considère qu'il n'a tout simplement pas à s'interroger sur leur bien-fondé, leur moralité, leur motivation sous-jacente. Sans pour autant renier la responsabilité de ses actes : c'est bien lui qui les a accomplis, simplement parce qu'il devait obéir. C'est criant à la fin du livre quand il apprend le suicide de Himmler, arrêté par les Alliés : « il s'est défilé », il ne veut pas assumer. Se pose alors l'autre question, effarante : Lang/Hess avait-il conscience de tuer des êtres humains (même si les nazis considéraient les Juifs comme des sous-hommes…), de participer à un génocide ? Je suppose qu'il avait surtout conscience de devoir servir la grande Allemagne pour instaurer le fameux « Reich de 1000 ans ». Cela ne justifie rien, n'excuse rien, et cela mérite des thèses de doctorat. Ca ne m'a pas empêchée d'apprécier ce livre, très bien écrit, malgré un contenu glaçant. Tout comme il est glaçant de voir que l'Histoire a depuis lors repassé les plats de la barbarie…
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fredho
fredho08 avril 2013
  • Livres 5.00/5
Début du xxè, Rudoph Lang grandit dans une famille allemande composée de deux grandes soeurs, d'une mère au foyer et d'un père tyrannique et très pieux. le père ayant commis un pêché de jeunesse pendant un voyage en France, souhaite faire de son fils un prêtre afin d'expier sa faute. Sous l'autorité de ce père bigot, la famille subit une éducation catholique très stricte, contrainte aux prières quotidiennes.
Un jour Rudolph, sous un accès de colère, casse la jambe de l'un de ses camarades, celui-ci ne le dénoncera pas, mais Rudolph ira se confesser auprès du prêtre de l'école. le soir même, il s'aperçoit avec stupeur que son père est au courant, et croit que le prêtre l'a dénoncé. A ce jour, le jeune garçon perd à jamais la foi en Dieu.
Après la mort de son père, Rudolph conserve malgré tout, cette discipline religieuse inculquée par ce dernier.
La 1ère guerre mondiale éclate, le jeune adolescent alors âgé de 16 ans essaie de s'enrôler sur le front mais trop jeune, il est vite refouler. Il se porte alors volontaire dans un hôpital militaire où il fera la connaissance d'un dragon de cavalerie qui lui inculquera le sens du devoir patriotique. Par conséquent, Rudolph s'éloigne définitivement de l'église chrétienne et de sa famille, et n'aura dorénavant qu'une église : l'Allemagne.
Après la guerre 14-18, il connaît pendant une longue période le chômage, la faim et le froid. La misère pousse le jeune homme à rejoindre différents groupements militaires, ainsi en 1920 il adhère au parti nazi. Il retrouve alors les ordres et la discipline, ses seules raisons de vivre.
Après la prise de pouvoir d'Hitler, Himmler qui voit en Rudolph Lang un bon organisateur, lui fait rapidement grimper les échelons et lui confiera par la suite, le poste de commandant au camp d'Auschwitz où il aura ordre de supprimer le plus grand nombre de juifs...

Sous la belle plume de Robert Merle, nous pénétrons dans l'âme perverse d'un nazi, nous parcourons l'ascension d'un homme déshumanisé, qui ne montre ni sentiments, ni pitié. Guidé par les ordres et la discipline auxquels se soumet volontiers Rudolph Lang, il ne mettra à aucun moment en doute la gravité de ses actes, et se pliera à l'autorité hiérarchique.
Rudolph Lang n'écoute pas sa conscience, il ne pense pas et n'a qu'une devise :
« Mon devoir est d'obéir ».
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