ISBN : 9782259212878
Éditeur : Plon (2011)


Note moyenne : 3.45/5 (sur 11 notes) Ajouter à mes livres
Né dans l’Hexagone, Antoine Kingué, dit Snow, n’arrive pas à surmonter la rancoeur qu’il nourrit envers sa mère, coupable de ne l’avoir pas assez aimé. Elle l’a laissé en pension alors qu’il n’avait que sept ans et envoyé passer les grandes vacances seul au Mboasu, ce p... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 2.00/5
    Par ygounin, le 29 mai 2012

    ygounin
    Depuis six romans déjà Léonora Miano explore la même veine : celle de la difficulté à être Africain(e), en Afrique même (tel était l'objet de sa trilogie africaine entâmée par "L'intérieur de la nuit" qui lui valut un succès mérité dès 2005) et en France ("Des astres éteints" qui explore les errances de l'idéologie kémite est, de mon point de vue, son roman le plus riche).
    Comme Fatou Diome, Léonora Miano est plongée dans le "chaudron afrodiasporique". Les deux romancières partagent une approche stimulante de la post-colonialisation qui renvoie dos à dos le paternalisme des anciens dominateurs et la victimisation des anciens dominés.
    Hélas elles romancent leurs idées avec des semelles de plomb. La littérature post-coloniale indienne est autrement plus délicate : leurs romans sont plus proches de Virginie Despentes que de Jhumpa Lahiri ou de Monica Ali ! Leur style, trop travaillé, est haïssable : y alternent des expressions familières et des constructions alambiquées.
    Le dernier roman de Léonora Miano n'échappe pas à ces critiques. L'héroine de "Ces âmes chagrines" se prénomme Modi. On comprend vite que son prénom (Modi est maudite) annonce bien des malheurs : son père la déshérite, son amoureux meurt tandis qu'elle est en couches, sa fille unique, violée à 14 ans, puis à 17, se désintéressse de ses enfants avant d'émigrer en France où elle aura un troisième fils, avant de sombrer dans la déchéance, etc.
    Pour donner à son oeuvre une portée plus universelle, Léonora Miano se refuse, dans ce livre comme dans le précédent, à nommer les lieux (la France, l'Afrique, le Cameroun, Paris ...) et recourt à des pseudonymes qui prêtent à sourire : l'Afrique est le Continent, Paris l'Intra-muros, l'Angleterre devient l'Albion, la Suisse l'Helvétie ...
    Malgré tous ses défauts - les plus pénibles étant sans doute son immodestie et son manque d'humour - l'oeuvre de Léonora Miano mérite néanmoins d'être lue car elle constitue un témoignage littéraire éclairant de la "condition noire en France" brillamment analysée par le sociologue Pap Ndiaye.
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    • Livres 4.00/5
    Par jostein, le 05 septembre 2011

    jostein
    "Ces âmes chagrines", ce sont celles d'Antoine et de Maxime, deux des fils de Thamar, mais aussi celles des mère et grand-mère. Tous n'ont pu être aimés comme ils l'auraient voulu.
    Est-ce une lignée familiale maudite ou tout simplement, des gens ordinaires qui n'ont pas compris qu'avant tout, l'amour se donne.
    Léonora Miano nous décrit ici plusieurs personnages, tous sont importants pour la compréhension du destin de chacun.
    Il peut sembler difficile de rentrer dans ce roman, peut-être parce que la narration n'est pas linéaire ou parce que les repères géographiques sont volontairement flous ( le Continent, le Nord, l'Hexagone, l'Intra-muros).
    Mais, petit à petit, le parcours mental d'Antoine se dessine. Enfant chéri, qui pourtant se ressent rejeté par sa mère qui doit agir en fonction de son nouveau compagnon, Antoine, meurtri cherche à se venger. Tout d'abord, en affichant de lui-même une apparence sulfureuse puis en exploitant son frère et brimant sa mère.
    Maxime, le fils aîné de Thamar, enfant né d'un viol, est au contraire fier de ses racines, reconnaissant envers les siens. Il est celui qui aide, qui pardonne.
    Il y a tant d'actes manqués dans ces vies, de pardons que l'on ne donne pas ( le pasteur Masoma rejetant sa fille Modi, Modi qui laisse sa fille dans l'ignorance de ses origines, Thamar qui ne sait pas aimer ses deux premiers fils, Antoine refusant ses origines et les mains tendues de Maxime et Thamar).
    Il faut parvenir au dénouement pour appréhender toute la substance de ce roman, pour comprendre un peu cette vie sauvage et violente de ce pays imaginaire de Mboasu (que l'on peut situer au Cameroun), pour finalement aimer les personnages parfois égoïstes de Thamar et Antoine.

    Lien : http://surlaroutedejostein.over-blog.com/article-ces-ames-chagrines-..
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    • Livres 3.00/5
    Par tessgeffroy, le 08 octobre 2011

    tessgeffroy
    Antoine vit en France, déteste sa mère coupable de ne pas l'avoir aimé !
    Son enfance se partage entre la pension et les vacances d'été chez sa grand-mère « Modi »en Afrique.
    Adulte, celui-ci est devenu un être froid, envieux, profiteur, et particulièrement jaloux de son frère Maxime....
    Ce roman nous livre l'histoire de « Modi », la grand-mère rejetée par son père, de sa fille Thamar mère d'Antoine et mal-aimée de sa mère.
    Ainsi qu'Antoine et ses frères tiraillés par le manque d'amour.
    Vont-ils un jour trouver la paix dans cette saga tissée par les non-dits, l'amour semblant inexistant...
    Pour ma part, j'ai trouvé la 1ère partie du livre froid, sans âme. Je n'arrivais pas à me sentir avec eux, j'ai failli abandonner.
    Puis lors de la 2ème partie je n'ai pas pu m'en détacher. J'ai enfin ressenti les choses, la trame de l'histoire. J'ai retrouvé la finesse d'écriture et la tendresse des personnages auxquels l'écrivain nous avaient habitué lors de ces précédent romans.
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    • Livres 4.00/5
    Par Stephie, le 23 mars 2012

    Stephie
    Découverte avec un petit recueil de nouvelles, Afropean Soul et autres nouvelles, j'avais aimé sa façon de voir le rapport qu'entretient l'homme noir avec la France, avec le moule occidental. Dans ce roman, il en est encore question, mais pas seulement.
    En effet, à la problématique de l'intégration se rajoute celle de la quête des origines et donc de l'identité. Chacun des personnages est en quête de soi, sauf peut-être Modi qui a fait le deuil de son passé, de la relation perdue avec le père et qui, en quelque sorte, porte le poids du sort qui s'abat sur elle et sa famille. Il y a tout d'abord Thamar, sa fille, eue avec un homme aimé mais perdu trop tôt. Cette fille qui ne va connaître des hommes que leur violence et qui aura deux enfants contre son gré, deux enfants du viol. C'est ainsi que ses deux aînés, Maxime et Antoine vont, eux aussi démarrer une existence incomplète, teintée de souffrance pour l'un et de rancune pour l'autre. Et ce n'est qu'au prix d'énormes sacrifices qu'un seul des personnages va pouvoir retrouver la sérénité et pouvoir enfin poser les bases d'une existence apaisée.
    le roman aborde également le problème de la clandestinité et de l'emprise exercée par certains. Il faut voir comment Antoine vit aux crochets de ceux à qui il prête ses papiers, l'un d'eux étant son propre frère.
    Au final, chaque personnage est un peu clandestin au sein de sa propre existence, chacun d'entre eux porte en secret, comme une honte, une partie de son histoire. Ce roman montre comment la dissimulation a brisé les destins de ses personnages. Chacun d'entre eux m'a beaucoup remuée, chacun à sa manière.
    Je dois reconnaître au demeurant, que le style m'a moins embarquée que les fois précédentes, j'ai moins eu l'impression de retrouver cette petite pointe d'africanité –si je puis me permettre- qui fait que l'auteur donne habituellement du relief à la langue française. C'est un texte écrit il y a plusieurs années déjà, raconte l'auteur dans une petite vidéo pour le lancement de son roman. Est-ce le travail de reprise du texte aujourd'hui qui lui donne cette saveur différente ? J'espère que la langue de l'auteur n'est pas en train de perdre toutes les petites aspérités, toutes les petites particularités qui font que son héritage enrichit et magnifie la langue qu'elle utilise. J'avais aimé l'impression très forte d'avoir dans l'oreille la voix du conteur, la marque de la tradition orale africaine dans le roman Les aubes écarlates et j'avoue que cela m'a un peu manqué dans celui-ci.

    Lien : http://milleetunepages.canalblog.com/archives/2011/09/29/22167930.html
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    • Livres 3.00/5
    Par Altona, le 17 octobre 2011

    Altona
    Le roman s'ouvre sur le personnage d'Antoine, dit Snow, jeune homme oisif évoluant dans le milieu de la mode et du spectacle sans y appartenir vraiment. Ce personnage égoïste et superficiel, auquel le lecteur peine à s'attacher, n'en devient pas plus sympathique lorsqu'on apprend qu'il gagne sa vie en monnayant son identité à des sans-papiers, dont son propre demi-frère, Maxime.
    « Âme chagrine », Antoine est surtout, au début du roman, une âme en colère. En colère contre sa mère, Thamar, coupable de l'avoir mal aimé et délaissé. Si cette relation mère-fils est l'un des grands thèmes du roman, on peut regretter qu'elle n'ait pas été assez « creusée ».
    L'autre grand thème est celui des racines, non seulement familiales, mais géographiques. Si Antoine a toujours vécu en France, sa mère, Thamar, vient d'un pays d'Afrique subsaharienne, le « Mboasu ». Lui n'a de ce pays que des souvenirs amers de vacances, lorsque sa mère l'envoyait tout l'été chez sa grand-mère Modi. Comment définir son identité « afropéenne » ? Les exilés, sa mère Thamar et son demi-frère Maxime, retrouveront-ils leur place au pays ?
    Les thèmes de ce roman m'ont plu, mais j'ai eu du mal à rentrer dans son univers et à en apprécier vraiment les personnages, à me passionner pour les liens qui les unissent. Une lecture en demi-teinte…
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Critiques presse (1)


  • Lexpress , le 11 octobre 2011
    Avec Ces âmes chagrines, Léonora Miano célèbre les mères Courage africaines, véritables piliers de sagesse.
    Lire la critique sur le site : Lexpress

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Citations et extraits

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  • Par jostein, le 05 septembre 2011

    C'était ce jour-là qu'Antoine avait véritablement commencé à dépasser les blessures du passé, pour se tourner vers les jours à venir. Tant d'autres avant lui s'étaient claquemurés dans leurs douleurs, passant, les yeux fermés, devant les belles choses que la vie pouvait offrir. (page 277)
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  • Par ChezLo, le 01 février 2012

    Les deux frères ne se dirent pas qu'ils venaient de se parler à coeur ouvert pour la première et dernière fois, qu'ils n'avaient rien à partager, pas même la douleur. Le sang n'était pas de l'eau, mais il était impuissant à lier ceux que tout opposait.
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Léonora Miano présente "Ces âmes chagrines" .
Né dans l'Hexagone, Antoine Kingué, dit Snow, n'arrive pas à surmonter la rancoeur qu'il nourrit envers sa mère, coupable de ne l'avoir pas assez aimé. Elle l'a laissé en pension alors qu'il n'avait que sept ans et envoyé passer les grandes vacances seul au Mboasu, ce pays subsaharien où il ne s'est jamais senti à sa place. Par ailleurs, il est persuadé que son frère Maxime a reçu plus d'affection que lui.Pour se venger de cette enfance malheureuse, Snow fait payer ceux qui l'ont fait souffrir, rêve de devenir une vedette adulée, une star dont la vie serait enfin brillante et facile.Quand son frère lui annonce son retour au pays avec leur mère, Snow voit son univers s'effondrer. Sans plus personne sur qui passer sa rage, il se retrouve face à lui-même...








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