> Nathalie Mège (Traducteur)

ISBN : 2266154990
Éditeur : Pocket (2008)


Note moyenne : 4.04/5 (sur 25 notes) Ajouter à mes livres
Jeune traductrice de langues oubliées, Bellis fuit Nouvelle-Crobuzon à bord du Terpsichoria en route vers l'île Nova Esperium. Arraisonné par des pirates, le navire est conduit vers Armada, improbable assemblage de centaines de bateaux hétéroclites constitués en cité fr... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par Thyuig, le 05 juillet 2010

    Thyuig
    Et Bellis commença à comprendre l'immense machination dont elle était la victime inconsciente depuis tout ce temps... Je résumerais donc 850 pages comme ça. China Miéville n'est pas chiant, enfin pas toujours, il sait écrire correctement et filerait la nique question inspiration à n'importe quel littérateur parmi ses contemporains. Malheureusement il n'y a pas que l'inspiration.
    L'histoire de Bellis est assez belle, son exil volontaire de Nouvelle-Crobuzon, son enlèvement et sa séquestration sur Armada, ses trois flirts, là où va Armada même, ville pirate cosmopolite rassemblant des milliers de navires et dérivant lentement sur les flots, imposant son règne dur aux plus hardis croisant dans ses parages. Souquez, souquez, moi j'en ai soupé.
    Oui c'est beau, on est happé par l'histoire, ses personnages ont du caractère même s'ils finiront par se reveler creux au possible. on est bien loin de Perdido Street Station à ce propos. Les Scarifiés est un roman qui déroule un fil de laine infini et qu'il a bien fallu casser à un endroit. Mais nul souffle n'habite ce bouquin finalement qui vaudrait d'être lu en partie pour une seule scène absolument démente : l'attaque des femmes-moustiques sur l'île ghetto de cette espèce. Voilà une scène qui renverse. le convoi doit parcourir trois kilomètres en zone non protégée, on entend déjà des cillements d'ailes, des vrombissements sourds. Hommes et femmes, sous un soleil de plomb accèlerent la cadence, fermement encadrés par des soldats cactacés en armes. Une anopheliae approche. Elle n'a que la peau sur les os, ses muscles saillent, tendus vers la faim qui l'agite, qui ne cesse de la tourmenter. Sanglante est la raison qui l'anime, elle ne peut pas interrompre sa course, elle sait les gardes armés, elles ne voit que la chair et les litres de sang qui s'avancent. Son visage se tend, de sa bouche naît une trompe aiguisée, son vol se fait plus rapide et plus prompt, elle va manger très bientôt. A ce moment là, les gardes lâchent les cochons et les moutons en arrière de la troupe. Eux connaissent la panique, et ce vrombissement qui ne cesse de ternir encore l'espoir de fuite. le bétail court, l'anopheliae se projète vers sa cible, son dard s'élançant comme au devant d'elle. Elle s'abât sur un porc, ses jambes l'enserrant et sans coup de semonce, embrasse avec une force inouie le pauvre animal. Il ne mettra qu'une minute ou deux à predre conscience. Elle en mettra trois à se repaître. Lui se déconstituera sous nos yeux. Elle retrouvera des formes de femme dans le même temps. Voilà pour la scène incroyable du livre. Elle prend le coeur du lecteur à mesure de la progression du groupe. Evidemement, la retranscription que j'en fais ne la met peut-être pas à son avantage mais passons...
    China Miéville propose dans ses livres un bestiaire incroyable d'êtres hybrides, des animaux, des plantes, tout cela sous une forme d'hominidés. Ces croisements improbables, s'ils semblent freiner la relation au livre dans un premier temps sont au contraire tout le sel qui nous accroche à l'oeuvre à mesure de lecture. On peut se lasser de ces psychologies effleurées et de ces personnages un peu vides, uni-sensitif, mais quant à leur modèle de représentation, il faut avouer à China Miéville un grand talent d'inventeur. je passe volontairement sur le rôle joué par Les Scarifiés dans le roman, ils n'ont aucune substance sinon celle qu'il (l'auteur) voudrait bien y placer. Uther Dol avait bien plus de caractère, China Miéville serait bien inspiré de lui dedier son prochain livre.
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par kedrik, le 07 septembre 2011

    kedrik
    Attention, ce billet ne contient aucun sens critique et transpire l'admiration béate.
    Déjà, la couverture de Marc Simonetti est magnifique. Celles des deux livres de poche de PSS m'avaient hanté pendant des jours, mais ces deux visages scarifiés m'ont accompagné tout au long des 850 pages de ma traversée des Scarifiés. Je parle volontairement de traversée au long cours car la densité des romans de Miéville est réelle. Il m'arrive de bouffer un polar en une nuit, mais lire la prose de cet auteur me demande beaucoup plus de temps. Ça tient à ses descriptions, très imagées, aux ambiances qu'il arrive à créer. Miéville bombarde le lecteur de références, de noms, de concepts... Son univers est foisonnant, il faudrait presque dédier un Wikipédia à part entière pour documenter les races, les pays, les villes, les quartiers, les pratiques, les guerres de Bas-Lag. Pourtant, on est jamais perdu dans cet univers. Il a beau faire allusion au débarquement ancien d'une race ou à un royaume de femmes-moustiques qui a failli dominer autrefois le monde, il n'y a pas besoin d'explication savante pour savourer ces concepts. de même, la coexistence de la thaumaturgie, de la chymie, de l'électrycité ne donne pas l'impression d'être un mélange commerciale destiné à plaire à un maximum de lecteurs : ça fonctionne.
    L'histoire ? Elle est la conséquence directe de Perdido Street Station puisqu'une ancienne petite-amie du héros de PSS fuit Nouvelle Crobruzon en bateau suite au merdier provoqué par les personnages du premier roman. Sauf que son exil se complique fortement quand elle est faite prisonnière par une étrange nation flottante : Armada. Ne comptez pas sur moi pour vous spoiler le scénario, mais à l'instar de PSS, des choses importantes se préparent en coulisse.
    Que dire pour vous convaincre de lire China Miéville en général et Les Scarifiés en particulier ? Un inventaire à la Prévert peut être ? Des hommes-cactus aux muscles fibreux, des hommes-moustiques à la bouche en forme d'anus, des vampères qui font payer un impôt de sang, des hommes modifiés corporellement en guise de punition judiciaire, de la magie sordide qui a toujours un prix, des créatures d'un autre plan à l'appétit insatiable, du sexe réellement sado-masochiste...
    Difficile d'apposer une étiquette sur les écrits de Miéville. C'est de la SF, oui, mais mâtinée de politique. d'horreur, de fantasy. C'est par moment un joyeux foutoir, une sorte d'auberge espagnole de l'imaginaire. Mais tous ces thèmes s'emboitent adroitement.
    Je tiens au passage à tirer mon chapeau à Nathalie Mège, la traductrice de Miéville. Elle fait un travail admirable de création de néologismes et de toponymie en plus de rendre toute la subtilité linguistique du texte original.

    Lien : http://hu-mu.blogspot.com/2009/03/les-scarifies.html
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    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par maltese, le 06 janvier 2011

    maltese
    Bellis Frédevin, jeune traductrice douée, décide d'embarquer à bord du Terpsichoria afin de fuir sa ville tant aimée de Nouvelle-Crobuzon (les causes de cet exil voulu forment un lien avec le précédent livre de Miéville, "Perdido Street Station").
    En route pour les nouvelles colonies de Nova Esperium, le bateau doit faire demi tour après avoir pris à son bord un mystérieux personnage. Mais, rapidement, le Terpsichoria va être abordé par des pirates qui prendront tous les passagers en otages afin d'en faire des citoyens d'Armada, ville flottante totalement construite à partir de navires de tous genres détournés.
    China Miéville est un conteur talentueux et plus encore un fabuleux créateur d'univers. Dans "Perdido Street Station" déjà, il nous avait décrit une cité grandiose et il recommence ici, s'éloignant de Nouvelle-Crobuzon, pour nous faire visiter Armada, recueil de pirates qui vogue au fil des eaux et dont les quartiers et les habitants forment une mosaïque riche d'innombrables cultures, ethnies...
    A mesure que l'histoire se déroule et que les événements et rebondissements se succèdent, l'auteur décrit sa "créature" avec un grand savoir faire et une force évocatrice surprenante. le moins que l'on puisse dire, c'est que China Miéville aime la bigarrure.
    Etrange cité, en partie utopiste, Armada est une force libertaire qui vogue, semblant ne jamais devoir s'arrêter.
    Une réussite majeure de la fantasy, qui n'est pas sans faire penser à Jack Vance par exemple pour la capacité des deux auteurs à créer des créatures et des moeurs étranges, qui tiennent parfaitement la route.
    Avis aux amateurs, voici du pur concentré de bonheur, qui ravira des lecteurs aux goûts différents, tant ce livre est thématiquement très riche.
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    • Livres 5.00/5
    Par maltese, le 23 septembre 2010

    maltese
    Bellis Frédevin, jeune traductrice douée, décide d'embarquer à bord du Terpsichoria afin de fuir sa ville tant aimée de Nouvelle-Crobuzon (les causes de cet exil voulu forment un lien avec le précédent livre de Miéville, "Perdido Street Station").
    En route pour les nouvelles colonies de Nova Esperium, le bateau doit faire demi tour après avoir pris à son bord un mystérieux personnage. Mais, rapidement, le Terpsichoria va être abordé par des pirates qui prendront tous les passagers en otages afin d'en faire des citoyens d'Armada, ville flottante totalement construite à partir de navires de tous genres détournés.
    China Miéville est un conteur talentueux et plus encore un fabuleux créateur d'univers. Dans "Perdido Street Station" déjà, il nous avait décrit une cité grandiose et il recommence ici, s'éloignant de Nouvelle-Crobuzon, pour nous faire visiter Armada, recueil de pirates qui vogue au fil des eaux et dont les quartiers et les habitants forment une mosaïque riche d'innombrables cultures, ethnies...
    A mesure que l'histoire se déroule et que les événements et rebondissements se succèdent, l'auteur décrit sa "créature" avec un grand savoir faire et une force évocatrice surprenante. le moins que l'on puisse dire, c'est que China Miéville aime la bigarrure.
    Etrange cité, en partie utopiste, Armada est une force libertaire qui vogue, semblant ne jamais devoir s'arrêter.
    Une réussite majeure de la fantasy, qui n'est pas sans faire penser à Jack Vance par exemple pour la capacité des deux auteurs à créer des créatures et des moeurs étranges, qui tiennent parfaitement la route.
    Avis aux amateurs, voici du pur concentré de bonheur, qui ravira des lecteurs aux goûts différents, tant ce livre est thématiquement très riche.
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    • Livres 5.00/5
    Par Bartimeus, le 05 mars 2010

    Bartimeus
    Les Scarifiés a été défini comme un one-shot, mais l'on pourrait très bien considéré que ce roman est la suite de Perdido Street Station, car ces trois romans se passent dans le même univers – celui créé par China Miéville : Bas-lag - et surtout, à la même époque. Je conseillerais donc à ceux qui veulent lire Les Scarifiés de commencer par Perdido Street Station.
    Miéville ne revient pas sur les races déjà décrites dans Perdido, les Cactacés et autres Khépri apparaissent donc sans la moindre petite description, qui pourraient d'ailleurs paraître rébarbatives aux lecteurs de Perdido. Les autres pourraient se perdre au fil du récit. On retrouve aussi quelques petites références à Perdido et à ses personnages, mais qui sont quand même assez loin du fil conducteur. Mis à part cela, il est tout à fait possible de le lire en premier, les lieux et l'intrigue étant tout à fait différents.
    On retrouve donc l'univers monstrueusement gigantesque de Bas-lag. Là où les romans précédents ne nous présentaient qu'une ville-état de ce monde, déjà bien assez vaste et hétéroclite pour qu'on s'y consacre autant de temps, Les Scarifiés nous présente le reste de ce monde, et plus particulièrement les mers et océans. On découvre donc de nouvelles races, toutes plus bizarres les unes que les autres, telles que les Cray ou les Anophilius, des végétariens lorsqu'il s'agit de mâles, ou des moustiques assoiffées de sang lorsqu'il s'agit de femelles, femelles qui donnent véritablement la nausée et la peur au ventre, ou encore des plus classiques, telles que les Vampères. On en apprend aussi plus sur la recréation. On « assiste » en effet carrément à une opération sur un sujet consentant cette fois, et c'est vraiment réussi.

    Lien : http://www.over-booked.net/les-scarifies-de-china-mieville
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Citations et extraits

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  • Par steppe, le 04 novembre 2010

    Dans sa main, il y a la statuette, son filigrane de nageoire replié comme des couches de millefeuille, sa bouche ronde, dentifère, de rémora faisant la moue, et la langue de l'homme est encore froide là où il l'a embrassée. Il est beaucoup plus rapide à présent, il a beaucoup moins de mal à accepter le langotage frétillant de la pierre froide, et il sait diriger avec beaucoup plus d'adresse les énergies que libère leur union dénuée de passion.
    Il se tient perpendiculaire à la nuit en un endroit que lui montre la statuette et où son baiser permet de se tenir, un lieu ou une sorte de lieu où les rayons de lumière s'entrecroisent et où lui-même n'est pas visible : les portes, les murs, les fenêtres ne le voient pas tant qu'il est l'amant de cette effigie qui pue l'iode.
    L'embrasser n'est jamais plaisant. Mais le pouvoir que ce geste lui confère, qui le pénètre avec la salive de la chose de pierre, est une merveille.
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  • Par steppe, le 04 novembre 2010

    Les Décollés ont écartelé le monde, en arrivant ici. La force de leur atterrissage est à l'origine du Pays Fracturé, et les dommages ne furent pas seulement physiques...
    ..."Nous avons couturé d'espoirs ce monde tempéré, l'avons profondément blessé et brisé, avons laissé notre empreinte sur sa plus lointaine contrée et jusqu'à plusieurs milliers de lieues par-delà les mers, car ce que nous brisons, nous pouvons le refaire, et ce qui échoue peut réussir malgré tout. Nous avons trouvé de riches veines de possibilités que nous allons creuser..."
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