> René Masson (Traducteur)

ISBN : 2221115031
Éditeur : Robert Laffont (2010)


Note moyenne : 3.71/5 (sur 7 notes) Ajouter à mes livres
"C'est une sorte de western de l'Est", expliqua Arthur Miller à Clark Gable qui répugnait à accepter le rôle de Gay Langland parce qu'il ne comprenait pas tout à fait le scénario. Le film bien connu, stricte transcription à l'écran du livre que vous tenez entre vos main... > voir plus
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Critiques et avis(4)

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    • Livres 4.00/5
    Par LiliGalipette, le 03 décembre 2011

    LiliGalipette
    À Reno, Roslyn obtient le divorce qui lui rend sa liberté. Ou sa solitude. En compagnie de la vieille Isabelle, elle rencontre Guido et Gay. Guido tombe immédiatement sous le charme de la très belle jeune femme, mais c'est Gay qui obtient ses faveurs. le couple s'installe dans la maison abandonnée de Guido et la rencontre de ces deux solitudes oscille sans cesse entre rupture et réussite. Ivre de liberté, Roslyn ne peut néanmoins pas vivre seule. Et Gay trouve en elle une compagne unique : « La différence avec vous, c'est que je vous vois. Vous êtes la première femme que j'aie jamais vue pour de bon. » (p. 168)
    Roslyn est à la fois fragile et étonnamment dynamique : « Vous avez le don de vie » (p. 108) lui dit Guido. Ce don lui rend tout être vivant sympathique, trop peut-être pour les cowboys qui savent d'instinct que toute existence et toute chose est vouée à disparaître. « Vous devriez cesser de croire que vous pouvez détourner le cours des choses. » (p. 73) Et de fait, on assiste aux dernières heures d'un mythe. le Far West rend son dernier soupir sous les coups de lassos de cowboys qui attrapent des mustangs destinés à l'abattoir, des cowboys qui sentent que le monde n'aura bientôt plus besoin d'eux, mais qui veulent rester maîtres de leur vie, parce que « tout vaut mieux que des gages. » (p. 186) Comme les derniers chevaux sauvages des plaines d'Amérique, Gay, Guido et Roslyn courent à perdre haleine vers un lendemain qui ne ressemble pas du tout au rêve américain : « Rien que des misfits, ces chevaux… des tocards. » (p. 199)
    L'écriture est puissamment cinématographique. Il s'agit d'un scénario, un roman écrit pour la caméra. Comme le dit Arthur Miller lui-même, « ceci est une histoire conçue comme un film, où chaque mot est là pour indiquer à l'appareil ce qu'il doit voir, aux acteurs ce qu'ils doivent dire. […] Les Misfits utilise finalement l'optique du film, en vue de créer une fiction qui allierait les qualités directes de l'image aux possibilités de transmission de l'écriture. » (p. 23) Derrière mon bouquin, petite lectrice qui n'a jamais vu le film, j'ai eu le sentiment d'être une caméra embarquée. Les descriptions, un peu comme les didascalies du théâtre, participent du décryptage d'une image qui n'existe pas encore, d'une image en devenir. Bref, une lecture dynamique et panoramique.
    L'édition que je me suis procurée propose une interview liminaire d'Arthur Miller. Il y parle de l'Amérique, de l'Europe, des hommes, du tournage du film et des acteurs. Une incursion précieuse dans le monde de l'auteur/réalisateur. le roman est dédicacé « à Clark Gable, qui ignorait la haine. » (p. 21)
    Même si je ne suis pas certaine d'avoir vraiment cerné le personnage de Roslyn, j'ai passé un bon moment avec ces êtres en proie à une solitude douloureuse. Pas facile de vivre seul, mais pas facile non plus de vivre avec les autres.
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    • Livres 3.00/5
    Par Missbouquin, le 13 décembre 2011

    Missbouquin
    L'auteur
    Figure essentielle de la littérature et du cinéma américain du XXe siècle, Arthur Miller est principalement connu pour Les sorcières de Salem et Mort d'un commis voyageur, deux pièces de théâtre qui sont toujours abondamment jouées. Il est aussi connu pour son bref mariage avec Marylin Monroe. Il est décédé en 2005.
    Le livre
    Cette œuvre est un peu particulière puisqu'il s'agit en réalité d'un script écrit pour le film The Misfits (Les Désaxés) réalisé par John Huston et sorti en 1961, avec Clark Gable, Marylin Monroe et Montgoméry Clift. le rôle de Roslyn a été écrit spécialement pour Marylin, dans ce qui sera son dernier film achevé. Gable mourra quelques jours après le tournage, et Clift quelques temps après. de quoi alimenter la légende autour de ce film, la fin de l'âge d'or d'Hollywood.
    Roslyn vient de divorcer, difficilement, et se retrouve perdue dans la petite ville de Reno, sans savoir que faire et ressentant durement le poids de la solitude. Elle rencontre alors Guido et Gay, deux hommes qui veulent également changer de vie. Ils partent quelques jours à la campagne et des relations se nouent ...
    Ce que j'en ai pensé
    Difficile de discuter de ce petit livre qui n'est pas un roman mais bien un script de cinéma, ce qui implique qu'il laisse une large place à la description et à l'action. Cependant, si cela m'a frappé au départ, j'ai rapidement oublié que c'était supposé être un script, tout au moins pour la partie centrale du texte. La dernière partie, qui correspond à la scène de chasse aux chevaux, me paraît particulièrement bien adaptable au cinéma, et grâce à son talent de romancier, Miller est parvenu à me faire "voir" cette scène très clairement.
    Cette perspective cinématographique offre une belle dynamique à ce texte, et m'a donc fait vivre une expérience très particulière : l'impression d'avoir "vu" le film, à travers un simple texte (ce qui ne m'empêchera pas tout de même de le voir en vrai !).
    Concernant l'histoire elle-même, les personnages sont assez complexes : du côté des hommes, on ne sait pas vraiment ce qu'ils veulent, ce qu'ils vont faire et je n'ai pas eu le sentiment d'en savoir beaucoup plus sur eux à la fin. Ce sont eux "Les Misfits", comme ils qualifient ces petits chevaux qu'ils chassent pour la viande, les desaxés, qui ne semblent pas s'adapter à la société, issus de la longue tradition des cow-boys mais des cow-boys dévoyés puisqu'ils ne sont plus gardiens de bétails, nobles cavaliers, mais bien simples rabatteurs de viande sur pattes. Il faudra le regard d'une femme, de grande sensibilité, pour prendre conscience de ce qu'ils font vraiment, c'est-à-dire vendre leur âme en vendant ces chevaux au poids, pour presque rien; ce rien qui est à la mesure de la valeur qu'ils se donnent à eux-mêmes.
    Quant à Roslyn, son comportement est encore plus obscur pour moi ... C'est l'image d'une femme profondément seule, y compris lorsqu'elle était mariée; mais également profondément sensible et humaine, comme on le voit lors du rodéo ou de la chasse aux chevaux. C'est ce qui m'a plu chez elle.
    Au final, c'est une œuvre dans la droite lignée de la littérature américaine du XXe siècle, où l'on retrouve cette écriture si particulière, dont Hemingway et Steinbeck sont pour moi les plus grands représentants. Loin du romantisme français emphatique du XIXe, ils se rapprochent davantage d'une certaine efficacité réaliste, à travers une écriture minimaliste qui laisse une très grande liberté d'interprétation au lecteur.

    Lien : http://wp.me/p1Gkvs-u6
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    • Livres 3.00/5
    Par Sand94, le 16 décembre 2011

    Sand94
    Le rôle de Roslyn fut écrit pour Marilyn, et ce fut pour elle un rôle décisif qui marquait le début d'une nouvelle image qu'elle voulait rendre d'elle, loin de la blondinette écervelée que les studios de Hollywood lui avait façonnée. Ce fut malheureusement son dernier film, comme ce fut aussi le dernier film de Clark Gable et de Montgomery Clift. Film maudit donc que The Misfits.
    Mais qu'en est-il du livre ?
    Roslyn Taber est à Reno pour le jugement de son divorce. Elle fait la connaissance de deux cow-boys : Gay Langland et Guido. Les deux hommes sont sous le charme de la jeune femme, mais c'est vers Gay qu'elle ira. Entre rodéo et chasse aux mustangs, les personnages de ce roman sont des paumés, derniers témoins d'un monde en train de changer, vestige du mythe du western.

    Lien : http://leslivresdegeorgesandetmoi.wordpress.com/2011/12/15/les-misfi..
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    • Livres 2.00/5
    Par claracambry, le 24 juin 2010

    claracambry
    .
    Quand on évoque Les Misfits, on pense d'abord au film de John Huston, The Misfits, avec Marilyn Monroe, Clark Gable et Montgomery Clift, d'après un scénario d'Arthur Miller. Un film tourné à Reno et dans le désert du Nevada durant l'été 1960.
    L'écriture se situe se situe à mi-chemin entre le script de cinéma et le roman .

    Sauf que ce livre ne fournit que l'aspect extérieur des personnages comme dans film sans paroles. Quid des sentiments, des caractères ? L'histoire est celle du film, les résumés ne manquent pas, donc je ne vais pas en rédiger un supplémentaire.
    Une lecture qui ravira les amateurs cinéphiles et les nostalgiques de ce film. Pour ma part, j'ai eu l'impression d'assister au tournage du film mais sans le mode d'emploi des personnages…

    Lien : http://fibromaman.blogspot.com/2010/06/arthur-miller-les-misfits.html
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Citations et extraits

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  • Par LiliGalipette, le 03 décembre 2011

    « Les cow-boys sont peut-être les derniers hommes dignes de ce nom sur terre… Mais on ne peut pas plus se fier à eux qu’à des lapins sauvages ! » (p. 59 et 60)
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  • Par claracambry, le 24 juin 2010

    Elle obéit. Perce monte sur la plate-forme à son tour.
    Roslyn : » est très bien bien ! Essayez ça, Perce. »
    Perce s’installe de même. Tous trois sont maintenant assis ne silence, tandis que Gay scrute de nouveau l’horizon à l’aide de jumelles
    Citation de qualité ? (2 votes positifs)
  • Par LiliGalipette, le 03 décembre 2011

    La différence avec vous, c'est que je vous vois. Vous êtes la première femme que j'aie jamais vue pour de bon.
    Citation de qualité ? (3 votes positifs)
  • Par Sand94, le 16 décembre 2011

    Gay braque ses jumelles. “Rien que des misfits, ces chevaux… Des tocards, chérie.” (p.165)
    Citation de qualité ? (2 votes positifs)
  • Par LiliGalipette, le 03 décembre 2011

    Vous devriez cesser de croire que vous pouvez détourner le cours des choses.
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Arthur Miller et Marilyn Monroe
Images muettes d'Arthur MILLER et de Marilyn MONROE posant devant une foule de photographes. Interview d' Arthur MILLER (muet), Marilyn MONROE posant assise dans un fauteuil.








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