> François Rosso (Traducteur)

ISBN : 2221113144
Éditeur : Robert Laffont (2010)


Note moyenne : 4.1/5 (sur 20 notes) Ajouter à mes livres
Le destin tient parfois à un regard. Quand Sonia, étudiante italienne à Cambridge, rencontre celui de Rajiv, jeune indien discret, elle ne se doute pas qu'au-delà d'un homme, c'est une nation entière qu'elle va épouser. Rajiv, petit-fils de Nehru, fils d'Indira Gandhi, ... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par torevan, le 08 décembre 2011

    torevan
    De Javier Moro, je connaissais La Passion indienne, un roman biographique à la lecture agréable qui raconte l'histoire de la princesse de Kapurthala, espagnole d'origine mariée à un maharajah appelé Jagatjit Singh. Satisfaite par ce roman, j'ai tout de même hésité à faire entrer dans ma bibliothèque le présent ouvrage de l'auteur espagnol. La première de couverture et le titre ne m'ont effectivement guère inspirée. Pas plus que la quatrième de couverture, peu convaincante. Mais ma curiosité jamais satisfaite et mon intérêt croissant pour l'Inde ont eu raison de ce livre.
    Et je ne regrette pas mon choix. Le sari rose emporte, en partie, ma satisfaction. Javier Moro, vraisemblablement passionné par l'Inde, raconte et résume l'histoire d'une famille qui a marqué et marque encore le pays: la famille Gandhi-Nehru. Je ne saurais, à mon tour, résumer ce livre tant il y aurait à dire. Il est riche en contenu. Il en dit beaucoup sur la famille et les descendants de Jawaharlal Nehru (Le sari rose est celui tissé par J. Nehru, alors en prison, pour sa fille Indira Gandhi) sur l'Inde, sur son histoire, sur le parti du Congrès national indien, sur le monde politique et son fonctionnement. L'auteur espagnole - en voulant écrire l'histoire quelque peu "extraordinaire" de Sonia, jeune italienne mariée à Rajiv, fils d'Indira Gandhi - ouvre grand les portes de l'Inde qui impressionne par sa richesse, sa diversité et sa complexité.
    Et la plume de l'auteur est au service de cette identité. Javier Moro ne brille pas par des effets de style. Il accepte le retrait. Son écriture est simple et fluide. Elle permet de transporter sur son dos une histoire assez dense qui pourrait, sinon, peut être, en lasser plus d'un. La simplicité de l'écriture est proportionnelle à la densité de l'histoire. Elle ne me nuit donc pas. En revanche, je reprocherai à l'auteur quelques facilités et un ton assez mielleux qui devient lassant. Et que dire des interprétations tirées par les cheveux? Exemple: expulsée de la maison familiale par sa belle-mère, alors Premier ministre du pays, Maneka Gandhi proteste sans violence devant la maison. Cette protestation suffit pour que l'auteur puisse se permettre une référence à Mahatma Gandhi.
    Ce livre, intéressant, a ses lacunes. Qu'est-il donc? Un roman? Un travail journalistique? Un documentaire? L'Edition Points le range dans la catégorie "Les romans" et avertit:
    Ceci est une version romancée de la vie de Sonia Gandhi. Ni Sonia Gandhi ni aucun membre de la famille Gandhi, Nehru ou Maino n'a fourni d'informations ou n'a collaboré à la rédaction de ce livre. Les dialogues, conversations et situations sont le fruit de l'interprétation de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement la stricte réalité.
    Là se trouvent le hic et ma critique. N'y a-t-il pas un problème à écrire un roman à partir de personnages réelles comme le fait Javier Moro? N'est-il pas incorrect de mêler ici la fiction à la réalité? Comment le lecteur peut-il faire la distinction entre ce qui relève du réel et de l'imagination de l'auteur? Ce mélange et cette confusion me dérangent dès lors qu'on parle d'évènements historiques et politiques; dès lors qu'on emploie pour personnages fictifs des individus qui ont réellement existé; dès lors qu'on les place dans des situations qu'ils ont réellement affrontées. Pour être plus exact, la manière de faire de Javier Moro me pose un peu problème. Pour échapper à la rigueur intellectuelle nécessaire à un bon documentaire, quoi de mieux que de poser l'étiquette "roman" qui ne fixe aucune limite à l'auteur? Javier Moro ne dispose pas des matériaux nécessaires à une enquête/documentaire de qualité bien qu'il ait exposé, en fin de livre, une longue bibliographie. Il veut parler de la famille Gandhi-Nehru mais ne peut interroger ses membres soit qu'ils sont morts (Nehru, Indira, Sanjay et Rajiv), soit qu'ils ne veulent parler. Alors l'auteur contourne et use de la fiction pour aborder la psychologie de ces personnalités à l'existence réelle, pour comprendre cette famille et, à travers elle, l'histoire de l'Inde. Et dans ce livre à mi-chemin entre le roman et le documentaire historico-politique, Javier Moro dessine un portrait plus qu'élogieux des membres de la famille. Il éprouve, pour eux, une tendresse et une sympathie qui va, me semble-t-il, jusqu'à minimiser leurs erreurs. Les frontières entre le réel et le fictif n'étant pas établies, je n'avais de cesse d'interrompre ma lecture pour procéder à quelques vérifications sur internet.
    Raconter l'Histoire en usant de la fiction dans le but, simplement, d'échapper à la rigueur intellectuelle me dérange quelque peu. Par le biais du "roman", l'auteur peut s'écarter de la Vérité qui est pourtant, et d'une certaine façon, l'objectif d'un travail de recherche historique. Ce mélange des genres pollue mon esprit qui, dans ce domaine, n'a pas envie qu'on lui raconte des histoires. Cette absence de frontière entre le fictif et le réel a tout de même son avantage: il m'invite à la recherche. Le sari rose a cela d'intéressant: il donne envie d'en savoir plus. Et j'ai, effectivement, soif d'informations. J'ai envie d'en savoir plus sur l'Inde et son histoire, sur sa politique, sa société et ses personnalités pour me construire ma propre opinion. Et pour ce faire, quoi de mieux que d'aller soi-même à la pêche aux informations.
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    • Livres 5.00/5
    Par hmathon, le 20 août 2010

    hmathon
    Toute l'histoire décrite avec moult renseignements sur la descendance de Gangadhar NEHRU. Jusqu'aux derniers évènements de 2009. J'ai pris conscience de la confusion que j'avais entre les familles Gandhi et Gandy. Ainsi que le lien qui existait entre Motilal Nehru (le père d'Indira) et la mahatma Gandhi. Tous ceux qui sont sensibles au développement de l'Inde, sans avoir intégré son évolution à travers cette formidable épopée de la descendance de la famille Nerhu seront heureux de lire cet ouvrage.
    Simple d'écriture et de lecture, c'est un livre de près 600 pages qui se lisent d'une seule traite avec un bonheur sans limite.
    Au delà de ce "fil rouge", la métamorphose de la belle-fille d'Indira, Sonia, épouse de son fils Rajiv, italienne de naissance qui devient la "presque" 1er ministre de l'Inde éclaire d'une façon formidable la démocratie de ce pays de plus d'un milliard d'hommes
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    • Livres 3.00/5
    Par Well-read-kid, le 11 juin 2010

    Well-read-kid
    A la base, cela ressemblait à une histoire d'amour bateau, à ceci près qu'elle était vraie. Elle était jeune, belle, italienne. Il était indien, issu d'une famille prestigieuse, les Nehru-Gandhi. Un regard échangé à l'université de Cambridge, et c'est le coup de foudre. On est en 1965.
    Mais par delà l'histoire d'amour de Sonia Maino et de Rajiv Gandhi, c'est l'histoire d'une famille que nous dévoile Javier Moro, l'histoire de la première famille de l'Inde. le grand-père, Nehru, proche de Gandhi, était l'artisan de l'indépendance de l'Inde en 1947. Premier ministre après la fin de la domination britannique, il établit sans le savoir une dynastie. Sa fille Indira reprendra le flambeau, avant de le laisser elle-même à son fils Rajiv. Cela s'avéra donc bien plus qu'une histoire à l'eau de rose. En réalité, celle-ci était presque secondaire.
    Histoire politique et historique de l'Inde, non content de narrer une histoire d'amour, « Le sari rose » nous dévoile plusieurs facettes de l'Inde, une Inde déchirée par les conflits religieux, la pauvreté, les inégalités. Entre les privilèges des anciens nantis, le mépris de certains alliés internationaux et les conflits aux frontières, l'histoire de la politique indienne s'offre à nos yeux d'étrangers, qui n'y connaissaient rien. On compatit avec les Gandhi, une famille décimée par les attentats, le sens du devoir, la notoriété.
    Long récit de cinq cents pages agrémenté d'un dossier, ce livre est vraiment très agréable à lire. Petit bémol, cependant : étant donné que c'est un livre biographique, l'auteur a du se prêter à un style très descriptif, très narratif, avec très peu de dialogues. le lecteur reste observateur et ne rentre pas vraiment dans l'histoire. A certains moments, ce livre tient plus du documentaire que du roman, ce qui entraîne quelques longueurs.
    Néanmoins, on ne peut nier le talent de Javier Moro à nous introduire à un monde méconnu par la plupart des lecteurs, à nous passionner pour la vie (romanesque, il faut l'avouer) de personnalités indiennes. Il nous les rend humains, à défaut d'accessibles. On s'émeut, en somme. le grand atout de ce livre.
    Javier Moro, né en 1955, de nationalité espagnole, a su parfaitement retranscrire l'histoire d'un pays qui devait lui être aussi inconnu qu'à Sonia l'Italienne.

    Lien : http://well-read-kid.over-blog.com
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  • Par Aela, le 25 janvier 2011

    Aela
    Une biographie romancée de Sonia Gandhi, qui figure parmi les 3 femmes les plus puissantes du monde, selon la revue Forbes. Au départ rien ne prédisposait cette Italienne à épouser Rajiv Gandhi, petit-fils de Neru et fils d'Indira Gandhi. Elle unit ainsi son destin à celui d'une nation qui lui est totalement étrangère. Même l'assassinat de son mari en 1991 ne pourra défaire les liens puissants qui se sont noués entre elle et le peuple indien. Une plongée dans un monde et une civilisation tellement différents de notre univers européen.. Captivant (Robert Laffont) . L'auteur, Javier Moro, est Espagnol et a déjà écrit plusieurs livres sur l'Inde (dont "Il était minuit cinq à Bhopal").
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    • Livres 4.00/5
    Par zorazur, le 06 décembre 2011

    zorazur
    Quel destin ! Une vie comme aucun auteur n'aurait osé l'imaginer. Par amour pour un homme, la petite étudiante italienne quitte son pays, sa famille, et tout ce qui faisait sa vie, pour partir à l'autre bout de la planète vers l'inconnu absolu. Par amour pour un pays, elle va se lancer en politique et reprendre avec une détermination inouïe le flambeau de la dynastie Nehru-Gandhi. Quand sa belle-mère Indira dirigeait l'Inde, on disait "L'Inde est Indira et Indira est l'Inde". Aujourd'hui, en Inde, on dit "Ce que Sonia veut, Dieu le veut". On dit aussi "Sonia est une faiseuse de rois. Et le faiseur de rois est plus puissant que le roi". Et qui sait ce que l'avenir réserve encore à cette femme et ce pays et à cette femme qui gouverne dans l'ombre ce pays. Quel destin que celui de Sonia l'Italienne...
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Citations et extraits

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  • Par joedi, le 08 mars 2012

    "La famille dans laquelle je suis entrée, écrira plus tard Sonia, était circonscrite aux limites d'un foyer. Aujourd'hui, ma loyauté embrasse une famille beaucoup plus vaste : l'Inde, mon pays, dont le peuple m'a accueillie si chaleureusement et qui a fait de moi l'une de ses filles." Sonia est honnête quand elle afirme n'être plus italienne. Elle ne l'est plus, parce qu'après avoir été un simple membre de la famille Nehru-Gandhi, elle est devenue l'héritière de la dynastie. Et la dynastie Nehru-Gandhi, c'est l'Inde.
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  • Par joedi, le 29 février 2012

    Si Rajiv avait été esquimo, elle l'aurait volontiers suivi sur sa banquise. "Quand on aime, écrivit-elle plus tard, l'amour vous donne une force extraordinaire. Et rien ne vous fait plus peur. On ne se soucie que de la personne aimée. Et seul m'importait Rajiv. Avec lui, je serais allée jusqu'au bout du monde. Il était ma plus grande force. Je ne pouvais penser à rien ni à personne, sauf à lui."
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  • Par joedi, le 28 février 2012

    Je me sens triste. C'est un moment déchirant pour une femme que celui où son fils devient un homme. Elle sait qu'il ne dépend plus d'elle et que, désormais, c'est à lui de construire sa vie. Et même si parfois il la laisse jeter un regard sur cette vie, c'est toujours de l'extérieur. A distance d'une génération. Mon coeur en souffre.
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  • Par joedi, le 05 mars 2012

    Pendant un temps, on espéra que le préservatif pourrait aider à contrôler la natalité. Des chargements entiers destinés à être distribués gratuitement arrivaient dans les villages à dos d'éléphant ; mais les enfants, qui trouvaient très amusant de les gonfler et de les attacher à des baguettes, les interceptaient. L'ironie involontaire du slogan gouvernemental, selon lequel la planification ferait le bonheur des enfants, n'échappait à personne à travers le pays ...
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  • Par vavou, le 05 septembre 2011

    Chaque fois que tu fais un pas en avant , tu es destiné à perturber quelque chose. Tu agites l'air en avançant, tu soulèves de la poussière, tu altères la surface du sol. Ton pied renverse quelque chose. Quand c'est une société entière qui avance, ce renversement se produit à l'échelle beaucoup plus grande; et tout ce que tu déranges, tous les privilèges que tu tentes de supprimer, tout se transforme en obstacle.
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