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Catherine Fay (Traducteur)
EAN : 9782226215253
222 pages
Albin Michel (03/11/2010)
3.42/5   57 notes
Résumé :
Comme Métamorphoses d’un mariage, L’étrangère est l’histoire d’un adultère. Comme Le premier amour, c’est le récit implacable de la déchéance d’un homme. Par un jour d’été torride, Viktor Henrik Askenazi, un universitaire de 48 ans, arrive dans un hôtel d’une petite station balnéaire de la côte dalmate. Il cherche à guérir de sa dépression et fuit à la fois sa maîtresse Élise, une danseuse, qu’il vient de quitter, sa femme Anna, sa fille, ses amis, son travail. Il f... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
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Viktor Henryk Askenazi, professeur à l'Institut des Langues Orientales, quarante-sept ans, « un homme plus très jeune, à la calvitie précoce, au regard myope. », a choisi de fuir sa vie, d'aller voir de l'autre côté du miroir, là où les conventions qui régissent les relations sociales ne sont pas les mêmes pensent-il. Oubliant qu'elles sont différentes mais tout aussi contraignantes.
Il a l'orgueil de penser qu'il pourra
vivre en harmonie avec sa conscience.
Hélas non. Cela n'est pas aussi simple.
Il s'éprend d'une danseuse, connue l'année précédente « en des circonstances indignes » précise-t-il montrant s'il en était besoin que la chape de plomb du social lui pèse encore.
Pour fuir la contrainte nouvelle qu'il s'est lui-même créé il décide de céder « aux conseils de ses amis » et de passer « quinze jours dans un tout petit endroit »
Via Munich, il se rend à Split où un bateau le dépose sur une île de l'Adriatqiue.
« La pension Argentina a troqué son statut de demeure luxueuse pour celui d'honnête maison « bourgeoise », forcée de s'adapter au niveau de vie et au bon vouloir de ses hôtes »
Il découvre un nouvel univers, se moque des conventions que les pensionnaires s'imposent :
« Il éprouvait une certaine compassion à leur égard mais, dans l'ensemble plutôt de l'indifférence; c'est avec la condescendance de l'érudit qu'il se promenait dans ces espaces charmants mais manquant tout de même d'authenticité. »
Il s'en veut maintenant de ne pas avoir fait comme font tous ses collègues cacher à sa femme Anna sa liaison avec Élise, la danseuse et faire comme si…
Réquisitoire contre l'hypocrisie sociale, L'étrangère est d'une férocité rare contre le narrateur lui-même qui s'enferme dans ses fausses certitudes qui finiront par le conduire à l'irréparable.
Lien : https://camalonga.wordpress...
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Roman assez bref, le cadre est un homme, quadragénaire ou quinquagénaire (peu importe en fait), lettré, cultivé, diplômé, qui décide (plus ou moins forcé ) de partir en "retraite" (entendre, un séjour loin de toute contrainte), pour quelques jours sur les bords de l'Adriatique (Dubrovnik, sans doute), il est hongrois.
Nous sommes au début des années 30.
Il remet en question toute sa vie, toutes ses relations et finira... chut !!!...
Quel est l'intérêt de lire ce livre aujourd'hui ?
En fait, plusieurs, à mes yeux.
D'abord, l'écriture, lectrice de Sandor Maraï depuis peu (mais troisième ouvrage lu), cette écriture est belle, riche, travaillée sans être ampoulée, mais sur ce point Les Révoltés m'avaient davantage plu.
Ensuite, la description dans les moindres détails de ce microcosme, société bourgeoise, cosmopolite, qui se croise à Raguse (Dubrovnik), bref sur ces côtes magnifiquement émeraude, chaudes, douces, petits bourgeois répétant "j'y suis parvenu". Ils sont tous brossés si précisément, si drôlement, sans aucune empathie.
Et puis, ce personnage central, Viktor. Au début, j'ai tenté de m'y attacher , puis j'ai pris du recul. de plus en plus. A tel point qu'à la fin, tout pourrait lui arriver, aucune importance, en toute indifférence.
Et le clou des dernières pages, c'est que tout lui arrive.
Et là... une fois le livre refermé et déposé auprès de ses congénères, je me suis demandée... ne serait-ce pas la volonté de l'auteur que de rendre de moins en moins humain et sympathique, ce Viktor, son "héros" ?
Ce Viktor, issu de la bourgeoisie bien-pensante de l'Europe... Ce Viktor qui s'octroie un moment de "liberté" (sexuelle, à savoir une petite danseuse comme maîtresse, qui subit les regards envieux et désapprobateurs de ses pairs (moments de lecture plutôt jouissifs).
Ce Viktor qui ne sait plus faire la distinction entre le bien et le mal (qu'est-ce qui fait du bien au corps, qu'est-ce qui est mal dans la société ?).
Et ce Viktor qui ne sait pas choisir au fond, donc prendra la pire option pour lui. Comme un abandon, un suicide, une lâcheté.
Une allégorie ? peut-être. Des nations européennes du début des années 30.
Un livre très particulier.
Des pages drôles et presque croustillantes (ces Européens moyens qui se prélassent dans un hôtel déclassé).
Un livre ennuyeux : les ruminations de Viktor, à qui j'aurais donné une bonne paire de claques.
Et ce Viktor pitoyable dans sa recherche d'un bien être égoïste et donc sans issue possible.


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Je découvre Sandor Màrai à travers ce roman écrit en 1934. Il me laisse une impression étrange, tant semble déroutant ce voyage intérieur, au plus profond des pensées de Victor Henrik Askenasi qui dit de lui :
« Vit à Paris. Quarante-huit ans. Catholique romain. Professeur à l'École des langues orientales en littérature grecque et langues d'Asie Mineure. Marié. Un enfant. »
Le personnage d'Askenasi, habité par le sentiment de la vacuité de sa propre vie, et refusant cette impression constante d'insatisfaction, se découvre au fil du livre, sur la pointe des pieds, comme par effraction, il apparaît presque par hasard à la fin du premier chapitre, dans cet hôtel de Dubrovnik où la chaleur insupportable n 'est pas anecdotique.
Tout concourt en effet à suggérer à quel point cet homme, se sent oppressé, écrasé. Ainsi, avant même que la vie d'Askenasi ne prenne forme pour le lecteur, le personnage s'inscrit au début du roman, dans la description d'un manque qui le submerge, alors qu'il arrive dans la ville. Les objets ont, tout au long du récit, la valeur symbolique d'un vain amoncellement, dans un accord parfait avec l'humeur du personnage. L'histoire est donc celle d'une spirale du vide, frôlant l'absurde, jusqu'au meurtre, évoqué de façon quasi allusive, comme un geste naturel, une quasi délivrance, alors que cette femme de la chambre 42 est une parfaite étrangère. Elle renvoie toutefois Askenasi aux autres femmes de sa vie, dans ce sentiment d'inachevé que ses histoires d'amour lui ont laissé, la dernière en date avec la danseuse, pour laquelle il quitte sa femme et qu'il avoue pourtant ne pas comprendre…
L'étrangère devient alors une figure allégorique de la propre existence d'Askenasi, les dernières pages du livre le mesurent à lui-même, ce tête à tête final est glaçant.
Difficile d'éprouver de l'empathie pour une telle figure mais l'écriture réussit le tour de force virtuose de nous faire partager une forme de folie, de l'intérieur.
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Cinquième roman de Sándor Márai que je lis et cinquième fois qu'il me laisse à la fin de ma lecture une sensation étrange.
Ici on va suivre les errements d'un homme prénommé Viktor Aszkenazi qui décide un jour de quitter femme, enfants mais aussi maîtresse, et partir en voyage dans un hôtel au bord de l'adriatique.
Voilà pour les éléments les plus "concrets" de l'histoire. Car comme toujours avec Márai l'histoire ne tourne pas autour des faits mais de la psychologie. On va entrer dans l'esprit d'Aszkenazi, sonder les tréfonds de son âme et y voir des tourments qui l'assaillent. Il va remettre en question sa vie tout entière et surtout les conventions sociales dont il se demande quelles en sont les raisons d'être et de s'y soumettre. Son travail, son passé, son mariage, sa maîtresse, sa religion, ses amis, tout y passe. Et plus il avance dans ses réfléxions plus il deviendra fiévreux, fébrile, comme désorienté, jusqu'à commettre l'irréparable (et à ce moment il y aura un petit regain d'événements concrets autour de lui).

Encore une fois, comme avec les quatre romans précédents que j'ai lu, je n'ai pas réussi à lâcher le livre. Márai a ce talent surréaliste de me capturer et m'empêcher de lâcher le roman jusqu'à la fin. Malgré les quelques frustrations que je rencontre parfois au cours de la lecture, il instaure une telle pesanteur par sa façon de narrer que quoi que je fasse je ne peux plus me défaire de l'atmosphère et j'ai besoin d'aller jusqu'au bout.
Car oui, des frustrations, Márai m'en donne toujours au moins une ou deux. Ici c'était la grande question qui hante Aszkenazi et qui malheureusement n'est jamais clairement formulé qui m'a "embêté". Vers la fin du récit où les causes de ses souffrances commencent à devenir de plus en plus nettes, il y a un problème dont il cherche la réponse directement auprès de Dieu car elle pourrait expliquer beaucoup de ses tourments, malheureusement je n'ai pas réussi à la saisir précisément. Alors peut-être est-ce un besoin excessif de compréhension "rationnel" de ma part, alors que je savais déjà qu'avec Márai il y a systématiquement une sorte de halo flou qui entoure la fin de ses romans.
La légère frustration est là, mais j'apprends peu à peu à en faire fi. Et je garde le plus important et qui me plait tant chez cet incroyable auteur : la profonde pertinence et la finesse psychologique. Un véritable voyage au coeur de l'humain.
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Ce roman de Sandor Márai explore avec la finesse psychologique ,troublante ,,,,,,,,,aiguisée à l'extrême ,presque habituelle de cet auteur ,,en quatre jours, le parcours implacable et dramatique autant que cynique et douloureux d un homme.
Celui - ci se nomme Askenazii, il est professeur ,spécialiste des langues orientales, donne des conférences.
Par un jour d'été extrêmement chaud,il arrive dans un hôtel d'une station balnéaire . Il cherche à guérir d'une dépression.
il revient longuement et patiemment sur les questionnements qui le hantent;que cherche -t- on derrière le désir? Au delà de la passion amoureuse?
Quel manque aspire t-on à combler à travers chaque acte de sa vie????
Quelles étaient les circonstances banales de sa rencontre avec sa maitresse,Elise?
Celui- ci ne trouve pas les mots pour informer son épouse,Pourquoi l'at-il quittée
( mariés depuis 15 ans. Ils s'entendaient bien).
Pendant son parcours de 4 jours il stigmatise avec une ironie mordante les conventions sociales et les relations amicales figées dans des conventions désuètes.Nous sommes dans la première moitiè du 20°siècle.,
Cet homme ,par un geste soudain ,cruel,destructeur va faire basculer sa vie.......
La fin est surprenante,J'ai quand même été un peu déçue par la lenteur des étapes.,la longueur des descriptions de ses états d'âme ......
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Citations et extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
"Ca doit être pénible, en plein Sahara sans une goutte d'eau... Les primitifs australiens boivent leur sang dans ces moments-là", se rappela-t-il. A moitié endormi, presque vacillant, il réfléchissait, se laissant aller aux images floues que son imagination faisait défiler. Il s'arrêtait sur quelques mots, contemplait longuement leur forme comme s'ils étaient des images. "La soif" pensa-t-il, et ce mot lui plut tellement qu'il le traduisit en allemand, en anglais et en français, et compara la façon dont ils "sonnaient". Le plus beau est le hongrois, "szomjusag", avec au milieu ce "ù" long, traînant, désespéré..." décida-t-il.
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À un certain moment ,au delà des frontières de son petit monde,son(Cas) jouit
d'une telle popularité qu'il n'aurait pas été surpris d'en trouver une trace dans les
journaux du matin,il lui fallut du temps pour comprendre que ce vibrant intérêt
Général envers une affaire privée plus pénible et triste que tapageuse et libertine
.en l'occurrence une relation charnelle illégitime comme la sienne,ne concernait
pas tant les personnes incriminées qu'un principe universel au nom duquel la
société civilisée déployait toute sa rigueur disciplinaire.
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Ce qu’il vivait était sans doute le ‘bonheur’ mais parfois il le trouvait étrangement inconfortable, compliqué et, dans le fond, même pas agréable. L’atmosphère du bonheur le gênait surtout- il y avait là quelque chose d’outrancier, de forcé, comme si chaque jour de la semaine, y compris le matin, il lui fallait revêtir un frac et un haut-de-forme
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Il se rendit compte peu à peu que les "commérages" n'étaient pas seulement un penchant humain issu de haines réciproques, une tendance universelle, naturelle et grossière ; il comprit que les ragots étaient l'un des instruments éprouvés du dispositif de sécurité de la société, et que, bien qu'ils ne soient pas précisément distingués, on en a besoin, comme la police a besoin des confidences des maquereaux et des indics de la pègre, dans l'intérêt public.
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Il songea avec une satisfaction tranquille que dans l'ensemble il avait terminé son travail, accompli presque toutes ses obligations, vécu dans un premier temps selon les exigences de ses semblables et des circonstances, puis différemment par la suite, sondé les possibilités du corps — à présent il n'avait plus rien d'autres à faire qu'à découvrir pourquoi il avait souffert aussi ignominieusement toute sa vie (...)
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« Les braises », de Sandor Marai, c'est à lire au Livre de poche.
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