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Critiques sur Cristallisation secrète (15)


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    • Livres 4.00/5
    Par ivredelivres le 11/08/2010


    Dans ce récit l'auteur touche au fantastique et à l'absurde avec un grand talent.
    Dans une île jamais nommée, les habitants ont pris l'habitude de voir disparaître les objets, petits ou gros, utiles ou décoratifs, objets de la vie de tous les jours.
    Un jour les rubans ne sont plus là, puis les bonbons, un matin les oiseaux sont absents et ne chantent plus, les fleurs perdent leurs pétales.
    Tout le monde ignore le pourquoi de ces disparitions et quand se produira la prochaine.
    Curieusement toute la population semble renoncer sans efforts à ces objets, les gens ne gardent aucun souvenir des choses disparues, ils n'en souffrent pas, simplement elles ne sont plus là et ils acceptent cette situation.
    On ne sait pas non plus qui décide et pourquoi. Un monde étrange est né sans mémoire, sans souvenir, sans émotion.

    La narratrice a une mère artiste, enfant elle ne comprenait pas que sa mère conserve pieusement au fond d'un tiroir un ticket du ferry disparu qui permettait de quitter l'île, un flacon de parfum, un bonbon à la limonade.
    L'enfant est devenue adulte et romancière. Elle soumet régulièrement ses manuscrits à son éditeur et écrit un roman mettant en scène une dactylo qui tape sur une machine dont les touches disparaissent progressivement, puis c'est la voix de la dactylo qui lui fait défaut, l'éditeur est très satisfait de son travail.
    La jeune femme n'est pas choquée de ce qui se passe autour d'elle, pourtant on murmure que parmi les habitants de l'île certains ont la malchance de conserver la mémoire ou ne se résignent pas à l'oubli. Ils sont alors poursuivis par les traqueurs, une milice toute puissante capable de détecter la persistance des souvenirs. Les arrestations se multiplient, les personnes montent dans des camions pour une destination inconnue, d'un jour à l'autre ils ne sont plus là, comme les objets ils sont portés disparus.
    Les disparitions s'accélèrent, la nourriture devient rare, on ne peut plus mesurer le temps car les calendriers disparaissent à leur tour, les livres et les bibliothèques sont anéantis, les mots vont-ils eux aussi disparaître ?
    Son éditeur est en danger car réfractaire à l'oubli programmé il garde en lui des souvenirs. Malgré les risques et avec l'aide d'un vieil homme, elle va le cacher dans un réduit de la maison "une caverne en plein ciel" protectrice certes mais qui isole cet homme du reste du monde. Elle a franchi le pas, elle est entrée en résistance.
    Ces trois personnages vont s'apporter assistance, amitié et affection malgré les risques, malgré la peur, ils ont décidés de ne plus obéir.

    Un roman d'une grande originalité, d'une grande justesse de ton. Yoko Ogawa avec des mots simples réussit à nous faire ressentir l'oppression, l'étouffement d'une société sous surveillance où règne l'arbitraire ; elle nous emporte dans un monde fantastique où l'oubli est la règle. Un roman profondément métaphorique et inquiétant tout en faisant la part belle à la poésie. Un vrai plaisir de lecture
    Je n'ai pu m'empêcher de penser à Anne Franck enfermée dans l'arrière maison mais aussi au film " Soleil vert " et à la scène superbe où un vieil homme interprété par Edward G Robinson revoit sur un écran un monde disparu, on lui projette une prairie heureuse pleine de fleurs où s'ébattent des chevaux, une rivière court sur l'écran, le bruit de la cascade est la dernière image pour l'homme qui va mourir.


    Lien : http://asautsetagambades.hautetfort.com/archive/2010/03/24/la-crista..

    critique de qualité ? (5 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par Ameni le 06/05/2011


    Une douce absurdité, un terrible univers. Fascinant, beau, déchirant, poétique. Les adjectifs ne manquent pas.
    Au niveau de la structure, une (agréable) surprise : Il se trouve que la narratrice est romancière. Yoko Ogawa a eu l'heureuse idée d'introduire un roman dans le roman, celui de la narratrice. Et cette seconde histoire est tout aussi terrible que la première (plus courte aussi)
    L'écriture est apaisante, douce, ce qui déteint vu le terrible univers qui y est dépeint. Cela m'a permis, dès la première page de rentrer dans le roman. C'est très agréable.
    Un coup de cœur comme celui-ci n'arrive pas tous les jours. Ce roman est exceptionnel. Je le conseille vivement.

    Critique complète sur mon blog.


    Lien : http://ameni.over-blog.fr/article-cristallisation-secrete-de-yoko-og..

    critique de qualité ? (4 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par kathel le 25/08/2010


    Sur l'île où vit la narratrice, jeune écrivain, d'étranges disparitions ont lieu depuis son enfance. Les timbres disparaissent, ou les grelots, ou les parfums, et passé le moment où chacun s'acquitte de la tâche de s'en débarrasser, plus aucun souvenir ne subsiste de ces objets, ni de leur utilité, ni de leur apparence. Habituée comme la plupart des habitants à ce phénomène, la jeune femme remarque pourtant que sa mère semble réagir un peu différemment des autres. Malheureusement sa mère meurt et elle se retrouve un peu plus solitaire dans ce monde étrange, où des rafles emmènent voisins ou amis. Parvenue à l'âge adulte, elle se lie d'amitié avec R, son éditeur.
    La nostalgie des choses oubliées ou disparues, c'est un thème qui convient tellement bien à Yoko Ogawa, qu'elle manie tellement bien, à sa manière discrète et précise, que j'en ai été subjuguée. Cette critique poétique et saisissante d'un régime totalitaire, avec ses décrets arbitraires, ses emprisonnements, ses disparitions, est particulièrement prenante. le lecteur espère que les habitants vont protester, réagir au lieu de laisser faire passivement. Les oiseaux disparaissent à leur tour, puis certains métiers, les romans disparaissent, perspective angoissante s'il en est, et d'autres privations sont même plus étranges encore. La narratrice étant écrivain nous offre un roman dans le roman, sur le thème de la disparition, bien sûr, c'est ce qu'elle connaît. le danger que court son ami R, l'éditeur, la fait passer dans le camp discret des rebelles…
    Tout dans ce livre m'a enchantée et je ne peux que souhaiter que vous puissiez le découvrir un jour aussi.


    Lien : http://lettres-expres.over-blog.com/article-yoko-ogawa-cristallisati..

    critique de qualité ? (4 votes positifs)



    • Livres 2.00/5
    Par oops le 04/07/2010


    Celle qui raconte, elle-même romancière, elle travaille sur un nouveau roman, mettant en scène une dactylo dont la voix disparaît.Elle vit sur une île d'où régulièrement, des objets, des émotions, des créatures s'effacent des mémoires de ses habitants ; Plus exactement, ils cessent d'avoir un sens pour les habitants, qui procèdent alors à leur destruction. Exit les oiseaux, les roses, le ferry, le parfum, les romans. Tous les habitants de l'île ne sont pas touchés par le phénomène. Certains à la mémoire récalcitrante conservent le souvenir des objets disparus et la police les traque sans relâche. Malgré un style d'écriture agréable, j'ai n'ai pas su apprécié tout le sens de ce roman.

    critique de qualité ? (4 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par Mouna le 13/02/2010


    C'est dans une atmosphère de décrépitude silencieuse que Yoko Ogawa nous projette : une île coupée du monde et condamnée par l'oubli.

    Les parfums, les bateaux, les fleurs,.. chaque objet s'efface progressivement du coeur de ses habitants pour laisser place au néant. le chant d'un oiseau, les battements de ses ailes n'éveillent plus la moindre émotion. Et pour s'en assurer, la Police secrète veille.

    La mémoire de la narratrice se disloque également (Cela ne donne pas lieu à une expérience stylistique tordue, pas d'inquiétude!) Cette dernière témoigne au fil des pages avec impuissance de l'infinie poésie des choses avant leur anéantissement.

    Je ne dévoilerai pas tout, mais évoquerai surtout mon ressenti.
    Il me semble que la mémoire est la clef de voute de l'oeuvre de Yoko Ogawa. La mémoire, et ce en quoi elle consolide l'identité des hommes. le style de Yoko Ogawa est d'une précision, d'une beauté extraordinaire, peaufiné jusqu'au dernier détail. Son texte m'a laissé une très forte impression.

    Si l'on pouvait associer ce livre à plusieurs lectures, j'aurais cité Farenheit 451 de Bradbury, le Journal d'Anne Frank et La femme des sables d'Abe Kobo.


    Lien : http://ranatoad.blogspot.com

    critique de qualité ? (4 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par EFar le 21/07/2011


    J'ai aimé ce roman étrange, angoissant, à l'écriture fine et sensible. La lente descente dans laquelle il m'a entrainé ne m'a pas laissé indemne. Comme dans les écrivains du nord, j'y ai ressenti une grande proximité avec les éléments naturels, et une sorte de transparence. Voilà, il y a quelque chose de diaphane dans cette histoire.

    critique de qualité ? (3 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par lostinbooks le 21/09/2010


    La narratrice de ce dernier roman traduit de Yoko Ogawa (il a été publié au Japon en 1994), une jeune romancière dont nous ne connaîtrons pas le nom, fille d'une sculptrice et d'un ornithologue, vit sur une île soumise à de très étranges phénomènes : certains jours, à intervalles plus ou moins réguliers, des choses disparaissent. Au début, il s'agit seulement de "petites choses", presque insignifiantes, des bonbons à la limonade, des rubans, des grelots, puis des choses plus symboliques disparaissent à leur tour, purement et simplement, pour ne plus jamais revenir. Un jour, ce sont les oiseaux qui quittent l'île par milliers pour se perdre au delà des mers, un autre jour, ce sont les fleurs dont les pétales s'envolent, ne laissant plus que des tiges ou des arbustes desséchés. Pire encore, les habitants de l'île ne semblent pas s'en inquiéter outre mesure, car, avec les choses, leurs souvenirs et les émotions liés aux objets s'effacent également de leur mémoire, que Yoko Ogawa nomme très poétiquement "la cavité du coeur". Les traqueurs de souvenirs, organisés en milice, veillent à ce qu'aucun objet voué à disparaître ne subsiste. Et puis, ce sont les livres qui disparaissent et sont brûlés en place publique, tout comme les lieux qui les abritent.

    Certains résistent, dont R., l'éditeur de notre narratrice, qui se souvient et qui, ultime résistance, a précieusement conservé certains objets disparus. Afin d'éviter qu'il ne soit arrêté par les traqueurs de souvenirs, la narratrice décide de le cacher chez elle, dans une chambre secrète qu'elle a aménagée avec l'aide d'un grand-père, mari de son ancienne nounou. Parallèlement, et comme en écho aux évènements, elle poursuit la rédaction de son nouveau roman, effrayante histoire d'une dactylo, sous la coupe de son inquiétant professeur de dactylographie, qui perd inexorablement sa voix, après que sa machine ait, un à un, perdu ses caractères.

    Une nouvelle fois, j'ai été séduite par la plume de Yoko Ogawa. L'atmosphère angoissante est tempérée par l'exceptionnelle relation qui se crée entre les trois principaux protagonistes, empreintes de respect, de confiance, de compréhension et de partage, les sauvegardant de la folie totalitaire de ce monde dans lequel ils sont contraints de vivre.

    Un beau roman qui nous dévoile une nouvelle facette du talent de Yoko Ogawa : à l'univers intimiste, poétique et quotidien de "La Formule préférée du professeur" ou de "La Marche de Mina" ou encore "La petite pièce hexagonale", titres particulièrement aimés, elle ajoute un soupçon de fantastique (impossible par moments de ne pas penser à Ray Bradbury et "Fahrenheit 451"). J'ai même aussi parfois pensé à Stendhal et à sa "cristallisation", les objets disparus prenant une auréole de perfection qu'ils n'avaient pas du temps de leur existence.

    Comme toujours, la traduction de Rose-Marie Makino est excellente et la couverture du livre particulièrement évocatrice et soignée.


    Lien : http://perduedansleslivres.blogspot.com/2010/01/cristallisation-secr..

    critique de qualité ? (3 votes positifs)



    • Livres 3.00/5
    Par hove le 13/07/2011


    L'histoire se déroule sur une île où jour après jours différents objets du quotidien disparaissent dans une indifférence quasi-générale. Même les souvenirs du passé délaissent une population dirigée d'une main de fer par la police secrète. Roman inquiétant qui nous donne matière à réflexion sur l'importance de l'Histoire, la liberté d'expression et les régimes totalitaires. J'ai toutefois eu des difficultés à m'immerger complètement dans le récit.

    critique de qualité ? (2 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par Lulu_Off_The_Bridge le 13/04/2011


    Un très bel opus de Yoko Ogawa, qui pratique toujours une écriture de l'instant et du détail, mais sans la froideur clinique de La piscine ou Les abeilles. L'histoire de la narratrice et de son île qui disparaît par petit morceau et celle, mise en abîme, de la sténotypiste dont la voix s'éteint au profit de la machine forme un système de vases communicants, avec une finesse rare, parle de la mémoire, de l'écriture, de la résistance à la nuit, à l'oubli.

    critique complète ici:


    Lien : http://luluoffthebridge.blogspot.com/2010/11/book-freak-sessions-vii..

    critique de qualité ? (2 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par Lune le 12/04/2011


    Figée sur une seule idée : la disparition du genre humain, la police secrète se cristallise d'abord sur la disparition d'objets, de choses pour en arriver à celle de l'homme. La programmation de cette société totalitaire poussée dans un extrême kafkaïen vient remuer notre sang.
    Démunis de leurs souvenirs, avachis par la peur, les êtres effacent tout jusqu'à l'oubli total et s'adaptent à leur nouvelle mémoire. La tristesse profonde réside dans l'acceptation : perte du moi réel, abandon de la lutte.
    Quelques uns paieront de leur vie et/ou de leur liberté qu'on devine d'avance condamnée ce qu'ils tentent de conserver et de défendre, mais ils sont rares tant est pesante l'angoisse et l'épouvante.
    Ce livre, immense métaphore, nous entraîne dans les dérives mégalomanes que peuvent inventer l'homme et un régime dictatorial.
    Roman ? Certes. Fantasmes de science-fiction ? Certes. Mais on sait combien l'imagination humaine peut être créative dans le mal...

    critique de qualité ? (2 votes positifs)






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