Comment vous faire deviner ma frustration à la lecture des Abeilles? Imaginez que je me propose de vous raconter une blague. Je la présente ainsi : "C'est l'histoire d'un gars dans le désert, Nasreddine, si cela peut vous faire plaisir, qui chemine avec son âne. Il rencontre un dromadaire et lui demande ce qu'il fait par cette chaleur. le dromadaire lui répond: je bosse! Nasreddine, surpris par cette réponse, continue son chemin puis, derrière une dune, rencontre un lézard en plein cagnard. Là encore il lui demande: Que fais-tu? Et le lézard, de lui répondre mollement: je lézarde. Nasreddine étonné par cette réponse s'en retourne en direction de l'oasis afin de faire boire son âne et rencontre un."
Voyez, c'est frustrant n'est-ce pas? Et bien c'est ce que nous a concocté
Yoko Ogawa. Quel dommage! Telle est mon impression en refermant ce livre. Une nouvelle, ma foi, bien plaisante du début à la fin, où l'auteure fait parfaitement monter quelque chose en nous, pour finalement nous abandonner comme une vieille chaussette puante en fin de récit, nous laissant interdit, sur notre faim, avec cette absence de fin.
Une femme au foyer, pourtant diplômée, qui s'ennuie ferme à faire du patchwork reçoit un jour un appel d'un jeune cousin ignoré depuis quinze ans. Celui-ci cherche à se loger pour pas cher afin de suivre ses cours d'université, or l'héroïne, a fréquenté une résidence à prix imbattable plusieurs années auparavant. Elle va donc chercher à mettre en contact son cousin avec l'étrange directeur de la résidence étudiante. de fil en aiguille, des interrogations montent, des doutes se font jour, créant une ambiance de malaise et de suspens très réussis. le seul hic, vous l'aurez compris, c'est qu'on nous laisse en plan sans rien dénouer à la fin, ce qui a créé, en ce qui me concerne, une immense déception. Vraiment dommage, parce qu'avec une vraie fin, j'aurais adoré cette nouvelle. Je vous ai donné mon avis, maintenant, à vous de voir avec votre propre ressenti.