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ISBN : B003X7ZL3I
Éditeur : Le Livre de Poche (1959)

Note moyenne : 3.62/5 (sur 8 notes)
Résumé :
Je répéterai simplement ici ce que j'écrivais en tête de ma Vie de Van Gogh : ce livre n'est pas une biographie romancée.

J'ai recueilli tout ce qu'il nous est aujourd'hui possible de savoir sur Cézanne ; j'ai rassemblé et confronté les documents que nous possédons sur lui ; j'ai visité les lieux où il vécut, questionné les paysages et les choses. Bref, je n'ai rien avancé que je ne saurais justifier.
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Critiques, Analyses & Avis (1) Ajouter une critique
Lunedor
22 avril 2016
  • 4/ 5
Une biographie de Paul Cézanne très complète et à lire comme un roman (mais attention ce n'est pas un roman ! J'entends par là que c'est une lecture facile et prenante). C'est un mélange d'éléments historiques, artistiques et d'anecdotes sur la vie de l'auteur. On se laisse facilement emporter par l'ouvrage, même si parfois c'est un peu long car l'ouvrage est petit mais épais.
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Citations & extraits (26) Voir plus Ajouter une citation
JcequejelisJcequejelis12 août 2013
Après six mois de séjour en Provence, Cézanne est de nouveau à Paris au début de 1865.
Cette fois, quittant la rive gauche, il va se loger sur les confins du Marais, au numéro 22 de la rue Beautreillis, dans un vieil hôtel du XVIIe siècle, l'hôtel de Charny. (...)
Lui a-t-on dit que, voilà six ou sept ans, Baudelaire habita cette maison ? Baudelaire, à qui la pudibonderie contemporaine a fait (en 1857) un absurde procès de moralité, compte parmi les poètes préférés de Cézanne, qui lit dans le texte Virgile et Lucrèce : servi par son extraordinaire mémoire (bien qu'il ne les ait jamais visités, il sait tout ce que contiennent les différents musées d'Europe), il pourrait réciter sans défaillance l'entier recueil des Fleurs du Mal.

Ce ne seront jamais ces beautés de vignettes,
Produits avariés, nés d'un siècle vaurien,
Ces pieds à brodequins, ces doigts à castagnettes,
Qui sauront satisfaire un cœur comme le mien.

Je laisse à Gavarni, poète des chloroses,
Son troupeau gazouillant de beautés d'hôpital,
Car je ne puis trouver parmi ces pâles roses
Une fleur qui ressemble à mon rouge idéal.

Ce qu'il faut à ce cœur profond comme un abîme,
C'est vous, Lady Macbeth, âme puissante au crime,
Rêve d'Eschyle éclos au climat des autans;

Ou bien toi, grande Nuit, fille de Michel-Ange,
Qui tors paisiblement dans une pose étrange
Tes appas façonnés aux bouches des Titans!

Note : D'après un exemplaire des Fleurs du Mal que Cézanne avait annoté et dont il fit présent à Léo Larguier, ses pièces préférées éraient : Les Phares, L'Idéal (ci-dessus), Sed non satiala, Une Charogne, Les Chats, Le Mort joyeux, Le Goût du néant.

975 - [Le Livre de poche n° 487-488, p. 140]
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JcequejelisJcequejelis06 août 2013
En cette année 1859, son père s'offre une fantaisie. Pour la bagatelle de quatre-vingt mille francs, il achète, à un kilomètre d'Aix, sur la route de Roquefavour, l'ancienne maison de campagne du gouverneur de Provence... (...) Aix n'apprend pas sans dépit, cette acquisition. On y voit un étalage de parvenu. Pourtant, aussi content qu'il soit lui-même, Louis-Auguste, pas plus que son fils, n'éprouve de penchant pour la vanité. Son ascendance paysanne parle en lui fortement. Comme les paysans, il n'a d'attirance que pour les réalités, que dédain pour le paraître, cette puérile niaiserie. Nullement tenté de publier ses victoires, il les cacherait plutôt; ses satisfactions restent tout intérieures, d'un orgueil d'autant plus vif que l'insolence s'en veut plus discrète : être et ne paraitre pas, être et berner son monde, quelle jouissance!

953 - [Le Livre de poche n° 487-488, p. 70-71]
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JcequejelisJcequejelis11 août 2013
Voici longtemps déjà (que Zola) a quitté le bouge de la rue Soufflot. Depuis lors, il a changé une ou deux fois de domicile. En juillet, il loue un appartement de trois pièces rue des Feuillantines, au numéro 7. Il y prend l'habitude – par besoin d'amitié, de la chaleur d'un groupe, besoin d'avoir autour de soi, comme un père ses enfants, des êtres unis par les mêmes pensées, enfiévrés par les mêmes désirs – de réunir chaque jeudi soir, en un dîner, ses relations parisiennes. Vient qui veut : la table est ouverte. Cézanne, Baille, Chaillant, des Aixois de passage. Guillemet, Pissarro ses retrouvent à ces agapes. La chère n'est sans doute pas très copieuse, par discrétion, chacun mouille son vin d'abondance.

969 - [Le Livre de poche n° 487-488, p. 129]
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JcequejelisJcequejelis11 septembre 2013
Pour le goût de Pissarro, la palette de Cézanne est trop sombre. « Nous ne peignons jamais assez clair », a constaté depuis déjà longtemps Daubigny. « Ne peins jamais qu'avec les trois couleurs primaires et leurs dérivés immédiats » ; dit Pissarro à Cézanne.

Note : Faut-il rappeler qu'on nomme couleurs primaires les couleurs qui ne peuvent pas être décomposées, soit le jaune, le rouge et le bleu ? Les couleurs qualifiées de binaires sont les couleurs produites par le mélange de deux couleurs primaires, soit l'orange (rouge et jaune), le vert (jaune et bleu), le violet (rouge et bleu). Les accords de tons les plus soutenus résultent de la juxtaposition d'une couleur primaire et la couleur binaire dans la composition de laquelle cette couleur primaire n'intervient pas : le bleu et l'orange, le rouge et le vert, le jaune et le violet. Ces couleurs sont dites entre elles complémentaires. Le mélange, à quantités égales, des complémentaires produit des gris neutres; à quantités inégales, il produit des tons rompus.

1048 - [Le Livre de poche n° 487-488, p. 215]
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JcequejelisJcequejelis03 août 2013
Pendant les récréations, les deux amis (Cézanne et Zola) bavardent indéfiniment. Ils mêlent à leurs impressions de lectures - car ils se sont mis à beaucoup lire : tout ce qui leur tombe sous la main, « des contes à dormir debout, de grands romans d'aventures » qui les tiennent sous le charme pendant des semaines et des semaines – leurs propres souvenirs. Zola a vécu à Paris. Avec une émotion proche des larmes, il se rappelle son père, dont l'existence chaotique, de bout en bout romanesque, est bien propre à enfiévrer de jeunes imaginations.

946 - [Le Livre de poche n° 487-488, p. 33-34]
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