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ISBN : B003X7ZL3I
Éditeur : Le Livre de Poche (1959)


Note moyenne : 3.6/5 (sur 5 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Je répéterai simplement ici ce que j'écrivais en tête de ma Vie de Van Gogh : ce livre n'est pas une biographie romancée.
J'ai recueilli tout ce qu'il nous est aujourd'hui possible de sa voir sur Cézanne; j'ai rassemblé et confronté les documents que nous posséd... > voir plus
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Citations et extraits

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  • Par Jcequejelis, le 12 août 2013

    Après six mois de séjour en Provence, Cézanne est de nouveau à Paris au début de 1865.
    Cette fois, quittant la rive gauche, il va se loger sur les confins du Marais, au numéro 22 de la rue Beautreillis, dans un vieil hôtel du XVIIe siècle, l'hôtel de Charny. (...)
    Lui a-t-on dit que, voilà six ou sept ans, Baudelaire habita cette maison ? Baudelaire, à qui la pudibonderie contemporaine a fait (en 1857) un absurde procès de moralité, compte parmi les poètes préférés de Cézanne, qui lit dans le texte Virgile et Lucrèce : servi par son extraordinaire mémoire (bien qu'il ne les ait jamais visités, il sait tout ce que contiennent les différents musées d'Europe), il pourrait réciter sans défaillance l'entier recueil des Fleurs du Mal.

    Ce ne seront jamais ces beautés de vignettes,
    Produits avariés, nés d'un siècle vaurien,
    Ces pieds à brodequins, ces doigts à castagnettes,
    Qui sauront satisfaire un cœur comme le mien.

    Je laisse à Gavarni, poète des chloroses,
    Son troupeau gazouillant de beautés d'hôpital,
    Car je ne puis trouver parmi ces pâles roses
    Une fleur qui ressemble à mon rouge idéal.

    Ce qu'il faut à ce cœur profond comme un abîme,
    C'est vous, Lady Macbeth, âme puissante au crime,
    Rêve d'Eschyle éclos au climat des autans;

    Ou bien toi, grande Nuit, fille de Michel-Ange,
    Qui tors paisiblement dans une pose étrange
    Tes appas façonnés aux bouches des Titans!

    Note : D'après un exemplaire des Fleurs du Mal que Cézanne avait annoté et dont il fit présent à Léo Larguier, ses pièces préférées éraient : Les Phares, L'Idéal (ci-dessus), Sed non satiala, Une Charogne, Les Chats, Le Mort joyeux, Le Goût du néant.

    [Le Livre de Poche n° 487-488 p. 140]
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  • Par Jcequejelis, le 11 août 2013

    Voici longtemps déjà (que Zola) a quitté le bouge de la rue Soufflot. Depuis lors, il a changé une ou deux fois de domicile. En juillet, il loue un appartement de trois pièces rue des Feuillantines, au numéro 7. Il y prend l'habitude - par besoin d'amitié, de la chaleur d'un groupe, besoin d'avoir autour de soi, comme un père ses enfants, des êtres unis par les mêmes pensées, enfiévrés par les mêmes désirs - de réunir chaque jeudi soir, en un diner, ses relations parisiennes. Vient qui veut : la table est ouverte. Cézanne, Baille, Chaillant, des Aixois de passage. Guillemet, Pissarro ses retrouvent à ces agapes. La chère n'est sans doute pas très copieuse, par discrétion, chacun mouille son vin d'abondance.

    [Le Livre de Poche n° 487-488 p. 129]
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  • Par Jcequejelis, le 06 août 2013

    En cette année 1859, son père s'offre une fantaisie. Pour la bagatelle de quatre-vingt mille francs, il achète, à un kilomètre d'Aix, sur la route de Roquefavour, l'ancienne maison de campagne du gouverneur de Provence... (...) Aix n'apprend pas sans dépit, cette acquisition. On y voit un étalage de parvenu. Pourtant, aussi content qu'il soit lui-même, Louis-Auguste, pas plus que son fils, n'éprouve de penchant pour la vanité. Son ascendance paysanne parle en lui fortement. Comme les paysans, il n'a d'attirance que pour les réalités, que dédain pour le paraître, cette puérile niaiserie. Nullement tenté de publier ses victoires, il les cacherait plutôt; ses satisfactions restent tout intérieures, d'un orgueil d'autant plus vif que l'insolence s'en veut plus discrète : être et ne paraitre pas, être et berner son monde, quelle jouissance!

    [p. 70-71]
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  • Par Jcequejelis, le 16 août 2013

    Mais qu'est-ce à tout prendre que Madeleine Férat, sinon un roman de plus? Zola se demande s'il parviendra jamais à quelque chose en ajoutant ainsi, simplement, d'année en année, les livres aux livres? Il est nerveux, travaillé par de lancinantes préoccupations. Le souvenir de Balzac et de sa Comédie humaine le hante. Aujourd'hui, pense-t-il, "ce n'est que par la quantité des volumes, la puissance de création, qu'on peut parler au public. " Depuis des mois il roule en son esprit le projet d'une vaste fresque, où serait raconté l'histoire à la fois "naturelle et sociale" d'une famille sous le Second Empire, Les Rougon-Macquart. Il renouvellera l'entreprise de Balzac. Pour édifier son œuvre, il utilisera au maximum ses souvenirs et ses observations. Il décrira Aix sous le nom de Plassans. De ses amis, de ses connaissances d'hier et d'aujourd'hui, il tirera des traits pour peindre personnages principaux ou silhouettes de second plan. Cézanne y sera l'artiste, comme Louis-Auguste y sera un bourgeois "goguenard, républicain... froid, méticuleux, avare".

    [p. 191]
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  • Par Jcequejelis, le 11 septembre 2013

    Pour le goût de Pissarro, la palette de Cézanne est trop sombre. "Nous ne peignons jamais assez clair", a constaté depuis déjà longtemps Daubigny. "Ne peins jamais qu'avec les trois couleurs primaires et leurs dérivés immédiats"; dit Pissarro à Cézanne.

    Note : Faut-il rappeler qu'on nomme couleurs primaires les couleurs qui ne peuvent pas être décomposées, soit le jaune, le rouge et le bleu ? Les couleurs qualifiées de binaires sont les couleurs produites par le mélange de deux couleurs primaires, soit l'orange (rouge et jaune), le vert (jaune et bleu), le violet (rouge et bleu). Les accords de tons les plus soutenus résultent de la juxtaposition d'une couleur primaire et la couleur binaire dans la composition de laquelle cette couleur primaire n'intervient pas : le bleu et l'orange, le rouge et le vert, le jaune et le violet. Ces couleurs sont dites entre elles complémentaires. Le mélange, à quantités égales, des complémentaires produit des gris neutres; à quantités inégales, il produit des tons rompus.

    [Le Livre de Poche n° 487-488 p. 215]
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