ISBN : 2701132428
Éditeur : Belin (2002)


Note moyenne : 4.33/5 (sur 9 notes) Ajouter à mes livres
A l'origine de cet ouvrage, il y a des voix d'hommes et de femmes d'origines culturelles et de milieux sociaux différents, et en contrepoint des souvenirs de lectures transcrits par des écrivains. En conjuguant sciences sociales et psychanalyse, il approfondit l'analyse... > voir plus
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Critiques et avis(4)

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  • Par Lostinmypal, le 14 mai 2012

    Lostinmypal
    Michèle Petit est anthropologue et sa réflexion sur la lecture est issue d'enquêtes personnelles, de nombreuses références et de son expérience personnelle de lectrice.
    Ce livre est intéressant, même si les grands lecteurs trouveront beaucoup d'idées « évidentes ». L'étude éclaire, néanmoins, sur les chemins entre les hommes et les livres et permet de comprendre comment certains rejettent la lecture. Cet essai m'a rassurée sur certains points, notamment le rejet que peuvent avoir les autres envers des lecteurs. Certaines phrases m'ont fait sentir moins seule. Michèle Petit met en avant l'idée que la lecture en tant qu'acte intime pose problème à la société (et en particulier à celle d'aujourd'hui ou l'individuel est suspect et le collectif vivement recommandé). le lecteur est d'une certaine façon ingérable pour le pouvoir, qu'il soit politique ou familial. de même, Mme Petit revient sur les idées préconçues que l'on peut avoir, et les professionnels en particuliers, sur les besoins des populations socialement et/ou culturellement éloignées de la lecture.
    J'ai également vraiment apprécié son finale sur la lecture et la littérature à l'école. Je me suis parfaitement retrouvée dans ses propos et ceux d'écrivains cités : l'école n'incite pas à aimer la lecture, notamment à partir de la fin du collège. L'esprit est trop à l'analyse, à la dissection d'œuvres et au refus de l'émotion. C'est en tout cas ce qui m'a éloigné des lectures scolaires et avoir confirmation que ce n'était pas un blocage personnel m'a rassurée.
    Les bienfaits de la lecture que passe en revue l'auteur peuvent paraître évidents aux lecteurs assidus. Il n'en reste pas moins intéressant de voir comment une professionnelle peut parler avec passion et recul de ce que l'on expérimente chaque jour.
    Une lecture intéressante !
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    Critique de qualité ? (8 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Missbouquin, le 15 novembre 2011

    Missbouquin
    L'auteur
    Michèle Petit est anthropologue au CNRS. Après une étude Sur la lecture en milieu rural, elle a coordonné une recherche sur le rôle des bibliothèques dans la lutte contre les processus d'exclusion. Elle a également écrit L'art de lire ou comment résister à l'adversité dont Delphine a déjà parlé.
    Le livre
    Ce texte part de nombreuses rencontres et analyses sur les expériences singulières et les résistances que l'écrit suscite. Tout est intéressant dans cet ouvrage, quand on veut comprendre ce que la lecture peut apporter, quoi de mieux que des témoignages personnels couplés à une fine analyse anthropologique ?
    "Si lire est souvent un geste de l'ombre, de la nuit, ce n'est pas seulement parce que le temps des activités "utiles" est enfin suspendu, mais aussi parce qu'on crée un jardin préservé des regards. On lit sur les bords, les rivages de la vie, à la lisière du monde."
    Ce que j'y ai trouvé
    - La distinction entre la lecture scolaire, la lecture plaisir, et la lecture pour se construire (qui est la moins connue alors qu'il s'agit de donner une signification à son expérience personnelle dans une société où les traditions disparaissent de plus en plus vite et où les individus semblent en manque de repères culturels). Un petit bémol : faut-il donc toujours opposer lecture scolaire et lecture plaisir ? Personnellement, j'ai eu beaucoup de plaisir à lire les livres conseillés à l'école ...
    - L'importance de la liberté des lecteurs, qui peuvent interpréter et changer le sens du texte comme bon leur semble. Les auteurs n'y ont pas de droit de regard, ni personne d'autre par Ailleurs. Pendant longtemps, il y a eu une peur institutionnelle de l'accès direct au livre et de la solitude du lecteur qui peut penser par lui-même. D'où les nombreuses actions de censure directes, ou celles, plus douces, de "prescriptions" de "bons livres" aux ouvriers à la fin du XIXe (et jusqu'au milieu du XXe par Ailleurs). "Dans des sociétés peu lettrées, lire un livre, c'était s'égarer dans un monde dangereux, affronter le diable."
    - La lecture crée un espace à soi, un monde intérieur, presque protecteur car enveloppant. Une lecture ne doit jamais être une obligation mais un besoin. Elle est souvent transgressive car elle offre la présence des différents possibles de la vie : elle donne la possibilité de sortir de son isolement, de son enfermement et de se dépayser en proposant des schémas différents. Dans un univers négatif et agressif, les mots peuvent être un refuge : "c'est cette promesse d'un Ailleurs, de ne pas être assigné à tout jamais à demeure, qui rend des enfants heureux; qui évite à certains d'entre eux, coincés dans des univers ravagés par la violence, de devenir fous;, et qui permet aux uns comme aux autres de rêver et donc de penser."
    - le temps de la lecture est du temps pris sur le temps social, un temps pour soi; où l'on peut prendre son temps, laisser place à l'imagination (car pour créer, il faut avoir rêvé ...). C'est pourquoi la bibliothèque peut être vue comme un lieu de perdition, un lieu qui pousse à sacrifier du temps normalement consacré aux autres !
    - Il ne faut pas oublier qu'avant le temps des jeux vidéos, c'était la lecture qui était considérée comme néfaste par certains, par peur d'une identification trop forte aux personnages, aux histoires, en dehors de la réalité ... Aujourd'hui toutes les inquiétudes sont reportées sur la télévision et les jeux vidéos, la lecture se trouvant parée de toutes les vertus. Et pourtant, il est vrai que la lecture porte en elle une incitation à l'identification : lorsque nous lisons, inconsciemment nous recherchons des situations que nous avons connues, des mots qui peuvent exprimer nos sentiments. Comme le dit Proust, "en réalité, chaque lecteur est, quand il lit, le propre lecteur de soi-même."
    - Mais les besoins de lecture sont aussi parfois difficiles à identifier, à décrypter, car ce peut être des situations très éloignées de nous qui nous permettent de comprendre la nôtre. C'est en partie pour cela que les mythes de l'Antiquité ont rencontré tant de succès : la mise à distance et le dépaysement offrent "un détour, une médiation par le lointain temporel et géographique, par la mise en forme d'un texte légitime, reconnu, partagé, de manière à objectiver son histoire personnelle, à la circonscrire hors de soi."
    C'est à dire qu'"Il ne s'agit jamais d'enfermer un lecteur dans une case mais de lui lancer des passerelles, ou plutôt de lui donner les moyens de fabriquer les siennes propres"
    - Ce qui peut empêcher de lire : le regard social (du temps volé aux activités "utiles"); conflit avec valeurs et façons de vivre. "Grandir dans une culture, c'est en principe accepter toutes ses limites. Cependant, il se pourrait bien que la littérature n'existe que pour mieux nous obliger à transgresser ses limites." (Le Clézio) "Mais la curiosité, l'exigence poétique [...] le besoin de lire des récits, le désir de symboliser son expérience, de la mettre en mots, ne sont l'apanage d'aucune catégorie sociale, d'aucune ethnie."
    C'est un article un peu long je suis désolée, mais c'est tellement passionnant que vous m'excuserez ! en attendant, je vous invite à découvrir cet essai !

    Lien : http://wp.me/p1Gkvs-kh
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    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par FJ, le 01 novembre 2011

    FJ
    Voici un ouvrage à conseiller à tous les enseignants, bibliothécaires, libraires et autres "passeurs de livres".
    L'auteur, Michèle Petit est anthropologue et a mené une étude sur la lecture en milieu rural. Ici, elle a recueilli les témoignages d'hommes et de femmes d'origines culturelles et de milieux sociaux différents ainsi que des auteurs sur leurs pratiques de lecture. A partir de ces voix, elle identifie les fonctions de la lecture, mettant en évidence le rôle de la rêverie du lecteur, l'identification, l'hospitalité de la lecture...
    Elle évoque également les résistances qui peuvent survenir vis-à-vis de la lecture, notamment dans certains milieux ou chez les adolescents.
    L'auteur évoque également le rôle des femmes comme agents du développement culturel. Dans les régions du monde où les femmes sont maintenues à l'écart de la scolarisation, l'écrit circule mal. (p. 123)
    Comme il est noté sur la quatrième de couverture lire, c'est aussi un moyen pour résister aux processus d'exclusion ou d'oppression, pour reconquérir une position de sujet au lieu de n'être qu'un objet du discours des autres.
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    Critique de qualité ? (1 votes positifs)
  • Par ClaireLB, le 04 décembre 2010

    ClaireLB
    Liens
    - BBF, Anne-Marie Bertrand, http://bbf.enssib.fr/consulter/bbf-2003-02-0152-014
    "Cet ouvrage est une relecture (une réécriture) de ces travaux, avec l'apport de l'approche psychanalytique, mais aussi avec de la distance par rapport à ces travaux, le recul du temps et la liberté de parole..."
    - le terrier de Chiffonette, http://chiffonnette.over-blog.net/article-5645009.html
    "Je viens juste de terminer dans le cadre de mon travail la lecture d'un merveilleux petit essai: Eloge de la lecture. La construction de soi de Michèle Petit. Pour la bibliothécaire en devenir que je suis, la réflexion est intéressante même si aucun des éléments qui sont utilisés ou apportés n'est fondamentalement nouveau... "
    - à propos de l'auteur :
    Michèle Petit est anthropologue au LADYSS, elle étudie la relation aux livres et aux bibliothèques ou encore la lecture comme construction de soi.
    Ladyss, http://www.ladyss.com/cv.php?url=34_petit_michele&name=PETIT%20Michele
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    Critique de qualité ? (1 votes positifs)

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Citations et extraits

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  • Par ClaireLB, le 04 décembre 2010

    La lecture relance une activité de symbolisation, et sans doute est-ce là l’essentiel. Un texte peut être l’occasion de renouveler, de recomposer les représentations que l’on a de sa propre histoire, de son monde intérieur, de son lien au monde extérieur.
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  • Par Missbouquin, le 15 novembre 2011

    "Le monde n'est habitable que si sont ménagés des lieux qui permettent du mouvement, du détachement, du repos, des passages, des mises en rapport insolites; des espaces qui ouvrent sur autre chose, récits d'ailleurs, visages inconnus, légendes ou sciences. Un livre, c'est cela, tout simplement."
    Citation de qualité ? (2 votes positifs)
  • Par ClaireLB, le 04 décembre 2010

    Beaucoup de femmes et des hommes, un peu moins nombreux, lisent par goût de découvrir, et pour inventer du sens à leur vie, y compris dans des milieux populaires. Citation à la fois d’auteurs connus et de lecteurs anonymes.
    Citation de qualité ? (2 votes positifs)









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