ISBN : 2070628159
Éditeur : Editions Gallimard (2010)


Note moyenne : 4/5 (sur 37 notes) Ajouter à mes livres
Bretagne, 1914. La guerre menace. Une nuit, la charrette de la mort s'arrête devant la maison de Gwen le Tousseux, le jeune orphelin. C'est lui que vient chercher l'Ankou, pour l'emmener au pays dont on ne revient jamais... Quand Gwen se réveille, il est passé de l'autr... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par emmyne, le 28 mai 2011

    emmyne
    Ce premier roman signé François Place confirme que le talent de sa plume vaut celui de son pinceau. On y retrouve la finesse, la magie de créer et rendre des atmosphères, de donner vie aux personnages.
    La douane volante est un roman d'aventures et un roman fantastique. C'est un récit peuplé de légendes bretonnes ( l'Ankou, mais aussi les Kraken...), un récit consacré à la médecine; la médecine de Molière, celle des docteurs pédants vêtus de noir et de collerettes blanches, celle des herbes et des fluides, des elixirs et des onguents, celle des formules latines et des superstitions.
    Le jeune héros de quatorze ans Gwen, surnommé le Tousseux du fait de ses problèmes respiratoires et sa faible santé, est accueilli quelques temps par le rebouteux de son village breton, le vieux Braz, qui lui enseigne les rudiments de la science des plantes et lui révèle son don de guérisseur. Au décès de celui-ci, Gwen meurt d'abandon à petit feu, rejetté par une population qui n'ouvre sa porte au " sorcier " que lorsqu'elle en a besoin. Un soir, battu, volé, Gwen sombre et croit voir la Mort à sa porte. L'Ankou, son messager, l'emporte sur sa charrette noire. Gwen reprend conscience dans un autre monde, un monde étranger et étrange, bien loin de sa Bretagne, un lieu dont les mots et les canaux rappellent une Hollande ancienne. Ce pays est dominé par les membres de l'impitoyable Douane Volante, à la fois gouvernement et armée. Durant les quatre années de guerre sur sa terre natale, le jeune homme va demeurer dans ce monde sous la tutelle de l'officier Jorn, y vivre découvertes et mésaventures, tentant de s'échapper, développant son don, adoptant un drôle d'oiseau aussi teigneux qu'attachant, devenant médecin jusqu'à une terrible épidémie de peste et la tentation, la pratique de l'alchimie.
    Ce roman réussit le pari d'être à la fois dense et fluide, réaliste et mystérieux, classique par les épreuves initiatiques soumises à Gwen et original par le thème de la médecine et le choix des Pays-Bas.
    Ce texte, parfois cruel, de François Place est impressionnant. On y retrouve l'atmosphère particulière des peintre hollandais du XVIIème, les ambiances souvent sombres, humides et froides, les touches de lumières, la mélancolie, la chaleur pudique des hommes et la tendresse des femmes aussi, dans les portraits, les scènes de rue, les paysages. L'auteur raconte s'être inspiré des tableaux de Jan van Goyen, de l'un d'eux sur lequel apparait " une sorte de porte édifiée dans un chemin creux, flanquée d'une palissade et surmontée de poteaux plantés de travers. On peut distinguer une guérite sur le talus. [...] c'est ce modèle qui m'a servi pour imaginer une barrière de La douane volante. J'avais envie de me rendre à cet endroit, de passer la porte, de me mêler à ces personnages qui vivent au ras de l'horizon, avec toujours un grand ciel au-dessus, et des villages penchés sur l'eau calme des canaux.". Avec en filigrane, l'Europe du début du XXème siècle, sa guerre.


    Lien : http://lisezjeunesse.canalblog.com/archives/2010/01/06/16393935.html..
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    • Livres 5.00/5
    Par Stemilou, le 01 septembre 2010

    Stemilou
    La quatrième de couverture met l'eau à la bouche mais finalement ne donne pas autant d'indication sur le contenu de ce roman, j'ai donc débuté ce livre par curiosité plus que par envie et l'aventure de Gwen aidant l'ai refermé enchantée.
    Le début ne prête guère à découvrir la suite, c'est lent et boueux puis une fois passé dans l'autre monde « celui dont on ne revient jamais » on est pris, accaparé, les mains scotchées au livre, plongée dans cette aventure, j'ai traversé les rivières et les terres, rencontrée des ombres et des vivants, marchée dans la boue et portée des habits luxueux. Oui tout ça dans un seul livre ! Un conte …

    L'histoire de Gwen le Tousseux, un enfant malade et fragile, abandonné par sa mère partie travailler loin du village breton, va se faire charrier par le village à la mort de son « maître » le vieux Braz le rebouteux chez lequel il était apprenti.
    Après avoir été battu par deux enfants du village il est embarqué dans la charrette de l'Ankou, à son réveil il se trouve sur une plage inconnue, probablement dans un autre pays et certainement une autre époque. Ce pays est dirigé par La douane volante (qui porte bien son nom, une véritable douane qui contrôle les moindres faits et gestes, prélève des taxes) pour laquelle il est considéré comme un Egaré.
    Il sera recueilli par un pêcheur, Jorn, qui va vite révéler sa vraie nature et ambition, car autant le dire le jeune Gwen est un rebouteux, une personne qui peu soigner les gens grâce à un « fluide » qui lui traverse les mains.
    C'est dans ce pays qu'il fera son éducation, seul, jusqu'à étudier la médecine. Une initiation qui va le forger.

    Très trouble car les personnages évoluent énormément, révélant leur vraie nature ou au contraire adoucissant leurs traits, par contre on est mis face au changement de situation trop rapidement lorsqu'il s'agit de « son transfert de monde » je n'ai pas compris comment ça se passe. Tout est suggéré et reste en suspend, c'est dommage.
    Ça reste quand même un bon moment de lecture comme le sont tous les romans jeunesse qui nous plonge dans une réalité idéalisée et pleine d'aventures.

    Lien : http://www.stemilou-books.com/article-la-douane-volante-fran-ois-pla..
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    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
  • Par docidf, le 17 novembre 2010

    docidf
    La douane volante – Place François -
    Gallimard Jeunesse – Janvier 2010.- 334 p.
    ISBN :978-2-07-062815-5- Prix : 13,50 €

    Résumé :
    Gwen est un jeune breton surnommé le Tousseux car il a une santé fragile et tousse beaucoup. Pas assez résistant pour être marin, il est pris au service du vieux Braz, le rebouteux qui lui enseigne les rudiments de la science des plantes et lui révèle son don de guérisseur. A sa mort, Gwen hérite de sa maison mais il est rejeté par tous. Alors que la guerre de 1914 gronde, Gwen est enlevé par un homme en noir conduisant une charrette noire (l'Ankou). Il pense partir pour son dernier voyage mais le voilà qui parvient dans un étrange pays couvert de marécages et de canaux dirigé par La douane volante. Commencent pour lui de nombreuses aventures où ses talents de rebouteux vont lui faire connaître la gloire. Mais celui-ci n'a de cesse de retrouver sa terre natale.
    Mots- clé :
    BRETAGNE /LEGENDES BRETONNES/GUERRE DE 1914-1918/ MISERE/ PAYS BAS/FANTASTIQUE/REBOUTEUX/MEDECINE/
    DON DE GUERISON/ESCLAVAGISME/SAUVAGERIE/LIBERTE/MER
    Commentaires :
    Ce roman d'aventure est un récit initiatique qui nous entraîne dans un monde imaginaire, fantastique et mystérieux où règne une atmosphère d'autrefois, étrange et violente.
    Le thème de la médecine, celle des rebouteux, des onguents, des épidémies et des formules latines plonge le lecteur dans les temps anciens.
    François Place dit s'être inspiré d'un tableau d'un peintre hollandais du XVIIème siècle pour dépeindre l'atmosphère particulière de son roman.
    Pistes de discussion :
    • Guérisseurs, rebouteux et don de guérison.
    • Le poids des légendes
    • Le désir de liberté plus fort que celui de la gloire
    Niveau conseillé
    4eme/3ème

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    • Livres 3.00/5
    Par Lagagne, le 25 février 2011

    Lagagne
    Ce roman est le parcours de Gwen, adolescent breton qui, suite à ce qu'il croit être la mort, est emmené au pays des 12 Provinces, territoire sous la coupe de La douane volante.
    D'abord Tousseux, puis Rebouteux, Gwen va grandir, évoluer dans un monde qui n'est pas le sien, au contact des douaniers, des contrebandiers, des médecins, des chiffonniers...
    J'ai passé un agréable moment de lecture. L'auteur nous épargne l'histoire d'amour à l'eau de rose, histoire à laquelle on a rarement la chance d'échapper ! L'évolution du caractère de certains personnages ne m'a pas toujours plu (je pense à Jorn principalement). Et j'aurai aimé en savoir plus sur le pourquoi du comment du passage entre les deux mondes... Je ne sais pas pourquoi, mais j'ai vraiment l'impression d'être passée à côté de quelque chose pendant ma lecture...
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    • Livres 4.00/5
    Par Trolly44, le 23 octobre 2011

    Trolly44
    En Bretagne, au début du XXe siècle, le vieux Braz recueille un jeune orphelin surnommé Gwen le Tousseux. Ce dernier deviendra le bras droit de Braz le Rebouteux, un homme aux pouvoirs de guérison, mais dont tout le village se méfie. Lorsque le vieux Braz meurt, Gwen devient une victime facile pour l'ensemble des habitants. Alors qu'il pense sa dernière heure arrivée, en 1914, il bascule dans un autre monde, un monde clos gardé par la “douane volante”. Jorn le prend sous son aile et l'encourage à se lancer dans la médecine. Gwen découvre alors ses propres dons grâce à un pibil, un petit oiseau doté lui aussi d'étranges pouvoirs.
    Déjà reconnu comme illustrateur, François Place signe, grâce à La douane volante, son premier roman, un roman initiatique qui nous entraîne dans un monde fantastique. Certes étrange, ce monde nous rappelle un Moyen-âge dans lequel les traditions et contes bretons se seraient immiscés. L'Ankou, figure emblématique de la mort en Bretagne, a une place déterminante pour le personnage principal, Gwen le Tousseux.
    En tant que lecteur, nous sommes confrontés aux interrogations, aux doutes, aux peurs et à la solitude de Gwen, mais aussi et surtout à son courage. Éloigné de la guerre, il n'en découvrira que les désastres après quatre mystérieuses années d'absence.
    François Place mêle avec brio le réalisme et le fantastique. Il fait le choix de laisser de côté une période historique trop souvent exploitée : la première Guerre Mondiale.
    Un autre magnifique ouvrage à découvrir du même auteur : La fille des batailles.
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Citations et extraits

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  • Par LaLo, le 19 février 2011

    C'est une sorte de roulement de tambour qui m'a sorti du lit. La porte de dehors était grande ouverte, et une odeur de terre humide envahissait la pièce. On se serait cru au fin fond d'un caveau. Une charrette manœuvrait dans la cour. Elle était noire et tirée par un grand cheval noir. L'homme qui menait le cheval était, lui aussi, tout de noir vêtu, et couvert d'un chapeau si noir que son profil disparaissait dans son ombre. La charrette s'arrêta devant le seuil, ses grandes roues cerclées de fer encadrées par la porte. L'homme restait en retrait, raide comme un bois de justice. Je frissonnai d'un coup. Comment ne pas reconnaître cet attelage, si parfaitement incrusté dans les ténèbres de la nuit ? Quand il est là, on sait qu'il est trop tard. On ne peut plus lui échapper. L'homme ne prononce pas un mot. On ne voit que son dos. Il attend. Rien ne vient, rien n'affleure, ni les larmes, ni le rire, ni la peur. Car on sait que c'est lui, l'Ankou. "Celui du Grand Voyage".
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  • Par genieblanc, le 28 mars 2010

    Les tortues remontent le cours du temps en y mettant la même détermination que les saumons pour remonter les rivières vers leur source. Moi, je n'ai jamais vu de tortue jeune. Quand il en apparaît une, elle est toujours épuisée, près de sa fin. Elle ne reste parmi nous que deux ou trois jours, à grand effort, en luttant... mais il semble qu'elles peuvent avoir vécu, dans ce temps vers lequel nous allons, des centaines d'années... Il faudrait, pour mesurer leur vie, un sablier perdu dans les nuages.
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  • Par genieblanc, le 28 mars 2010

    Quant au mal, c'est différent : il court de corps en corps. Il voyage avec la lune, dans les rêves, dans l'ombre des arbres, la couleur des pierres et les traces des animaux et, quand il trouve une maison, il s'y loge comme au fond d'un terrier. On ne comprend pas ça avec les yeux, il faut être capable de voir autrement, et bien au-delà. Rien n'arrive jamais par hasard, même à celui qui tombe d'une échelle.
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  • Par oops, le 27 avril 2011

    Mais j'aurais tout donné pour battre des ailes, pour ne plus sentir ce poids qui nous colle à la terre, et qui nous laisse voir les étoiles que pour mieux nous faire regretter de ne pouvoir les atteindre.
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  • Par oops, le 27 avril 2011

    Une troupe d'oies sauvages traversaient le ciel en cancanant. Le V qu'elles formaient occupait toute une portion de nuages. Est-ce bien là où vont ceux qui nous quittent, dans ce grand vide qui nous surplombe, et qui scande nos vies en passant inlassablement du jour à la nuit ?
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