ISBN : 2742706798
Éditeur : Actes Sud (1996)


Note moyenne : 3.6/5 (sur 15 notes) Ajouter à mes livres
" Au commencement, il était seul dans l'île. Il avait un nom de code, Teddy Bear, et il s'en servait pour communiquer avec l'hélicoptère du patron : tous les samedis, le patron lui apportait du travail et des provisions pour la semaine. Il restait encore de la neige dan... > voir plus
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Critiques et avis(2)

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    • Livres 4.00/5
    Par sandrine57, le 06 janvier 2012

    sandrine57
    Traducteur de bandes dessinées pour un journal, Teddy fait un jour la connaissance de son nouveau patron, un être un peu fantasque qui s'est donné pour but de rendre les gens heureux.
    "...j'ai une question à vous posez: qu'est-ce que je peux faire pour vous rendre heureux?
    -Vous n'auriez pas une île déserte? répliqua le traducteur.
    -J'en ai une: l'île Madame!"
    Et voilà comment Teddy se retrouve gardien de cette petite île au milieu du Saint-Laurent. Très vite, il s'installe dans une bienfaisante routine rythmée par ses traductions, ses tours de l'île, ses conversations avec son chat et les visites hebdomadaires du patron. Teddy semble très heureux mais insuffisamment aux yeux du patron qui va tenter de briser sa solitude. Chaque grande marée va voir débarquer sur l'île un nouveau locataire: une jeune femme et son chat, la propre épouse du patron, un auteur, etc. Une petite communauté se crée ainsi sur l'île.
    C'est ma première incursion dans l'oeuvre de Jacques POULIN en particulier et dans la littérature québécoise en général et j'avoue que j'ai été séduite. Rien d'exceptionnel dans ce petit livre mais une ambiance, une justesse de ton. L'écriture et l'histoire peuvent paraître simples de prime abord mais tout cela est bien plus profond, après réflexion. C'est en quelque sorte une fable sur le bonheur, la vie en société, l'acceptation de l'autre dont la morale pourrait être: l'enfer, c'est les autres. Et c'est là la prouesse de Jacques POULIN qui raconte une histoire bien gentillette en apparence mais qui s'avère d'une extrême cruauté au final.
    Je suis charmée par cet auteur surprenant et je ne vais pas en rester là avec lui. Je pense déjà à La Tournée d'automne qui me fait de l'oeil depuis un moment déjà.
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    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par SebastienFritsch, le 17 avril 2012

    SebastienFritsch
    Teddy, traducteur de bandes dessinées publiées dans la presse, se retrouve gardien d'une île solitaire au milieu du St-Laurent, l'Ile Madame. Pourquoi ? Parce que son patron veut son bonheur. Et, pour Teddy, le bonheur, c'est pouvoir travailler ses traductions au calme, avec la seule compagnie de ses dictionnaires et de son chat Matousalem. Tout va bien pour lui, jusqu'à ce que le Patron commence à sentir que le bonheur de Teddy n'est pas parfait. Qu'à cela ne tienne : le Patron, efficace, fera en sorte d'arranger les choses sans délai. Et la solution, c'est de laisser le traducteur travailler dans l'isolement... tout en brisant sa solitude. Marie, une jeune femme un peu marginale, viendra donc le rejoindre. Elle prendra la maison du sud. Il gardera la maison du nord... et les deux chats : Matousalem et Moustache, nouvelle venue.
    Mais les mois passent, et il s'avère que, malgré leur vie tranquille, faite de calme, de paroles échangées, de respect, les deux occupants de l'île donnent encore l'impression au Patron que leur bonheur n'est pas parfait... Alors, au fil des mois, d'autres personnages arriveront, déposés sur l'île Madame par l'hélicoptère du patron, à chaque période de grandes marées.
    La petite communauté qui se crée ainsi est un mélange hétéroclite de personnalités toutes originales... et pas toujours compatibles. Pourtant, on découvre peu à peu que chacune de ces personnes à un rôle à jouer. Et la "pièce" dans laquelle elles jouent n'est autre que la vie de Teddy le traducteur solitaire.
    A la lecture de ce roman, tout en douceur, en images et en situations certes farfelues, mais plutôt calmes et simples (au moins au départ), on sent surtout un charme tendre, très agréable. Puis l'ambiance évolue... mais je ne peux pas en dire plus. L'écriture, elle, reste très belle, tout en douceur et en finesse, au fil des pages, et l'humour n'est pas absent.
    Pourtant, quand on atteint le point final, on comprend que ce n'est ni un conte gentillet, ni une succession de situations plaisantes et/ou amusantes. "Les grandes marées" s'avère, en fin de compte, être une fable bien plus grave que peuvent le laisser croire ses premiers chapitres et la simplicité de son personnage central ou la gentillesse attentive de Marie. C'est même une parabole sur la vie et ses pièges que nous offre Jacques Poulin, et surtout le piège le plus dangereux qui menace tout homme : les autres.
    En plus de cette morale, on trouve aussi des réflexions sur la création, l'écriture, et le travail intellectuel en général, ainsi que des idées sur la relation au langage.

    Lien : http://sebastienfritsch.canalblog.com/archives/2008/01/12/7476373.html
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