AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizForum
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 229033622X
Éditeur : J'ai Lu (2003)

Note moyenne : 3.43/5 (sur 1127 notes)
Résumé :
"Manon était une créature d'un caractère extraordinaire. Jamais fille eut moins d'attachement qu'elle pour l'argent, mais elle ne pouvait être tranquille un moment avec la crainte d'en manquer. C'était du plaisir et des passe-temps qu'il lui fallait. Elle n'eût jamais voulu toucher un sou, si l'on pouvait se divertir sans qu'il en coûte."
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.fr
Critiques, Analyses & Avis (68) Voir plus Ajouter une critique
Nastasia-B
Nastasia-B04 mai 2013
  • Livres 3.00/5
Quel étrange paradoxe. La tradition a retenu pour titre Manon Lescaut alors que l'auteur l'avait intitulé, certes un peu longuement, Histoire du Chevalier Des Grieux Et de Manon Lescaut.
Paradoxe en ce sens que l'auteur place en premier le chevalier et que c'est effectivement lui le personnage principal, et que la belle Manon, personnage clé, il est vrai, n'est que le personnage secondaire. On a bien retenu Tristan ET Iseult, pourquoi pas des Grieux ET Manon Lescaut ?
Bref, vous aurez compris qu'il s'agit d'une histoire d'amour, que le mot du titre " histoire de " suggère un récit romanesque, celui-là même est à la première personne.
Pour ce qui est du contenu, l'abbé Prévost décrit " les infortunes de la vertu ", où notre chevalier est un preux chevalier, par contre, sa dulcinée, sans être une nymphomane, aime un peu trop le confort et le luxe pour accepter stoïquement son sort lorsque sa bourse est vide.
N'ignorant pas ses atours, la belle Manon, n'hésite jamais à faire crépiter le coeur d'un riche mécène quitte à faire rugir de jalousie le brave des Grieux.
Celui-ci emploie donc toute sa chevalerie pour faire échec aux amants et récupérer sa frivole amante. Les riches souteneurs bernés ont souvent le bras assez long pour créer des embarras au malheureux couple, lesquels embarras se traduisent souvent par des séjours en prison, lesquels séjours appellent à leur tour des évasions rocambolesques.
Notre pauvre chevalier, tiraillé entre un amour immodéré et les appels du pied de la morale ne sait trop quelle conduite tenir et récolte moult mésaventures à vouloir s'accrocher à la venimeuse Manon.
Le tour de force de l'auteur réside dans le fait qu'il parvient à nous la rendre tout de même attachante, car, bien que notoirement infidèle, elle n'en est pas moins amoureuse de son chevalier et présente par moments une noblesse de caractère indéniable.
D'un point de vue de l'histoire de la littérature, cette oeuvre marque indéniablement quelque tournant car on nous maltraite le sens moral avec ces deux amants, mais d'un point de vue purement contemporain, je ne sais pas si l'on peut encore l'élever au rang de chef-d'oeuvre absolu.
Le chevalier, amoureux éperdu et naïf à souhait, annonce le romantisme, mais reste quand même un brin cul-cul la praloche.
La fin étrange de Manon demeure un expédient facile de la littérature et l'on ne se satisferait peut-être plus d'une telle pirouette à l'heure actuelle. Un peu comme en biologie, il convient probablement de la lire dans un processus ontologique, c'est-à-dire assez jeune, comme une forme immature d'un style et d'un genre appelé à s'épanouir par la suite dans l'histoire littéraire par d'autre oeuvres plus marquantes encore, mais tout ceci, bien sûr, n'est que mon avis, c'est-à-dire, pas grand-chose.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          664
JacobBenayoune
JacobBenayoune28 juin 2014
  • Livres 5.00/5
Ce livre fait partie de ces grands romans du XVIIIème siècle français à l’instar des Liaisons dangereuses, de Paul et Virginie, de Jacques le Fataliste ou La nouvelle Héloïse. Par ailleurs, l’histoire du Chevalier des Grieux et de Manon Lescaut est devenue la légende d’un couple comme pour Roméo et Juliette (moins popularisée néanmoins). Son auteur a connu la notoriété et l’immortalité grâce à cet ouvrage même s’il était un écrivain prolifique. Je crois que cela revient au fait que cette œuvre est inclassable et a pu rester moderne par son sujet.
D’abord, elle est classique par son style sobre et dépouillé de toute recherche du pittoresque. Mais elle est aussi préromantique par sa description de la passion fatale qui mène à un état presque maladive (comme dans René de Chateaubriand).
Antoine-François Prévost a mis beaucoup de lui-même et de son expérience personnelle dans ce roman. Ce dernier nous présente le témoignage intime du chevalier des Grieux, un garçon qui avait un avenir prometteur, un père des plus obligeants et prévenants et un ami des plus vertueux et compréhensifs. Celui-ci a choisi de poursuivre sa passion sulfureuse pour une fille nymphomane et vénale.
L’amour inextinguible de des Grieux nous offre un miroir de l’âme humaine qui aime avec tous les transports. Ce jeune homme désire la fidélité de sa maîtresse, il suit malencontreusement le désarroi de son cœur, et ce n’est pas assez de repousser tout conseil et sermon de son ami Tiberge ; il absout toutes les inconstances et les récidives de sa chère Manon. Il s’agit de l’image du premier amour, sincère, fatal et infernal qui est voué au désespoir, à la calamité et au désenchantement.
Ce roman de libertinage accumule les mésaventures de Des Grieux : jeu de cartes, affaires d’escroquerie, assassinat, proxénétisme, voyage en Amérique, duel…
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          290
tiptop92
tiptop9202 novembre 2015
  • Livres 4.00/5
Ce livre a beau s’appeler Manon Lescaut, ce n’est pas son histoire qui est relatée ici... elle n’est qu’un personnage secondaire, le personnage principal est le Chevalier de Grieux, un jeune aristocrate écervelé, geignard et irresponsable. A notre époque moderne, on évoque souvent la légèreté de la jeunesse qui succombe à l’argent facile plutôt que de travailler. Mais alors que dire de celle du 18eme siècle ? A longueur de romans, chez les rejetons de la noblesse ou de la bourgeoise, ce n’est que paresse, suffisance et combine pour soutirer de l’argent à leurs parents...la plupart ont fait des études coûteuses, mais pas un ne songe à travailler, même quand les rentes familiales se tarissent. C’est le cas de notre jeune désœuvré qui mange ses économies dans une vie de plaisir, puis quand il n’en a plus profite de celles que Manon soutire à ses vieux amants fortunés, pour ensuite lui reprocher son infidélité et son opportunisme. C’est lui qui l’a sauvé du couvent ou on voulait l’enfermer à 16 ans, sa famille la trouvant déjà de mœurs trop libres. Attaché irrémédiablement à elle, il va tout trahir : famille, amis, connaissance pour la suivre jusqu’aux colonies ou déportée comme prostituée elle mourra misérablement. Mais le chevalier de Grieux n’est pas Roméo, il ne suivra pas sa Juliette dans l’au-delà et même si ce n’est pas dit on l’imagine aisément rentrer en France et reprendre son rang dans la bonne société considérant plus tard cet épisode de sa vie comme une passade de jeune homme… c’est un classique agréable à lire qui plaira à tout amateur de bonne littérature française.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          290
melusine1701
melusine170110 juillet 2013
  • Livres 3.00/5
Le chevalier des Grieux vient juste d'être nommé membre du prestigieux ordre de Malte. A dix-sept ans, l'avenir semble lui sourire. Mais dans une auberge, il fait la rencontre d'une jeune fille si belle qu'il en est bouleversé. Elle s'appelle Manon, elle a seize ans, et ses parents l'envoient au couvent pour mater un caractère un peu trop prompt au plaisir. Mortifié de voir que celle dont il vient de tomber éperdument amoureux est déjà sur le point de lui échapper, il prend la décision de s'enfuir avec elle. Malgré les mises en gardes avisées de son ami Tiberge, les deux jeunes gens se réfugient dans un appartement parisien. Mais en dépit des bonnes intentions du Chevalier, très vite, ils oublient toutes les recommandations de la morale et se livrent à tous les plaisirs que l'amour débordant du Chevalier et la sensualité déjà bien exercée de Manon peuvent leur inspirer. Mais l'on ne vit pas d'amour et d'eau fraiche, et la vie de plaisir que Manon chérit coûte cher. Alors que le Chevalier envisage de renouer avec sa famille pour obtenir de l'aider, Manon l'en dissuade et prétend trouver de l'argent par ses propres moyens, quitte à se rapprocher un peu trop d'un vieux voisin un peu trop lubrique.
Cette nouvelle collection des éditions La Musardine propose de revisiter le texte de l'abbé Prévost en y ajoutant explicitement ce qui avait été soigneusement sous-entendu au XVIIIème siècle et qui avait tant fait scandale à l'époque. Il faut dire que l'intrigue de ce roman s'y prête plutôt bien. Manon Lescaut est une fille qui affiche son goût pour le plaisir et les divertissements. C'est une maîtresse qui coûte cher, et qui n'hésite pas à vendre ses charmes, y compris en prétendant faire profiter son amoureux des largesses obtenues par son joli minois. C'est la deuxième fois que je lis ce roman et encore une fois, je n'arrive pas à lui trouver d'excuse, tant j'ai l'impression qu'elle empoisonne tout ce qu'elle touche et qu'elle n'a pour excuse que de pleurer ensuite pour se faire pardonner, ce à quoi elle parvient. J'ai en revanche beaucoup plus de sympathie pour le Chevalier, complètement envoûté, prêt à sacrifier sa foi et sa famille pour les jolis yeux de Manon, et qui s'aigrit au fil du roman, puisqu'il est prêt à voler, tuer et qu'il est parfaitement conscient que sans argent, Manon le quittera. C'est un personnage admirable, qui l'aime malgré la conscience aigue qu'il a de ses défauts.
Pour autant, il bascule sans trop de problèmes dans le libertinage auquel Manon l'invite et le maintient, elle qui refuse de se marier. Et c'est pourquoi l'idée d'une expérience sexuelle intense et débridée était plutôt bonne, car elle va parfaitement dans le sens d'une addiction du Chevalier aux charmes et aux délices que Manon propose. Les “scènes érotiques” annoncées sur la couverture sont d'ailleurs suffisamment judicieusement placées (une seule mise à part) pour ne pas trop dénaturer le sens du roman. Ce qui allait moins bien en revanche, c'est la rupture de style, parfois très artificielle, introduites par le bien pratique “à un moment…”. le plus décevant a été la grande vulgarité dans laquelle le texte a pu tomber, qui détruisent le charme désuet que peut avoir la langue classique, sans parler des termes carrément risibles comme “se manualiser” ou encore le “blanc d'oeuf” dont je vous laisser chercher ce qu'il servait à désigner.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          110
Woland
Woland29 février 2008
  • Livres 4.00/5
Bien que l'intrigue soit assez dense, le texte est du genre bref - même pas 200 pages. A l'origine, il devait être inclus dans les "Mémoires et Aventures d'un Homme de Qualité ..." dont nous parlions plus haut. C'est en effet le héros de ces "Mémoires ..." qui, intrigué par ce cortège de captives surveillées par les archers du Roi et auprès desquelles chevauche un jeune homme accablé mais de mine aristocratique, profite de la halte de tout cet équipage dans la cour de l'auberge où lui-même se trouve de passage pour s'enquérir des raisons qui poussent le jeune cavalier à suivre les charrettes des déportées.
Deux ans plus tard, l'homme de Qualité retrouve le jeune homme et celui-ci lui raconte cette fois toute son histoire.
Tombé amoureux d'une jeune fille que sa famille voulait enfermer au couvent parce qu'elle manifestait trop de goût pour "le plaisir", Des Grieux l'enlève et, pendant quelques temps - celui de dépenser tout l'argent dont ils disposent - ils mènent joyeuse vie à Paris. Lorsque l'argent commence à se faire rare, Des Grieux se propose d'écrire à son père et de lui demander de l'aide. Mais sa compagne, Manon, accueille assez froidement cette idée et l'assure de la laisser faire. Résultat : peu de temps après, alors que Manon se met en ménage avec M. de B*, un riche fermier général, Des Grieux est enlevé et ramené par son frère aîné chez leur père.
Dégoûté - du moins le croit-il - Des Grieux se consacre à la soutenance de sa thèse en théologie. Hélas ! Manon, superbement parée puisque B* l'entretient sur un grand pied, assiste à cette soutenance et se fait reconnaître. Voilà Des Grieux aux pieds de sa maîtresse. Et, une fois de plus, tous deux décident de s'enfuir.
Avec les 60 000 francs que Manon avait réussi à mettre de côté sur la pension servie par B*, ils s'achètent une maison à Chaillot où ils vivent tout d'abord paisiblement. Mais Manon s'ennuie et ils prennent un pied-à-terre sur Paris, dans le quartier même où vit le frère de Manon, un aventurier sans scrupules qui s'incruste chez eux. La maison de Chaillot ayant brûlé et les pillards étant passés par là, Des Grieux se confie cependant à Lescaut pour trouver un moyen de regagner de l'argent. Il sait bien que, sans cela, il perdra à nouveau Manon. C'est ainsi qu'il se fait "chevalier d'industrie" - en d'autres termes, tricheur professionnel.
L'argent rentre mais fait bien des envieux et les domestiques du jeune couple s'enfuient avec leur linge et leur fortune. Tandis que Des Grieux ne sait plus à quel saint se vouer, Lescaut conseille à sa soeur de faire les yeux doux à un vieux viveur, M. de G ... M... Puis, de conseil en conseil, il convainc Des Grieux d'entrer dans le stratagème et de se faire passer pour leur frère, à lui et à Manon.
Et tout tourne mal. A vrai dire, Manon et Des Grieux ne cessent de tomber de Charybde en Sylla mais le lecteur impartial ne peut manquer de se dire bien souvent qu'ils y mettent beaucoup du leur par leur légèreté et leur égocentrisme.
Ce roman est étrange parce que, sous couvert de critique sociale (contre les moeurs de la noblesse et aussi de la bourgeoisie et, bien sûr, de manière plus voilée, contre le pouvoir en place) et en dépit de sa fin convenue (Manon meurt aux colonies et Des Grieux s'en sort puisqu'il est fils de bonne famille), il fait l'apologie du cynisme et, ce qui est pire, de la déresponsabilisation absolue. Des Grieux rejette toujours la responsabilité de telle ou telle faute pourtant grave (comme l'assassinat de l'un des guichetiers de Saint-Lazare) sur un tiers. C'est extrêmement désagréable et c'est sans doute ce qui me l'a rendu si antiphathique.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          90
Citations & extraits (58) Voir plus Ajouter une citation
sld09sld0919 août 2016
On ne ferait pas souvent une divinité de l'Amour s'il n'opérait des miracles.
Commenter  J’apprécie          60
aouatef79aouatef7911 août 2016
Mademoiselle, mademoiselle, lui dit-il avec un sourire forcé,
j' ouvre en effet les yeux, et je vous trouve bien moins
novice que je ne me l' étais figuré. Il se retira aussitôt, sans
jeter les yeux sur elle, en ajoutant, d' une voix plus basse,
que les femmes de France ne valaient pas mieux que celles
d' Italie. Rien ne m' invitait, dans cette occasion, à lui faire
prendre une meilleure idée du beau sexe .
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50
aouatef79aouatef7911 août 2016
Il me paraissait si impossible que Manon m' eût trahi, que je craignais de lui
faire injure en la soupçonnant.
Commenter  J’apprécie          30
aouatef79aouatef7911 août 2016
Je l' adorais, cela était sûr ; je ne lui avais pas donné plus de preuves d' amour que je n' avais reçu d' elle . pourquoi
l' aurais-je accusée d' être moins sincère et moins constante
que moi ? Quelle raison aurait-elle eue de me tromper ?
Commenter  J’apprécie          00
aouatef79aouatef7911 août 2016
Non, non, repris-je, il n' est pas possible que Manon me trahisse .Elle n' igno-
-re pas que je ne vis que pour elle . Elle sait trop bien que je l' adore. Ce n' est
pas là un sujet de me hair .
Commenter  J’apprécie          00
Video de Abbé Prévost (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Abbé Prévost
MANON LESCAUT
autres livres classés : 18ème siecleVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.fr





Quiz Voir plus

Les Chefs-d'oeuvre de la littérature

Quel écrivain est l'auteur de Madame Bovary ?

Honoré de Balzac
Stendhal
Gustave Flaubert
Guy de Maupassant

8 questions
5676 lecteurs ont répondu
Thèmes : chef d'oeuvre intemporels , classiqueCréer un quiz sur ce livre
. .