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ISBN : 229033622X
Éditeur : J'ai Lu (2003)


Note moyenne : 3.42/5 (sur 300 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
"Manon était une créature d'un caractère extraordinaire. Jamais fille eut moins d'attachement qu'elle pour l'argent, mais elle ne pouvait être tranquille un moment avec la crainte d'en manquer. C'était du plaisir et des passe-temps qu'il lui fallait. Elle n'eût jamais v... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par NastasiaBuergo, le 02 août 2012

    NastasiaBuergo
    Quel étrange paradoxe. La tradition a retenu pour titre "Manon Lescaut" alors que l'auteur l'avait intitulé, certes un peu longuement, "Histoire du chevalier des Grieux et de Manon Lescaut". Paradoxe en ce sens que l'auteur place en premier le chevalier et que c'est effectivement lui le personnage principal, et que la belle Manon, personnage clé, il est vrai, n'est que le personnage secondaire. On a bien retenu Tristan ET Iseult, pourquoi pas des Grieux ET Manon Lescaut?
    Bref, vous aurez compris qu'il s'agit d'une histoire d'amour, que le mot du titre "histoire de" suggère un récit romanesque, celui-là même est à la première personne. Pour ce qui est du contenu, l'abbé Prévost écrit avant l'heure une manière de "les infortunes de la vertu", où notre chevalier est un preux chevalier, par contre, sa dulcinée, sans être une nymphomane, aime un peu trop le confort et le luxe pour accepter stoïquement son sort lorsque sa bourse est vide. N'ignorant pas ses atours, la belle Manon, n'hésite jamais à faire crépiter le cœur d'un riche mécène quitte à faire rugir de jalousie le brave des Grieux. Celui-ci emploie donc toute sa chevalerie pour faire échec aux amants et récupérer sa frivole amante. Les riches souteneurs bernés ont souvent le bras assez long pour créer des embarras au malheureux couple, lesquels embarras se traduisent souvent par des séjours en prison, lesquels séjours appellent à leur tour des évasions rocambolesques. Notre pauvre chevalier, tiraillé entre un amour immodéré et les appels du pied de la morale ne sait trop quelle conduite tenir et récolte moult mésaventures à vouloir s'accrocher à la venimeuse Manon.
    Le tour de force de l'auteur réside dans le fait qu'il parvient à nous la rendre tout de même attachante, car, bien que notoirement infidèle, elle n'en est pas moins amoureuse de son chevalier et présente par moments une noblesse de caractère indéniable.
    D'un point de vue de l'histoire de la littérature, cette œuvre marque indéniablement quelque tournant car on nous maltraite le sens moral avec ces deux amants, mais d'un point de vue purement contemporain, je ne sais pas si l'on peut encore l'élever au rang de chef-d'œuvre absolu, le chevalier, amoureux éperdu et naïf à souhait, annonce le romantisme, mais reste quand même un brin cul-cul la praloche. La fin étrange de Manon demeure un expédient facile de la littérature et l'on ne se satisferait peut-être plus d'une telle pirouette à l'heure actuelle.
    Un peu comme en biologie, il convient probablement de la lire dans un processus ontologique, c'est-à-dire assez jeune, comme une forme immature d'un style et d'un genre appelé à s'épanouir par la suite dans l'histoire littéraire par d'autre œuvres plus marquantes encore, mais tout ceci, bien sûr, n'est que mon avis, c'est-à-dire, pas grand chose.
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    • Livres 5.00/5
    Par Audreyy, le 13 novembre 2011

    Audreyy
    Une histoire qui raconte l'histoire d'amour entre le chevalier de Grieux et Manon.
    De Grieux aime de tout son coeur et toute son âme, il n'y a aucun doute à avoir là dessus. En ce qui concerne Manon, c'est un peu plus difficile à savoir car même à la fin du roman, ça reste un peu un mystère. Elle l'aime sans doute oui, mais à sa façon.
    De Grieux est pauvre et délaissera ses études et sa vie pour Manon. Alors qu'elle aime l'argent et la richesse. de ce fait, elle ne cessera de le tromper avec des vieux amants riches pour leur prendre leur argent. de Grieux ne cessera de la pardonner. Il est prêt à tout pour elle même à finir en prison, dans tous les sens du terme.
    De Grieux c'est donc le gentil, un peu "naïf" , aveuglé par l'amour alors que Manon reste dans son monde et peut apparaître comme exaspérante. C'est dans sa nature d'attirer la convoitise chez les hommes.
    C'est d'ailleurs au lecteur de savoir s'il souhaite la pardonner à la fin du roman au vue de son sort.
    Donc oui, la trame de fond c'est l'amour avec pas mal de péripéties qui entrent en jeu. Je reconnais que ça peut être répétitif sur les bords mais ça reste fort agréable à lire et prenant à suivre.
    Je trouve que c'est un roman sublime qui met en scène "L'amour plus fort que la raison".
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    • Livres 4.00/5
    Par Metaphore, le 01 octobre 2011

    Metaphore
    J'étais persuadée d'avoir lu ce livre il y a fort longtemps, j'en avais gardé un doux souvenir. Je me revois dans les couloirs du collège menant à la bibliothèque d'Hesdin (lieu de naissance de L'abbé Prévost, je viens de le découvrir). Ai-je inventé ce souvenir ? J'ai bien eu à lire ce livre à l'époque, c'est indéniable, pourtant mis à part ce souvenir d'une lecture agréable, je n'avais plus notion des détails de l'histoire. Ai je lu ce livre jusqu'au bout? Je doute!
    J'ai donc redécouvert au sens littéral du terme cet ouvrage. J'ai pris beaucoup de plaisir à suivre le récit du chevalier Des Grieux. Il nous raconte sa rencontre avec Manon Lescaut alors qu'il sort de l'enfance. Cet événement va le conduire lentement à sa perte. Sa vie sera une longue répétition d'abandons de la part de Manon qui aimant d'avantage les plaisirs et le luxe, le trompe pour plus riche que lui.
    L'amour entre eux, aussi pur soit-il ne lui suffit pas, elle veut jouir de la vie, quel que soit le moyen. Cette vie dissolue aura raison d'eux, Des Grieux sera attiré par le jeu pour trouver des ressources au maintient du niveau de vie de Manon. de son coté, délaissant son amoureux, elle se dirigera vers des proies fortunées allant jusqu'à la prostitution. Ils seront arrêtés et incarcérés. Des Grieux que l'amour infini pour Manon rend aveugle et sot, ira jusqu'à la suivre en déportation en Amérique d'où il reviendra pour nous conter cette histoire.
    Ce genre de récit me plait beaucoup, la manière d'écrire, les mœurs de l'époque, les valeurs… Même si bien des fois j'ai manifesté mon mécontentement envers ce chevalier devenu bien stupide dans cet amour inconditionnel envers cette fille aux vertus douteuses. Pourtant, j'ai continué cette lecture avec plaisir, je savais qu'il ne pouvait en être autrement. La raison n'a pas de place dans un tel amour.
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    • Livres 3.00/5
    Par vincentf, le 03 juillet 2010

    vincentf
    étrangers. Qu'est-ce que c'est que ce monde où l'on tombe amoureux éternellement en un regard et où un homme qui n'a plus d'argent ne pense pas même une seconde à en gagner en travaillant? C'est notre passé. Il est cependant difficile d'entrer dans ces aventures exagérées, dans ce romanesque téléphoné, dans cette société dont les codes nous échappent. Bref, lire Manon Lescaut, c'est exotique. Bien sûr, on peut se poser des questions qui font écho : jusqu'où un homme est-il capable d'aller par folie amoureuse? doit-on faire confiance à une femme qui nous a trompé? l'argent fait-il le bonheur? Exotisme et universel, peut-être est-ce ceci la formule des "classiques". Je suis des Grieux parce, comme lui, j'ai pu entrevoir ce qu'est la passion amoureuse, et je ne suis pas des Grieux, parce qu'aucune des aventures qu'il a vécues n'aurait pu m'arriver. D'où sans doute cette légère déception...
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    • Livres 2.00/5
    Par chalouette, le 30 décembre 2012

    chalouette
    Je n'ai pas apprécié cette lecture. Ce qui me reste de ce roman est l'apitoiement constant que Des Grieux porte sur son sort et son destin, certes tragiques. Il recherche tout au long de la narration de son histoire la pitié du premier narrateur Renoncourt. Ainsi même si Manon Lescaut traite des conséquences désastreuses d'un amour fort et partagé, le caractère des personnages et le pathétique omniprésent ont fait que je suis restée insensible à leur histoire et à leur malheur.
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Citations et extraits

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  • Par Guilherme, le 09 mai 2013

    Qu'il vous ai aisé de vaincre, lorsqu'on n'oppose rien à vos armes

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  • Par LydiaB, le 04 décembre 2010

    Elle me dit, d'un ton timide, qu'elle confessait que son infidélité méritait ma haine ; mais que, s'il était vrai que j'eusse jamais eu quelque tendresse pour elle, il y avait eu, aussi, bien de la dureté à laisser passer deux ans sans prendre soin de m'informer de son sort et qu'il y en avait beaucoup encore à la voir dans l'état où elle était en ma présence, sans lui dire une parole. Le désordre de mon âme, en l'écoutant, ne saurait être exprimé.

    Elle s'assit. Je demeurai debout, le corps à demi tourné, n'osant l'envisager directement. Je commençai plusieurs fois une réponse, que je n'eus pas la force d'achever. Enfin, je fis un effort pour m'écrier douloureusement :

    - Perfide Manon ! Ah ! perfide ! perfide !
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  • Par Cielvariable, le 30 mars 2013

    Je demeurai plus de vingt-quatre heures la bouche attachée sur le visage et sur les mains de ma chère Manon. Mon dessein était d'y mourir; mais je fis réflexion, au commencement du second jour, que son corps serait exposé, après mon trépas, à devenir la pâture des bêtes sauvages. Je formai la résolution de l'enterrer et d'attendre la mort sur sa fosse. J'étais déjà si proche de ma fin, par l'affaiblissement que le jeûne et la douleur m'avaient causé, que j'eus besoin de quantité d'efforts pour me tenir debout. Je fus obligé de recourir aux liqueurs que j'avais apportées. Elles me rendirent autant de force qu'il en fallait pour le triste office que j'allais exécuter. Il ne m'était pas difficile d'ouvrir la terre, dans le lieu où je me trouvais. C'était une campagne couverte de sable. Je rompis mon épée, pour m'en servir à creuser, mais j'en tirai moins de secours que de mes mains. J'ouvris une large fosse. J'y plaçai l'idole de mon cœur après avoir pris soin de l'envelopper de tous mes habits, pour empêcher le sable de la toucher. Je ne la mis dans cet état qu'après l'avoir embrassée mille fois, avec toute l'ardeur du plus parfait amour. Je m'assis encore près d'elle. Je la considérai longtemps. Je ne pouvais me résoudre à fermer la fosse. Enfin, mes forces recommençant à s'affaiblir et craignant d'en manquer tout à fait avant la fin de mon entreprise, j'ensevelis pour toujours dans le sein de la terre ce qu'elle avait porté de plus parfait et de plus aimable. Je me couchai ensuite sur la fosse, le visage tourné vers le sable, et fermant les yeux avec le dessein de ne les ouvrir jamais, j'invoquai le secours du Ciel et j'attendis la mort avec impatience. Ce qui vous paraîtra difficile à croire, c'est que, pendant tout l'exercice de ce lugubre ministère, il ne sortit point une larme de mes yeux ni un soupir de ma bouche. La consternation profonde où j'étais et le dessein déterminé de mourir avaient coupé le cours à toutes les expressions du désespoir et de la douleur Aussi, ne demeurai-je pas longtemps dans la posture où j'étais sur la fosse, sans perdre le peu de connaissance et de sentiment qui me restait.
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  • Par LydiaB, le 04 décembre 2010

    Il était six heures du soir. On vint m'avertir, un moment après mon retour, qu'une dame demandait à me voir. J'allai au parloir sur-le-champ. Dieux ! quelle apparition surprenante ! j'y trouvai Manon. C'était elle, mais plus aimable et plus brillante que je ne l'avais jamais vue. Elle était dans sa dix-huitième année. Ses charmes surpassaient tout ce qu'on peut décrire. C'était un air si fin, si doux, si engageant ! l'air de l'Amour même. Toute sa figure me parut un enchantement.
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  • Par Tallula, le 14 octobre 2012

    J'ouvris une large fosse. J'y plaçai l'idole de mon cœur, après avoir pris soin de l'envelopper de tous mes habits, pour empêcher le sable de la toucher. Je ne la mis dans cet état qu'après l'avoir embrassée mille fois, avec toute l'ardeur du plus parfait amour. Je m'assis encore près d'elle. Je la considérai longtemps. Je ne pouvais me résoudre à fermer la fosse. Enfin, mes forces recommençant à s'affaiblir, et craignant d'en manquer tout à fait avant la fin de mon entreprise, j'ensevelis pour toujours dans le sein de la terre ce qu'elle avait porté de plus parfait et de plus aimable. Je me couchai ensuite sur la fosse, le visage tourné vers le sable, et fermant les yeux avec le dessein de ne les ouvrir jamais, j'invoquai le secours du Ciel et j'attendis la mort avec impatience.
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