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ISBN : 208128586X
Éditeur : Flammarion (2014)


Note moyenne : 3.43/5 (sur 737 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
"Manon était une créature d'un caractère extraordinaire. Jamais fille eut moins d'attachement qu'elle pour l'argent, mais elle ne pouvait être tranquille un moment avec la crainte d'en manquer. C'était du plaisir et des passe-temps qu'il lui fallait. Elle n'eût jamais v... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par Nastasia-B, le 04 mai 2013

    Nastasia-B
    Quel étrange paradoxe. La tradition a retenu pour titre Manon Lescaut alors que l'auteur l'avait intitulé, certes un peu longuement, Histoire du chevalier Des Grieux et de Manon Lescaut.
    Paradoxe en ce sens que l'auteur place en premier le chevalier et que c'est effectivement lui le personnage principal, et que la belle Manon, personnage clé, il est vrai, n'est que le personnage secondaire. On a bien retenu Tristan ET Iseult, pourquoi pas des Grieux ET Manon Lescaut ?
    Bref, vous aurez compris qu'il s'agit d'une histoire d'amour, que le mot du titre " histoire de " suggère un récit romanesque, celui-là même est à la première personne.
    Pour ce qui est du contenu, l'abbé Prévost décrit " les infortunes de la vertu ", où notre chevalier est un preux chevalier, par contre, sa dulcinée, sans être une nymphomane, aime un peu trop le confort et le luxe pour accepter stoïquement son sort lorsque sa bourse est vide.
    N'ignorant pas ses atours, la belle Manon, n'hésite jamais à faire crépiter le cœur d'un riche mécène quitte à faire rugir de jalousie le brave des Grieux.
    Celui-ci emploie donc toute sa chevalerie pour faire échec aux amants et récupérer sa frivole amante. Les riches souteneurs bernés ont souvent le bras assez long pour créer des embarras au malheureux couple, lesquels embarras se traduisent souvent par des séjours en prison, lesquels séjours appellent à leur tour des évasions rocambolesques.
    Notre pauvre chevalier, tiraillé entre un amour immodéré et les appels du pied de la morale ne sait trop quelle conduite tenir et récolte moult mésaventures à vouloir s'accrocher à la venimeuse Manon.
    Le tour de force de l'auteur réside dans le fait qu'il parvient à nous la rendre tout de même attachante, car, bien que notoirement infidèle, elle n'en est pas moins amoureuse de son chevalier et présente par moments une noblesse de caractère indéniable.
    D'un point de vue de l'histoire de la littérature, cette œuvre marque indéniablement quelque tournant car on nous maltraite le sens moral avec ces deux amants, mais d'un point de vue purement contemporain, je ne sais pas si l'on peut encore l'élever au rang de chef-d'œuvre absolu.
    Le chevalier, amoureux éperdu et naïf à souhait, annonce le romantisme, mais reste quand même un brin cul-cul la praloche.
    La fin étrange de Manon demeure un expédient facile de la littérature et l'on ne se satisferait peut-être plus d'une telle pirouette à l'heure actuelle. Un peu comme en biologie, il convient probablement de la lire dans un processus ontologique, c'est-à-dire assez jeune, comme une forme immature d'un style et d'un genre appelé à s'épanouir par la suite dans l'histoire littéraire par d'autre œuvres plus marquantes encore, mais tout ceci, bien sûr, n'est que mon avis, c'est-à-dire, pas grand-chose.
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    • Livres 3.00/5
    Par Nastasia-B, le 02 août 2012

    Nastasia-B
    Quel étrange paradoxe. La tradition a retenu pour titre "Manon Lescaut" alors que l'auteur l'avait intitulé, certes un peu longuement, "Histoire du chevalier des Grieux et de Manon Lescaut". Paradoxe en ce sens que l'auteur place en premier le chevalier et que c'est effectivement lui le personnage principal, et que la belle Manon, personnage clé, il est vrai, n'est que le personnage secondaire. On a bien retenu Tristan ET Iseult, pourquoi pas des Grieux ET Manon Lescaut?
    Bref, vous aurez compris qu'il s'agit d'une histoire d'amour, que le mot du titre "histoire de" suggère un récit romanesque, celui-là même est à la première personne. Pour ce qui est du contenu, l'abbé Prévost écrit avant l'heure une manière de "les infortunes de la vertu", où notre chevalier est un preux chevalier, par contre, sa dulcinée, sans être une nymphomane, aime un peu trop le confort et le luxe pour accepter stoïquement son sort lorsque sa bourse est vide. N'ignorant pas ses atours, la belle Manon, n'hésite jamais à faire crépiter le cœur d'un riche mécène quitte à faire rugir de jalousie le brave des Grieux. Celui-ci emploie donc toute sa chevalerie pour faire échec aux amants et récupérer sa frivole amante. Les riches souteneurs bernés ont souvent le bras assez long pour créer des embarras au malheureux couple, lesquels embarras se traduisent souvent par des séjours en prison, lesquels séjours appellent à leur tour des évasions rocambolesques. Notre pauvre chevalier, tiraillé entre un amour immodéré et les appels du pied de la morale ne sait trop quelle conduite tenir et récolte moult mésaventures à vouloir s'accrocher à la venimeuse Manon.
    Le tour de force de l'auteur réside dans le fait qu'il parvient à nous la rendre tout de même attachante, car, bien que notoirement infidèle, elle n'en est pas moins amoureuse de son chevalier et présente par moments une noblesse de caractère indéniable.
    D'un point de vue de l'histoire de la littérature, cette œuvre marque indéniablement quelque tournant car on nous maltraite le sens moral avec ces deux amants, mais d'un point de vue purement contemporain, je ne sais pas si l'on peut encore l'élever au rang de chef-d'œuvre absolu, le chevalier, amoureux éperdu et naïf à souhait, annonce le romantisme, mais reste quand même un brin cul-cul la praloche. La fin étrange de Manon demeure un expédient facile de la littérature et l'on ne se satisferait peut-être plus d'une telle pirouette à l'heure actuelle.
    Un peu comme en biologie, il convient probablement de la lire dans un processus ontologique, c'est-à-dire assez jeune, comme une forme immature d'un style et d'un genre appelé à s'épanouir par la suite dans l'histoire littéraire par d'autre œuvres plus marquantes encore, mais tout ceci, bien sûr, n'est que mon avis, c'est-à-dire, pas grand chose.
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    • Livres 5.00/5
    Par JacobBenayoune, le 28 juin 2014

    JacobBenayoune
    Ce livre fait partie de ces grands romans du XVIIIème siècle français à l'instar des Liaisons dangereuses, de Paul et Virginie, de Jacques le Fataliste ou La nouvelle Héloïse. Par ailleurs, l'Histoire du chevalier des Grieux et de Manon Lescaut est devenue la légende d'un couple comme pour Roméo et Juliette (moins popularisée néanmoins).
    Son auteur a connu la notoriété et l'immortalité grâce à cet ouvrage même s'il était un écrivain prolifique. Je crois que cela revient au fait que cette œuvre est inclassable et a pu rester moderne par son sujet.
    D'abord, elle est classique par son style sobre et dépouillé de toute recherche du pittoresque. Mais elle est aussi préromantique par sa description de la passion fatale qui mène à un état presque maladive (comme dans René de Chateaubriand).
    Antoine-François Prévost a mis beaucoup de lui-même et de son expérience personnelle dans ce roman. Ce dernier nous présente le témoignage intime du chevalier des Grieux, un garçon qui avait un avenir prometteur, un père des plus obligeants et prévenants et un ami des plus vertueux et compréhensifs. Celui-ci a choisi de poursuivre sa passion sulfureuse pour une fille nymphomane et vénale.
    L'amour inextinguible de des Grieux nous offre un miroir de l'âme humaine qui aime avec tous les transports. Ce jeune homme désire la fidélité de sa maîtresse, il suit malencontreusement le désarroi de son cœur, et ce n'est pas assez de repousser tout conseil et sermon de son ami Tiberge ; il absout toutes les inconstances et les récidives de sa chère Manon. Il s'agit de l'image du premier amour, sincère, fatal et infernal qui est voué au désespoir, à la calamité et au désenchantement.
    Ce roman de libertinage accumule les mésaventures de Des Grieux : jeu de cartes, affaires d'escroquerie, assassinat, proxénétisme, voyage en Amérique, duel…
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  • Par IsaureMartin98, le 27 septembre 2014

    IsaureMartin98
    L'Histoire du Chevalier des Grieux et de Manon Lescaut , plus connu sous le nom de Manon Lescaut est un roman écrit par l'Abbé Prévost. Ce roman nous raconte une histoire d'amour entre Manon et le chevalier Des Grieux . le chevalier vient d'une famille noble et reçoit une éducation due à son rang. Sa rencontre avec Manon va tout changer pour lui. le roman commence par une rencontre entre le chevalier et le narrateur afin de parler des malheurs arrivés aux chevaliers, notamment la déportation de Manon.
    Le roman est composé de deux partie qui contiennent toutes les deux des analepses entraînant un changement de narrateur. Il est vrai que cela peut perturber quelques fois mais le lecteur devine au bout de quelques pages qui est le narrateur.
    L'histoire d'amour que va mener le chevalier avec Manon, est semée d'embuche et l'entraînera à sa perte. Malgré les mises en garde de sa famille et de son ami il veut continuer avec Manon. Alors que celle-ci lorsque leur affaires financières sont au plus mal n'hésite pas à lui être infidèle et cela provoquera sa perte. La liaison qu'ils entretenait, leur a value plusieurs mésaventures. Par exemple au début du livre le chevalier se fait enfermer dans une tour par sa propre famille, puis à l'hôpital car Manon avait séduit quelqu'un pour avoir de l'argent et ils s'étaient fait passer pour des membres d'une même famille et cette personne à découvert qu'ils étaient en couple. Manon a donc fait un séjour à Saint Lazare et le chevalier à l'hôpital et cela va continuer jusqu'à la déportation de Manon qui va mourir.
    Ce livre nous fait donc réfléchir au fait que la raison doit passer avant les sentiments.
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    • Livres 3.00/5
    Par melusine1701, le 10 juillet 2013

    melusine1701
    Le chevalier des Grieux vient juste d'être nommé membre du prestigieux ordre de Malte. A dix-sept ans, l'avenir semble lui sourire. Mais dans une auberge, il fait la rencontre d'une jeune fille si belle qu'il en est bouleversé. Elle s'appelle Manon, elle a seize ans, et ses parents l'envoient au couvent pour mater un caractère un peu trop prompt au plaisir. Mortifié de voir que celle dont il vient de tomber éperdument amoureux est déjà sur le point de lui échapper, il prend la décision de s'enfuir avec elle. Malgré les mises en gardes avisées de son ami Tiberge, les deux jeunes gens se réfugient dans un appartement parisien. Mais en dépit des bonnes intentions du Chevalier, très vite, ils oublient toutes les recommandations de la morale et se livrent à tous les plaisirs que l'amour débordant du Chevalier et la sensualité déjà bien exercée de Manon peuvent leur inspirer. Mais l'on ne vit pas d'amour et d'eau fraiche, et la vie de plaisir que Manon chérit coûte cher. Alors que le Chevalier envisage de renouer avec sa famille pour obtenir de l'aider, Manon l'en dissuade et prétend trouver de l'argent par ses propres moyens, quitte à se rapprocher un peu trop d'un vieux voisin un peu trop lubrique.
    Cette nouvelle collection des éditions La Musardine propose de revisiter le texte de l'abbé Prévost en y ajoutant explicitement ce qui avait été soigneusement sous-entendu au XVIIIème siècle et qui avait tant fait scandale à l'époque. Il faut dire que l'intrigue de ce roman s'y prête plutôt bien. Manon Lescaut est une fille qui affiche son goût pour le plaisir et les divertissements. C'est une maîtresse qui coûte cher, et qui n'hésite pas à vendre ses charmes, y compris en prétendant faire profiter son amoureux des largesses obtenues par son joli minois. C'est la deuxième fois que je lis ce roman et encore une fois, je n'arrive pas à lui trouver d'excuse, tant j'ai l'impression qu'elle empoisonne tout ce qu'elle touche et qu'elle n'a pour excuse que de pleurer ensuite pour se faire pardonner, ce à quoi elle parvient. J'ai en revanche beaucoup plus de sympathie pour le Chevalier, complètement envoûté, prêt à sacrifier sa foi et sa famille pour les jolis yeux de Manon, et qui s'aigrit au fil du roman, puisqu'il est prêt à voler, tuer et qu'il est parfaitement conscient que sans argent, Manon le quittera. C'est un personnage admirable, qui l'aime malgré la conscience aigue qu'il a de ses défauts.
    Pour autant, il bascule sans trop de problèmes dans le libertinage auquel Manon l'invite et le maintient, elle qui refuse de se marier. Et c'est pourquoi l'idée d'une expérience sexuelle intense et débridée était plutôt bonne, car elle va parfaitement dans le sens d'une addiction du Chevalier aux charmes et aux délices que Manon propose. Les “scènes érotiques” annoncées sur la couverture sont d'ailleurs suffisamment judicieusement placées (une seule mise à part) pour ne pas trop dénaturer le sens du roman. Ce qui allait moins bien en revanche, c'est la rupture de style, parfois très artificielle, introduites par le bien pratique “à un moment…”. le plus décevant a été la grande vulgarité dans laquelle le texte a pu tomber, qui détruisent le charme désuet que peut avoir la langue classique, sans parler des termes carrément risibles comme “se manualiser” ou encore le “blanc d'oeuf” dont je vous laisser chercher ce qu'il servait à désigner.
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Citations et extraits

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  • Par bouquine, le 21 août 2013

    Il ne fallait pas compter sur elle dans la misère. Elle aimait trop l'abondance et les plaisirs pour me les sacrifier. Je la perdrai, m'écriai-je. Malheureux Chevalier ! Tu vas donc perdre encore tout ce que tu aimes ! Cette pensée me jeta dans un trouble si affreux, que je balançai, pendant quelques moments, si je ne ferais pas mieux de finir tous mes maux par la mort. Cependant je conservai assez de présence d'esprit pour vouloir examiner auparavant s'il ne me restait nulle ressource.
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  • Par Cielvariable, le 30 mars 2013

    Je demeurai plus de vingt-quatre heures la bouche attachée sur le visage et sur les mains de ma chère Manon. Mon dessein était d'y mourir; mais je fis réflexion, au commencement du second jour, que son corps serait exposé, après mon trépas, à devenir la pâture des bêtes sauvages. Je formai la résolution de l'enterrer et d'attendre la mort sur sa fosse. J'étais déjà si proche de ma fin, par l'affaiblissement que le jeûne et la douleur m'avaient causé, que j'eus besoin de quantité d'efforts pour me tenir debout. Je fus obligé de recourir aux liqueurs que j'avais apportées. Elles me rendirent autant de force qu'il en fallait pour le triste office que j'allais exécuter. Il ne m'était pas difficile d'ouvrir la terre, dans le lieu où je me trouvais. C'était une campagne couverte de sable. Je rompis mon épée, pour m'en servir à creuser, mais j'en tirai moins de secours que de mes mains. J'ouvris une large fosse. J'y plaçai l'idole de mon cœur après avoir pris soin de l'envelopper de tous mes habits, pour empêcher le sable de la toucher. Je ne la mis dans cet état qu'après l'avoir embrassée mille fois, avec toute l'ardeur du plus parfait amour. Je m'assis encore près d'elle. Je la considérai longtemps. Je ne pouvais me résoudre à fermer la fosse. Enfin, mes forces recommençant à s'affaiblir et craignant d'en manquer tout à fait avant la fin de mon entreprise, j'ensevelis pour toujours dans le sein de la terre ce qu'elle avait porté de plus parfait et de plus aimable. Je me couchai ensuite sur la fosse, le visage tourné vers le sable, et fermant les yeux avec le dessein de ne les ouvrir jamais, j'invoquai le secours du Ciel et j'attendis la mort avec impatience. Ce qui vous paraîtra difficile à croire, c'est que, pendant tout l'exercice de ce lugubre ministère, il ne sortit point une larme de mes yeux ni un soupir de ma bouche. La consternation profonde où j'étais et le dessein déterminé de mourir avaient coupé le cours à toutes les expressions du désespoir et de la douleur Aussi, ne demeurai-je pas longtemps dans la posture où j'étais sur la fosse, sans perdre le peu de connaissance et de sentiment qui me restait.
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  • Par LydiaB, le 26 avril 2010

    Comme il n y avait rien, après tout, dans le gros de ma conduite, qui pût me déshonorer absolument, du moins en la mesurant sur celle des jeunes gens d'un certain monde, et qu'une maîtresse ne passe point pour une infamie dans le siècle où nous sommes, non plus qu'un peu d'adresse à s'attirer la fortune du jeu, je fis sincèrement à mon père le détail de la vie que j'avais menée. A chaque faute dont je lui faisais l'aveu, j'avais soin de joindre des exemples célèbres, pour en diminuer la honte. Je vis avec une maîtresse, lui disais-je, sans être lié par les cérémonies du mariage : M. le duc de... en entretient deux, aux yeux de tout Paris ; M. de... en a une depuis dix ans, qu'il aime avec une fidélité qu'il n'a jamais eue pour sa femme ; les deux tiers des honnêtes gens de France se font honneur d'en avoir. J'ai usé de quelque supercherie au jeu : M. le marquis de... et le comte de... n'ont point d'autres revenus ; M. le prince de... et M. le duc de... sont les chefs d'une bande de chevaliers du même Ordre.
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  • Par bouquine, le 21 août 2013

    La plupart des grands et des riches sont des sots : cela est clair à qui connait un peu le monde. Or il y a là-dedans une justice admirable. S'ils joignaient l'esprit aux richesses, ils seraient trop heureux, et le reste des hommes trop misérable. Les qualités du corps et de l'âme sont accordées à ceux-ci, comme des moyens pour se tirer de la misère et de la pauvreté.

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  • Par Cielvariable, le 30 mars 2013

    L'amour me rendait déjà si éclairé, depuis un moment qu'il était dans mon coeur, que je regardai ce dessein comme un coup mortel pour mes désirs. Je lui parlai d'une manière qui lui fit comprendre mes sentiments, car elle était bien plus expérimentée que moi. C'était malgré elle qu'on l'envoyait au couvent, pour arrêter sans doute son penchant au plaisir, qui s'était déjà déclaré et qui a causé, dans la suite, tous ses malheurs et les miens. Je combattis la cruelle intention de ses parents par toutes les raisons que mon amour naissant et mon éloquence scolastique purent me suggérer. Elle n'affecta ni rigueur ni dédain. Elle me dit, après un moment de silence, qu'elle ne prévoyait que trop qu'elle allait être malheureuse, mais que c'était apparemment la volonté du ciel, puisqu'il ne lui laissait nul moyen de l'éviter. La douceur de ses regards, un air charmant de tristesse en prononçant ces paroles, ou plutôt, l'ascendant de ma destinée qui m'entraînait à ma perte, ne me permirent point de balancer un moment sur ma réponse. Je l'assurai que, si elle voulait faire quelque fond sur mon honneur et sur la tendresse infinie qu'elle m'inspirait déjà, j'emploierais ma vie pour la délivrer de la tyrannie de ses parents et pour la rendre heureuse. Je me suis étonné mille fois, en y réfléchissant, d'où me venait alors tant de hardiesse et de facilité à m'exprimer ; mais on ne ferait pas une divinité de l'amour, s'il n'opérait souvent des prodiges.
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