> Pierre Demarty (Traducteur)

ISBN : 9782246756415
Éditeur : Grasset (2011)


Note moyenne : 3.15/5 (sur 34 notes) Ajouter à mes livres
Onze histoires croisées racontant les mésaventures hilarantes de personnages pathétiques, incompétents et abonnés à l’infortune. Tous gravitent autour d’un journal anonyme et farfelu basé à Rome. Par exemple, Lloyd Burko, vieux correspondant à Paris, est au bout du roul... > voir plus
Ajouter une critique Ajouter une citation

> voir toutes (14)

Critiques et avis

> Ajouter une critique

  • Par Kittiwake, le 02 avril 2012

    Kittiwake
    Ce premier roman retrace l'histoire d'un quotidien international, rédigé en anglais et créé à Rome en 1953, pour les beaux yeux de Betty, l'amour secret du fondateur. L'évolution historique de l'entreprise au cours des cinquante dernières années s'intercale avec le portrait de 11 des acteurs de cette salle de rédaction , de la secrétaire de rédaction parano, d'un candidat pigiste qui se fait tout rafler (poste et matériel) au Caire par un escroc, d'un correspondant bluffeur affublé d'un fils menteur, d'une lectrice compulsive du quotidien (dans l'ordre et exhaustivement, ce qui fait qu'elle a 10 ans de retard), ou d'un correcteur obsessionnel. Ces portraits sont dressés avec une grande virtuosité, les rendant criant de vérité et surtout familiers pour le lecteur qui y reconnaîtra un collègue de bureau, un chef ou un client. Ils sont faits de tout ce qui participe aux particularités d'un individu, dans ses faiblesses, ses craintes ou ses obsessions. L'ironie n'y est jamais blessante, et les failles mises en évidence rendent les personnages plutôt attachants.
    Le talent d'écriture de Tom Rachman est indéniable et procure un grand plaisir de lecture. La construction du roman, avec l'alternance de l'histoire proprement dite du journal et des portraits , où s'entrecroisent des personnages secondaires que l'on peut suivre d'un récit à l'autre, participe a cet intérêt : impossible de s'ennuyer. C'est de plus une analyse intéressante de l'évolution de la presse écrite sur ces cinquante dernières années, pointant l'arrivée des nouvelles technologies avec les actuelles menaces avérées de ce secteur, qui risque à terme de disparaitre.
    On y trouve aussi de nombreuses allusions à la situation d'expatrié qui modifie la perception du monde environnant et et peut donner lieu à des difficultés d'intégration.
    L'auteur sait de quoi il parle puisqu'il a été lui même journaliste et a travaillé dans de nombreux pays
    Ce roman qui est passé assez inaperçu en France lors de sa sortie en janvier 2011, à rencontré un grand succès à l'étranger et en particulier aux Etats-unis, ou les droits cinématographiques ont été acquis par Brad Pitt

    Lien : http://kittylamouette.blogspot.fr/2012/04/les-imperfectionnistes.html
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (16 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par emmyne, le 19 mai 2011

    emmyne
    Double récit sous forme de chroniques, Les imperfectionnistes raconte l'historique d'un journal depuis sa création dans les années 50 à sa disparition au début des années 2000. Un demi siècle qui verra ce journal tenter de suivre l'évolution des techniques et moyens de communication. Cependant, il ne s'agit pas d'un roman sur la presse malgré les descriptions des vicissitudes de succession au sein du puissant groupe financier propriétaire qui s'intéresse peu à cette publication jamais suffisamment rentable. Ce récit s'intercalle chronologiquement aux chroniques. Peu de scènes au sein de la rédaction ou de références à des événements d'actualité, presque des anecdotes, les locaux du journal étant plutôt le lieu qui définit les personnages selon leurs différentes fonctions liées à la presse : l'industriel fondateur, correcteur, rédactrice en chef, directeur de la publication, journaliste responsable de rubrique, pigistes, correspondants, DRH...et une lectrice.
    Chacun des chapitres s'intéresse à l'un de ces électrons libres qui, s'il est présenté par sa profession, est raconté par sa vie privée. Les époques se mêlent, un personnage principal devient personnage secondaire au chapitre suivant. C'est une tragi-comédie humaine dans laquelle se dévoilent les personnalités, l'intimité autant que l'investissement professionnel. Pages après pages, les portraits et le jeu des relations, des interactions entre les sphères, s'affinent.
    Le ton est enlevé, la prose férocement juste et cyniquement drôle, des formules percutantes, des dialogues savoureux, tout un panel de situations comiques et pathétiques, une palette d'émotions, une lecture à la fois amère et réjouissante, la vie quoi. Certaines chroniques, selon expériences et sensibilité personnelles même si l'on ne pratique pas le milieu de la presse, comme de véritables pépites que l'on aurait envie de relire à voix haute à une copine pour partager le sourire complice.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par kedrik, le 07 septembre 2011

    kedrik
    La génération de nos parents a été élevé dans le mythe journalistique incarné par le livre puis le film Les hommes du président. Pensez donc, deux journaleux qui posent des questions, insistent, ne se satisfont pas des mensonges d'état et finissent par révéler au monde le scandale du Watergate. Énorme. Probité. Pugnacité. Indépendance. Tout le monde voulait alors devenir journaliste, c'était devenu les nouveaux super héros, l'incarnation du fameux 4e pouvoir capable de contrebalancer les manigances politicardes.
    Notre génération a eu d'autres modèles, bien évidemment. PPDA et Fidel Castro. Les journalistes agenouillés à l'Élysée au lieu de poser les questions qui fâchent. Les belles présentatrices du 20h qui partent en épousailles avec des ministres bien propres sur eux. Il faut maintenant lire la presse suisse ou belge pour avoir les détails des frasques de Nabulio. Il y a bien le bon vieux Canard enchaîné et Rue89, certes, mais le journalisme a perdu une bonne partie de ses plumes. Qui rêve encore d'obtenir sa carte de presse pour devenir collègue avec Jean-Michel Apathie, David Pujadas ou Nicolas Demorand ?
    Et puis il y a la crise du journal papier. le gratuit, Google, les revenus publicitaires qui dégringolent... C'est vraiment une belle époque pour piger dans une feuille de chou. Et justement, The Imperfectionists raconte comment ça se passe dans une salle de rédaction. L'action se déroule dans un journal fictif basé à Rome mais écrit en anglais par des journalistes américains. Il faut couper dans la masse salariale du journal, envoyer des stagiaires faire le sale boulot au Caire, gérer des vieilles gloires en fin de parcours, lutter pour garder son petit trône dans l'équipe rédactionnelle, se fader l'ego gargantuesque du rédac' chef, supporter le type bizarre qui écrit les mots-croisés... C'est à travers 11 portraits de membres de la rédaction que Tom Rachman, lui-même journaliste canadien en poste à Rome et dans plein d'autres coins du monde, dézingue son petit univers. Tout le monde en prend pour son grade à travers des nouvelles assassines où ces journalistes étalent leur incompétence. le type qui écrit les chroniques nécrologiques et qui va visiter les personnalités proches de mourir pour mettre leur biographie à jour en prétextant que le journal veut publier un gros portrait d'eux. le journaliste qui n'a jamais écrit le Grand Roman qu'il s'était promis d'écrire en débutant sa carrière. La relectrice un peu dingue que tout le monde déteste. le correspondant à l'étranger qui se prend pour le nombril du monde...
    C'est très efficace comme construction, mais c'est parfois très caricatural dans le contenu. Et très franchement, les 11 chapitres ne sont pas tous de la même eau. Moi j'aime quand une nouvelle a un revirement ou une surprise finale, une chute qui me prend par surprise. Là, les chapitres vont exactement dans le sens que l'on imagine au départ. le plus ironique, c'est que tous les journalistes ADORENT ce petit livre mesquin. On raconte même que Brad Pitt a acheté les droits pour l'adaptation ciné. Ça pourrait être l'équivalent de Burn after reading pour le monde du journalisme. Moi, je trouve ce cynisme corporatif plus inquiétant qu'autre chose. Ils rigolent tous en regardant le bateau couler. J'ai du mal à les plaindre. S'il le milieu se reconnait si bien dans ces 11 archétypes, c'est peut être qu'il mérite la traversée du désert qu'il subit.

    Lien : http://hu-mu.blogspot.com/2011/02/la-generation-de-nos-parents-ete-e..
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par brusc, le 14 octobre 2011

    brusc
    Dans la rédaction d'un vieux journal international, basé à Rome, financé pour des raisons obscures par un magna américain... et qui bientôt mettra la clé sous la porte… un petit monde de journalistes, pigistes, rédacteurs en chef, correcteurs, lecteurs… en mal de reconnaissance. En donnant la parole à chacun d'entre eux, en variant les focales et les points de vue, l'auteur raconte une histoire profondément originale à la frontière parfois du fantastique et dont les ambiances - on sent jusqu'à la poussière des bureaux... - sont remarquablement rendues. Ce livre excellent a le mérite de sortir des sentiers battus.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par lillou, le 22 mai 2011

    lillou
    Les imperfectionnistes, ce sont onze courts récits mettant en scène onze personnages : leur caractère, leurs manies, leur vie personnelle et professionnelle, les richesses et carences de l'une et de l'autre…
    Tous sont reliés par un journal jamais nommé, international, de langue et de culture américaines, mais basé à Rome par le caprice de son fondateur Cyrius Ott. de brefs interludes sur ce dernier et sur la genèse de cette improbable publication viennent ponctuer le roman, formant comme un douzième portrait en pointillés.
    Courtes nouvelles de qualité, ces portraits incisifs sont autant de chapitres se recoupant, se complétant, s'éclairant les uns les autres – où le héros de l'une devient personnage secondaire de l'autre.
    On découvre ainsi successivement : Kathleen Solson, rédactrice en chef impitoyable et carriériste ; Llyod Burko, correspondant parisien dépassé et prêt à tout pour passer un article ; Hardy Benjamin, responsable de l'économie, désespérément en quête d'affection ; Herman Cohen, correcteur intransigeant à la vie finalement « pas si mal » ; Arthur Gopal, chargé des nécrologies et des brèves, dont un drame va curieusement propulser la carrière ; Ornella de Monterrecchi, lectrice trop consciencieuse encore plongée dans les numéros de 1994 ; Ruby Zaga, vieille fille aigrie et paria de la rédaction ; Winston Cheung, pigiste débutant au Caire confronté à la dure réalité de ce métier ; Craig Menzies, rédac chef adjoint que sa bonhomie perdra ; Abbey Pinnola, DRH obéissante ; Oliver Ott, directeur de la publication incompétent, débarqué en Italie par les hasards de l'héritage.
    La caricature est évidemment le premier écueil d'un tel roman choral, surtout quand il s'agit du premier : mais Tom Rachman a l'intelligence de pousser certaines postures tellement loin (la fille aigrie, la « bonne poire », la carriériste forcenée...) qu'il en fait des archétypes fascinants. Les traits spécifiques de ces onze individus et le talent employé pour leur donner chair les rendent souvent étranges, tantôt attachants tantôt détestables, mais toujours complexes.
    On voudrait que le livre soit plus long, que chacun des onze Imperfectionnistes reviennent sur le devant de la scène pour un second acte.
    Et c'est là le seul véritable défaut de ce très bon roman - sur le monde de la presse, mais surtout sur la matière inépuisable que constitue l'être humain : il est trop court.


    Lien : http://monbaratin.blogspot.com/
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (0 votes positifs)

> voir toutes (13)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par etreneant, le 19 mai 2012

    Vous connaissez ce dicton idiot : "On naît seul et on meurt seul" - rien de plus faux. Nous sommes cernés de monde au moment de naître et cernés de monde au moment de mourir. C'est entre les deux que nous sommes seuls.
    Citation de qualité ? (4 votes positifs)
  • Par etreneant, le 19 mai 2012

    Mais, ce que je voulais dire, voyez-vous, c'est qu'il y a un grand malentendu sur la mort. Perdre la vie n'est pas la plus grande perte. Ce n'est même pas une perte. Pour les autres, peut-être, mais jamais pour soi-même. Selon notre propre perspective, l'expérience s'arrête, tout simplement. Selon notre propre perspective, il n'y a pas de perte.
    Citation de qualité ? (2 votes positifs)
  • Par etreneant, le 19 mai 2012

    - Non, ce que je redoute vraiment, c'est le temps. Le voilà, le vrai démon : toujours à nous cravacher quand on préférerait flâner, si bien que le présent défile à toute allure, impossible à saisir , et que soudain tout est du passé, du passé qui ne tient pas en place, qui se glisse dans tous ces récits mensongers. Mon propre passé - pas un seul instant il ne me paraît réel. La personne qui l'a vécu, ce n'est pas moi. Comme si celle que je suis ne cessait de se dissoudre.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (0 votes positifs)
  • Par etreneant, le 19 mai 2012

    Ca me facilite la vie, nous n'avez pas idée.
    - Et moi, ca va me faciliter la mort ?
    Il essaie de rire.
    - Ne faites pas attention, dit-elle. Mauvais jeu de mots. quoi qu'il en soit, ça ne me fait pas peur. Pas le moins du monde. On ne saurait redouter ce qu'on ne saurait connaitre. Or la seule mort qu'il nous sera jamais donné de connaitre, c'est celle des autres.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (0 votes positifs)
  • Par etreneant, le 19 mai 2012

    C'est comme avoir été esclave toute sa vie, puis apprendre un beau jour qu'on n'a jamais eu de maître, et retourner pourtant au travail comme si de rien n'était.
    Citation de qualité ? (1 votes positifs)

> voir toutes (1)

Video de Tom Rachman

>Ajouter une vidéo
Vidéo de Tom Rachman

Interview with Tom Rachman The imperfectionists with Misha Adair (en anglais)








Acheter sur Amazon

Faire découvrir Les imperfectionnistes par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (62)

> voir plus

Quiz