> Henry Bouillier (Éditeur scientifique)

ISBN : 2221058747
Éditeur : Robert Laffont (2002)


Note moyenne : 4.48/5 (sur 27 notes) Ajouter à mes livres
Où l'on découvre le génie de Jules Renard. Ses pensées et portraits au vitriol sur la littérature, le monde des salons parisiens, les femmes et la politique offrent une nouvelle image de l'auteur.
Ajouter une critique Ajouter une citation

Critiques et avis(3)

> Ajouter une critique

    • Livres 4.00/5
    Par gigi55, le 13 février 2011

    gigi55
    Jules Renard n'aime pas les dentelles, c'est un paysan qui va droit au but.
    Il montre avec un naturalisme la vie des paysans (homme de femmes), des bourgeois parisiens, des artistes qu'il cotoie, et se montre lui-même sans fard.
    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par liratouva2, le 29 mars 2011

    liratouva2
    Jules Renard (1864-1910) a tenu son Journal très régulièrement pendant les 22 dernières années de sa vie de 1887 à 1910. Il est mort à 46 ans.
    Il m'est difficile, voire impossible, de lire ce gros volume au jour le jour, comme s'il s'agissait d'un roman alors je picore de temps en temps ici et là et je l'oublie le plus souvent sur son étagère.
    C'est pourquoi, à l'occasion d'un rangement, je l' ai ressorti pour ne lire que ses notes anniversaires des débuts de printemps, écrites chaque fin du mois de mars.
    En voici quelques-unes..

    Lien : http://liratouva2.blogspot.com/2011/03/journal-de-jules-renard-1887-..
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Femi, le 31 mars 2011

    Femi
    un très touchant Journal d'écrivain, où Jules Renard n'épargne personne, y compris lui-même!
    Critique de qualité ? (1 votes positifs)

> voir toutes (34)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par gigi55, le 13 février 2011

    Le savant généralise, l'artiste individualise.
    Journal, 17 janvier 1889

    Je suis un libre penseur qui voudrait bien avoir pour ami un bon curé.
    Journal, 5 novembre 1898

    Chardon
    C'et peut-être parce que le chardon pique qu'il ne criant pas la sécheresse.
    Il ne faut pas être trop indulgent, un peu de haine protège.
    5 juillet 1905

    Chien
    Pendant la guerre un homme se résigne à manger son chien, regarde les os qu'il laisse et dit :
    - Pauvre Médor comme il se serait régalé !
    12 février 1908

    Clarté
    La clarté est la politesse de l'homme de lettres.
    7 octobre 1892

    Coccinelle
    Un petite tortue qui tout à coup s'envole.
    12 juillet 1903

    Cochon
    Tout est beau, il faut parler d'un cochon comme d'une fleur.
    Journal, 9 mai 1891

    Fantastique
    Il faudrait (...) distinguer le fantastique précis, analytique, géométrique, justifié, de Poe, du fantastique de ceux qui imitent ce qu'il y a en lui de moins bon, de cette terreur qui consiste (...) à voir des pieds nus sous les portes, des rideaux écartés par une main, et des mains de femme fraîchement coupées sur le marchepied d'un wagon (...). Le fantastique qui n'est que le rêve d'une imagination déréglée, pas dégraissée, n'a rien de commun avec le fantastique de Poe. La vie peut se passer de logique, la littérature, pas.
    25 janvier 1894


    Fantec
    Hier, en lui expliquant de l'Ovide, je me suis emporté jusqu'à le traiter de petit imbécile et à me donner mal à la tête et à la gorge. J'ai passé une nuit absurde. Fantec a eu la colique et s'est levé plusieurs fois. Déjà j'ai des remords.
    — Il ne fallait pas l'envoyer au lycée ce matin, dis-je à Marinette.
    Je sens qu'elle a quelque chose à me dire. Elle le dit enfin, les larmes aux yeux.
    — Écoute, je trouve que tu cries trop. A sa place, je serais abrutie, et, sans doute, il perd la tête. Quand il rentre, je lui dis :
    — Ta mère trouve que je crie trop. Si cela te paralyse, dis-le-moi franchement. Je te parle en ami. Je veux faire de toi un homme, et je suis décidé à être toujours loyal, juste, et non à user contre toi d'une autorité que je ne me reconnais pas. Trouves-tu que je crie trop ?
    — Oh ! non, répond-il.
    — Quelquefois, emporté par le désir que tu comprennes, je te dis : "Tu as l'air d'un petit serin, d'un idiot !" Est-ce que je te froisse ?
    — Oh ! non.
    — Tu as eu une phrase, un "Est-ce que je sais, moi !" qui m'a paru presque de la révolte. Est-ce de la révolte ?
    — Oh ! non. (...)
    — Tu vois ! dis-je à Marinette qui nous écoute étonnée et attendrie.
    — Alors, je ne comprends plus, dit-elle à Fantec. Pourquoi ne réponds-tu pas à des questions auxquelles je pourrais répondre, moi qui ne sais ni le latin ni le grec ?
    — Je "chais" pas, dit Fantec. (...)
    Vraiment, la communication est difficile entre un père et un fils quand le père ne veut pas être le maître jusqu'à l'injustice. Il ne paraît même pas touché par cette scène.
    — Alors, les coliques, dis-je, ce n'est pas moi qui te les ai données ?
    — Oh ! non, papa. (...)
    C'est peut-être la leçon suprême de Poil de Carotte, sa dernière épreuve. Il essaiera, pour élever ses enfants, de faire le contraire des Lepic, et ça ne lui servira de rien : ses enfants seront aussi malheureux qu'il l'a été.
    6 novembre 1901

    Femme
    Comme avec des ciseaux, la femme, avec ses cuisses qui s'ouvrent, coupe les gerbes de nos désirs.
    Nous sommes las d'avoir fauché tant de désirs dans le beau champ de notre amour.
    1887

    Victor Hugo
    Victor Hugo seul a parlé : le reste des hommes balbutie. Quelques-uns peuvent lui ressembler par la barbe, la largeur du front, les cheveux indéracinables et casseurs de ciseaux, effroi des barbiers, et la préoccupation de jouer un rôle comme grand-père ou comme homme politique. Mais, si j'ouvre un livre de Victor Hugo, au hasard, car on ne saurait choisir, je ne sais plus. Il est alors une montagne, une mer, ce qu'on voudra, excepté quelque chose à quoi se puissent comparer les autres hommes.
    13 juillet 1893

    Individu
    Il s'agit non d'être le premier , mais unique.
    2 juin 1899

    Intellect
    La vie intellectuelle est à la réalité ce que la géométrie est à l'architecture. In est d'une stupide folie (…) de vouloir appliquer à sa vie sa méthode penser, comme il serait antiscientifique de croire qu'il existe des lignes droites.
    11 novembre 1888

    Lire
    J'aime lire comme un poule boit, en relevant fréquemment la tête, pour faire couler.
    20 février 1894

    Mystère
    Parfois, tout, autour de moi, me semble si diffus, si tremblotant, si peu solide, que je m'imagine que ce monde-ci n'est que le mirage d'un monde à venir, sa projection. Il me semble que nous sommes encore loin de la forêt et que, bien que l'ombre des grands arbres déjà nous enveloppe, nous avons encore beaucoup de chemin à faire avant de marcher sous leur feuillage.
    14 novembre 1887

    Nostalgie
    La nostalgie que nous avons des pays que nous ne connaissons pas n'est peut-être que le souvenir de régions parcourues en des voyages antérieurs à cette vie.
    1887, s. d.

    Pensée
    Le mot est l'excuse de la pensée.
    17 avril 1896
    Une pensée écrite est morte. Elle vivait. Elle ne vit plus. Elle était fleur. L'écriture l'a rendue artificielle, c'est-à-dire immuable.
    15 novembre 1888
    Penser c'est chercher des clairières dans un forêt.
    28 mars 1894

    Singe
    Le singe : un homme qui n'a pas réussi.
    18 aout 1905

    Statue
    Faites à ma statue un petit trou sur la tête afin que les oiseaux y viennent boire.
    10 décembre 1899

    Travail
    La peur de l'ennui est la seule excuse du travail
    10 septembre 1892
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (1 votes positifs)
  • Par liratouva2, le 29 mars 2011

    1 mars 1890
    Défiez-vous des sceptiques à outrance : ils sont capables de juger bien sévèrement vos moindres actions.

    30 mars 1891
    C’est tout de même drôle que je ne puisse pas lire sans bâiller deux pages de Thackeray, dont j’ai l’humour, paraît-il.
    1er avril 1891:
    Renoncer absolument aux phrases longues, qu’on devine plutôt qu’on ne les lit.
    13 mai 14892
    Ne jamais rien faire comme les autres en art ; en morale faire comme tout le monde.
    29 mars 1894
    Notre amitié ne pouvait pas durer : nous nous sommes trop vidés l’un l’autre.
    31 mars 1896:
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (4 votes positifs)
  • Par Dravot, le 29 octobre 2011

    La modestie va bien aux grands hommes. C'est de n'être rien et d'être quand même modeste qui est difficile.

    Je sais pourquoi je déteste le dimanche : c'est parce que des gens, occupés à rien, se permettent d'être oisifs comme moi.

    Il faut avoir le courage de préférer l'homme intelligent à l'homme très gentil.
    Il nous vient souvent l'envie de changer notre famille naturelle contre une famille littéraire de notre choix, afin de pouvoir dire à tel auteur d'une page touchante : "frère".
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (4 votes positifs)
  • Par zazimuth, le 30 septembre 2010

    Je sentais venir une minute de génie, je veux dire : de pleine conscience. Je sentais avec allègement qu'il ne ferait pas d'orage. Je n'avais plus guère de brume autour de la tête. Je me reprochai d'abord mes paresses du jour et mes petites lâchetés. En montant ce vieux chemin entre les églantiers, ces roses de village, je me dégageais de ma matière, je me purifiais. L'air frais entrait dans mon âme. je regardais les alouettes. Me voici dans l'allée du bois Narteau, le coeur dilaté. J'étais dans les meilleures dispositions pour pleurer. Un rien aurait suffi, la moindre apparition. (p.325)
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (2 votes positifs)
  • Par zazimuth, le 01 octobre 2010

    Le but, c'est d'être heureux. On n'y arrive que lentement. Il y faut une application quotidienne. Quand on l'est, il reste beaucoup à faire : consoler les autres. (p.342)

    Citation de qualité ? (5 votes positifs)

> voir toutes (11)

Videos de Jules Renard

>Ajouter une vidéo
Vidéo de Jules Renard


Le théâtre de Jules Renard, présenté par le comédien François Morel. Quatrième partie
Le comédien François Morel nous présente Jules Renard comme un auteur d'aujourd'hui. le livre Théâtre de Jules Renard est paru aux éditions Omnibus. À l'occasion de la parution du Théâtre de Jules Renard, les éditions Omnibus vous font gagner 15 exemplaires du livre et 15 CD du spectacle de Patrice Fay : "J'ai le cœur plein de feuilles mortes". Nous vous invitons à participer sur www.omnibus.tm.fr








Acheter sur Amazon

Faire découvrir Journal par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (72)

> voir plus

Quiz