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ISBN : 9782809803914
Éditeur : L'Archipel (2010)


Note moyenne : 4/5 (sur 2 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :

En matière de femmes, le héros de ce livre n'a qu'un critère : pourvu qu'elle soit rousse ! C'est son unique désir, son fantasme moteur, en un mot : son obsession. Petite ou grande, svelte ou dodue, jolie ou moche, peu lui importe, car c'e... > voir plus
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Critiques, analyses et avis (2)

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    • Livres 4.00/5
    Par Myrtle, le 16 juillet 2011

    Myrtle
    Stéphane Rose vient ajouter sa pierre à l'édifice de tous les artistes fascinés par les rousses et leurs mystères. Il nous livre avec ce premier roman ses observations sur la gent féminine, sur notre société mais aussi sur l'amour.
    Un lecteur qui ne se contenterait que de feuilleter le livre pourrait penser qu'il ne s'agit que d'un roman érotique de plus. Au contraire, Pourvu qu’elle soit rousse est un livre sensible, qui ne tombe jamais dans l'autofiction banale.
    Nous y découvrons un trentenaire qui a pour obsession la découverte de la singularité des femmes rousses. Très marqué par une première conquête, il décide d'utiliser Meetic pour rencontrer des femmes et les interroger sur leur « qualité de rousse ».
    Bon vivant et pas prude pour un sou, notre narrateur nous livre sans ambages ses expériences avec ses conquêtes, rousses cela va de soit :
    « J'embrassai ma proie dans l'urgence du désir, perdu quelque part entre l'homme et la bête, dans une confusion qui se démultiplia lorsque la créature, non contente de ne pas s'effaroucher de mes manières de butor, me répondit à l'unisson de ma bestialité en me bouffant littéralement le visage, suçant mes lèvres, mordillant mes joues, fourrant sa langue dans mes oreilles en prenant soin d'y glisser autant de salive que de petits bruits obscènes. Un authentique baiser d'affamée, qu'elle ne jugea pourtant pas suffisant pour me laisser entrevoir l'étendue de son appétit : une minute à peine après avoir goûté ma bouche, elle poussa l'audace jusqu'à prendre ma main dans la sienne, en déplier deux doigts et les sucer comme une bite en plantant ses yeux droit dans les miens avec une détermination guerrière […] »
    L'auteur élabore ainsi une sorte de carnet de route, dépeignant parfois férocement ses compagnes : « Brigitte était LA rousse. L'anomalie. L'erreur. le monstre. Une invraisemblable cascade de cheveux ondulés, d'un roux vif aux reflets rouge sang, lui donnait l'apparence d'une torche. Des mouvements nerveux, saccadés, impatients, des yeux verts hystériques qui roulaient comme des billes renforçaient cette impression de flammes en mouvement. Brigitte était le diable, descendu sur terre pour propager les flammes de l'enfer. »
    Il n'en est pas moins féroce avec lui-même et il est conscient de l'emprise malsaine qu'a son obsession sur lui : « Face à mes interlocutrices, je manifestais une hâte malsaine. J'effrayai l'une d'entre elles une heure après avoir fait sa connaissance en lui imposant de me laisser respirer ses seins sous peine de ne plus jamais me voir. J'en insultai une autre qui tardait trop à daigner me rencontrer. Je perdais goût à la correspondance, à l'attente, à la curiosité. Je voulais des rousses prêtes à la consommation, livrées à domicile sous vingt-quatre heures, et si possible pas des boudins, merci. »
    Son témoignage ne verse jamais dans la vulgarité gratuite et s'accompagne très souvent de références aux rousses allant du Parfum de Peter Süskind en passant par des poèmes d'Apollinaire jusqu'à Autobiographie d'un hardeur! Son ton mâtiné de cynisme s'attaque aux idées reçues et autres discriminations, concernant ou non les roux : « Quelle sottise, de se teindre les cheveux en roux! Quelle grossière erreur d'appréciation de penser qu'un roux se résume à la couleur de ses cheveux! Peut-on devenir nègre et crier à sa fierté d'être noir après avoir passé du cirage sur sa peau blanche? Possible que l'on chante le blues un peu moins juste quand même… »
    Pourvu qu’elle soit rousse n'est donc pas un simple déballage d'instants salaces mais se rapproche d'une sorte d'essai sur les rousses, mais aussi plus largement sur les femmes et l'amour. A l'heure où les auteurs français se contentent de nous livrer leur quotidien fade et sans intérêt, Stéphane Rose utilise ses expériences pour nous amener subtilement sur les pas de ce qui ressemble fort à une leçon de vie, sans pour autant tomber dans le nian-nian et le lieu commun. Une bonne surprise à dévorer, si vous en avez assez des livres fades. Car il faut croire que les mystérieuses rousses ont laissé leur empreinte sulfureuse sur l'ouvrage de M. Rose…
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  • Par MaitreSega, le 23 avril 2013

    MaitreSega
    On suit l'auteur dans sa quête des rousses. Car il s'agit bien là d'une quête obsessionnelle pour les femmes rousses, belles ou moches, maigres ou grosses. Ce qui lui importe, c'est qu'elle soit rousse. Et pour cela, il use de tous les moyens à sa disposition pour en rencontrer un grand nombre, quitte parfois à être déçu, jugé ou insulté. Ce roman n'est pas un simple livre érotique. Il s'approche plus d'un carnet de route relatant ces rencontres, ces découvertes, ces échecs...Dans son récit , l'auteur s'engage sur des réflexions sociologiques, psychologiques sur base de références historiques et littéraires. Un mélange assez surprenant qui ressemble à un témoignage, un essai sur la femme rousse et l'amour. Un livre a découvrir si vous voulez sortir du lot des livres simplement « érotiques ».


    Lien : http://sariahlit.skyrock.com/3157529130-Pourvu-qu-elle-soit-rousse.h..
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Citations et extraits

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  • Par MaitreSega, le 23 avril 2013

    Anaïs

    Un premier baiser qui modifie durablement le cours d'une existence est chose originale, de surcroît s'il est donné à l'âge de trente ans. Ma première rousse, je l'ai embrassée devant un film thaïlandais au nom prémonitoire : Tropical Malady.
    Outre sa qualité de rousse, Anaïs est aussi une fille. Elle arriva donc en retard. Je l'attendais depuis un bon quart d'heure devant l'entrée du cinéma en proie à un mélange équitable d'anxiété et d'excitation quand elle apparut au coin de la rue, sapée, maquillée et coiffée avec juste ce qu'il fallait de discrète provocation pour m'indiquer qu'un effort avait été fourni par rapport à l'ordinaire vestimentaire.
    Parfumée, aussi.
    La première odeur qui vint à mes narines quand nous nous retrouvâmes assis dans la salle fut celle de son parfum. La seconde, celle de son shampoing. Effluves de jeune fille propre, coquette et soignée, qui n'a pas pour habitude de se rendre à un rendez-vous galant en sentant la sueur ou le graillon. Son odeur de rousse, je ne l'identifiai que dans un second temps. Par déduction. Ce n'était ni celle du parfum, ni celle du shampoing, c'était autre chose, un petit complément inattendu, l'invité surprise au banquet des stimuli qui suscita d'autant plus ma curiosité que je venais de vivre trois décennies sans en soupçonner l'existence. Une odeur naturelle, animale, sauvage. Tropicale ? Une odeur d'une subtile singularité, impossible à synthétiser par la chimie. Et d'autant plus excitante qu'elle sortait des pores de la peau d'une jolie minette de vingt-trois ans, resplendissante de charme et de bonne santé, alors qu'on l'aurait crue échappée de la cage de quelque fauve exotique exhibé dans les foires.
    Voilà, c'est dit, et donc assumé d'emblée : je suis de ceux qui pensent que les rousses ont une odeur spécifique. De ceux qui le pensent, mais aussi, et surtout, de ceux qui le savent.
    Évoquant Nini-Peau-d'Chien, Aristide Bruant chantait :

    Elle a la peau douce,
    Aux taches de son,
    À l'odeur de rousse
    Qui donne un frisson.
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  • Par Myrtle, le 16 juillet 2011

    Comme les fois précédentes, je n'en tirai pas de réel plaisir physique, mais la compagnie de cet individu singulier m'apporta un apaisement moral digne d'un antidépresseur. Son effet fut toutefois de courte durée. Au beau milieu de la nuit, de retour au bercail, je compris que la parenthèse se refermait en même temps que la porte que je claquais derrière moi. Mon appartement, au milieu duquel trônait une table surmontée d’un ordinateur équipé d’une connexion haut débit, était le ventre dans lequel je me laissais digérer. Mais cette nuit-là, malgré des discussions en cours et des e-mails en attente de réponse, je n’allumai pas mon ordinateur. Je me contentai d’ouvrir le tiroir magique et d’en extraire un par un les objets qui constituaient mon petit musée de la rousseur. Je les posai sur la moquette et m’assis parmi eux comme un enfant au milieu de ses jouets. La comparaison n’est pas innocente : ma petite collection était la source d’un plaisir puéril, je la contemplais toujours saisi d’un sentiment qui touchait à l’émerveillement. Eparpillés sur le sol autour de moi, ces touffes de poils, mèches de cheveux, sous-vêtements parfumés et objets divers délimitaient une zone qui échappait à la réalité, un petit sanctuaire de fétichisme onirique dans lequel je me sentais sinon à l’aise, du moins apaisé.
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  • Par Myrtle, le 16 juillet 2011

    Face à mes interlocutrices, je manifestais une hâte malsaine. J’effrayai l’une d’entre elles une heure après avoir fait sa connaissance en lui imposant de me laisser respirer ses seins sous peine de ne plus jamais me voir. J’en insultai une autre qui tardait trop à daigner me rencontrer. Je perdais goût à la correspondance, à l’attente, à la curiosité. Je voulais des rousses prêtes à la consommation, livrées à domicile sous vingt-quatre heures, et si possible pas des boudins, merci.
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  • Par Myrtle, le 16 juillet 2011

    J’embrassai ma proie dans l’urgence du désir, perdu quelque part entre l’homme et la bête, dans une confusion qui se démultiplia lorsque la créature, non contente de ne pas s’effaroucher de mes manières de butor, me répondit à l’unisson de ma bestialité en me bouffant littéralement le visage, suçant mes lèvres, mordillant mes joues, fourrant sa langue dans mes oreilles en prenant soin d’y glisser autant de salive que de petits bruits obscènes. Un authentique baiser d’affamée, qu’elle ne jugea pourtant pas suffisant pour me laisser entrevoir l’étendue de son appétit : une minute à peine après avoir goûté ma bouche, elle poussa l’audace jusqu’à prendre ma main dans la sienne, en déplier deux doigts et les sucer comme une bite en plantant ses yeux droit dans les miens avec une détermination guerrière
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  • Par Myrtle, le 16 juillet 2011

    Quelle sottise, de se teindre les cheveux en roux! Quelle grossière erreur d’appréciation de penser qu’un roux se résume à la couleur de ses cheveux! Peut-on devenir nègre et crier à sa fierté d’être noir après avoir passé du cirage sur sa peau blanche? Possible que l’on chante le blues un peu moins juste quand même…

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Les coups de coeur de Frédéric
Frédéric nous présente ses coups de coeur du moment: les "pin-up" d'Aslan, "Nora" d'Alexis Robert, et "Pourvu qu'elle soit rousse" de Stéphane Rose.








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